jeudi, 27 mai 2010

Dans ma lecture du "Journal" d'Hélène Berr 2.

journal.jpgPage 42, Hélène Berr évoque "J'ai pleuré en rêve" d'Henri Heine:ampuis 23 mai 2010 013.jpg

J’ai pleuré en rêve ! je rêvais que tu étais morte ! je m’éveillai, et les larmes coulèrent de mes joues.

J’ai pleuré en rêve ! je rêvais que tu me quittais ! je m’éveillai, et je pleurai amèrement longtemps après.

J’ai pleuré en rêve ! je rêvais que tu m’aimais encore ! je m’éveillai, et le torrent de mes larmes coule toujours.

 

57

Toutes les nuits je te vois en rêve, et je te vois souriant gracieusement, et je me précipite en sanglotant à tes pieds chéris.

Tu me regardes d’un air triste, et tu secoues ta blonde petite tête ! de tes yeux coulent les perles humides de tes larmes.

Tu me dis tout bas un mot, et tu me donnes un bouquet de roses blanches. Je m’éveille, et le bouquet est disparu, et j’ai oublié le mot.

 

58

La pluie et le vent d’automne hurlent et mugissent dans la nuit ! où peut se trouver à cette heure ma pauvre, ma timide enfant ?

Je la vois appuyée à sa fenêtre, dans sa chambrette solitaire ! les yeux remplis de larmes, elle plonge ses regards dans les ténèbres profondes.

 

59

Le vent d’automne secoue les arbres, la nuit est humide et froide ! enveloppé d’un manteau gris, je traverse à cheval le bois.

Et tandis que je chevauche, mes pensées galopent devant moi ! elles me portent léger et joyeux à la maison de ma bien- aimée.

Les chiens aboient, les valets paraissent avec des flambeaux ! je gravis l’escalier de marbre en faisant retentir mes éperons sonores.

Dans une chambre garnie de tapis et brillamment éclairée, au milieu d’une atmosphère tiède et parfumée, ma bien-aimée m’attend. Je me précipite dans ses bras.

Le vent murmure dans les feuilles, le chêne chuchote dans ses rameaux : « Que veux-tu, fou cavalier, avec ton rêve insensé ? »

 

60

Une étoile tombe de son étincelante demeure, c’est l’étoile de l’amour que je vois tomber !

Il tombe des pommiers beaucoup de fleurs et de feuilles blanches ! les vents taquins les emportent et se jouent avec elles.

Le cygne chante dans l’étang, il s’approche et s’éloigne du rivage, et, toujours chantant plus bas, il plonge dans sa tombe liquide.

Tout alentour est calme et sombre ! feuilles et fleurs sont emportées ! l’étoile a tristement disparu dans sa chute, et le chant du cygne a cessé.

 

61

Un rêve m’a transporté dans un château gigantesque, rempli de lumières et de vapeurs magiques, et où une foule bariolée se répandait à travers le dédale des appartements. La troupe, blême, cherchait la porte de sortie en se tordant convulsivement les mains et en poussant des cris d’angoisse. Des dames et des chevaliers se voyaient dans la foule ! je me vis moi-même entraîné par la cohue.

Cependant, tout à coup je me trouvai seul, et je me demandai comment cette multitude avait pu s’évanouir aussi promptement. Et je me mis à marcher, me précipitant à travers les salles, qui s’embrouillaient étrangement. Mes pieds étaient de plomb, une angoisse mortelle m’étreignait le cœur ! je désespérai bientôt de trouver une issue. — J’arrivai enfin à la dernière porte ! j’allais la franchir… O Dieu ! qui m’en défend le passage ?

C’était ma bien-aimée qui se tenait devant la porte, le chagrin sur les lèvres, le souci sur le front. Je dus reculer, elle me fit signe de la main ! je ne savais si c’était un avertissement ou un reproche. Pourtant, dans ses yeux brillait un doux feu qui me fit tressaillir le cœur. Tandis qu’elle me regardait d’un air sévère et singulier, mais pourtant si plein d’amour,… je m’éveillai.

 

62

La nuit était froide et muette ! je parcourais lamentablement la forêt. J’ai secoué les arbres de leur sommeil, ils ont hoché la tête d’un air de compassion.

Au carrefour sont enterrés ceux qui ont péri par le suicide ! une fleur bleue s’épanouit là ! on la nomme la fleur de l’âme damnée.

Je m’arrêtai au carrefour et je soupirai ! la nuit était froide et muette. Au clair de la lune, se balançait lentement la fleur de l’âme damnée.

64

D’épaisses ténèbres m’enveloppent, depuis que la lumière de tes yeux ne m’éblouit plus, ma bien-aimée.

Pour moi s’est éteinte la douce clarté de l’étoile d’amour ! un abîme s’ouvre à mes pieds : engloutis-moi, nuit éternelle !

 

65

La nuit s’étendait sur mes yeux, j’avais du plomb sur ma bouche ! le cœur et la tête engourdis, je gisais au fond de la tombe.

Après avoir dormi, je ne puis dire pendant combien de temps, je m’éveillai, et il me sembla qu’on frappait à mon tombeau.

— « Ne vas-tu pas te lever, Henri ? Le jour éternel luit, les morts sont ressuscités : l’éternelle félicité commence. »

— « Mon amour je ne puis me lever car je suis toujours aveugle ! à force de pleurer, mes yeux se sont éteints. »

— « Je veux, par mes baisers, Henri, enlever la nuit qui te couvre les yeux ! il faut que tu voies les anges et la splendeur des cieux. »

— « Mon amour, je ne puis me lever ! la blessure qu’un mot de toi m’a faite au cœur saigne toujours. »

— « Je pose légèrement ma main sur ton cœur, Henri ! cela ne saignera plus ! ta blessure est guérie. »

— « Mon amour, je ne puis me lever, j’ai aussi une blessure qui saigne à la tête ! je m’y suis logé une balle de plomb lorsque tu m’as été ravie. »

— « Avec les boucles de mes cheveux, Henri, je bouche la blessure de ta tête, et j’arrête le flot de ton sang, et je te rends la tête saine. »

La voix priait d’une façon si charmante et si douce, que je ne pus résister ! je voulus me lever et aller vers la bien-aimée.

Soudain mes blessures se rouvrirent, un flot de sang s’élança avec violence de ma tête et de ma poitrine, et voilà que je suis éveillé.

 

66

Il s’agit d’enterrer les vieilles et méchantes chansons, les lourds et tristes rêves ! allez me chercher un grand cercueil.

J’y mettrai bien des choses, vous verrez tout à l’heure ! il faut que le cercueil soit encore plus grand que la tonne de Heidelberg.

Allez me chercher aussi une civière de planche solides et épaisses ! il faut qu’elle soit plus longue que le pont de Mayence.

Et amenez-moi aussi douze géants encore plus forts que le saint Christophe du dôme de Cologne sur le Rhin.

Il faut qu’ils transportent le cercueil et le jettent à la mer ! un aussi grand cercueil demande une grande fosse.

Savez-vous pourquoi il faut que ce cercueil soit si grand et si lourd ? J’y déposerai en même temps mon amour et mes souffrances.

 

 

 

APPENDICE


1

Belles et pures étoiles d’or, saluez ma bien-aimée dans son lointain pays. Dites-lui mon cœur toujours malade, ma pâleur et ma fidélité.

 

2

Enveloppe-moi de tes caresses, ô belle femme, bien-aimée ! Entoure-moi de tes bras et de tes jambes et de tout ton corps flexible.

C’est ainsi que le plus beau des serpents procéda avec le bien heureux Laocoon.

 

3

Je ne crois pas au ciel dont parle la prêtraille ! je ne crois qu’à tes yeux qui, pour moi, sont le ciel.

Je ne crois pas au Seigneur Dieu dont parle la prêtraille ! je ne crois qu’à ton cœur et n’ai pas d’autre Dieu.

Je ne crois pas au Diable, à l’Enfer et à ses tourments ! je ne crois qu’à tes yeux et à ton cœur perfide.

 

4

Amitié, amour, pierre philosophale, j’entendais célébrer ces trois choses ! je les ai célébrées et je les ai cherchées, mais hélas ! je ne les ai jamais rencontrées.

 

5

Les fleurs regardent toutes vers le soleil étincelant ! tous les fleuves prennent leur course vers la mer étincelante.

Tous les lieder vont voltigeant vers mon étincelante aimée. Emportez-lui mes larmes et mes soupirs, ô lieder tristes et dolents !

http://fr.wikisource.org/wiki/Intermezzo_lyrique_(Heine,_...)

Pour lire le début de ce poème,cf.ci-dessous.

Pour voir mes 2 autres notes sur ce livre:

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2008/07/10/je-vi...

http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2008/07/10/dans-...

 

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18:06 Écrit par laura dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : livre, journal d'hélène berr | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

jeudi, 25 février 2010

Merci Catherine

securedownload.jpgMerci Catherine pour ce dessin et le reste.

Merci à Monique et à tous les membres de l'atelier d'écriture (réel) de Saint-Vallier.

11:30 Écrit par laura dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : merci catherine, livre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

vendredi, 15 janvier 2010

Proust et Lyautey

proust.gif

Christian Gury

ISBN 978-2-35270-071-5

13,50 €

Plusieurs des ouvrages de Christian Gury [Lyautey-Charlus ; Le Mariage raté de Marcel Proust et ses conséquences littéraires ; Charlus (1860-1951) ou Aux sources de la scatologie et de l’obscénité de Proust ; Proust et la Femme pétomane ; Proust, clés inédites et retrouvées ; etc] ont démontré que le couple du maréchal Lyautey et de son épouse constitue le passe-partout explicatif des personnages du palimpseste d’À la Recherche du temps perdu. L’auteur a présenté la synthèse et l’articulation de ses découvertes, à l’invitation de l’Institut culturel français Robert Schuman et de l’Institut de romanistique de l’université de Bonn, en 2008 ; le présent texte reprend et précise celui de la conférence. L’œuvre de Proust à lire désormais autrement.

Sur Lyautey-Charlus : « [...] poissonneuse biographie [...], le maréchal de France étant présenté, analyse de textes à l’appui, comme le modèle de M. de Charlus. C’est un chef-d’œuvre kitsch ». Angelo Rinaldi, L’Express.

Sur Le Mariage raté de Marcel Proust : « Et si la Recherche [...] n’était qu’un gigantesque calembour ? Ils abondent en effet [...]. La correspondance de Proust en est riche aussi : tradition familiale […] comique d’époque [...]. Selon Christian Gury, la Recherche [...] est la conséquence littéraire du mariage d’Hubert Lyautey [...] avec Inès de Bourgoing, que Proust avait rencontrée quelques années auparavant, sans l’épouser toutefois. En effet, leurs noms se retrouvent, combinés ou inversés, anagrammes et autres transpositions, dans ceux des personnages du récit proustien dont ils seraient les clés [...] ». Pierre-Edmond Robert, Magazine Littéraire.

Sur Charlus (1860-1951) : « Charlus, frère du duc de Guermantes [...] serait en effet un dérivé littéraire de Charlus, chanteur éponyme de caf’conc (genre mineur fort prisé par Proust), [...] au répertoire grotesque et vulgaire [...]. Gury ausculte la profusion onomastique de l’œuvre, valise à fonds multiples et au contenu des plus surprenants [...]. Le baron doit beaucoup aussi à Lyautey, [...] lit ôté, délicate contrepèterie vers le thé au lit de la tante du Narrateur ». Jean Laurenti, Le Matricule des Anges.

Novembre 2009, 128 pages

http://www.editionsnonlieu.fr/Proust-et-Lyautet

17:53 Écrit par laura dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : proust et lyautey, livre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

vendredi, 25 septembre 2009

Lu dans la presse littéraire

Borges : "Que d'autres se flattent des livres qu'ils ont écrits, moi, je suis fier de ceux que j'ai lus."

Dans un article du Monde d'aujourd'hui que vous trouverez ci-dessous

Dans un article du Figaro d'hier :"Chacun sait que les grands auteurs sont toujours de grands lecteurs."

Un Français sur trois rêve d'écrire

Mohammed Aïssaoui

15:01 Écrit par laura dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : borges, livre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

vendredi, 03 juillet 2009

Du nouveau dans ma bibliothèque Babelio(en haut de la colonne de droite)

logo.gifDans cette bibliothèque, quelques livres lus, en cours ou à lire, que j'ai chez moi (ou au Maroc ou ailleurs)ou que j'ai emprunté à la bibliothèque.

Les livres (dont j'ai trouvé  la couverture) défilent en haut de la colonne de droite de ce blog.

Dans cette note, quelques livres lus, en cours, commencés ou à lire.

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11:43 Écrit par laura dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : livre, guy bedos | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

jeudi, 25 juin 2009

Lu dans la presse aujourd'hui:Le livre à l'agonie

Fondé il y a six ans par Nacéra Saïdi - bout de femme tenace qui apparaît dans le récent et impressionnant film de Tariq Teguia, Inland, - et son compagnon, l'Espace Noûn est vite devenu un lieu incontournable. Seule librairie à proposer de vraies rencontres avec des auteurs, suivies par un public fidèle, jeune en partie, mobilisé par Facebook.

Assise sur une chaise haute, Nacéra Saïdi, tout de noir vêtue, promène un regard où se lit la lassitude. «Je ne sais plus ce qu'il faut faire pour provoquer le débat intellectuel dans ce pays !» Au mur, une feuille de papier A4 reproduit une citation de Pessoa : «La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas.» Elle se plaint de la léthargie ambiante, de la production insuffisante, des livres commandés en France qui n'arrivent pas…

«Qu'est-ce qu'on lit à Alger ?» Elle sourit, tristement. Elle recommande La Fête des masques, du Togolais Sami Tchack (Gallimard, 2004, réédité en 2008 à Alger par APIC) «fort et dérangeant», au mo­ment où l'écrivain séjourne à Alger à la veille de l'ouverture de la 2e édition du Festival panafricain. Et puis, le dernier livre de Chawki Amari (journaliste chroniqueur impertinent au quotidien El Watan), À trois degrés, vers l'est (Éd. Chihab, 2008), «un recueil de nouvelles absurdes, qui disent mieux que tout l'Algérie d'aujourd'hui».

http://www.lefigaro.fr/livres/2009/06/25/03005-20090625AR...

13:37 Écrit par laura dans Des librairies | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : presse, aujourd'hui, livre, agonie | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

mardi, 30 décembre 2008

Une partie de ma bibliothèque sur Babélio

logo.giflien ci-contre en haut de la colonne de droite.

Des livres que j'ai chez moi, des livres qui sont encore au Maroc.

Des livres lus ou pas, en cours de lecture, des présentations, résumés, citations, critiques etc.

Des polars, de la poésie, des essais etc.

Des livres de bibliothèque publique(vive les bibliothèques), de bouquinistes(vive les bouquinistes), des petites ou grandes librairies(vive les librairies).

Des livres lus au lit, au salon, dans le train, l'avion, la voiture, les salles d'attente.

Des vieux livres, des livres neufs, des livres offerts.

Des livres de poche, des beaux livres.

Vive les livres partout et toujours!

Sans lesquels pour moi, il n'y aurait pas d'écriture... et pas ce blog.

Une petite partie des livres de ma vie, de ma vie, de ce blog.

Un nouveau livre lu:

http://www.babelio.com/livres/Leon-De-sang-et-debene/74949

Un nouveau livre en cours(non lu chez Babelio):

http://www.babelio.com/livres/Feth-Le-cueilleur-de-fraise...

En plus des 2 autres:

http://www.babelio.com/livres/Ernaux-Les-annees/47538

http://www.babelio.com/livres/balzac-Le-pere-Goriot/34045

Un nouveau livre en cours:

http://www.babelio.com/livres/Genet-Poemes/14131

00:11 Écrit par laura dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : babelio, bibliothèque, livre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

lundi, 15 décembre 2008

Mes livres en cours de lecture

sur Goodreads:

http://www.goodreads.com/user/show/1777433(colonne de droite)

et quelques livres lus sur Babelio:

http://www.babelio.com/monprofil.php?id_user=4482(idem)

00:35 Écrit par laura dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : livre, en cours | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

mardi, 28 octobre 2008

Je suis en train de lire:Michael Crichton,"Prisonniers du temps"

prisonniers.jpgPrisonniers du temps est un roman de science-fiction, écrit en 1999 par Michael Crichton (É.-U.), adapté au cinéma par Richard Donner en 2004.

 

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00:41 Écrit par laura dans Livre | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : livre, crichton, prisonniers du temps | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

mercredi, 10 septembre 2008

"Elisa reconte 36 petites histoires" d'Elisabeth Leroy

ELISA_RACONTE_COUVERTURE_3.jpghttp://boulevarddesresistants.hautetfort.com/list/mon_rec...

00:32 Écrit par laura dans Les livres d'amis blogueurs | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : livre, elisabeth leroy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |