En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
Avis aux amateurs ! Pour tout savoir sur cet édifice militaire datant du 2e siècle, rendez-vous dans la salle des conférences au musée à 15h. En plus vous serez au frais !
Bonjour à toutes et à tous. Cette semaine dans les actus de la Métropole, beaucoup de culture avec le Prix Lumière dévoilé (on vous spoil pas), du Street-art à Rillieux-la-Pape et une conférence archéologiques, demain à Lugdunum ! Dans le reste de l'actualité, la chaleur est toujours bien présente : la Métropole de Lyon adapte les horaires des déchèteries et vous recommande sa carte des lieux frais ! Bon week-end !
Tim Burton, prix Lumière 2022 !
L'Étrange Noël de monsieur Jack, Charlie et la Chocolaterie, Big Fish... Vous connaissez sans doute l'un de ces films ! Le réalisateur sera présent à Lyon, du 20 au 23 octobre. Le 21 octobre, il recevra son prix. En attendant, découvrez son travail et son univers si particulier !
Alerte canicule : les déchèteries adaptent leurs horaires
La Métropole de Lyon est toujours en alerte canicule. Pour préserver la santé de ses usagers et de ses agents, les horaires des déchèteries sont adaptées. Jusqu’au lundi 25 juillet inclus, les déchèteries sont ouvertes :
de 7 h30 à 14 heures sans interruption, du lundi au samedi.
de 9 heures à midi le dimanche 24 juillet.
La déchèterie fluviale installée sur le quai Fulchiron (Lyon 5e) sera amarrée à ses horaires habituels de 9 heures à 18 heures, ce samedi 23 juillet.
À Rillieux-la-Pape, l’association Spacejunk Lyon a invité plusieurs artistes de Street-art à s'exprimer sur les murs de la Résidence Mont-Blanc, avant sa démolition en 2023. On vous emmène en images, au cœur de leurs fresques artistiques !
« Fluctuat nec mergitur » : la devise de Paris devient un slogan de résistance
Le Monde.fr | • Mis à jour le
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/15/fluctuat-nec-mergitur-la-devise-de-paris-devient-un-slogan-de-resistance_4810301_4809495.html#tBqS6dlYRmxcJbZ2.99
« Fluctuat nec mergitur. » La devise en latin de la ville de Paris est devenue spontanément un slogan de résistance au terrorisme dans les rues de la capitale et sur les réseaux sociaux après la vague d’attentats du 13 novembre.
Cette devise, que l’on peut traduire par « il [le bateau] est battu par les flots mais ne sombre pas » a été peinte samedi après-midi en grand sur la place de la République.
"Il est battu par les flots mais ne sombre pas" : la devise de la ville de Paris a pris une signification toute particulière après les attaques du 13 novembre. MARTIN BUREAU / AFP
Un collectif de graffeurs a peint cette fresque géante de 2,50 m de haut par 12 m de large, en lettres blanches sur fond noir, sur une structure à proximité de la statue de bronze, point de ralliement de nombreux anonymes qui venaient jusque tard dans la nuit rendre hommage aux 129 victimes des attaques de la veille, en y déposant bougies et fleurs.
« On a eu cette idée ce matin [samedi], on s’est dit que c’était bien de rappeler cette devise aujourd’hui, alors on s’est vite réunis », a raconté Chaze, artiste membre de la « Grim Team », à l’AFP. « On a grandi à Paris et on voulait montrer qu’on était toujours là […] que c’est une ville qui a encore de la puissance », a renchéri un autre membre du collectif rencontré sur place.
Réappropriation
La devise, qui fait écho au bateau présent sur le blason de la capitale, a également été reprise par le dessinateur de bande dessinée Joann Sfar, dans un croquis publié sur son compte Instagram, avec ce navire naviguant en eaux troubles, sous cette légende : « ça signifie merde à la mort ».
Sur Twitter, de nombreux internautes se sont eux aussi réapproprié avec fierté cette devise, comme un appel à résister à la terreur.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/15/fluctuat-nec-mergitur-la-devise-de-paris-devient-un-slogan-de-resistance_4810301_4809495.html#tBqS6dlYRmxcJbZ2.99
En été 1914, Théophile Maupas, instituteur de campagne, est mobilisé et rejoint le front. Des tranchées, il écrit de longues lettres à son épouse, Blanche, institutrice elle aussi. Début mars 1915, elle reste sans nouvelles pendant plusieurs jours, avant d'apprendre que Théophile a été fusillé pour l'exemple avec trois de ses camarades car ils auraient refusé, avec d'autres soldats, de monter à l'assaut. Blanche comprend aussitôt qu'on lui ment et décide de mettre au jour la vérité. Seule, elle recueille des témoignages et cherche des preuves. Elle veut que l'Etat reconnaisse sa culpabilité et réhabilite son mari. Peu à peu, elle mobilise l'opinion...
En 1877, Joseph Schreiber fuit la Prusse pour s'installer à Paris comme représentant de commerce. Il emménage à la cité Trévise, dans le quartier allemand de la capitale française. Quelques semaines plus tard, il invite sa jeune épouse, Clara, à le rejoindre. Les affaires marchent bien, mais Joseph ne veut pas se résoudre à arpenter le pavé parisien. Il cherche une grande idée qui ancrera sa famille dans la bonne société et fera de ses trois fils des citoyens respectés. Joseph songe à créer un bulletin qui rendrait compte du commerce et de l'importation. Mais il n'a pas le temps de mettre son idée en forme, car il meurt dès le début du XXe siècle, laissant Clara veuve avec ses trois enfants...
25/11/2009 à 20H35 sur
Durée : 90min. Genre : Téléfilm - Drame Origine : Fra. 2008. Stéréo. Réalisation : Sébastien Grall. Scénario : Jacques Forgeas Distribution : Hanna Schygulla (Clara), Jérôme Kircher
Le 18 mai dernier, un dessin inédit de Michel-Ange a été vendu aux enchères chez Christie’s, à Paris, pour plus de 23 millions d’euros. Un record pour l’artiste, même si la somme est inférieure à l’estimation fixée à 30 millions.
« Un homme nu et deux figures derrière lui» est un dessin de Michel-Ange datant du XVème siècle. Mise sur le marché en 1907, elle a été vendu sous la classification « École de Michel-Ange ». Ce n’est qu’en 2019 que son authenticité a été attribuée au célèbre peintre et sculpteur italien. Elle fut, dans la foulée, déclarée trésor national pour le patrimoine français.
Cette disposition a toute son importance. Car elle interdit la sortie du territoire national pendant trente mois, ce qui donne à l’État français et ses musées l’opportunité de l’acquérir. Toutefois, aucune offre n’ayant été proposée, l’œuvre a été, ces deux dernières années, présentée aux collectionneurs à Hong Kong et à New York, avant sa vente.
Des traits aux angles bien particuliers
Ce dessin serait, selon la maison Christie’s, le premier nu réalisé par le maître florentin. Sur une feuille aussi grande qu’un A4, on découvre un homme au corps sculptural, debout, les bras croisés sur le torse. Il est dessiné, avec puissance, à la plume et à l’encre brune. Ces traits forts le mettent en évidence, en comparaison des deux silhouettes qui l’entourent, plus claires, aux lignes moins denses. D’après la maison de vente, celles-ci auraient été ajoutées bien plus tard.
L’amour du corps humain, une passion devenue marque d’exception
Michel-Ange est connu pour être un des seuls artistes de son époque à savoir dessiner l’homme aussi parfaitement. Il a passé sa vie à observer et représenter le plus fidèlement possible chaque courbe, chaque muscle du corps humain. Ce nu serait donc que le premier d’une longue série.
À droite, on y remarque un homme courbé. Il serait le modèle de base de Michel-Ange qui aurait modifié la position des jambes et des pieds mais également, accentuer la musculature.
Un homme nu qui vaut des millions
L’œuvre s’est adjugée à plus de 23 millions d’euros au terme d’une heure. Cependant, cette somme est inférieure à son estimation établie à 30 millions d’euros.
Ce dessin est, à lui seul, un record : il est l’œuvre de Michel-Ange la plus chère jamais vendue aux enchères. Il détrône ainsi le précédent record du peintre florentin. En effet, en 2000, « le Christ de la Minerve » s’est vendu pour l’équivalent de 9,5 millions d’euros.
Michel-Ange a découvert l’amour pour la pierre dès l’âge de 6 ans. Néanmoins, lorsqu’il partage, avec son père, son désir d’apprendre l’art, il se heurte à son incompréhension.
Pourtant, il n’abandonne pas. Il construit, sans relâche, une carrière complète, excellant dans divers domaines artistiques. Mais, alors qu’il a l’admiration des intellectuels et des artistes du XVème siècle, son audace n’a pas toujours été appréciée, comme pour sa représentation du « Jugement dernier » dans la Chapelle Sixtine, œuvre choquante selon l’église, fresque qu’elle décide de recouvrir.
Michelangelo Buonarroti fascine, lui qui s’est toujours refusé de faire des portraits. Il avait horreur de « copier une personne », sauf si elle était d’une incroyable beauté. Sachant cela, admirer ses œuvres prend une autre saveur, celle de l’émerveillement.
KEITH HARING REVIT AU MUSÉE D'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS. Le «street artist» qui dessinait dans le métro et suivait son trait comme un danseur, retrouve toute son énergie vitale dans cette rétropspective spectaculaire qui devrait galvaniser Paris jusqu'au 18 août. Beaucoup de pièces inédites ou très peu montrées dans cette rétrospective qui ne ressemble à aucune autre et qui fait bouillir le sang dans les veines du visiteur. Des bâches immenses volées aux chantiers aux dessins à la craie sur papier noir, -premières offensives interdites dans le métro new-yorkais -, des paravents précieux porteurs de graffiti aux totems amérindiens qui racontent la ville moderne, des sculptures de l'art classique détournées en icônes fluos aux storyboards qui décryptent la violence policière en fait divers, c'est une démonstration picturale radicale. Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
Suite à une mise en demeure, je supprime ces photos
DES PRÊTS PRINCIERS VENUS DU MONDE ENTIER. Dès le hall d'entrée du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, l'accent est mis sur la taille héroïque des œuvres. Eli Broad, le géant des affaires californien, mécène du LACMA comme de Versailles, qui ouvrira l'an prochain, à Los Angeles, son tout nouveau musée privé signé par l'agence d'architectes Diller Scofidio + Renfro , a prêté son immense Untitled (457,2 x 701 cm), peinture vinylique sur bâche vinyle de 1983 sortie des réserves de The Broad Art Foundation, Santa Monica. Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
DES BÂCHES VENUES DU MONDE DES TRAVAILLEURS. «Keith Haring, The Political Line», promettent les commissaires de l'exposition, Dieter Buchhart et Odile Burluraux. Prendre la matière première directement dans la rue, opter pour les couleurs industrielles comme celles des «trucks», ces camions américains immortalisés par le jeune cinéaste Steven Spielberg dans Duel (1971), dessiner de façon impulsive en homme pressé, occuper tout le champ de l'image entre fresque, tract et BD pour parler de l'homme, de l'individu innocent que la société cherche à contenir, à maîtriser, à dominer, quitte à lâcher sur lui les chiens, symboles des violences policières. Cette synthèse des signes de Keith Haring vient de la collection Bischofberger, grand galeriste suisse. Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
DES DÉBUTS PÉTARADANTS. Dès la première salle du Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, cette exposition vise à réunir d'emblée le fond et la forme. Elle frappe fort en reconstituant l'exposition première de ce diable du dessin chez Tony Shafrazi à NewYork, à l'aube des années 1980. Tout le vocabulaire graphique de Keith Haring, tous ses thèmes graves (liberté contre autorité, droits contre abus, amour contre viols) , toute sa main dansante qui n'hésite pas et qui choisit de faire baver la peinture comme dans l'Action Painting, bref tout son art direct, séduisant, militant, est déployé là, sous vos yeux. Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
MÊME LA PRINCESSE D'ABOU DHABI EST SÉDUITE. Dans l'axe de la première enfilade de salles, en haut des marches qui forment un piédestal, trône ce très grand format de 1982 (365,7 x 375, 9 cm), baptisé - comme presque toujours dans l'œuvre de Keith Haring - Untitled. Symbole de l'homme que les loups dévorent mais n'anéantissent pas. Il fait la couverture du catalogue et l'affiche solaire dans les rues de Paris. Le commissaire autrichien Diter Buchhart assure que ce n'est pas parce qu'il provient de la collection de Sheikha Salama bint Hamdan Al Nahyan, membre de la famille régnante d'Abou Dhabi. C'est le directeur du Musée d'art moderne de la Ville de Paris, Fabrice Hergott, qui a obtenu ce prêt venu du pays de l'or noir. Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
LES CLASSIQUES DE L'ART BRILLENT EN FLUO DANS LE NOIR. Keith Haring a grande connaissance de l'histoire de l'art. Et s'il s'approprie la Statue de la Liberté, le David de Michel-Ange ou la Petite Sirène de Copenhague (Mermaid, 1982, collection particulière) en couvrant les copies en plâtre d'émail fluorescent et de marqueur aux couleurs criardes, de signes quasi magiques comme une incantation urbaine et en leur rajoutant des lunettes (comme lui!). Une salle spectaculaire plonge le visiteur dans le noir pour que ressortent le fluo hallucinogène de ses compositions furieusement pop. Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
MICHEL-ANGE FAIT LA MOUE. Derrière le profil de la Renaissance transformé en figure de proue de navire ou en drag queen flashy, une immense acrylique et émail sur toile (304,8 x 457,2cm) fustige le capitalisme qui se goinfre comme une truie, dévorant un flot verdâtre et uniforme d'objets de la consommation, TV, ordinateurs, écrans, dollars, masque à gaz, radios et téléphones. Les rescapés de cette orgie monstrueuse tête ses flans comme des puces sur un chien. Ieronimus Bosch n'est pas si loin! Piquant de l'histoire, cette pièce de musée, plus que chère, vient de la Broad Art Foundation. Soit de la collection d'Eli Broad, grand capitalisme à la californienne! Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
L'INSPIRATION MAYA EST GIGANTESQUE. C'est un choc que de découvrir ces énormes terres cuites qui s'inspirent des plus anciennes civilisations d'Amérique dites «pré-contact». Reprenant les codes de la poterie précolombienne, jouant sur les frises des héros vaillants où il fait courir ses chiens assassins et ses victimes lestes, leur rendant hommage par cette taille héroïque (260 x 162,5 x 162,5 cm!) digne d'Alien et autres films de science-fiction qui s'interrogent sur l'origine de la civilisation et sa chute, Keith Haring revendique un message politique clair et un héritage artistique certain (Untitled (Tinaja), encre sur vase en terre cuite de 1982-1983, collection particulière courtesy Enrico Navarra, New York). Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
AUTOPORTRAIT DE L'ARTISTE À LUNETTES. C'est presque vers la fin de l'exposition que l'on tombe sur ce tableau étrange, sorte de cartoon géant (Untitled (Self-Portrait), 1985, collection particulière). Le visage émacié, l'œil qui s'évade du cadre, les lunettes bien identifiées, le visage constellé de points comme la trame d'un Lichtenstein, les poils sur la poitrine, Keith Haring se représente sexué, vivant, méditatif à 5 ans de sa mort du sida en 1990 à New York. Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
LE TOTEM DU SEXE. Jouir sans entraves, le slogan colle à l'œuvre de Keith Haring, homosexuel assumé qui peuple son univers d'hommes, d'amants mais aussi de violeurs, de sexes dressés, de préservatifs, sans que ce ne soit jamais vraiment agressif à l'œil. Ce totem sorti de la collection de la Keith Haring Foundation renvoie à l'héritage perdu des Indiens d'Amérique, massacrés par les colons blancs qui voulaient leurs terres avec toute leur bonne conscience, dans une conquête de l'Ouest que l'histoire a revisitée. The Great White Way culmine à 4,27 m et fait la somme de toutes les épreuves et les joies de la condition humaine. Hommes enchaînés ou anges libérateurs, femmes enceintes ou Mister Dollar, chiens aveugles comme l'abus de pouvoir ou sexe triomphant des libertaires new-yorkais, panoplies d'armes à l'américaine et rose chair du monde occidental. Tout est dit. Crédits photo : Jean-Christophe Marmara/Le Figaro
Keith Haring n'est pas mort à New York en février 1990, à 31 ans, des suites du sida. Il vit et travaille à Paris, comme le veut la formule consacrée de l'art. Star subversive du street art, ce dessinateur-né a été fêté dans un tourbillon de musique, de happenings et d'œuvres qui se répondent en un langage nouveau, signalétique et direct comme un feu vert à Manhattan. Comme tous les peintres au musée, il reste jeune pour l'éternité. Énergumène aux cheveux frisottés et aux grosses lunettes rondes de clown, il regarde en dehors du tableau, comme à la recherche d'une ligne de fuite (Self-Portrait, 1985). Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris est littéralement balayé par le souffle décapant de cet artiste grave derrière l'éclat de la couleur et virtuose derrière la simplicité du trait qui danse. Un choc visuel, tout en messages, en questions et en émotions.
Une énergie vitale transporte cet ensemble jamais réuni de quelque 250 œuvres, bâches, dessins, tableaux, céramiques et autres totems géants parcourus par cette nouvelle langue des signes. On monte à plus de 360, si l'on isole chaque élément des nombreuses séries historiques exposées (Storyboard, spectaculaire accrochage, dès la première salle, qui reconstitue l'exposition clé chez Tony Shafrazi à New York en 1980). «Qu'est-ce que cela change?», s'interroge-t-on en lisant la longue liste des expositions monographiques qui ont porté Keith Haring, mort ou vif, du Pittsburgh Center for Arts (1978) à la Kunsthalle de Vienne (2010), du Ludwig Museum de Budapest au Musée d'art contemporain de Lyon (2008). Ou, plus prosaïquement, des enchères de New York à la dernière foire d'Art Basel Miami Beach.
Chaque pièce de son œuvre est porteuse d'un message directement politique
Dieter Buchhart
«Tout simplement la mesure de l'artiste», souligne Fabrice Hergott, pas fâché que son musée rende sa taille héroïque à ce prince du street art. Keith Haring est souvent résumé à sa formule pop, à un tee-shirt rouge ou noir sur lequel figurent un bébé rayonnant, un chien qui aboie, un corps transpercé d'un soleil, une soucoupe volante des années 1950, un cœur avec deux croix, un sexe dressé comme une arme (son Pop Shop fut l'adresse miraculeuse au 292 Lafayette Street à Soho). Tout un codex apparemment gai - dans les deux acceptions du terme - qui semblait emprunter à la fureur de vivre des années 1980 à Manhattan, avant l'hécatombe de la drogue et du sida (à déguster, le polaroid de Madonna, si jeune et fraîche sous sa perruque rose de japonaise). C'est tout le propos de cette rétrospective bluffante par sa réunion de famille in extenso, les leçons sous-jacentes qu'elle en tire visuellement… Et les prêts princiers qu'elle a obtenus: tableau phare mis en couverture du catalogue, le héros traversé par les chiens, peint sur une bâche jaune soleil en 1982, est prêté par la Sheikha Salama Bint Hamdan al-Nayan, autrement dit la famille régnante d'Abu Dhabi!
Prévenez les allergiques à l'esprit clairement engagé: Keith Haring, c'est politique. Le point de départ des commissaires de cette exposition «Keith Haring. The Political Line», Dieter Buchhart et Odile Burluraux, n'est pas une théorie fumeuse de plus. Tout est là, dans le cadre. «Chaque pièce de son œuvre est porteuse d'un message directement politique, analyse Dieter Buchhart. Au sens de l'individu dans l'espace public. Pour la liberté d'expression avec sa série de dessins à la craie dans le métro de New York. Pour le droit d'être différent et heureux avec tous ses dessins qui célèbrent l'amour libre. Contre l'homophobie, mais aussi le racisme aux États-Unis et la ségrégation en Afrique du Sud. Contre le capitalisme et ses excès d'esclavagiste.»
Prévenez les parents, soucieux d'une enfance à jamais innocente: Keith Haring, c'est sexe. Comme chez son compatriote Robert Crumb. Le plus souvent entre hommes (Safe Sex, acrylique sur toile fort explicite, 1985), les femmes étant plutôt réservées à la maternité ou à la conception du monde, tota mulier in utero. Parfois - et c'est le plus terrifiant de ces fresques primitives si pimpantes avec leur rose, leur vert salade, leur mauve psychédélique - entre victimes et bourreaux, duels cruels entre chiens et loups (énorme diptyque de 1984 aux chiffres de l'Apocalypse, 666, qui sublime les défunts en anges parmi les ovnis).
Prévenez les sceptiques: Keith Haring, c'est géant. Par les formats, par la variété des matériaux, de la voiture à l'énorme céramique maya, par la déclinaison du signe, joyeux, vivant jusqu'à la mort, atroce punition de la condition humaine.
Du 13 mars au 21 avril 2012, les Archives municipales présentent « le 7e fête ses cent ans». Pour marquer l’anniversaire de l’arrondissement, cette exposition vous invite à voyager à travers 100 ans d’Histoire, qui ont inspiré les artistes de Cité Création dans la réalisation de « la Fresque du centenaire ».
En 2012, le 7e fête ses 100 ans. L’exposition présentée aux Archives de Lyon revient sur l’histoire de cet arrondissement et de ses habitants, en mettant en parallèle des extraits de la Fresque du centenaire, peinte sur les murs de la gare Jean-Macé, et des documents d’archives, tels que des plans, des cartes postales et des photographies. Chacun des panneaux présentés invite à revivre, comme des zooms tout en images, les points forts de l’histoire de l’arrondissement créé par la loi du 8 mars 1912 : de l’évolution du quartier de la Guillotière, du quartier de Gerland, des ponts, des ports…, à la transformation des quais du Rhône et des grands projets à venir.
L’exposition a vocation à être itinérante, et prendra place tout au long de l’année dans des lieux emblématiques du 7e arrondissement. Elle fait écho à la présentation de la Fresque du Centenaire.
Conférence : L'inventaire de Lyon dans le 7e arrondissement : quartier de la Guillotière et patrimoine industriel par Catherine Guégan, Catherine Guillot et Nadine Halitim-Dubois, Service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la région Rhône-Alpes Lundi 26 mars - 18h30
Dominique Greiner, rédacteur en chef de Croire-La Croix
ÉDITO
L'Église met les femmes de science à l'honneur
En quelques jours, le bureau de presse du Saint-Siège a annoncé la nomination à l’Académie pontificale des sciences de quatre nouveaux membres. Quatre femmes, dont trois prix Nobel : la physicienne canadienne Donna Theo Strickland, lauréate du prix Nobel de physique en 2018 (avec Gérard Mourou et Arthur Ashkin) ; l’astrophysicienne néerlandaise Ewine Fleur van Dishoeck, présidente de l’Union astronomique internationale ; la Française Emmanuelle Marie Charpentier, microbiologiste et généticienne, et la biochimiste américaine Jennifer Doudna, co-lauréates du Nobel de chimie en 2020 pour le développement de la méthode d'édition du génome CRISPR-Cas9.
L’Académie pontificale est une institution prestigieuse. Ses origines remontent à 1603, même si elle a été refondée en 1936 par Pie XI. Mais pourquoi vouloir rassembler au sein d’une telle Académie des scientifiques, hommes et femmes, de haut niveau, indépendamment de leurs convictions religieuses ou éthiques ? Pour honorer « les chercheurs du vrai » en leur demandant leur aide dans le respect de la démarche scientifique, expliquait en son temps Pie XI. Parce que l’Église attend de tous les amis de la science à qui les clés de la connaissance ont été confiées un service positif, une « charité du savoir », déclarait le pape François en 2018. Et l’on ne peut que se réjouir de voir l’Académie pontificale gagner en parité pour aider le magistère catholique dans son travail de discernement sur les grandes questions scientifiques de notre temps. L’Église ne craint ni la science ni les femmes !
Fondée au début du XIXe siècle, après les tourments de la Révolution française, l’abbaye bénédictine de Pradines réunit aujourd’hui 43 religieuses. Leur supérieure, mère Pierre-Marie Bonaz, nous raconte son abbaye.
Né en 1090, dans une noble famille bourguignonne, saint Bernard de Clairvaux est fêté le 20 août. Ce mystique, amoureux de la vie solitaire et monastique, a pourtant été appelé à arbitrer les affaires du monde et de l’Église. Retour sur une vie exceptionnelle.
L'abbatiale de Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne) est considérée comme "la chapelle Sixtine de l'art médiéval français". Ses fresques relatent la Genèse, et celle qui représente l'arche colle parfaitement au texte... Régis Burnet, bibliste, commente cette magnifique œuvre du XIIe siècle.
Qu’advient-il de l’art et de la culture en temps de guerre? Au cinéma, George Clooney revisite actuellement l’histoire vraie des Monuments Men qui, durant la Seconde Guerre mondiale, ont entrepris de récupérer les œuvres d’art volées par les nazis pour les restituer à leurs propriétaires. Le M Museum de Louvain se penche également sur cette question en prenant pour point de départ l’incendie meurtrier qui ravagea la ville de Louvain en 1914, détruisant notamment la bibliothèque universitaire, riche de près de trois cent mille livres.
Pierre Alphonse et Pierre Emile Arnou, "La bibliothèque universitaire de Louvain après l'incendie de 1914".
L’art et la guerre: thème souvent traité sur le plan de l’histoire des représentations (comment montrer la guerre, la violence, le carnage). Le propos du M Museum est tout autre: partant du tragique épisode de l’incendie de Louvain, l’exposition Ravages élargit son propos à un vaste contexte, égrenant les exemples de conflits qui, au cours des siècles, ont pris (et prennent toujours) pour cible notre patrimoine culturel. De l’iconoclasme calviniste au saccage des statues de Bouddha en Afghanistan, de l’incendie de Constantinople à la destruction sans fin de Beyrouth, les crimes contre l’art et la culture ont existé de tout temps.
Visible pour une durée de près de six mois, l’exposition juxtapose œuvres du passé et créations contemporaines, articulées selon une scénographie originale évoquant le bois calciné, qui rythme le parcours et la déambulation du visiteur. Une visite qui commence par le thème de la ville détruite, aussi bien réelle que légendaire: aux côtés de Louvain, Paris, Constantinople (notamment représentée par Turner) et Beyrouth, Troie et Sodome convoquent l’imaginaire antique du paysage apocalyptique. Parmi les œuvres présentées, un Paysage avec l’incendie de Sodome par Henri Blès et L’incendie de Troie par Simon de Vlieger.
Henri Bles, "Paysage avec l'incendie de Sodome", XVIème siècle.
Une fois les brasiers éteints, les ruines succèdent à la folie destructrice des hommes. Chargées de mélancolie, elles fascinent les artistes depuis des siècles. Aux tableaux «pompiers» d’Hubert Robert se juxtaposent les projets spectaculaires de l’artiste chinois Cai Guo-Qiang (feux d’artifice noirs évoquant la bombe atomique) et les «fresques» de poussière de Mona Vatamanu et Florin Tudor. Deux regards contemporains sur la destruction…
Destruction délibérée elle aussi, celle de l’iconoclasme qui, de la Révolution française au Congo, reflète l’importance symbolique des statues et monuments qu’il s’agit de «mettre à mort» avant d’instaurer l’ordre nouveau, à travers une chorégraphie mille fois répétée de cordes et de coups de marteaux.
L'installation de Mona Hatoum évoquant sa ville natale de Beyrouth.
Déclinant un thème profondément enraciné dans l’histoire de l’humanité, l’exposition en démontre l’actualité brûlante à travers plusieurs œuvres contemporaines. Les observateurs des conflits qui secouent actuellement le Mali, l’Egypte, la Syrie ou encore l’Irak dressent en effet un constat tristement similaire aux temps anciens: les dégâts occasionnés au patrimoine culturel en temps de guerre demeurent nombreux, et les artistes continuent à creuser cette question. Parmi les œuvres contemporaines choisies pour Ravage, citons l’impressionnante installation de Mona Hatoum évoquant sa ville natale de Beyrouth, ainsi que celle de Lamia Joreige, qui interroge la peur que cette même ville puisse disparaître tout à fait.
La responsabilité de l’Occident n’est pas en reste, les œuvres d’art arrachées à leur contexte culturel pour venir enrichir nos musées étant légion. Michael Rakowitz illustre ce fait par une réplique de la Porte d’Ishtar, démontée et emportée au début du 20e siècle pour devenir l’un des joyaux du Musée de Pergame à Berlin. Avec ex libris, Emily Jacir clôture l’exposition par une installation rendant hommage aux trente mille livres palestiniens pillés par Israël en 1948. Par la baie vitrée de cette dernière salle, on aperçoit la nouvelle bibliothèque de l’Université de Louvain, reconstruite place Ladeuze. La boucle est bouclée…
Louvain, ville martyre
Deux créations contemporaines ont été commanditées spécialement pour l’exposition : l’artiste bruxellois Sven Augustijnen évoque la destruction à Stanleyville d’un monument à la mémoire de Patrice Lumumba; Fernando Bryce (Pérou, 1965) a quant à lui réalisé une série de dessins à l’encre sur base des archives existantes (journaux, cartes postales et pamphlets) liées à la destruction de la bibliothèque de Louvain et de la cathédrale de Reims (voir illustration). Incendiées à la fin de l’été 1914, ces deux cités ont rapidement été labellisées « villes martyres » dans l’imaginaire collectif, et ont servi d’argument de propagande contre la « barbarie allemande », sous forme de cartes postales qui ont fait le tour du monde. Avec To the Civilised World, 2013-2014, Bryce a souhaité jeter un éclairage neuf sur les discours des parties concernées, en considérant aussi bien le point de vue des Alliés que celui des Allemands. Ses dessins reproduisent minutieusement les archives de la KUL auxquelles il a eu accès, mais les décalages qu’il instaure entre les documents originaux et ses reproductions démontrent aussi comment nous reconstruisons l’histoire en permanence.
Dans la salle voisine, une grande tapisserie de Floris Jespers évoque la générosité des Américains, grâce à qui la bibliothèque de Louvain a pu être reconstruite après la guerre. Exposée pour la première fois lors de l’Exposition Universelle de New York en 1939 et offerte par la suite à la Hoover Institution de Stanford, elle revient pour la première fois sur le sol belge dans le cadre de cette exposition.
Les films, les livres, les expos, les infos, les poèmes, l’actu, les œuvres, les artistes, les polars nourrissent ce blog mais aussi mes 13 livres en vente ici:
Les églises Saint-Laurent, Sainte-Croix et Notre-Dame de la Couldre de Parthenay présentent des vitaux signés au nom du maître-verrier Lobin. Cet atelier de fabrication de vitraux était en effet très renommé à la fin du XIXe siècle, et conçut des oeuvres que l'on retrouve aujourd'hui dans de nombreuses régions de France.
Histoire de l'atelier Lobin
Le 1er décembre 1847, l’abbéBourassé ouvre un atelier de peinture surverre au10 rue des Ursulines, à Tours. Parmi les techniciens, on compte un certain Julien-Léopold Lobin, quiprendra le tête de l’atelier en février 1848. A cette époque, de nombreuses rénovations et constructions de lieux de culte sont entreprises.
Entre 1840 et 1910, 65 églises seront construites dans le diocèse.
J.-L. Lobin est conscient de cette forte demande et adapte l’atelier en conséquence.Rapidement, et dans un soucis d’indépendance, il rachète les actions de la société fondatrice.
Julien-Léopold Lobin
Julien-Léopold Lobin est né à Loches le 8 février 1814. Son père, ancien militaire reconverti dans le commerce, meurt en 1824, laissant sa famille dans une situation précaire. J.-L. Lobin renonce alors à ses études artistiques pour trouver un emploi dans le commerce.
Il se marie en 1836 et son premier fils, Lucien-Léopold naît en 1837. Malgré sa famille, il part pour l’Italie où il étudie la peinture religieuse et la peinture à fresque.
De retour en France, il expose au salon en 1844 et 1846 et reçoit une médaille d’or pour un tableau nommé « Léonard de Vinci peignant le portrait de la Joconde ». Il abandonne pourtant la carrière de peintre afin de se consacrer au développement de son atelier et dessine alors tous les cartons des vitraux.
La société va connaître un véritable succès : en 1855, on compte 51 employés, en 1859 l’atelier est transféré au 35 rue des Ursulines et agrandi en 1862. Julien-Léopold Lobin décèdera 2 années plus tard. Le bilan est éloquent : l’atelier a produit 300 verrières de grandes dimensions, sans compter les œuvres secondaires. On retrouve ses créations dans environ 650 églises.
Son succès réside aussi bien dans ses compétences que dans son sens de l’entreprise. Il s’est fait connaître en participant à de nombreuses expositions à Paris et en Province. En 1863, il édite un catalogue des œuvres de l’atelier qui est confié à des représentants dans différentesrégions de France.
Lucien-Léopold Lobin se retrouve à la mort de son père en 1864 à la tête d’une entreprise prospère.
Lucien-Léopold Lobin
Il dirige l’atelier pendant 28 ans, jusqu’à sa mort. Sa femme,Louise-Anne Florence, organise un salon rue des Ursulines où sont conviésnotables, clergé, et amateurs d’art lors de soirées où sont présentées les dernières réalisations. Il multiplie les expositions, complète le catalogue qui est confié au même réseau de représentants. De ce fait, le marché s’étend et l’activité de l’atelier augmente.
Lucien-Léopold Lobin connaîtra 12 ans de prospérité jusqu’à l’installation de Julien Fournier et Armand Clément (anciens employés de l’atelier) au 3 rue des Ursulines. Mais ilse préoccupe peu de cette nouvelle concurrence, préférant se consacrer aux recherches artistiques. Ainsi, à sa mort, le chiffre d’affaire est en baisse et l’atelier rencontre des difficultés de gestion. Cependant, il emploie encore 70 employés et laisse une œuvre plus importante que celle de son père.
Joseph-Prosper Florence
Lors du décès de leur père, Lucien et Etienne travaillent dans l’entreprise. Mais c’est le beau-frère de leur père qui reprendra la tête de l’atelier. Lasociété change alors de nom et devient « Lobin et Florence ».
Joseph-Prosper Florence n’est ni un grand peintre, ni un grand gestionnaire. Peu à peu, l’activité de l’entreprise régresse et les bénéfices se réduisent. Pour relancer la société, il s’associe en 1897 avec Bigot et Heinrich, mais sans succès. En octobre 1904, J.-P. Florence se retire. Ses associés achèvent seuls les dernières verrières posées vers 1905.
L’iconographie
Julien-Léopold Lobin
L’iconographie est centrée sur la vie du Christ et celle de la Vierge, liée au trois cycles du Rosaire : les mystères joyeux de l’Annonce et de la Nativité, les mystères douloureux de lapassion et de la Crucifixion, les mystères glorieux de la Résurrection.
Lucien-Léopold Lobin
Il développe les illustrations de la vie des saints (notamment saint Louis et saint Martin) et présente des scènes miraculeuses, tout en enrichissant les registres décoratifs.
Joseph-Prosper Florence
Il n’apporte pas de nouvelles créations et se contente de gérer le patrimoine acquis.
Le projet d’aménagement touristique Bohain aux couleurs de Matisse a pour vocation d’amener le visiteur à découvrir la ville, et à comprendre en quoi l’enfance bohainoise d’Henri Matisse, à travers l’histoire de la cité textile, a marqué l’œuvre de ce maître de la peinture contemporaine.
Ce projet de dimension interrégionale dans le Pays du Saint-Quentinois est porteur de développement touristique, culturel et économique.
Henri Matisse à Bohain-en-Vermandois : un quart de siècle d'histoire commune
La ville de Bohain, avec le soutien du Département de l’Aisne, de la Région Picardie et de l’Europe, œuvre pour son développement culturel et touristique. Bohain, possède une histoire riche et a été la ville d’enfance d’un artiste reconnu à travers le monde entier : Henri Matisse. La notoriété artistique de Matisse est indéniablement liée à ses influences de jeunesse et notamment son enfance dans la région, ayant marqué ses premiers travaux. À travers le projet « Bohain aux couleurs de Matisse » c’est un hommage qui est rendu à l’enfant du pays. Le projet culturel et touristique « Bohain aux couleurs de Matisse » rencontre de forts appuis auprès d’importantes institutions : la Région, le Département et l’Europe subventionnent cette passionnante initiative culturelle à hauteur de 80%. Outre cet excellent soutien financier, le projet est également supporté par des partenaires touristiques de premier ordre tels que le Comité Départemental du Tourisme et le Comité Régional du Tourisme de Picardie qui intègrent pleinement la maison familiale de Matisse à leur politique de promotion et de diffusion des sites de visite pour 2008 et les années à venir. D’autre part, des institutions culturelles de premier plan et au prestige important suivent avec intérêt la mise en place du projet, instances avec lesquelles de futurs partenariats sont en cours d’élaboration, comme le Musée Matisse du Cateau-Cambrésis, accueillant plus de 100 000 visiteurs par an. Le projet bénéficie du soutien marqué des Héritiers Matisse à Paris, qui apportent une véritable accréditation à l’entreprise poursuivie par la ville de Bohain. À travers « Bohain aux couleurs de Matisse », projet touristique au potentiel fort, chacun pourra découvrir ou redécouvrir l’artiste et l’histoire de la ville et du territoire auxquelles sont indéniablement liées l’œuvre et les recherches picturales et plastiques de Matisse.
Bohain aux couleurs de Matisse se développe autour de deux axes : la maison familiale de l'artiste et un circuit d'interprétation
- La Maison familiale de l’artiste, restaurée telle qu’elle était fin XIXe, devient un lieu d’interprétation et d’évocation de la jeunesse de Matisse. La maison présente une scénographie valorisant les influences locales et le contexte d’enfance de l’artiste. Un parcours au sein de la graineterie montre le contexte historique général lié au textile et les influences plus personnelles (familiales –notamment le travail dans la graineterie- et amicales) qui ont marqué Matisse. L’audioguide ou une visite guidée accompagnent la découverte du lieu.
Outre ce parcours de visite, un espace d’expositions temporaires, une boutique de produits culturels et un Café Couleur, lieu de rencontre convivial et original, prennent place dans la maison. Ce projet de valorisation du patrimoine n’a pas pour vocation d’être un musée puisque la ville ne dispose pas d’œuvres de Matisse, mais propose aux visiteurs la découverte de l’histoire de l’artiste au sein du contexte de la fin du XIXe à Bohain.
La boutique et le café couleurs : 3 thèmes sont développés à travers une gamme de produits variés (librairie, papeterie, textile, jeux, fournitures d’artistes…) - Matisse et l’art - la nature - le textile.
- Un circuit d’interprétation dans la ville présente les sites patrimoniaux de Bohain et les lieux ayant un lien fort avec Matisse. À l’aide d’un audioguide, le visiteur découvre la ville. Le parcours est jalonné de clous au sol « Bohain aux couleurs de Matisse » et les sites sont identifiables par des mâts portant des kakémonos et un pupitre retraçant l’histoire du lieu. Les points concernés sont : la Maison familiale d’Henri Matisse, le Lion et les Quinze Pas, la Chapelle Blanche, les usines et fabriques Rodier, le cimetière, le 24 de la rue Fagard, le 5 de la rue Fagard, l’Hôtel de Ville. L’Hôtel de Ville revêt une importance particulière avec la fresque d’Emile Flamant (1896-1975) dans la Salle des Mariages et une prochaine salle d’exposition permanente présentera des toiles du même artiste.
Bohain accueille ses visiteurs aux couleurs de Matisse
La ville de Bohain revêt les couleurs d’Henri Matisse depuis janvier 2007 avec sept panneaux artistiques à chacune des entrées de ville. Suite à l’exposition « Matisse et Bohain. Sept portraits pour une ville » mise en place de janvier à mars 2006 dans la maison familiale d’Henri Matisse à Bohain, sept œuvres d’artistes locaux ont été sélectionnées. L’exposition portait sur le lien de Matisse à Bohain, puisque l’artiste y a passé plus de vingt ans. Les sept œuvres sont visibles à chacune des entrées de Bohain-en-Vermandois.
Légende des panneaux : 1 : Tableau de Joseph-Guy Preuvot - route de Guise 2 : Tableau de Monique Bétry – route de Seboncourt 3 : Tableau de Christiane Mathias - route de Saint-Quentin 4 : Tableau de Allain Carré - route de Prémont 5 : Tableau de Casimir Chorazewicz - route de Brancourt 6 : Tableau de Annette Hebert - route de Busigny 7 : Tableau de Françoise Zalzaleh - route de Vaux
Le musée des Beaux-Arts de Lyon présente une exposition-dossier consacrée au peintre Louis Bouquet (1885-1952) qui compte parmi les figures majeures de la première moitié du XXe siècle à Lyon et est l’un l’un des acteurs principaux du renouveau de la peinture à fresque en France dans l’entre-deux-guerres.
Élève d’Auguste Morisot à l’École des Beaux-Arts de Lyon, puis de Marcel-Lenoir à Paris, collaborateur de Maurice Denis sur le chantier du Théâtre des Champs-Elysées, peintre, graveur et illustrateur, Louis Bouquet s’impose dans l’entre-deux-guerres comme l’un des plus brillants décorateurs français en s’associant la complicité d’architectes de renoms tels que Michel Roux-Spitz, Paul Tournon ou encore Albert Laprade. Son art monumental s’illustre sur les chantiers les plus prestigieux des années 1930 : le salon de l’Afrique au musée des Colonies (1931) et l’église du Saint-Esprit à Paris (1933), le nouvel hôtel de ville de Puteaux (1934), ainsi que la Grande Poste de Lyon (1937).
Si les grands décors du peintre forment la partie la plus visible de son œuvre et firent sa célébrité contemporaine, sa production de chevalet de même que son œuvre gravé restent à découvrir. Autour de la donation de Tristan et Iseult (1921) et du dépôt d’Orphée charmant les animaux (1920), consentis par la famille de l’artiste en 2014, l’exposition se propose d’aborder la question de la résurgence du mythe chez l’artiste au cours des premières décennies du XXe siècle. Les séries magistrales que Bouquet consacre à ses figures héroïques de prédilection – de Piétà (1910), encore redevable à l’esthétique de Maurice Denis, jusqu’à l’Orphée se régénérant à la source primitive africaine du palais des Colonies (1931) – sont autant de témoins de ses spéculations plastiques et poétiques ; les nombreux autoportraits – dont un choix sera présenté dans l’exposition – participant à l’affirmation de cette mythologie personnelle.
Rassemblant près d'une trentaine d’œuvres présentées au public pour la première fois depuis la mort du peintre et issues du fonds familial, de collections particulières et de collections publiques, l’exposition s’attachera notamment à illustrer la diversité des techniques abordées par l’artiste, qu’il s’agisse de la peinture à l’huile, de la fresque, du dessin ou encore de la gravure sur bois.
L’exposition sera également l’occasion des souligner les liens d’amitié qui unirent Bouquet à Joseph Bernard, l’influence du sculpteur se décelant particulièrement dans la production graphique des années 1910-1920.
Le restaurant-salon de thé est ouvert du mercredi au dimanche de de 12h à 19h (le dernier client est accueilli jusqu’à 18h30, heure de dernière commande et dernier encaissement). Service de restauration (pas de service de café ou boisson) entre 12h et 15h. A partir de 15h, il assure uniquement un service boissons. Fermé les lundi et mardi. Réservation : 04 78 39 19 65.
Seulement voilà, par manque de temps, ou d'inspiration, vous êtes loin d'avoir terminé vos cadeaux. Pas de panique : voici, concoctée tout spécialement pour vous, une liste de nos plus beaux succès de l'année écoulée. Des romans plébiscités par le public et la critique, qui ne manqueront pas de ravir vos proches.
Les romans qui ont marqué l'année 2025
✨ Après Le Pays des autres et Regardez-nous danser, la conclusion d'une grande fresque familiale et politique.
L'art est-il l’avenir de l’hôtellerie de luxe ? - Chain Link, oeuvre exposée dans l'entrée de l'hôtel Mondrian, à Londres. Niall Clutton
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/voyages/0203910953374-lart-est-il-lavenir-de-lhotellerie-de-luxe-1062074.php?6Q1GV1mWtQvyjdVk.99
D'un côté, les hôtels affichent leurs collections privées, s'offrent les services de commissaires éclairés. De l'autre, les artistes investissent les chambres d'hôtels avec des oeuvres visionnaires. L'art serait-il devenu le nouveau dénominateur commun de l'hôtellerie du luxe? Enquête sur ces nouvelles pratiques qui révolutionnent l'industrie.
Que faire quand la concurrence s'annonce chaque jour de plus en plus rude, y compris sur le secteur du très haut luxe, que de nouveaux acteurs s'affirment et séduisent la clientèle haut de gamme (Airbnb propose quelques trésors pour la séduire), et que l'on veut donc légitimement affirmer sa différence et sa valeur ajoutée? Adopter davantage encore les codes de l'industrie du luxe et opérer un « rapt » sur l'art, en particulier sur l'art contemporain, à la manière dont les grands groupes et leurs marques fleurons ont su le faire dans les années 1990. C'est beaucoup plus récent pour l'industrie hôtelière. Mais lorsqu'on est un hôtel, la spécificité même de l'activité - recevoir des clients 24 heures sur 24, 365 jours par an - oblige. Et chacun d'adopter des stratégies différentes. Dernier exemple en date? L'hôtel Mondrian, signé Tom Dixon, qui vient d'ouvrir sur les rives de la Tamise. Le design s'efface au profit d'une sculpture : baptisé Chain Link, un énorme maillon de chaîne bleu Klein s'impose au milieu du lobby. Variation autour d'une oeuvre de Claus Oldenburg, l'oeuvre donne l'impression au client d'être arrivé au MoMA. D'ici à penser que le musée d'art contemporain est devenu la source d'inspiration première des nouveaux hôtels de luxe, il n'y a qu'un pas! Il faut avouer que dans l'île de Naoshima, au Japon, la frontière a, depuis vingt ans, presque disparu : au fil des espaces de la Benesse House Museum, dessinée par Tadao And¯o, des oeuvres de Dan Graham, Yayoi Kusama, César ou Dan Flavin font écho à celles exposées dans le Chichu Art Museum attenant. « Benesse House Museum a été inauguré en 1992 comme un lieu où hôtel et musée sont imbriqués sur la base d'une «coexistence entre nature, art et architecture», où intérieur et extérieur, espaces privés et art public coexistent », explique la direction générale de l'établissement. Cet exemple pionnier a fait des petits.
Ainsi le musée s'invite aussi physiquement à l'hôtel quand on arrive au Four Seasons Seattle. Situé face au Seattle Art Museum (SAM), il exploite sa position stratégique à bon escient : l'un des commissaires de l'institution culturelle a réuni six toiles d'artistes surnommés « The Northwest Painters » pour les exposer dans les espaces publics de l'hôtel. La collection a non seulement une valeur unique pour la région, mais la sculpture extérieure Thunderbolt, de Gerard Tsutakawa, qui zigzague devant l'entrée comme un éclair de bronze, est rapidement devenue un repère pour les habitants, au même titre que la sculpture de Calder campée, plus loin, dans l'Olympic Sculpture Park. Tout aussi sculptural dans le ciel londonien, un immense Lego de 10 mètres de haut, composé d'un assemblage de blocs géométriques, est apposé, depuis cet été, sur la façade de l'hôtel The Beaumont : l'installation The Room Suite, oeuvre du Britannique Antony Gormley qui s'inspire du corps humain, n'est pas un happening en marge de la Frieze Art Fair mais bel et bien une chambre d'hôtel à part entière, coupée du monde (sans télévision, ni réception téléphonique), où l'expérience artistique est au coeur d'un séjour : le cube, plongé dans la pénombre et le silence qui y règne, incite à l'introspection. « Pour un collectionneur, il n'existe pas d'expérience plus aboutie que de séjourner dans la tête d'un artiste, dans un espace entièrement dessiné par lui », explique le directeur général du Beaumont, qui voit la liste d'attente pour séjourner à The Room s'allonger sans fin.
Une manière de marquer l'exclusivité de l'offre hôtelière et de sa valeur ajoutée. Dans cette dynamique, l'accrochage d'art permet à nombre d'établissements d'accentuer le parallèle avec une résidence privée. Avec d'autant plus d'authenticité si la collection présente appartient à l'établissement ou à ses actionnaires. Au Park Hyatt de Chicago, c'est une oeuvre originale de Rauschenberg, digne d'une pièce de musée, qui accueille les visiteurs depuis quelques mois dans le lobby. Issue de la collection privée de Thomas J. Pritzker, président du groupe Hyatt, elle vient remplacer une autre toile inestimable appartenant à la famille : Domplatz, Mailand de Gerhard Richter, vendue 34,3 millions de dollars par Sotheby's en 2013. Dans ce même mouvement, Jacques Grange a imaginé, pour The Mark, à New York, des intérieurs truffés d'oeuvres d'art. « Ici, rien n'est ostentatoire, lance le directeur général Olivier Lordonnois. Toutes les pièces dans le lobby ont été réalisées sur mesure : il nous fallait un lieu en miroir des goûts et passions de notre clientèle européenne qui évolue dans le milieu de l'art. Jacques Grange a regroupé le travail d'artistes européens qui ont une vraie légitimité, comme Mattia Bonetti, Ron Arad ou Éric Schmitt. Les gens se sont lassés de ce qui est ostentatoire : ils veulent soit reconnaître la pâte d'un artiste, soit découvrir une pièce nouvelle dans un registre familier. C'est un vrai travail de collectionneur éclairé. Notre clientèle cherche aujourd'hui à se démarquer de l'univers des chaînes de luxe; nous accueillons de nombreux New Millenials asiatiques qui sont des leaders d'opinion et veulent se singulariser, jusque dans le choix de l'hôtel où ils séjournent. Pour ces clients «sensibles», il n'est pas question de renouer avec l'univers d'Art Basel à Miami ou de plonger dans un univers «mode» siglé de toiles de Richard Prince ou Andy Warhol. » Reste que lorsqu'on plonge dans la réalité des collections privées d'établissements - comme celles du Park Hyatt Chennai (indépendamment de son affiliation au groupe éponyme) ou de l'Alpina Gstaad récemment ouverts -, leur valeur se révèle tout simplement inestimable. Sur les murs de ces deux établissements, on découvre une sélection unique amassée par leurs propriétaires respectifs, le magnat du textile indien Vijay Mahtaney et le jeune héritier du groupe Mimran, Nachson Mimran, soit des toiles de Jean-Michel Basquiat, Andy Warhol, Fernando Botero, Richard Prince ou Damien Hirst, Leur point commun : un engagement passionné, viscéral presque, et des collections éclectiques qui sont le reflet de leur époque et possèdent une valeur spéculative qui les rend désirables.
Mais tous les établissements ne peuvent se permettre ce type d'investissements : certains hôtels jouent donc la carte de collectionneurs en devenir, de laboratoires créatifs. Visionnaire, le Méridien a très tôt promu une jeune génération d'artistes et réuni une famille de talents à travers le monde avec son collectif LM100 : « LM100 rassemble une communauté mondiale d'esprits créatifs et d'innovateurs culturels qui contribuent à enrichir l'expérience des clients en introduisant des initiatives culturelles dans les hôtels Méridien », explique-t-on chez Starwood. Ainsi, avec son programme Unlock Art, le Méridien rapproche ses hôtels du musée d'art contemporain local : sur simple présentation de leur clef de chambre, les clients peuvent y accéder gratuitement - à Paris, le Méridien Étoile est partenaire du Palais de Tokyo. À Londres, l'Andaz Liverpool Street (groupe Hyatt) reflète à son tour l'énergie du East End : au fil de l'année 2014-2015, l'hôtel invite quatre artistes de rue à tagger les murs de quatre chambres afin de leur insuffler une énergie urbaine : entre installation artistique et expérience hôtelière unique, la frontière s'efface. « L'hôtellerie de luxe qui fait un effort supplémentaire pour se différencier est en plein essor aux États-Unis : la demande a augmenté de 5 à 10% sur la seule année 2013 », explique Scott Berman, analyste chez PricewaterhouseCoopers à Miami. Il souligne au passage les retombées d'une foire comme Art Basel Miami sur l'industrie de luxe de la ville, durant laquelle toutes les suites les plus prestigieuses sont prises d'assaut.
Cet essor est également intimement lié à l'apparition d'un nouveau type d'acteurs dans l'industrie hôtelière : exit les directeurs artistiques, place aux commissaires! À peine ouvert, à quelques semaines de la Biennale d'Istanbul, l'hôtel Vault Karaköy recrutait la jeune commissaire Zeynep Berik pour mettre en scène in situ la collection d'art du propriétaire des lieux, Y[CODE_C]ılmaz Ulusoy, et constituer, plus en amont, une sélection d'oeuvres contemporaines réalisées sur commande par de jeunes artistes turcs à partir de matériaux disponibles dans le quartier de Karaköy. « Au fil des ans, la Biennale s'est fait un nom : elle accueille aujourd'hui une clientèle de luxe éclairée qui cherche plus qu'un hôtel qui ait du style et une vision, explique Antony Doucet, l'un des directeurs stratégiques du House Hotel Group qui gère Vault Karaköy. Elle cherche un hôtel de luxe qui soit un relais artistique, qui ait un point de vue engagé sur l'art. Faire intervenir un commissaire signifie que l'établissement reste en phase, interagit, se nourrit du tissu créatif local; il évolue constamment, comme une galerie. Il faut avoir une vraie programmation culturelle, un point de vue incisif, que ce soit sur les murs ou dans la sélection musicale. En retour, le taux d'occupation durant les foires ou biennales d'art est maximal, car artistes et collectionneurs, clientèle de luxe et visionnaires s'y reconnaissent et s'y retrouvent. » Commissaire de la Biennale de Sydney, Amanda Love a quant à elle transformé les espaces du boutique-hôtel QT Sydney en choisissant ou en commandant des oeuvres « qui dépassent la simple idée de décor ». « Toutes les pièces sont de qualité muséale, explique-t-elle. Le musée s'inscrit d'ailleurs dans le prolongement de l'hôtel dans la mesure où chaque client peut s'y rendre pour découvrir d'autres pièces de l'artiste. » En Australie, où la culture muséale est encore jeune, la présence d'oeuvres d'art dans l'hôtel est un catalyseur, un « oeil ouvert sur la création » : l'installation digitale de Daniel Boyd dans les ascenseurs, qui évoluent en fonction du nombre de personnes qu'ils contiennent, est devenue une pièce à découvrir. « Une approche ludique de l'art dans l'hôtellerie contribue, en toile de fond, à faire aimer l'art : elle incite les visiteurs à aller au musée », renchérit la consultante en art. Et sans doute à choisir un hôtel.
NOUVEAUX CLIENTS, NOUVELLES ATTENTES
« Le paysage de l'hôtellerie de luxe a profondément changé depuis 2011-2012 avec l'arrivée d'une clientèle baptisée HNWI (High Net Worth Individuals) - essentiellement composée de millionnaires en provenance des pays émergents, explique-t-on chez Deloitte en marge de la parution du rapport The Global Luxury Hotels Market - Key Trends and Opportunities to 2017. Ce sont eux qui vont tirer le marché jusqu'en 2017. Les hôtels de luxe qui ont un positionnement unique, et déploient collections d'art, prestigieuses caves à vins, voitures de collection ou dîners gastronomiques orchestrés autour d'une table de chef, sont ceux qui vont bénéficier, en premier lieu, de cette croissance. Pour mémoire, après une année 2010 en berne, l'Europe enregistrait, en 2011, une croissance de 9% de l'hôtellerie de luxe. »
UN MUSÉE IMAGINAIRE
Composer un musée imaginaire en regroupant des toiles uniques présentes dans des hôtels? Si cela était possible, telles seraient les pièces de choix : [CODE_B]• Un mur lumineux de James Turrell (2011) installé au Playa Vik José Ignacio, en Uruguay. [CODE_B]• Tropicana/Channel (1971), une oeuvre de Rauschenberg (extraite de la série Cardboard and Related Pieces ), appartenant à la collection privée de Tom Pritzker, exposée dans le lobby du Park Hyatt de Chicago. [CODE_B]• La toile de Turner accroché au-dessus de la réception de l'hôtel Raphaël, à Paris. [CODE_B]• Pink Bra and Blue Shoes (1979-1981), une toile de Tom Wesselman appartenant à la collection du Gramercy Park Hotel, à New York. [CODE_B]• Pumpkin (2006), une sculpture extérieure de Yayoi Kusama exposée sur le ponton devant la Benesse House, à Naoshima, au Japon. [CODE_B]• Une fresque de Sol LeWitt peinte in situ dans le lobby du Park Hyatt, à Zurich. [CODE_B]• Hippo (2013), une sculpture rouge Ferrari de Ninon van der Sande plantée devant l'accès au spa du Conservatorium Hotel, à Amsterdam. [CODE_B]• Arabesque (1989), une immense oeuvre de Robert Motherwell accrochée en hauteur au Dolder Grand, à Zurich. [CODE_B]• Une sculpture de Lucio Fontana intitulée Testa di Medusa (1984) au Park Hyatt, à Milan. [CODE_B]• Une toile cinétique orange et noire doublée d'une guitare assortie imaginée par John Armleder, à l'Alpina de Gstaad.
PAR CLARA LE FORT
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/week-end/voyages/0203910953374-lart-est-il-lavenir-de-lhotellerie-de-luxe-1062074.php?6Q1GV1mWtQvyjdVk.99
Dans le sud-est de l'Italie, en Basilicate, une série de ravins traverse le plateau calcaire des Murge entre les côtes ionienne et adriatique. Les maisons et les églises de Matera prolongent des cavernes naturelles ou des cavités creusées par l'homme dans la roche tendre. Quelque 150 églises rupestres abritent des fresques intactes, patrimoine mondial reconnu par l'Unesco.
Dans les sassi, habitations troglodytiques aujourd'hui réhabilitées et modèle urbain unique au monde, s'entassaient jusqu'au XIXe siècle les ouvriers agricoles les plus pauvres.
L’œuvre que l’on connaît sous le titre de Vêpres de la Vierge fait partie d’un recueil dédié au pape Paul V, publié à Venise en 1610, sous le titre exact de Sanctissimae virgini Missa senis vocibus ad ecclesiarum choros, ac Vespere pluribus decantanda cum nonnullis sacris concentibus.
En 1610, Monteverdi avait réussi à obtenir un congé de la cour de Mantoue, qu’il servait depuis 1590, pour se rendre à Rome afin de proposer au pape la dédicace de son œuvre, dans l’espoir d’obtenir une aide financière et une place au Séminaire romain pour l’un de ses fils. Paul V accepta l’œuvre mais refusa l’aide financière. Trois ans plus tard, Monteverdi entrait à Venise dans les nouvelles fonctions de son poste de maître de chapelle de la basilique Saint-Marc.
En 1610, Monteverdi a déjà publié cinq livres de madrigaux, ses Scherzi musicali et surtout son opéra Orfeo. On peut dire que le rôle que les voix solistes et les instruments vont jouer dans les Vêpres, ainsi que le style dramatique utilisé par Monteverdi, sont issus de l’Orfeo.
Les œuvres rassemblées dans le recueil paru en 1610 représentent par conséquent un éventail des acquisitions techniques de leur auteur : la messe est de style archaïque, les Vêpres sont de style « moderne ». Monteverdi y unit la prima prattica et la secunda prattica, le stile antico et le stile concertato, le langage ancien et le langage d’avant-garde qui lui attira les foudres du chanoine Artusi, hermétique au sang neuf que le compositeur de l’Orfeo voulait faire passer dans sa musique.
Dans les Vêpres, Monteverdi brise le cadre stylistique habituel de toute composition religieuse et adopte les tournures de l’opéra et les combinaisons instrumentales conçues par l’école vénitienne, plus particulièrement par Andrea et Giovanni Gabrieli. Les Vêpres sont en effet conformes au type de compositions sacrées que l’on interprétait alors à Saint-Marc de Venise. Mais Monteverdi a écrit son œuvre pour l’orchestre, les solistes et les chœurs de Mantoue, les créateurs de l’Orfeo trois ans auparavant.
Les Vêpres proprement dites sont constituées de quatorze grandes pièces de dimensions et de formations diverses, qui n’appartiennent pas toutes à l’office marial. Celui-ci se compose principalement de cinq psaumes : Dixit Dominus, Laudate pueri, Laetatus sum, Nisi Dominus et Lauda Jerusalem, Dominum, de l’hymne Ave maris stella, et du Magnificat, chant d’action de grâces de la Vierge. Les cinq psaumes sont entourés ici par quatre antiennes Nigra sum, Pulchra es, Duo Seraphim et Audi caelum, très vraisemblablement comprises dans ces « nonnullis sacris concentibus » que mentionne le titre de l’œuvre. La Sonata sopra sancta Maria, onzième pièce des Vêpres, construite sur un fragment de litanie, semble être plutôt une page paraliturgique. La variété de ces pièces ne nuit en rien à l’architecture grandiose et raisonnée d’une telle œuvre. On remarque que, judicieusement, Monteverdi fait alterner de vastes fresques avec des morceaux plus intimes. Les cinq psaumes, tous fondés sur le chant grégorien répété et sans cesse varié, requièrent un effectif de six voix ou un double chœur, et quelquefois des instruments, alors que, par contraste, les antiennes demandent une formation restreinte d’une, deux ou trois voix et basse continue.
D’après Edmond Lemaître dans Guide de la Musique sacrée et chorale profane, Ed. Fayard
Il y a vingt deux ans naissait notre Grand Prix Pèlerin du Patrimoine.
Depuis nous avons primé plus de trois cent cinquante projets, aidé à s'installer dix-sept jeunes artisans d'art. Nous sommes fiers d'avoir contribué à préserver les trésors de nos régions, soutenu les bénévoles au chevet des chapelles perdues, des vitraux brisés, des fresques qui s'estompaient, d'avoir aidé de nouvelles générations à mettre le pied à l'étrier.
Nous serons encore plus heureux si notre édition 2022 s'enrichit de votre candidature. Alors, soyez nombreux à concourir et à faire connaître ce prix autour de vous !
PATRIMOINE
C'est parti pour le Grand Prix Pèlerin du Patrimoine 2022 !
Depuis 1990, notre concours a aidé plus de 350 projets de restauration et de création. Murs de chapelles, fresques, statues, tableaux, vitraux... Les œuvres distinguées au fil des années sont multiples. Si vous ou votre association avez à cœur de sauvegarder un patrimoine qui est l'âme et la fierté de votre commune, pourquoi ne pas nous confier votre dossier ?
Visiter Notre-Dame ? Rien n'est impossible quand la technologie s'en mêle. Genèse d'une exposition numérique grandeur nature, immersive, historique et inédite.
Septembre 1980, à Angoulême. Gabrielle Delorme, 42 ans, divorcée et mère de deux adolescents, effectue une nouvelle rentrée scolaire. Stendhal et Flaubert sont au programme de la classe de seconde et leurs oeuvres provoquent des discussions sur l'amour et les conventions sociales. Un thème qui semble inspirer Lucas Melzieu, l'un des élèves de Gabrielle. Profitant d'un week-end où les enfants de sa professeur sont avec leur père, il lui propose de prendre un café. Elle accepte sans se douter qu'il s'agit du prélude à une relation qui va s'étoffer d'escapades amoureuses. Les deux amants tentent de cacher leur relation, mais la famille de Lucas finit par tout découvrir. Gabrielle doit alors affronter la réprobation de l'opinion publique et les sanctions des institutions scolaires et judiciaires...
24/11/2009 à 20H35 sur
Durée : 94min. Genre : Téléfilm - Drame Origine : Fra. 2009. Stéréo. Réalisation : Josée Dayan. Scénario : Philippe Besson Distribution : Muriel Robin (Gabrielle Delorme), Sandor Funtek (Lucas Melzieu), Annie Grégorio (Marie Guilbert), Pauline Acquart (Alice Delorme).
LILLE (AFP) - Le groupe français Eiffage a été désigné vendredi par la communauté urbaine de Lille (LMCU) comme "attributaire pressenti" pour la construction et l'exploitation du grand stade de l'agglomération lilloise.
(publicité)
Le projet d'Eiffage a été préféré à ceux présentés par Norpac-Bouygues, classé deuxième, et par Vinci, classé troisième. La délibération a été adoptée à 82 %.
Le projet, financé par un partenariat public-privé (PPP), devrait coûter au total une redevance annuelle de 14,2 millions d'euros pendant 31 ans à LMCU, après déductions des contributions du Losc (football), de parraineurs, du conseil régional et éventuellement de l'Etat, soit plus de 440 millions d'euros, auxquels il faudra ajouter le coût du financement des travaux d'aménagement et d'accessibilité.
La convention d'occupation du stade par le Losc, qui prévoyait une redevance annuelle d'un million d'euros et 20 % des recettes, a par ailleurs été modifiée, et fixe désormais la redevance à 7,5 millions d'euros annuels, mais le club gagne en revanche le droit de commercialiser le nom du stade.
Le stade de 50.186 places, qui sera construit sur le site de la Borne de l'espoir, sur les communes de Villeneuve d'Ascq et Lezennes, s'inscrira dans une coque aux angles arrondis s'élevant à 31 mètres de hauteur à laquelle seront notamment accolés deux hôtels, un centre sport et santé, des commerces et des restaurants.
Quatrième et dernière exposition permanente du nouveau parcours du MHL, Lyonnaises, Lyonnais ! met au centre de son récit les habitant-es de Lyon, cette communauté politique qu’on appelle la cité.
Découvrez ce qui fait la singularité de l’histoire politique lyonnaise, à travers les lieux et les représentant-es des pouvoirs institutionnels, mais aussi avec des portraits de Lyonnaises et Lyonnais mobilisé-es dans les luttes sociales et citoyennes, de la cité médiévale à la Métropole.
Design graphique, Atelier Claire Rolland — Photographies Studio Un jour dans le temps
UN PARCOURS, TROIS GRANDS THÈMES
CITOYENS ET CITOYENNES : S'ENGAGER, MILITER
À partir des années 1970-1980, de nouvelles formes de militantisme s’ajoutent aux luttes sociales et politiques et se rendent visibles dans la rue et sur les murs. Plongez dans les racines lyonnaises de trois illustrations de ces mouvements : la défense de l’environnement, le féminisme et la lutte pour les droits des étranger-ères.
CONFLICTUALITÉS : LYON ENTRE GUERRES ET CRISES
Voyagez à travers différentes périodes historiques du 16e au 20e siècle pendant lesquelles les Lyonnais-es se sont affronté-es dans des luttes de pouvoirs (guerres de religion, Révolution française...) ou se sont engagé-es (Seconde Guerre mondiale, luttes sociales...).
GOUVERNER LA VILLE : LE PARTAGE DES POUVOIRS
Religieuses, royales, municipales... place ici aux forces institutionnelles. Parcourez l'histoire de Lyon, à travers les lieux et les différents pouvoirs qui se sont succédé à Lyon depuis l’archevêque au 11e siècle jusqu’à l’émergence de la figure du maire.
UNE ŒUVRE PHARE DE LA COLLECTION : LE SAC DE LYON PAR LES CALVINISTES
Cette étonnante peinture allégorique met en scène la prise de pouvoir des Protestants à Lyon en 1562. Sur cette huile sur bois peinte vers 1565, il est difficile de reconnaître des lieux ou des monuments lyonnais. Seules les inscriptions en haut et en bas du tableau permettent de placer la scène à Lyon. Les chercheurs s’accordent aujourd’hui pour attribuer cette œuvre à un peintre réformé.
Le musée a choisi de faire appel à Olivia Paroldi, artiste graveuse créatrice d’estampes urbaines, pour concevoir une œuvre originale spécialement pour l’exposition. Cette fresque occupe tout un pan de mur et évoque de manière poétique différentes formes d’engagements et de combats sociaux ayant marqué et marquant encore la cité lyonnaise.
« Une série de visions », « une série constante d’impressions », « série d’événements logique », etc. Pour comprendre ces expressions disséminées dans Aurélia, il faut s'interroger sur le sens du mot « série » : il vient du latin serere, « tresser », « lier ensemble ». Ce mot, qui traduit donc une volonté de cohésion et d'unité, apparaît aux étapes importantes du récit, dans les passages métatextuels, où Nerval s’interroge sur son écriture :
Si je ne pensais que la mission d’un écrivain est d’analyser sincèrement ce qu’il éprouve dans les graves circonstances de la vie, et si je ne me proposais un but que je crois utile, je m’arrêterais ici, et je n’essaierais pas de décrire ce que j’éprouvai ensuite dans une série de visions insensées peut-être, ou vulgairement maladives...
(I. 3)
Chaque personne qui m’approchait semblait changée, les objets matériels avaient comme une pénombre qui en modifiait la forme, et les jeux de la lumière, les combinaisons des couleurs se décomposaient, de manière à m’entretenir dans une série constante d’impressions qui se liaient entre elles, et dont le rêve, plus dégagé des éléments extérieurs, continuait la probabilité.
(id.)
Telle fut cette vision, ou tels furent du moins les détails principaux dont j’ai gardé le souvenir. L’état cataleptique où je m’étais trouvé pendant plusieurs jours me fut expliqué scientifiquement, et les récits de ceux qui m’avaient vu ainsi me causaient une sorte d’irritation quand je voyais qu’on attribuait à l’aberration d’esprit les mouvements ou les paroles coïncidant avec les diverses phases de ce qui constituait pour moi une série d’évènements logiques.
(I. 5)
Je voulus fixer davantage mes pensées favorites et, à l’aide de charbons et de morceaux de brique que je ramassais, je couvris bientôt les murs d’une série de fresques où se réalisaient mes impressions.
(I. 7)
Des circonstances fatales préparèrent, longtemps après, une rechute qui renoua la série interrompue de ces étranges rêveries.
(I. 9)
Je compris, en me voyant parmi les aliénés, que tout n’avait été pour moi qu’illusions jusque-là.
(II. 5)
L’heure de notre naissance, le point de la terre où nous paraissons, le premier geste, le nom de la chambre, – et toutes ces consécrations, et tous ces rites qu’on nous impose, tout cela établit une série heureuse ou fatale d’où l’avenir dépend tout entier.
(II. 6)
Je me sens heureux des convictions que j’ai acquises, et je compare cette série d’épreuves que j’ai traversées à ce qui, pour les anciens, représentait l’idée d’une descente aux enfers.
(II. 7)
Au fil des pages le mot s’enrichit d’une signification spirituelle, qui justifie son utilisation littéraire. Nerval ne se contente pas d’une juxtaposition de rêves et de visions : il les tresse, en effet, et cherche à leur donner une trame narrative comparable à celle d'un roman (comme L’Âne d’or d’Apulée), d'une autobiographie poétique (comme la Vita nuova de Dante), ou d'une « fable » théâtrale (Amphitryon ou Le Festin de pierre, auxquels il fait allusion).
Au mot « série » il faut ajouter celui de « succession », qui dit la progression dans l’approfondissement, et les étapes d’une « descente aux enfers » (II. 7) : ce sont les « couches successives des édifices de différents âges » dans lesquels ses « pieds s’enfonçaient » (I. 5) ; ce sont « les progrès successifs » de l’industrie des ouvriers qui sous la terre fabriquent les êtres vivants (I. 10) de nos industries une matière plus subtile que celle qui compose la croûte terrestre ; ce sont, dans un rêve, « les variations » qui « se succédaient à l’infini » (I. 8), « les visions qui s’étaient succédé pendant mon sommeil » (I. 4), mais c’est aussi « la succession des idées par lesquelles [il a] retrouvé le repos et une force nouvelle à opposer aux malheurs futurs de la vie. » (II. 4)
Au souci d'un mise en ordre des rêves et des souvenirs correspond chez Nerval une logique circulaire de l'approfondissement, plutôt que la logique linéaire, chronologique, du récit. La première se superpose à la deuxième, et l'ordonne :
Pourquoi, me dis-je, ne point enfin forcer ces portes mystiques, armé de toute ma volonté, et dominer mes sensations au lieu de les subir ? N’est-il pas possible de dompter cette chimère attrayante et redoutable, d’imposer une règle à ces esprits des nuits qui se jouent de notre raison ?
(II. 7)
Nerval est-il parvenu à ordonner, à recomposer ses souvenirs pour donner à ses Mémorables (titre qu’il donne au dernier chapitre d’Aurélia) un caractère cohérent et logique ? Il s’y efforce sans cesse. La très belle description de sa chambre, dans la maison du docteur Émile Blanche (au chap. II. 6), a une valeur emblématique : « C’est un capharnaüm comme celui du docteur Faust. » Dans cet ensemble hétéroclite, des objets très différents, appartenant à des époques diverses, se côtoient :
Une table antique à trépied aux têtes d’aigles ; une console soutenue par un sphinx ailé, une commode du dix-septième siècle, une bibliothèque du dix-huitième, un lit du même temps, dont le baldaquin, à ciel ovale, est revêtu de lampas rouge (mais on n’a pu dresser ce dernier) ; une étagère rustique chargée de faïences et de porcelaines de Sèvres, assez endommagées la plupart ; un narguilé rapporté de Constantinople, une grande coupe d’albâtre, un vase de cristal ; des panneaux de boiserie provenant de la démolition d’une vieille maison que j’avais habitée sur l’emplacement du Louvre, et couverts de peintures mythologiques exécutées par des amis aujourd’hui célèbres, deux grandes toiles dans le goût de Prudhon, représentant la Muse de l’histoire et celle de la comédie.
C'est un très beau désordre. Mais Nerval souligne aussi son plaisir à le ranger ; car dans ce rangement, dans ce classement, l'« amas » de souvenirs conserve son charme désordonné :
Je me suis plu pendant quelques jours à ranger tout cela, à créer dans la mansarde étroite un ensemble bizarre qui tient du palais et de la chaumière, et qui résume assez bien mon existence errante.
Avec quelles délices j’ai pu classer dans mes tiroirs l’amas de mes notes et de mes correspondances intimes ou publiques, obscures ou illustres, comme les a faites le hasard des rencontres ou des pays lointains que j’ai parcourus.
C'est au chapitre 4 de la deuxième partie que Nerval se livre à la plus efficace, la plus convaincante remise en ordre : « Je veux expliquer comment [...] et comment [...] », écrit Nerval sur un ton nettement didactique, faisant – avec une lucidité étonnante, quelle que soit l’influence du docteur Blanche – la synthèse des ingrédients de son imaginaire, et leur attribuant une origine dans son enfance.
Nerval a d’abord conçu Aurélia comme une « série de rêves » (lettre au docteur Blanche, 2 décembre 1853) ; et en effet, les rêves forment une série, une succession, qui suit le parcours d'une descente aux enfers – descente progressive vers le passé, vers la mort, vers la femme, et vers l’inconnu. Nerval est le spectateur de son propre imaginaire : fasciné par le spectacle de ses visions, il multiplie les miroirs pour mieux les explorer, et les échos pour les mettre à l'unisson les uns des autres.
Il multiplie non seulement les visions, mais aussi les points de vue sur ces visions, variant les perspectives sur le spectacle de sa folie, comme dans un théâtre les points de vue sur la scène. À la recherche des clés de son propre imaginaire, il se consacre à l'archéologie et au décryptage des signes. À la fois lui-même – sujet de ces visions – et autre – c’est-à-dire spectateur – Nerval ne cesse d’osciller, ne coïncide jamais totalement avec lui-même. Le lexique le prouve : « Je l’ai dit déjà : j’avais entouré mon amour de superstitions bizarres » (II. 2)... « Le pays où je fus élevé était plein de légendes étranges et de superstitions bizarres » (II. 4)... Et Nerval recourt au style de la confession pour l'aider à prendre le recul nécessaire : « Mes premières années ont été trop imprégnées des idées issues de la Révolution, mon éducation a été trop libre, ma vie trop errante, pour que j’accepte facilement un joug qui, sur bien des points, offenserait encore ma raison. » (id.) ; au sujet des représentations figurées de dieux païens aperçues dans son enfance, il écrit : « J’avoue qu’ils m’inspiraient alors plus de vénération que les pauvres images chrétiennes de l’église » (id.). Prenant ses distances par rapport à son personnage, il écrit : « J’imaginai que celui qu’on attendait était mon double qui devait épouser Aurélia. » (I. 10) ; ou encore : « je me mis à chercher dans le ciel une étoile, que je croyais connaître, comme si elle avait quelque influence sur ma destinée » (I. 2)...
Où est le vrai Nerval, dans ces déplacements, ces changements de perspective ? C’est là le tout premier obstacle à l’harmonie d’une « fresque » (I. 7), à l'unité d'une « série » que cherche à composer Nerval. Le miroir est brisé, et l'« irrésolution » (II. 4) ne cesse de l'agiter.
On me donna du papier, et pendant longtemps je m’appliquai à représenter, par mille figures accompagnées de récits, de vers et d’inscriptions en toutes les langues connues, une sorte d’histoire du monde mêlée de souvenirs d’études et de fragments de songes que ma préoccupation rendait plus sensible ou qui en prolongeait la durée.
(I. 7)
La chronologie des rêves ne se plie pas à la linéarité d'un récit – confessions à la manière de Rousseau par exemple, ou roman. Les « fragments de songes » exigent une décryptage, une paléographie. Ces fragments miroitent, en effet, en reflets multiples : dans un rêve, par exemple, une femme sur un tableau, « penchée sur le bord du fleuve », a les yeux « attirés vers une touffe de myosotis » (I. 4) ; et à la fin d’Aurélia, « sur les montagnes de l’Himalaya une petite fleur est née […] – Myosotis ! » (II. 7). Le myosotis, qui symbolise traditionnellement le souvenir fidèle, se trouve dans l’Italia de Théophile Gautier, récit d’un voyage en Italie, publié en 1852 : « La gentiane bleue, [...] le myosotis aux petites étoiles de turquoise escaladent bravement la montagne avec vous. » C’est un exemple, parmi mille autres, de ces hiéroglyphes qui s’offrent à la lecture, et dans lesquels subsiste une mystérieuse poésie. Autre signe, autre hiéroglyphe : le « grain de chapelet » que l’auteur a conservé dans le « reliquaire » d’Aurélia, « un petit coffret qui lui