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Des anniversaires - Page 15

  • Catégories : Des anniversaires

    Pourquoi Elvis est toujours le King

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    Elvis Presley en 1957, quelques années avant que sa puissance ne s'effrite. Sa popularité, elle, résistera même aux Beatles.
    AP. 
    BERTRAND DICALE.
     Publié le 16 août 2007
    Actualisé le 16 août 2007 : 08h51

    Trente ans après sa mort et au-delà des nostalgies, Presley reste l'interprète souverain des musiques populaires.

    « ELVIS is still the King », disent les fidèles. Ils n'ont pas attendu le 16 août 1977 pour scander qu'Elvis est toujours le roi. Le trône était certes vacillant, le sceptre n'était plus aussi assuré mais il était toujours un roi immuable et opportuniste, légitime et contesté, tout autant fidèle aux couleurs de sa première gloire qu'avide de nouveautés. À l'époque, la question est de savoir si son embonpoint physique est de la même nature que celui de sa musique, s'il chante les Beatles ou Sinatra mieux que les Beatles ou Sinatra, si son rock'n'roll n'est pas définitivement devenu une musique d'adultes.
    En 1977, le prurit punk vient de saisir l'Europe, l'Occident s'est trouvé le prophète Bob Marley, les grands groupes rock des années 1960 balancent entre reniements et bisbilles. Qui se soucie alors d'Elvis Presley ? Les costumes semés de pierreries toc, les poses de karatéka dodu, les chansons empesées de choeurs célestes, les instrumentations de show télévisés pour personnes âgées... Ses années 1970, ce sont des reprises des Beatles (Something, Lady Madonna), de Simon & Garfunkel (Bridge Over Troubled Water), de Bob Dylan (Don't Think Twice It's Allright), de Creedence Clearwater Revival (Proud Mary), de Frank Sinatra (My Way) et même de notre Gilbert Bécaud (Let It Be Me, adaptation de Je t'appartiens)... Certes, il garde les yeux sur le grand songbook de l'Amérique, celle du blues (Got My Mojo Working) et de la country originelle (It's Over de Jimmie Rodgers, I'm So Lonesome I Could Cry d'Hank Williams), mais souvent les fans de la première heure sursautent en entendant sa voix empruntée sur de piteux titres de variétés. Il ne s'est pourtant pas passé beaucoup plus de vingt ans, même si ce sont les vingt années les plus denses de la culture occidentale...
    Les premiers disques, les premiers effarements, les premiers scandales sont un raz de marée. En 1954, la musique n'est pas censée être si fervente et écervelée à la fois, si vive et si sensuelle. Il y a bien Bill Haley et le trio des premières stars qui vivront trop vite, Buddy Holly, Eddie Cochran et Gene Vincent, mais la révolution, c'est Elvis. Elvis qui tourne les têtes, Elvis qui donne à rêver, Elvis qui décide des vies à venir. Le chanteur belge Arno nous a raconté combien One Night With You (« l'accord de guitare, le « niii-iight », ah le salaud ! ») a changé sa vie. Il avait cinq ans. Commencement chez Bruce Springsteen aussi : « Mon premier disque, sur mon électrophone de gosse, je l'ai acheté chez un soldeur. Un EP d'un type qui s'appelait Dusty Rhodes qui faisait des reprises de chansons d'Elvis. C'était moins cher, 39 cents au lieu de 99 cents pour un vrai EP d'Elvis. » Le film Loving You arrive en France en 1957 ? En le voyant à Paris, Jean-Philippe Smet décide de devenir chanteur de rock. Il sera Johnny Hallyday. En sortant de la séance à Nice, Hervé Forneri a trouvé son pseudonyme : il s'appellera Dick Rivers.
    Le choc fondateur pour Michel Polnareff ? Don't Be Cruel. Pour Scott Walker ? Why Fools Fall in Love. Pour Kurt Wagner de Lambchop ? Hound Dog... Pierre Bachelet écoute des 45 tours d'Elvis avec sa mère, Martin Gore de Depeche Mode pique à la sienne le 33 tours Elvis Golden Record vol. 1, la nourrice de Wild Oldham (alias Bonnie Prince Billy) lui chante ses slows pour l'endormir, le père de Garou reprend ses chansons pour le réveillon du jour de l'An...
    Le génie, l'invention, l'audace
    Elvis a incarné la révolution la plus spectaculaire et la plus profonde qu'a connue la culture populaire américaine au XXe siècle et, en quelques années, il est sorti de la course. Quand, en 1965, des Beatles surexcités viennent lui rendre visite, la symbolique est parlante : le génie, l'invention, l'audace et même le scandale ont traversé l'Atlantique, ont changé de camp. Peu importe, il va rester le King. Un roi incertain, velléitaire, divisé, sur le visage duquel les affres du règne laissent de lisibles traces. Il enregistre à tour de bras, s'interrompt, revient. La puissance s'effrite : vingt-cinq chansons classées n° 1 des charts américains entre 1956 et 1965, de Heartbreak Hotel à Crying in the Chapel. Puis cinq seulement d'In the Ghetto en 1969 à Way Down en 1977 le 45 tours sorti quelques semaines avant sa mort et que tout le monde acheta à partir du 16 août. Trente n° 1, donc. Record royal.
    La souveraineté ? Quand Elvis enregistre Always on my Mind en 1973, Brenda Lee l'a créé l'année précédente. Dans l'immédiat, le 45 tours de Presley est un quasi-bide. Dans les années 1980 sa version, à la fois ample et intime, massive et fluide, remontera dans l'estime générale. C'est cela qui fait de tant de ses chansons des versions de référence : son timbre mat, chaleureux, à la fois désinvolte et engagé, parvient à occuper tout l'espace, à saturer de signification chaque note. Qu'il chante Amazing Grace, le cantique préféré de l'Amérique chrétienne, ou In the Ghetto, sa seule véritable prise de position sur la question raciale aux Etats-Unis, qu'il reprenne Blowin' in the Wind de Bob Dylan ou le traditionnel See See Rider, c'est un chant chargé, puissant, qui confère à la forme populaire une solennité de culte. Et c'est ce qui s'entend toujours, trente ans après sa mort. De même que les Argentins ont longtemps dit, année après année, que Carlos Gardel chantait de mieux en mieux depuis sa mort en 1935, il y a un sortilège voisin chez Elvis Presley. Jusqu'à l'injustice : son Johnny B. Goode, son My Way prennent une valeur inattendue ces dernières années. Génération après génération, l'apprentissage en elvisologie se fait avec les mêmes compilations alignant les mêmes n° 1, avant d'ouvrir le coffre aux merveilles et aux monstres, le livre pompeux et sublime de l'immense répertoire d'Elvis. Alors, sa souveraineté éclate toujours. Malgré tout, il reste évidemment le King. Si tant est que le rock ait besoin d'un roi.
  • Frida Kahlo de A à Z, expo-évènement à Mexico pour son 100e anniversaire

    15 juin 12:14 - MEXICO (AFP) - Frida Kahlo aurait eu 100 ans cette année: au lieu de cent bougies, le palais des beaux arts de Mexico lui rend hommage avec une exposition extraordinairement complète qui rassemble toutes ses oeuvres majeures et des peintures habituellement éparpillées aux quatre coins du monde.

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    Auto-portrait de Frida Kahlo exposé au musée del Barrio en décembre 2004

    AFP/Archives -

     

     

     

     

     

     

     

    Les deux Fridas", "La colonne brisée" plongent instantanément le visiteur dans l'univers dramatique de Frida Kahlo et la souffrance qui a été la sienne du fait de son handicap après un accident de tramway et 33 opérations chirurgicales.

    Les 354 oeuvres, dessins, gravures, lettres de Frida et des photos de l'artiste, de ses proches sont distribuées dans huit salles du vieil édifice art-déco. C'est la première fois qu'on parvient à rassembler le patrimoine des musées mexicains et étrangers et celui des collectionneurs privés.

    Le parquet grince sous les pas des milliers de fanatiques ou d'écoliers en uniforme. D'habitude bruyants, les Mexicains observent un silence admiratif quand il s'agit de Frida Kahlo, fierté d'un pays.

    "Ce sont les gens qui l'ont rendue célèbre, comme (Pablo) Picasso. Elle appartient au peuple. C'est une icône universelle", commente Juan Coronel, un des organisateurs de l'exposition.

    L'exposition visible jusqu'au 19 août, retrace les grandes étapes de sa vie, ce qu'elle qualifie comme ses deux accidents --celui du tramway et sa rencontre avec le peintre muraliste Diego Rivera qui lui sera infidèle--, ses séjours aux Etats-Unis et son engagement politique du côté des communistes.

    Une série de dessins "Frida et la fausse-couche" la représentent nue, en larmes, un foetus à côté d'elle, et rappellent ses fausse-couche et son chagrin de ne pas pouvoir avoir d'enfant en raison des séquelles de son accident.

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    Léon Trotsky (g), accompagné de sa femme Natalia Sedova, est accueilli par Frida Kahlo (3e g) et Diego Rivera lors de son arrivée à Mexico, le 24 janvier 1937

    AFP/Archives -

     

     

     

     

     

     

    Dans un texte écrit en hommage au peintre, l'écrivain mexicain Carlos Fuentes voit en elle une "Cléopâtre brisée", "Frida est cassée, déchirée à l'intérieur de son corps", ajoute-t-il en soulignant qu'elle était pourtant gaie et enjouée.

    Après les autoportraits, une salle est dédiée aux natures mortes, avec une touche de surréalisme, une autre aux photographies, de nombreux clichés sont de son père, Guillermo Kahlo, immigré allemand.

    On la voit aussi avec Léon Trotski, qui fut son amant.

    Une cinquantaine de lettres écrites à la main ou à la machine à écrire sont suspendues au plafond par des fils. La plupart sont adressées à son médecin et confident Léo Eloesser et commencent par "mon très cher petit docteur" ou "joli petit docteur de mon coeur".

    André Breton, qu'elle a accueilli à Mexico, disait d'elle qu'elle était "une bombe avec un ruban autour".

    Riche en oeuvres, dont certaines sont présentées pour la première fois, mais du fait d'un montage classique, l'exposition n'a pas le cachet de celle de 2004, pour le cinquantenaire de la mort de Frida.

    Lors de l'inauguration de l'exposition mercredi, la politique s'est invitée à la fête. Le président Felipe Calderon a été conspué par des manifestants de gauche qui lui lançaient "Frida était communiste", "si elle était vivante, elle serait avec nous".

    Tout au long de l'année 2007, un hommage national est rendue au Mexique à Frida Kahlo (1907-1954), à l'occasion du centenaire de sa naissance, et à son époux Diego Rivera (1886-1957) pour le 50e anniversaire de sa mort.

    Le 5 juillet, le Musée Frida Kahlo a présenté quelques uns des "Trésors de la Maison bleue", 22.000 documents inédits (photos, dessins) découverts il y a trois ans, dans la maison de la famille des Kahlo-Rivera.

    © 2007 AFP
    AFP
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