Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
Terminé mais à noter

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Habituellement, quand on parle de maniéristes flamands, on pense aux peintres dits « romanistes », à Frans Floris, bref aux principaux représentants de l'italianisme en Flandre. Votre vision semble être beaucoup plus large...
Sandrine Vézilier-Dussart : Oui, jusqu'à présent, on avait surtout eu des expositions consacrées à des cercles ou à des courants ponctuels, comme les « maniéristes anversois », pour reprendre le terme consacré par l'historien d'art Max Friedländer, ou les romanistes. Il m'a semblé plus intéressant et audacieux d'essayer de saisir le maniérisme comme phénomène plus global, traversant la peinture flamande sur presque tout le XVIe siècle.
Quelles sont les caractéristiques de ce maniérisme « à la flamande »?
La Flandre jouissait d'une tradition picturale très forte, celle des Primitifs. Contrairement à ce qui se passe en Italie, où le maniérisme rompt avec les règles de la Renaissance classique, en Flandre il n'y a pas rupture mais continuité entre les Primitifs et les peintres du XVIe siècle. Les rapports avec l'Italie ont une importance certaine, mais il ne s'agit pas d'influence pure et dure. Les Flamands prélèvent dans l'art italien des éléments qu'ils assimilent, qu'ils incorporent à leur propre tradition. Même chez les plus italianisants, comme Jan Gossaert, Jan Van Hemessen, Frans Floris, la veine flamande éclate, par exemple, dans la robustesse et la rondeur des corps, mais aussi par la couleur et par ce mélange si typiquement flamand de réalisme méticuleux et d'irréalité, voire de fantastique. Du reste, les sources ne sont pas seulement italiennes, il y a aussi des interférences avec l'École de Leyde, avec la sphère germanique, ou même avec Fontainebleau. On retrouve en Flandre l'artificialité, les poses antinaturelles, contrariées, les attitudes exagérément contorsionnées, qu'il s'agisse des maniéristes anversois, qui affectionnent l'étirement des cous, l'élongation des silhouettes, les postures précieuses, ou des romanistes, amateurs de fortes corpulences, de puissantes musculatures.
Bibliographie de Michael Fried.
Michael Fried, historien d'art, s'interroge sur l'émergence de la modernité et sur l'évolution du "modernisme" tel que défini par Clement Greenberg, dont il a été proche. C'est aussi un ami de Stanley Cavell.
A l'âge de 28 ans, il écrit un texte qui a fait date, Art et objectité. Dans cet article largement commenté, attaqué et discuté, il soutient qu'une sensibilité théatrale apparue dans les années 1960 menace la possibilité même de l'oeuvre d'art. A partir du moment où le spectateur et l'oeuvre partagent le même espace, leur rapport change de nature. La volonté d'emporter la conviction par un travail sur le support, la substance, la couleur ou la forme, encore dominant dans la peinture moderniste, est remplacée par une relation de type anthropomorphique, où l'objet occupe la place d'une autre personne avec laquelle le spectateur entre en relation (objectité).
Avec des nuances et beaucoup de prudence, Michael Fried n'a jamais renoncé à cette analyse. Selon lui l'art suppose un certain éloignement, une mise à distance du spectateur, du genre de celle que Diderot a décrite au 18ème siècle. Les peintres qu'il admire comme Morris Louis ou Kenneth Noland prolongent cette tradition, tandis que les minimalistes comme Donald Judd ou Tony Smith lui apparaissent comme des fossoyeurs de l'art.
Cette tension trouve sa source en France, dans la mutation qui conduit à la peinture moderne. Vers 1750, avec Chardin puis d'autres peintres comme Greuze, émerge un nouveau concept de tableau : celui où les personnages, absorbés dans leur activité, s'isolent du regard du spectateur. Michael Fried appelle cet état absorbement. Il est théorisé par Diderot, qui valorise le silence, la solitude, l'oubli de soi, la méditation.
La réaction contre cet absorbement ou anti-théatralité prendra des formes diverses. Au 18ème siècle, on recherche l'expression vraie et dramatique. Au 19ème siècle, Gustave Courbet trouvera une solution originale. Dans ses autoportraits, la peinture semble entrer en congruence avec son corps, dans un auto-absorbement qui conduit à la fusion entre le peintre, le modèle et le spectateur - comme si l'effort mental et physique de peindre était l'essentiel de ce qu'il qualifie de réalisme.
Manet et certains peintres de sa génération trouveront une autre solution. En s'adressant directement au spectateur, en bâtissant le tableau autour de sa présence, Manet privilégie une instantanéité de perception qui menace l'unité et l'intelligibilité du tableau. Si ses oeuvres font scandale, c'est parce qu'elles laissent apparaître des traces ou des restes difficilement compréhensibles dans la logique académique. Il y a en elles une tension fondamentale, une discordance, une disparité interne qui reste sensible au spectateur d'aujourd'hui.
Depuis 2011, artistes et galeristes du Moyen-Orient pallient les carences des pouvoirs publics pour diffuser un art qui veut transcender les frontières.

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Chacun le sait, la Belgique est un pays de collectionneurs. Parmi les premiers d’entre eux, les Urvater qui réunirent
l’une des plus importantes collections d’art moderne de l’après-guerre, principalement orientée vers le surréalisme
et l’abstraction. Pour abriter leurs trésors, ils firent construire par l’architecte André Jacqmain, à la fin des années 1950,
une maison-musée qui fut considérée comme l’une des 100 plus belles maisons du monde.
http://urvater.eu/new/
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avec l'autorisation de Le Pérégrinateur éditeur |
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Actes de la conférence de Pierre Soulages et Jacques Le Goff organisée par le Centre Européen d'Art et de Civilisation Médiévale de Conques le 25 septembre 1995. Xavier Kawa-Topor, directeur du Centre de 1992 à 1997 a organisé et animé cette rencontre. |


Timbré Les philatélistes en rêvaient, La Poste ne l’aura finalement pas fait. Même au XXIe siècle, imprimer des timbres à l’image de L’Origine du monde reste délicat. Certes, il s’agit d’un tableau, le plus célèbre peint par Gustave Courbet. Certes, sa présentation dans le Doubs, l’œuvre étant prêtée par le Musée d’Orsay à celui d’Ornans, constitue un événement. Mais un sexe de femme reste un sexe de femme, et s’affranchir des convenances pour le coller sur une enveloppe serait indécent. Rappelons-nous que le tableau est passé, entre 1866 (date supposée de sa réalisation) et 1995 (date de sa découverte par le public) de mains privées en mains privées discrètement, parfois dissimulé derrière un autre tableau, disparaissant souvent des radars. Ce dont ne se souvenait sans doute plus l’artiste luxembourgeoise qui, le jeudi de l’Ascension, s’est assise devant le tableau encore à ...
Véronique Prat
16/11/2009 | Mise à jour : 15:10
Crédits photo : (Vincent Cunillère)
Une carrière internationale commencée il y a plus de soixante ans, une œuvre toujours vivante et intransigeante, une rétrospective riche d'une centaine d'œuvres au Centre Pompidou : Soulages fait l'événement. En exclusivité, il nous a ouvert les portes de son atelier.
[VIDEO]. Après le stupéfiant "Léviathan" d'Anish Kapoor l'an dernier, c'est au tour de l'artiste Daniel Buren, connu pour ses colonnes au Palais-Royal, d'investir le Grand Palais jusqu'au 21 juin pour la 5e édition de Monumenta avec son exposition baptisée "Excentrique(s), travail in situ".
Lorsqu'on entre, par la petite porte, dans la nef du Grand Palais, on est comme happé par cette forêt, à perte de vue, de tables géantes – 277 précisément. Il faut attendre un rayon de soleil pour que ces lentilles en plastique jaune, orange, vert et bleu, dressées sur de fines colonnes noires et blanches – la signature de Daniel Buren – se transforment en vitraux aux couleurs acidulées dont la douce lumière éclabousse le sol. Pour l'édition 2012 de Monumenta, l'artiste français a imaginé une sorte de cathédrale pop dans laquelle on déambule jusqu'au centre de la nef. La verrière se reflète dans de simples miroirs. Jeu de couleurs, de reflets et de transparence : c'est ludique et facilement accessible, mais moins "excentrique" que ne le laissait présager le titre de l'exposition.
Excentrique(s), jusqu'au 21 juin, au Grand Palais à Paris (VIIIe), Tél : 01 43 59 76 78. www.monumenta.com
« C’est la Guerre », ensemble de six xylographies sous coffret de Félix Vallotton, textes de Laurence Madeline et Stéphane Audouin-Rouzeau, éd. RMN-Grand Palais, 120 €.
Kasimir Malévitch, Autoportrait, 1908-1910, gouache et aquarelle sur papier, 27 x 26,8 cm (Moscou, Collection Galerie d’État Tretiakov).
La terre russe a engendré des cohortes de prophètes, figures charismatiques lançant l'anathème sur une société corrompue et promettant la rédemption par le retour aux valeurs authentiques de la religion chrétienne, enracinées dans le monde paysan. Parmi eux, on comptait aussi des artistes, dont Léon Tolstoï reste l'incarnation emblématique. À sa façon, Kasimir Malévitch recueillit l'héritage du grand écrivain et «consacra sa vie à une sorte d'évangélisation de la peinture de son siècle », écrit Andreï Nakov. « Il lui imposa un ordre de valeurs"supérieures ", la transforma en discours philosophique et moral, en nouvelle"Église" ».
Issu d'une famille polonaise, Malévitch naît à Kiev en 1879. Contre son père qui voulait faire de lui un prêtre, il manifeste une vive inclination pour la peinture, qu'il pratique longtemps en amateur. Malévitch ne commence à recevoir les rudiments d'une formation artistique qu'en 1904. Cet apprentissage est accéléré par l'installation à Moscou, où il découvre l'avant-garde alors représentée par Kandinsky, Larionov et Gontcharova. Avec eux, Malévitch participe entre 1910 et 1915 à une série d'expositions mémorables, aux noms aussi improbables que « Le Valet de Carreau » ou « La Queue de l'âne ». Au cours de cette brève période, le peintre retrace pour son propre compte toutes les phases de l'art moderne, de Cézanne au cubisme synthétique, en passant par le futurisme, toutes ces tendances se combinant dans une singulière idiosyncrasie. La visite des collections Morozov et Chtchoukine, alimentées par des arrivages réguliers de Paris, le met en prise directe avec les recherches les plus récentes de Braque, Picasso ou Matisse. C'est au contact de ces oeuvres radicales que Malévitch conçoit sa philosophie de la peinture, comme agencement de signes purs : « Ce qui a valeur en soi dans la création picturale, c'est la couleur et la facture, c'est l'essence picturale, mais cette essence a été tuée par le sujet », écrit-il. Dès lors, l'objet, le réel apparaissent comme des obstacles à la vision de la picturalité, dont il convient de se débarrasser. Ces réflexions entrent en résonance avec les expérimentations des écrivains qui, tels Khlebnikov, aspirent à une poésie de sons.
C'est à cette époque que Malévitch a également la révélation de l'art de l'icône, dans lequel il voit « la forme supérieure de l'art paysan ». « Tout le peuple russe m'apparaissait en elles, dans toute son émotion créatrice », rappelle-t-il ainsi.
Lire la suite dans le Magazine Connaissance des Arts mars 2014
