Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
Rhapsodie hongroise
À ses lecteurs internationaux, il rappellera volontiers Proust, et plus encore Virginia Woolf, même si l'effondrement de l'Empire austro-hongrois incita ses premiers critiques à valoriser des spécificités magyares. L'histoire tient en deux mots : un homme célèbre revient sur les terres de son enfance ; il y retrouve son amour de jeunesse escortée d'un fils qu'il ne connaît pas. Le fait est que l'intrigue n'a pas grande importance ; frappe en revanche la force d'évocation, traduisant la campagne hongroise en mille métaphores oniriques. Ici, les hommes parlent aux cigales, les vagabonds racontent leurs aventures contre une bouchée de pain, et l'on change de saison comme on change de mystère. N.N. - nomen nescio, « sans nom » - est un roman autobiographique dont le narrateur s'oublie, faisant la part belle à la nature et aux personnages secondaires. C'est cette femme que trois générations courtisent simultanément ; ces deux vieilles filles de la bonne société, friandes de ragots sur l'aristocratie viennoise ; ou encore le père de l'auteur, petit noble qui finit par quitter sa femme pour sa servante, embrassant la roture, son blason sous le bras. Lorsque ses parents se sont enfin mariés, Gyula Krúdy avait 17 ans et une horde de frères et soeurs après lui. Cette enfance de bâtard et d'héritier est un perpétuel déchirement. En souliers vernis, le jeune narrateur arpente la maison paternelle, qu'il déteste : sa mère portait des briques sur le chantier lorsqu'elle était enceinte de lui. Pour oublier sa famille de notables, il court la campagne et s'y perd, puis, enfin rassasié, part tenter sa chance à la ville. N.N. est un roman d'une poésie remarquable qui nous transporte aux confins de l'empire des Habsbourg, où les hommes sont las de vivre mais n'en finissent pas de rêver
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La collaboratrice du «cahier 

En 1919, deux jeunes anciens combattants rafistolent un vieux bombardier et décident, les premiers, de traverser l’Atlantique, affrontant l’inconnu. Dans leur coucou, ils emportent une lettre, donnée par une journaliste et sa fille, à remettre à une famille de Cork, en Irlande. En 1845, un ancien esclave noir qui a écrit ses mémoires est invité en Irlande pour témoigner de la rude condition de ses frères enchaînés. Subjuguée par ses récits et son maintien, une jeune domestique se met en tête de le suivre et de le rejoindre de l’autre côté de l’Atlantique. En 1998, le sénateur américain George Mitchell, chargé par le président des États-Unis de négocier la paix en Irlande du Nord, passe sa vie dans les avions, loin de New York où l’attendent sa jeune épouse et leur fils encore dans les langes