Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
Yves di Manno | Terre ni ciel
Éditions Corti | mars 2014
Depuis une vingtaine d’années, et parallèlement à son œuvre « proprement dite », Yves di Manno développe une réflexion très singulière autour des questions que soulève la poursuite de l’aventure poétique moderne, à la croisée de plusieurs héritages et des mutations qui caractérisent le monde actuel. Les premiers résultats de cette enquête attentive et impliquée ont été recueillis dans « endquote » (Flammarion, 1999) et Objets d’Amérique (Corti, 2009).
Terre ni ciel reprend cet arpentage sous un angle plus personnel, livrant même quelques fragments d’une «autobiographie de lecture » qui éclaire de manière inattendue le paysage contemporain, des rues affligées de Grenoble jusqu’aux rives du Gange : mais c’est pour mieux souligner l’émergence d’une nouvelle invention de la poésie dont l’auteur voudrait faire percevoir l’exigence et la richesse. Un long entretien au centre de l’ouvrage esquisse un premier bilan de cette déjà longue équipée, qui a bien sûr nécessité l’appui de quelques complices – comme ici Jude Stéfan, Paul Louis Rossi, Mathieu Bénézet, Marie Etienne, Ivan Ch’Vavar, Philippe Beck ou Nicolas Pesquès – mais aussi la traversée « éclairante et bouleversée » d’un territoire dont on ne mesure pas encore précisément les perspectives qu’il ouvre vers d’autres contrées intérieures, d’autres prosodies imaginables, d’autres vies à réinventer.
Du même auteur chez Corti : Objets d’Amérique
Traductions chez Corti : William Carlos Williams, Paterson | Jerome Rothenberg, Les Techniciens du sacré | George Oppen, Poésie complète.

A l'amorce de son dernier tiers, le Pô prend des airs de Mississipi évoquant un «sud d'avant la guerre de Sécession». (Photo Slack12. Flickr)
Lors d’une visite à son frère Xavier, hospitalisé en psychiatrie, le commandant Lanester est le témoin d’un brutal homicide, immédiatement suivi d’un suicide. Chargée de l’enquête, son équipe est intriguée par la personnalité atypique du meurtrier présumé, un infirmier connu pour son empathie et son professionnalisme. Comment en est-il arrivé à agresser un patient ? Lorsqu’on découvre qu’il a agi sous l’emprise de puissants psychotropes, l’enquête s’oriente vers le Dr Raynaud, qui mène des recherches pour le compte d’un laboratoire pharmaceutique. Mais il faut se garder des évidences car, dans cet établissement aux mains de puissantes dynasties médicales, nul ne sait qui manipule qui. Grâce à Élisabeth Dassonville, la captivante archiviste, Éric Lanester pénètre peu à peu la logique de l’hôpital. En véritable gardienne du temple, elle lui fait découvrir le personnage fascinant de Théophobe Le Diaoul, le poète de l’aliénation qui a donné son nom à l’établissement. Mais en quoi les vers de ce vieil illuminé peuvent-ils éclairer cette enquête qui ne cesse de rebondir ?
Cecilia Bartoli en mai 2013, à Salzbourg. (AFP)
(Photo Qconnan. Flickr)