Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
Un monde de brutes
LE PAVILLON DES ÉCRIVAINS
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LE PAVILLON DES ÉCRIVAINS
La prodigieuse Laura Kasischke tisse en une intrigue au suspense glaçant l’histoire d’une mère confrontée au changement de sa fille adolescente.
Oui, l'Alpe tue quelquefois,mais elle tuesainement. Par Henri Ferrand
A la fin du XIXe siècle, les alpinistes sont-ils encore des marcheurs, comme aux temps héroïques ? La question est vite tranchée : non. Les alpinistes visent les cimes, le reste n'est qu'épiphénomène, relégué parmi les accessoires sous le mot méprisant de « marche d'approche ». Ainsi, une division s'instaure entre excursionnistes et ascensionnistes, ceux qui marchent face à ceux qui grimpent. La fracture, par scission, donne naissance à la randonnée, qui se distingue éthiquement, socialement, physiquement, de l'escalade et de l'ascension. D'un côté, les tenants d'un « alpinisme véritable »,
«Longtemps, je me suis demandé si j'oserais citer la conclusion très irrévérencieuse des Essais, au risque d'effaroucher les oreilles délicates : "Ésope ce grand homme vit son maître qui pissait en se promenant, Quoi donc, fit-il, nous faudra-t-il chier en courant ? Ménageons le temps, encore nous en reste-t-il beaucoup d'oisif et mal employé." Toute une philosophie de la vie est ainsi résumée en quelques mots frappants. Les hommes de la Renaissance ne faisaient pas tant de manières que nous et disaient franchement ce qu'ils pensaient. Le dernier chapitre des Essais, "De l'expérience", expose la sagesse finale de Montaigne, souvent associée à l'épicurisme. Prenons le temps de vivre ; suivons la nature ; jouissons du moment présent ; ne nous précipitons pas pour rien.» En quarante chapitres, Antoine Compagnon nous invite à découvrir un Montaigne estival et tonique : de la notion d'engagement jusqu'au trône du monde, en passant par la conversation, l'amitié ou l'éducation, le temps perdu et même le surpoids. Il montre à la fois l'épaisseur historique et la portée actuelle des Essais.

Les trottoirs sont rares et les nids-de-poule nombreux. Difficile de qualifier d'accueillante la zone industrielle du Val-d'Argent d'Argenteuil. C'est pourtant l'une des zones industrielles les plus importantes d'Ile-de-France, accueillant 300 entreprises sur 125 hectares. C'est ici qu'Ervor est installé. La société est le dernier fabricant français de compresseurs d'air, ces dispositifs mécaniques destinés à produire de l'air comprimé et utilisés dans l'automobile, l'aéronautique, les transports ou l'énergie.
L'écotaxe devrait à terme rapporter 1,2 milliard d'euros par an. Crédits photo : DERRICK CEYRAC/AFP
Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, a demandé un état des lieux sur la procédure d'enregistrement des poids lourds, nécessaire au lancement de l'écotaxe
Dans Le Sablier renversé. Des Modernes aux Anciens (Gallimard, «Tel»), l'académicien Marc Fumaroli conte en grand érudit comment, dans l'Europe des Lumières, la guerre des goûts s'est déclarée entre les partisans du Moderne et ceux qui veulent un retour à l'Antique. Et ces débats, dont les accents sont parvenus jusqu'à aujourd'hui, aidaient à trouver des raisons d'espérer dans l'avenir
Le City Stars dans la capitale égyptienne regroupe près de 700 magasins. Crédits photo : SANG-HOON/SIPAUSA/SIPA/SANG-HOON/SIPAUSA/SIPA
À un jet de pierre de Rabaa, un vaste centre commercial s'est empressé de rouvrir après la fin des heurts.
Le Caire
VIDÉO - Cinquante ans après le discours du pasteur noir sur l'égalité raciale, le pays juge son «rêve» inachevé.
On ne sait si Albert Camus (photo), «l’homme révolté», l’aurait apprécié : le centenaire de sa naissance, le 7 novembre 1913, en Algérie (il est mort dans un accident de voiture, le 4 janvier 1960), est décrété «célébration nationale» par le ministère de la Culture et de la Communication. De très nombreuses initiatives, colloques, expositions, représentations théâtrales, etc. accompagnent cette commémoration, ainsi que la parution de DVD, de «beaux livres», de témoignages et...
28 août 2013 à 22:36
Paul Felenbok chancelle : «Ça me fout un coup.» Soixante-dix ans après, il vient de retrouver la maison et la cave dans lesquelles il s’est caché avec son frère plusieurs mois en 1944, il avait 8 ans. A 20 km de Varsovie, à Otwock. C’est une vieille bâtisse en bois avec une véranda, en lisière de forêt. «Des maisons comme celle-là, il ne doit pas y en avoir des milliers par ici», poursuit-il, quêtant l’acquiescement de sa femme, Betty. Paul Felenbok, 77 ans, un des plus jeunes survivants du...
http://www.liberation.fr/culture/2013/08/28/au-nom-de-tous-les-siens_927758
L’été consacré à Matisse à Nice tient du pot-pourri, aux senteurs variées. Le petit bijou est l’exposition au palais Lascaris consacrée au livre illustré Jazz, réalisé en papiers découpés dans les années 40 à la demande de l’éditeur Tériade. Ces planches, qui portent en fait sur les figures du cirque, tissent une ode à la liberté, sans qu’il soit possible de les relier directement à des motifs musicaux. On sait cependant que Matisse appréciait cette musique venue avec les soldats américains,...
Un été pour Matisse Musée Matisse, musée Masséna, musée d’Art moderne et contemporain, musée des Beaux-Arts, musée d’Archéologie, palais Lascaris, théâtre de la Photographie et de l’Image, galerie des Ponchettes. Jusqu’au 23 septembre. Rens. : www.matisse2013.nice.fr
http://www.liberation.fr/culture/2013/08/28/balade-nicoise_927781
Henri Matisse a mis le pied pour la première fois à Nice fin 1905, répondant à une invitation dans le Midi de l’écrivain et critique d’art Félix Fénéon. Il a passé cet été-là à Collioure avec Derain à préparer l’explosion «fauve» du Salon d’automne à Paris. Contrairement à ce que veut faire croire l’hagiographie locale, cette rencontre n’a rien d’une révélation. Le peintre sera bien plus impressionné par l’atmosphère et les couleurs de Tanger, voire par son passage en Corse. Mais, en 1917,..
http://www.liberation.fr/culture/2013/08/28/le-midi-a-sa-porte_927782
Quand l’œnologue Benjamin Cooker et son assistant Virgile Lanssien débarquent sur les terres pierreuses de Châteauneuf-du-Pape, l’accueil qui leur est réservé est aussi cinglant et glacé qu’un mauvais coup de mistral.
La mission d’expertise qui les attend est des plus délicates. Il leur faut manœuvrer avec tact entre les trois sœurs Castelnau qui, à défaut de s’entendre, veulent vendre le Château Duèze au plus offrant. Les liens du sang qui unissent Anne-Lise, Catherine et Sixtine auront-ils raison des convoitises, des vieilles rancœurs et des jalousies ordinaires ? Tandis que l’aînée tutoie la mort avec dignité, la cadette s’éloigne davantage de ses racines et la benjamine s’accroche désespérément à sa terre.
Bien malgré eux, Benjamin et Virgile sont pris au piège d’un drame familial où le vignoble est pris en otage de la façon la plus violente. Ils semblent nombreux ceux qui souhaitent accrocher à leur patrimoine un domaine papal comme naguère on achetait des indulgences pour s’assurer une place au paradis
LE MONDE DES LIVRES | 21.06.2013 à 16h37 | Jean Birnbaum
Le deuxième principe du mince traité Toutes les religions n’en sont qu’une seule (1788, William Blake a 31 ans), ça va. On dirait du Kant : «Tous les hommes se ressemblant quant à la forme extérieure, de même (avec la même variété infinie), tous se ressemblent quant au Génie poétique.» Le troisième, ça ne va déjà plus : «Nul homme ne peut penser, écrire ou parler depuis son cœur sans obligatoirement avoir en vue la vérité.» Ben voyons. Supposer l’égalité des intelligences et des capacités est nécessaire, croire en celle des bonnes volontés, suicidaire. Blake était dépressif, on comprend pourquoi.
Byzantin. Avec sa grosse tête et son petit corps, il avait vu un chapitre d’anges niché sur un arbre à 10 ans. Chesterton, dans sa célèbre bio de 1910 (1), raconte que, pour Blake, «les patriarches hébreux parcouraient les collines du [Sussex] avec autant de naturel que le désert». C’est d’ailleurs un des événements du cycle du Mariage du ciel et de l’enfer (1790), livre de gravures qui entend fonder une nouvelle religion : «Comme les prophètes Isaïe et Ezéchiel dînaient en ma compagnie, je leur demandai comment ils avaient pu oser affirmer si carrément que Dieu leur avait parlé.» Réponse d’Isaïe : «Je n’ai jamais vu Dieu, ni ne l’ai jamais entendu, sous forme d’une perception organique finie ; mes sens ont découvert l’infini dans l’ensemble des choses.»
Application pratique : «How do you know but ev’ry bird that cuts the airy way/ Is an immense world of delight, closed by your senses five.» Pas facile à traduire. Jacques Darras propose : «Qui vous dit que le moindre oiseau fendant les routes du ciel/ Qu’emprisonne la prison de vos cinq sens, ne serait pas un monde de joie immense ?» A part la répétition inutile «emprisonne»/«prison», c’est assez clair, c’est-à-dire aussi byzantin que n’importe quelle image de Blake, d’autant qu’on ne voit pas quel est l’antécédent du pronom «qu’» : l’oiseau ou le ciel ? C’est le coup de génie de Darras ! Ciel=oiseau=joie. Une autre trad existe en poche, chez Rivages, par Bernard Pautrat, de 2010 : «Comment ne sais-tu pas que chaque oiseau fendant la voie des airs / Est un immense monde de délices enclos par tes cinq sens ?» Bref, quand tu vois passer un oiseau, tes cinq sens n’ont pas l’«ouverture sur l’infini» (2) qui va bien et la joie n’est donc pas pour toi, ce qui est dommage car, comme le conclut le Mariage… : «Tout ce qui vit est Saint.» Globalement, on s’amuse bien à lire Blake, assez proche de Lautréamont en moins ironique.
DVD. Alors que l’on connaît généralement le Mariage… et les Chansons d’innocence et d’Expérience, l’édition Darras brille par ses bonus DVD avec un choix de prophéties (Amérique, Europe, enluminures historiques) et le Livre d’Urizen, le tout emballé dans une longue intro, des explications, un lexique de la mythologie blakienne, pour ne rien ignorer par exemple de Golgonooza, qui n’est ni un fromage ni une création de Tōei animation.
(1) Editions le Promeneur, 2011. (2) «William Blake», d’Armand Himy. Fayard, 2008.
WILLIAM BLAKE
Le Mariage du ciel et de l’enfer et autres poèmes
Edition bilingue.
Traduit de l'anglais
par Jacques Darras.
Gallimard «Poésie», 384pp., 12,50€.
