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Libération - Page 23

  • Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Libération

    Le journal des arts

    A LA UNE Mercredi 09 septembre 2015

     

    Blandine Chavanne claque la porte du Musée des beaux-arts de Nantes

    LeJournaldesArts.fr - 08 septembre 2015

    NANTES [08.09.15] - Nouvelle crise de la culture en province : Blandine Chavanne quitte le musée de Nantes en pleine rénovation. En cause : l’interventionnisme brutal de la nouvelle municipalité socialiste qui vient d’annuler l’exposition Georgia O’Keeffe. PAR Vincent Noce

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    Une galerie Obadia au Centre Pompidou

    Le Journal des Arts - n° 440 - 4 septembre 2015

    L’exposition Valérie Belin à Beaubourg puise largement dans le fonds de la galerie Obadia. PAR Christine Coste

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    Tour Triangle à Paris : une association dépose un recours contre le projet

    LeJournaldesArts.fr - 09 septembre 2015

    PARIS [08.09.15] - L'association SOS Paris a annoncé mardi avoir déposé un recours gracieux visant à annuler la délibération du Conseil de Paris autorisant le projet de tour Triangle, édifice de 180 mètres de haut dont la construction est prévue porte de Versailles. PAR AFP

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    Hollande annonce l'ouverture du Louvre, d'Orsay et de Versailles le 7e jour pour les scolaires

    LeJournaldesArts.fr - 08 septembre 2015

    PARIS [07.09.15] - François Hollande a annoncé lundi l'ouverture « dès cet automne » des musées du Louvre, d'Orsay et du Château de Versailles le 7e jour -jour de fermeture jusqu'à présent- afin d'accueillir des groupes d'élèves. PAR AFP

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    Sylvain Bellenger : « La réforme voulue par Matteo Renzi est courageuse »

    Le Journal des Arts - n° 440 - 4 septembre 2015

    Directeur du département des peintures et sculptures du Moyen Âge à l’Époque moderne à l’Art Institute de Chicago, Sylvain Bellenger, 60 ans, vient d’être nommé directeur du Musée Capodimonte, à Naples. PAR Colin Lemoine

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    Paris : la construction de la 2e partie de l'Institut des cultures d'islam abandonnée

    LeJournaldesArts.fr - 08 septembre 2015

    PARIS [07.09.15] - La Ville de Paris ne construira finalement pas la deuxième partie de l'Institut des cultures d'Islam (ICI), qui aurait dû être inaugurée cette année à la Goutte d'or (XVIIIe), a affirmé lundi à l'AFP l'adjoint chargé de la Culture Bruno Julliard (PS). PAR AFP

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    Une mission photo chasse l’autre

    Le Journal des Arts - n° 440 - 4 septembre 2015

    La création par Fleur Pellerin d’un Conseil national de la photographie annonce la fin de la Mission Photo et révèle la faible efficacité de la politique photo du ministère. PAR Christine Coste

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    La prochaine vente Taubman de Sotheby’s va pulvériser le record établi par la vente Saint-Laurent / Bergé

    LeJournaldesArts.fr - 07 septembre 2015

    NEW YORK (ETATS-UNIS) [07.09.15] – En novembre prochain Sotheby’s dispersera aux enchères la collection de son ancien propriétaire et président Alfred Taubman, décédé en avril 2015. C’est la collection privée la plus importante jamais dispersée aux enchères, estimée à 500 millions de dollars loin devant la vente Saint-Laurent / Bergé. PAR Julie Paulais

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    L'EI détruit de nouveaux joyaux du site antique de Palmyre

    LeJournaldesArts.fr - 04 septembre 2015

    BEYROUTH (LIBAN) [04.09.15] - Le groupe extrémiste Etat islamique (EI) a réduit en poussière plusieurs célèbres tours funéraires de Palmyre en Syrie, traduisant une volonté systématique de détruire ce qui reste des trésors de cette cité antique. PAR AFP

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    Les 10 dossiers chauds de la rentrée

    Le Journal des Arts - n° 440 - 4 septembre 2015

    Les gros titres des prochains mois devraient être consacrés aux divers projets de loi concernant la culture et à deux affaires judiciaires qui n’ont pas fini de faire parler d’elles. PAR Vincent Noce

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  • Zurbarán, l’étoffe du baroque

    Jean-Pierre PERRIN 12 mars 2014 à 17:26

     

    Christ en croix contemplé par Saint-Luc, vers 1660.Christ en croix contemplé par Saint-Luc, vers 1660. (Photo Musée national du Pardo Madrid)

    ARTS

    Contemporain de Vélasquez, le peintre espagnol illumina le XVIIe siècle de ses toiles qui exaltent le sentiment religieux

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  • Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, La poésie, Libération, Voyage

    Le Nobel Tomas Tranströmer face à la Grande énigme

    Le Nobel Tomas Tranströmer face à la Grande énigme

    Claire DEVARRIEUX 29 mars 2015 à 19:26
     
    POÉSIE

    Le Suédois Tomas Tranströmer, disparu vendredi à l’âge de 83 ans, était une figure majeure de la poésie mondiale. Il était célèbre et reconnu par ses pairs bien avant le prix Nobel de littérature, qui lui fut attribué en 2011 et contribua à élargir considérablement son lectorat, surtout en France. Le poète Joseph Brodsky, Nobel 1987, a dit de Tranströmer qu’il était «un poète de première importance, d’une incroyable intelligence».

    C’est son sens de la métaphore qui a toujours impressionné les admirateurs du Suédois, et cela, dès ses débuts, dans les années 50. «L’éveil est un saut en parachute hors du rêve/ Libéré du tourbillon qui l’étouffe, le voyageur/ Tombe dans les zones vertes du matin.» Le voyageur de Tranströmer circule d’arbre en vallée, dans un paysage inspiré où le sapin est le «curseur de l’horloge». L’individu ne se hausse jamais du col, son humble condition ne le rabaisse pas non plus. Il n’est pas supérieur à la fourmi, il représente à peine plus qu’une couleur, la lumière dévore sa présence. L’aube le voit incertain «au théâtre de l’abat-jour». Parfois, l’accumulation d’images est intimidante. Mais rien de plus fraternel qu’un poème comme Celui qui fut réveillé par les chants au-dessus des toits, qui se termine ainsi : «L’homme s’agite, cherche / A tâtons les outils de l’attention - presque dans l’espace.»

    Si Tranströmer est un contemplatif, les nuages, la mer, les montagnes ne sont pas les seuls décors naturels de sa poésie. Il invite à essayer de déchiffrer les hiéroglyphes de la neige, du lichen et des pierres, langage perdu. Encore jeune, Tranströmer a écrit ces vers : «Il arrive au milieu de la vie que la mort vienne / Prendre nos mesures. Cette visite / S’oublie et la vie continue. Mais le costume / Se coud à notre insu.»

    Le poète a été victime d’un accident vasculaire cérébral en 1990, mais il a continué à écrire, bien que très diminué. En France, on peut lire de lui Baltiques : œuvres complètes 1954-2004 («Poésie», Gallimard). Ses livres ont été auparavant publiés au Castor astral, notamment un recueil de haïkus, la Grande Enigme. 

     

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  • Catégories : A lire, CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Les polars, Libération

    Polars à lire

    Les Réponses

    Auteur(s) : Elizabeth Little

    Après un procès qui a passionné l'Amérique, la jeune Janie Jenkins est reconnue coupable de l'assassinat de sa mère, la très fortunée et très mystérieuse Marion Elsinger. Dix ans plus tard, suite à une enquête sur la manipulation de preuves par le laboratoire de police scientifique de L.A, Jenkis sort de prison, sa libération scandalise le pays, convaincu de la culpabilité de la riche...

     

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    Editeur : Sonatine
    Date de parution : 12 Mars 2015
    Catégorie : Policier et Suspense
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  • Pour cent bricks, t’as plus faim

    Pour cent bricks, t’as plus faim

    25 mars 2015 à 18:06

    Une brick au thon et à l’œuf de chez la Mamma, boulevard de Belleville, à Paris.Une brick au thon et à l’œuf de chez la Mamma, boulevard de Belleville, à Paris. (Photo Boris Allin)

     
    L'auteurJacky DURANDJacky DURAND

    Il ne faut pas grand-chose pour embaumer une nuit. Une poignée de légumes secs et d’herbes fraîches, un soupçon d’épices, trois sous de mémoire et de jugeote qui font le savoir-faire, une bonne bouffée de chaleur humaine, et la magie opère entre le gonze qui fricasse et la bande d’apaches qui tournent autour de sa taule comme une nuée de papillons insomniaques sur un réverbère.

     

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  • Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Libération

    Neal Cassady, l’ultime mezcal

    Neal Cassady, l’ultime mezcal

    25 mars 2015 à 20:21
     
    L'auteurMathieu LINDONMathieu LINDON

    Un an après Un truc très beau qui contient tout regroupant sa correspondance de 1944 à 1950, paraît Dingue de la vie & de toi & de tout, le second volume des lettres de Neal Cassady qui va de 1951 à sa mort, en 1968 (il est né en 1926). Neal Cassady est à la fois le prophète et l’inspirateur de la Beat Generation. Dans Sur la route, de Jack Kerouac, il est Dean Moriarty. En dédicace de son poème Howl, Allen Ginsberg, dont cet hétérosexuel passionné fut l’amant, le nomme «bouddha de la prose américaine». Il fut proche aussi de William Burroughs. On a lu dans le précédent volume sa longue lettre de 1950 sur Joan Anderson qui frappa tant les futurs écrivains célèbres de son entourage par la vie brute que Neal Cassady mettait dans son écriture au mépris de la syntaxe la plus traditionnelle. Quand s’ouvre le second volume, il est flatté par les compliments. A Kerouac qui le met au pinacle littéraire : «J’aimerais te croire pourtant ; mieux j’aimerais que tout le monde te croie.» A Ginsberg qui n’est pas en reste : «Toutes les âneries délirantes que vous débitez tous les deux à propos de ma Grande Lettre me font frissonner de plaisir, mais nous savons malgré tout que je ne suis qu’un effluve et qu’un rêve.» Etre écrivain est une ambition pour Neal Cassady, dont la manière d’écrire est originale en tous points. A Ginsberg : «Entre parenthèses, la première fois que j’ai commencé à écrire à la machine, si sans faire exprès je ne tapais pas la bonne lettre pour commencer un mot, plutôt que d’effacer, je cherchais un mot qui commençait par cette lettre et comme je faisais une nouvelle erreur, puis encore une autre, j’avais très vite complètement modifié le sens de ce que j’exprimais et aussi ce que j’étais en train de dire - avec tous les changements que cela entraînait dans le fil de mes pensées.» Le seul livre de Neal Cassady, Première Jeunesse, roman autobiographique, paraîtra de façon posthume.

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  • Catégories : A lire, CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Libération, Voyage

    On le promettait prométhéen

     

    Dominique KALIFA 25 mars 2015 à 17:11
    CRITIQUE

    Un regard nouveau sur le XIXe siècle

     

    Il y a d’abord un tour de force. Jeunes historiens l’un et l’autre, Emmanuel Fureix et François Jarrige ont beaucoup lu, beaucoup annoté, pour offrir ce panorama quasi exhaustif des travaux qui ont, depuis un peu plus de trente ans, renouvelé la compréhension du XIXe siècle français. La synthèse qu’ils présentent, «un voyage dans le XIXe siècle des historiens», est nourrie de centaines d’ouvrages, de thèses, d’articles publiés en français et en anglais, et constitue donc un très précieux vademecum pour qui souhaite s’orienter dans le continent des publications historiques récentes et repérer les références marquantes.

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  • Catégories : A lire, CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, La poésie, La presse, Libération

    Pasolini, roses et épines

    Pasolini, roses et épines

    Robert MAGGIORI 25 mars 2015 à 17:11

    Pier Paolo Pasolini, en décembre 1974.Pier Paolo Pasolini, en décembre 1974. (Photo AFP)

    LIVRES

    Poèmes inédits, période «Evangile selon saint Matthieu»

     

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  • Catégories : A lire, CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, L'architecture, La presse, Libération

    Les bâtisseurs du Bauhaus

    Les bâtisseurs du Bauhaus

    Philippe LANÇON 25 mars 2015 à 17:11

    Sur le bâtiment du Bauhaus à Dessau, lors du 80e anniversaire de son inauguration en 2006.Sur le bâtiment du Bauhaus à Dessau, lors du 80e anniversaire de son inauguration en 2006. (Photo John MacDougall. AFP)

    CRITIQUE

    De Gropius à Paul Klee, six génies de la modernité.

     

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  • Catégories : A lire, CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Libération, Voyage

    Recherche Dustan perdu

    Critique Réédition des romans crus et cul de l’auteur mort en 2005

    Par PHILIPPE LANÇON
    Libération

    On manifeste contre le mariage gay, on le légalise, et on réédite Guillaume Dustan, né William Baranès, écrivain français, magistrat et pédé, explorateur du corps et voyageur au bout de la nuit techno-partouzarde des années 90. Il meurt en 2005 chez lui, d’une embolie pulmonaire probablement due à un excès ou à un arrêt brutal de médicaments. Il a 39 ans, ce n’est pas un bel âge pour mourir. Ses livres se vendent à quelques milliers d’exemplaires. Il est séropositif, rescapé, ultradépressif. Son personnage public de provocateur l’a mis à nu en recouvrant de paillettes et d’imbéciles les phrases qui lui ont permis de naître. Les lieux qu’il habite, il les a quittés l’un après l’autre en laissant tout, rien dans les mains rien dans les poches. Son épitaphe pourrait être : j’ai vécu sans protection.

    Dustan, c’est l’homme qui écrit en 1999 dans Nicolas Pages : «On va vouloir faire des bébés avec deux spermatozoïdes et pas d’ovule et ça sera interdit. On veut élever des enfants dans notre couple monosexuel et c’est interdit. On veut adopter et c’est interdit. On veut vivre avec un étranger et c’est interdit. On veut se marier et c’est interdit. Il n’y a plus que nous et les fous et les enfants qui n’avons pas le droit de nous marier. Avant, il y avait aussi : les esclaves, les serfs, les couples interraciaux, les bonnes (ou alors c’était la porte). Diviser pour régner, c’est toujours le même truc. Et puis avilir.» C’est aussi l’homme qui dit d’un air las chez Thierry Ardisson, une perruque de blonde sur le crâne, pour justifier le non-usage de préservatif entre séropositifs : «Moi, j’pense qu’on est responsable pour soi, pas pour les autres. Parce qu’à partir du moment où on est responsable pour les autres, on s’occupe plus de soi, et il se passe plus rien, et voilà.» Bref, un tardif petit dinosaure de l’ère libertaire.

    Mais c’est d’abord l’homme qui écrit trois ans plus tôt dans son premier livre, Dans ma chambre - récit rétrospectif de certaines expériences érotiques et amoureuses, quinze chapitres de une à cinq pages écrits à Tahiti alors qu’il pensait bientôt mourir du sida : «Certains éléments servent plus que d’autres. Je les aime tous. Ils sont comme des parties de moi qui viennent se poser là où je l’ai décidé et y maintiennent mon emprise. Mais c’est aussi leur office de servir le corps. Cagoule collier bâillon pinces à seins menottes godes cockring étouffe-queue parachute menottes. Tout est mobilisé. Prêt à maximiser l’effet de la bite dans la bouche ou dans le cul, les coups de cravache sur le cul, les jambes, le dos les épaules les bras les mains les pieds les couilles la queue. Ça ne fait jamais mal quand c’est bien fait. Je ne suis pas sadique. Seulement un peu mégalomane.» Le sens du ridicule vis-à-vis du folklore homosexuel s’applique chez Dustan, comme ses instruments, d’abord à lui-même : principe de délicatesse. Poursuivons : «Ça ne fait pas de marques. De toute façon tout ce que je fais, tout ce dont je me sers a préalablement été essayé sur moi. Alors tout se passe bien. Même les gros godes ressortent sans un filet de sang, même ceux qui sont plus gros qu’un poing et qui passent après le deuxième sphincter. Je suis devenu très conscient de mon corps, de son extérieur comme de son intérieur, grâce à ça, je pense. Je travaille. Mes seins, mon cul, mes éjaculations, mes prestations.»

    Epuisement. Tout le sens des premiers livres de Dustan est dans ces lignes sèches, précises, brutales, ironiques, naturelles, comme éperdues, et qui, somme toute, ont une morale : celle d’un homme qui bosse et n’embarrasse pas ce qu’il décrit de ponctuation, d’amortisseurs, de formules de style. Dustan écrit au présent, répète les mots comme on répète les gestes. Il se regarde vivre jusqu’au bout, par le sexe, avec deux criquets sur les épaules, Sade sur l’une, Bret Easton Ellis sur l’autre. C’est une tentative d’épuisement d’un corps parisien et fin de siècle dont il fait le compte rendu.

    Souvent, on croit lire le scénario d’un film d’action, parfois burlesque, plutôt muet. Ces travailleurs du sexe parlent peu. Ce n’est pas seulement qu’ils ont souvent la bouche pleine ; mais ils sont là pour agir, explorer les procédures les plus extrêmes de leur jouissance. «C’est ça que j’aime la nuit, écrit Dustan : la communication réduite à l’essentiel.» La phrase également.

    P.O.L a été l’éditeur de ses trois premiers livres, les meilleurs. Il débute par eux la publication de ses «Œuvres». Deux volumes suivront, avec des inédits - en particulier une lettre où Dustan explique violemment le sens de son premier livre. Il a passé sa courte existence à agir et à s’expliquer. Il est aidé, dans cette tâche désormais posthume, par l’universitaire Thomas Clerc. Borges disait que les historiens de la littérature française doivent définir des écrivains qui ont passé leur vie à se définir. Clerc est l’historien appliqué de Dustan, écrivain français.

    Les textes sont strictement autobiographiques. Dustan a mis sa vie dans son talent. Et la vie, ici, c’est d’abord la sexualité - quoi qu’on décide d’en faire. Dans ma chambre explore le sexe et l’amour. Je sors ce soir, le sexe, la musique et l’ecstasy. Plus fort que moi, le sexe et le sadomasochisme. Les trois livres sont poreux : on retrouve des personnages, des références, des médicaments, des gestes, des figures, des airs de musique, des sentiments. La répétition noue l’action : Dustan et ses partenaires pédalent dans une roue enchantée, infernale. De ce point de vue, ce sont des héros : tout le monde il est beau, jeune, obsédé, au-delà. On dirait les prototypes d’une écurie de cyclistes cherchant à perfectionner sans cesse les bicyclettes, les corps, les performances, par tous les moyens possibles, jusqu’à la sortie de route : on est bien dans les années 90.

    Les gens ordinaires regardent le Tour de France sans pédaler. Ils devraient pouvoir lire Dustan sans être pédés ni fréquenter les backrooms : élargir le cercle des lecteurs est l’enjeu de cette édition. Il est possible qu’elle paraisse à contretemps. Les années Dustan, dernières pointes de la colère de l’individu, de sa bonté sauvage, de sa générosité non calculée, de ses exploits sous EPO, semblent assez loin.

    Extase. Ces trois premiers livres forment un spectacle aux vibrations froides. Ils renseignent sur ce qui eut lieu dans certains endroits, quand le sida conjuguait ses victimes au futur antérieur, et ils le font avec une précision qui reste remarquable. Pourquoi cette précision? Ce qu’écrivait Roland Barthes en 1979 dans sa préface à Tricks de Renaud Camus, cet amer de la littérature homosexuelle, s’adapte à Dustan : «Les pratiques sexuelles sont banales, pauvres, vouées à la répétition, et cette pauvreté est disproportionnée à l’émerveillement du plaisir qu’elles procurent. Or, comme cet émerveillement ne peut être dit (étant de l’ordre de la jouissance), il ne reste plus au langage qu’à figurer, ou mieux encore à chiffrer, à moindres frais, une série d’opérations qui, de toute manière, lui échappent.»

    Dustan fait en sorte que cette jouissance échappe le moins possible au langage qu’il dépose. Parfois, par le miracle d’une phrase, il y arrive. Ainsi, une nuit, rentrant chez lui sous ecstasy : «Je mets le CD de la BO de Lost Highway que Tina a eu la bonne idée d’acheter. La 13, Insensatez, d’Antonio Carlos Jobim, en boucle. C’est ça qu’on entend dans la séquence où Balthazar Getty se repose en jogging et en savates dans le jardin de ses parents.» Et voici la phrase magique, qui naît d’un encombrement de détails adolescents pour finir dans une sorte d’extase - et de néant : «Il est sublime de beauté, allongé dans un transat, et puis il se lève et il regarde par-dessus la barrière dans le jardin de ses voisins le ballon en plastique, ou peut-être que c’est une bouée canard, flotter dans la piscine pour enfants vide.» Cette bouée canard en suspension, ce vide final derrière l’enfant triste qu’il fut : jolies trouvailles.

    La précision a une autre raison : éviter l’ennui, que Dustan - il le répète souvent - fuit comme la peste. La précision tend un filet qui l’empêche de s’infiltrer, malgré les répétitions. Dans ma chambre, ici, fait écho au prologue de Voyage autour de ma chambre, le classique de Xavier de Maistre, auteur emprisonné : «J’ai entrepris et exécuté un voyage de quarante-deux jours autour de ma chambre. Les observations intéressantes que j’ai faites, et le plaisir continuel que j’ai éprouvé le long du chemin, me faisaient désirer de le rendre public ; la certitude d’être utile m’y a décidé. Mon cœur éprouve une satisfaction inexprimable lorsque je pense au nombre infini de malheureux auxquels j’offre une ressource assurée contre l’ennui, et un adoucissement aux maux qu’ils endurent.»

    Il y a une troisième raison à cette précision. Dans ses mémoires (1), Nadejda Mandelstam, la femme du poète russe Ossip Mandelstam, mort au goulag, l’a peut-être donnée : «Le sentiment qu’il est un pécheur constitue la principale richesse de l’homme. Le péché est toujours concret, et le repentir s’exprime par un langage précis, d’une force unique. C’est le langage d’un instant, et il dure éternellement.» Dustan décrit des instants sexuels, pour qu’ils durent éternellement. Il ne se repent de rien, au contraire : il affirme et s’affirme. Mais l’affirmation est précisée par les menaces qui la sculptent : «Si je reste ici je vais mourir. Je vais finir par mettre du sperme dans le cul de tout le monde et par me faire pareil. La vérité, c’est qu’il n’y a plus que ça que j’ai envie de faire. D’ailleurs c’est déjà bien parti. Evidemment je ne pourrai en parler à personne. Je ne pourrai plus rencontrer personne. J’attendrai d’être malade. Ça ne durera sûrement pas longtemps. Alors je me dégoûterai tellement que ce sera enfin le moment de me tuer. Je me suis dit que je n’avais plus qu’à partir.» Comme disait Céline: «Anus Caïn pfoui.»

    Animal. Le premier livre est le plus abouti - dans le ton comme dans la construction ; puis, en 1996, on n’avait jamais lu ça comme ça. Dans le second, plus aérien, les personnages sont plus bavards : c’est celui que l’auteur préférait. Le troisième est le plus noir. Vers la fin, Dustan constate : «Techniquement je suis au top. Je suis une machine à plaisir. Je reçois en chaps en cuir, string en cuirs, rangers. J’ai la musique, le matos, les drogues. J’ai le cul parfaitement clean. Je sais tout faire. J’embrasse. Je lèche. Je suce. Je pince. Je tords. J’aspire. Je tends. Je tire. Je pousse. Je caresse. Je claque. Je tiens. J’ouvre. J’écarte. Je vais. Je viens. Je plonge. Je pisse. Je crache. Je bave. Je crache. Il n’y a que jouir dans une capote que je ne sais toujours pas faire. […] Tout est parfaitement mis au point. C’est sans doute pour ça que ça ne marche plus. Ce n’est pas le plaisir qui m’a absorbé jusqu’ici, mais l’apprentissage.» Le livre se clôt sur un rêve de singes. L’animal se plaint à l’auteur des hommes qui l’enculent. Ils sont rapides, maladroits, ils lui font mal : «J’ai ouvert les yeux. Dehors il faisait soleil. Je me suis dit que ce rêve était parfait pour le livre. J’ai commencé à me le raconter pour ne pas l’oublier.»

    Dustan est-il un auteur qui fait date, ou qui ne fait que date ? Débarrassé des scories médiatiques de son personnage et de la limaille d’avant-gardistes autoproclamés collée à son image comme à celle d’un mini-Christ, c’est en tout cas, dans ces trois livres, un écrivain : un homme qui monte ses phrases et ses chapitres pour dire exactement ce qu’il veut dire. Quand Dans ma chambre paraît, son éditeur le compare aussitôt à Tricks. Renaud Camus, lui, ironise sur la manière dont on l’enterre au profit de l’héritier, forcément abusif. Par exemple, dans Derniers Jours (Fayard), son journal de 1997 : «Les journaux disent que GD est "le Renaud Camus des années 90". Ce qui me renvoie dans je ne sais quel limbe, et me fait me demander ce qu’il me reste à être. Dans ma chambre et Je sors ce soir sont "les nouveaux Tricks". Dustan lui-même s’en défend, l’air de dire que ses livres sont bien autre chose que cela.» En 2003, débattant avec lui, il le trouve «très petite forme». Enfin, le 10 octobre 2005 : «La télévision a annoncé tout à l’heure, au journal, la mort de Guillaume Dustan, à l’âge de quarante ans. J’ai aussitôt regretté d’avoir noté ici même, le jour de notre dernière rencontre […], qu’il n’avait pas l’air bien vaillant.» Le corps de William Baranès est retrouvé dans son nouvel appartement parisien, cinq jours après sa mort.

    Saint. S’est-il suicidé ? Il venait de commencer à écrire un livre sur Andy Warhol, qu’il admirait, et avec qui il pensait y dialoguer de vivant à mort. L’année précédente, il l’avait passée dans la propriété familiale, chez sa mère, qui se demandait chaque matin si elle le retrouverait vivant le soir. Il paraissait aller mieux. L’un de ses derniers SMS se réjouit d’un voyage prévu à Los Angeles. Mais, dans son agenda, il laisse des mots moins optimistes : «Pas assez de glamour. Pas assez de fric. Pas assez de bonne santé.» Ce corps qu’il avait tant mis au travail n’est, dit-on, pas décomposé. Après tout, c’est une propriété du corps des saints. Or Dustan est le nom d’un saint irlandais, choisi comme pseudonyme pour sa bonté. Le choix avait une autre raison : dans les bibliothèques, les livres de Dustan seraient à côté de ceux de Duras - sans nul auteur entre eux. L’auteur de la Maladie de la mort, près de l’auteur de cette danse de mort, tous deux bien vivants.

    (1) «Contre tout espoir», Gallimard, «Tel».

    GUILLAUME DUSTAN Œuvres 1

    Préface et notes de Thomas Clerc

    P.O.L, 360 pp., 18€.

    Revue singulière

    L’Editeur singulier, 144pp., 12€.

    Où l’on peut lire les derniers SMS de Guillaume Dustan à son cousin Jean Touitou.