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La poésie - Page 3

  • Aragon – Les mots m’ont pris par la main

    Je demeurai longtemps derrière un Vittel-menthe
    L’histoire quelque part poursuivait sa tourmente
    Ceux qui n’ont pas d’amour habitent les cafés
    La boule de nickel est leur conte de fées
    Si pauvre que l’on soit il y fait bon l’hiver
    On y traîne sans fin par la vertu d’un verre
    Moi j’aimais au Rocher boulevard Saint-Germain
    Trouver le noir et or usagé des sous-mains
    Garçon de quoi écrire Et sur la molesquine
    J’oubliais l’hôpital les démarches mesquines
    À raturer des vers sur papier quadrillé
    Tant que le réverbère au-dehors vînt briller
    Jaune et lilas de pluie au cœur du macadam
    J’épongeais à mon tour sur le buvard-réclame
    Mon rêve où l’encre des passants abandonna
    Les secrets de leur âme entre deux quinquinas
    J’aimais à Saint-Michel le Cluny pour l’équerre
    Qu’il offre ombre et rayons à nos matins précaires
    Sur le coin de la rue Bonaparte et du quai
    J’aimais ce haut Tabac où le soleil manquait
    Il y eut la saison de la Rotonde et celle
    D’un quelconque bistrot du côté de Courcelles
    Il y eut ce café du passage Jouffroy
    L’Excelsior Porte-Maillot Ce bar étroit
    Rue du Faubourg-Saint-Honoré mais bien plus tard
    J’entends siffler le percolateur dans un Biard
    C’est un lieu trop bruyant et nous nous en allons
    Place du Théâtre-Français dans ce salon
    Au fond d’un lac d’où l’on
                                                voit passer par les glaces
    Entre les poissons-chats les voitures de place
    Or d’autres profondeurs étaient notre souci
    Nous étions trois ou quatre au bout du jour assis
    À marier les sons pour rebâtir les choses
    Sans cesse procédant à des métamorphoses
    Et nous faisions surgir d’étranges animaux
    Car l’un de nous avait inventé pour les mots
               Le piège à loup de la vitesse
    Garçon de quoi écrire Et naissaient à nos pas
    L’antilope-plaisir les mouettes compas
               Les tamanoirs de la tristesse
    Images à l’envers comme on peint les plafonds
    Hybrides du sommeil inconnus à Buffon
               Êtres de déraison Chimères
    Vaste alphabet d’oiseaux tracé sur l’horizon
               De coraux sur le fond des mers
    Hiéroglyphes aux murs cyniques des prisons
    N’attendez pas de moi que je les énumère
    Chasse à courre aux taillis épais Ténèbre-mère
    Cargaison de rébus devant les victimaires
    Louves de la rosée Élans des lunaisons
    Floraisons à rebours où Mesmer mime Homère
    Sur le marbre où les mots entre nos mains s’aimèrent
    Voici le gibier mort voici la cargaison
    Voici le bestiaire et voici le blason
    Au soir on compte les têtes de venaison
               Nous nous grisons d’alcools amers
                          Ô saisons
    Du langage ô conjugaison
                                                des éphémères
    Nous traversons la toile et le toit des maisons

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  • Catégories : La poésie

    "Beauté, mon beau souci" de François de Malherbe

    Beauté, mon beau souci, de qui l'âme incertaine

    A, comme l'Océan, son flux et son reflux,

    Pensez de vous résoudre à soulager ma peine,

    Ou je me vais résoudre à ne le souffrir plus.

    Vos yeux ont des appas que j'aime et que je prise,

    Et qui peuvent beaucoup dessus ma liberté;

    Mais pour me retenir, s'ils font cas de ma prise,

    Il leur faut de l'amour autant que de beauté.

    Quand je pense être au point que cela s'accomplisse

    Quelque excuse toujours en empêche l'effet;

    C'est la toile sans fin de la femme d'Ulysse,

    Dont l'ouvrage du soir au matin se défait.

    Madame, avisez-y, vous perdez votre gloire

    De me l'avoir promis, et vous rire de moi;

    S'il ne vous en souvient, vous manquez de mémoire,

    Et s'il vous en souvient, vous n'avez point de foi.

    J'avais toujours fait compte, aimant chose si haute,

    De ne m'en séparer qu'avecque le trépas;

    S'il arrive autrement, ce sera votre faute

    De faire des serments et ne les tenir pas.

    http://textes.libres.free.fr


  • Catégories : La poésie

    Ouste créations

    OUSTE n°15 – conspiration 2007, ed. Féroce Marquise/Dernier Télégramme, 100 p. ISBN: 978-2-917136-03-4, 10 €.
    Présentation :
    Ce numéro de Ouste est pour plusieurs raisons remarquables : tout d’abord, Féroce Marquise, arton1779-3a196.jpgl’association d’Hervé Brunaux a travaillé avec Le Dernier Télégramme, dont nous avons présenté sur libr-critique plusieurs titres, dont l’excellent Cargo Culte d’Emmanuel Rabu. Ce partenariat entre deux associations proches régionalement (Limoges et Périgueux) montre une dynamique dont nous nous réjouissons, et se propose aussi certainement comme une possibilité de mobilisation de moyens plus efficaces pour défendre la poésie contemporaine. La revue est donc co-éditée entre ces deux associations, et adopte un nouveau format, plus petit, compact, léger, comme un petit livre de poche à emporter avec soi. La couverture glacée offre un beau collage de Villeglé, et au dos l’affiche de Expoésie réalisée par Combas.

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  • J'ai pris plaisir à renconter la Nobel de poésie 2011,Vénus KHOURY-GHATA

    et de me faire dédicacer son recueil, "Où vont les arbres?"

    © Anne Selders

    « J’ai maintenant vécu aussi longtemps en France qu’au Liban, mais je ne suis pas guérie de mon Orient »

    Le Goncourt de la poésie 2011 consacre Vénus Khoury-Ghata pour l’ensemble de son œuvre. L’écrivaine libanaise, installée à Paris depuis 1972, a su construire une œuvre foisonnante touchée par la grâce d’allier la fidélité abrupte aux origines à l’élégance de la pensée.

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  • Catégories : La poésie

    la semaine belge

     
    Une semaine en Belgitude avec une exposition, trois spectacles, et des poètes belges dans nos bureaux et vos oreilles !bandeau_poesie.jpg

  • Catégories : La poésie

    Je suis en train de lire:111 poètes d'aujourd'hui en Rhône-Alpes

    Ainsi il ya des poètes et ils sont vivants. On en a même trouvé 111 qui ont posé un temps leur sac à terre dans notre région.

    Bien sûr, habiter en Rhône-Alpes n’est pas une qualité littéraire, ce n’est pas un défaut non plus, la question est ailleurs, et les anthologistes n’ont pas semblé rencontrer de graves difficultés à nous proposer cette coupe, ces strates de poésie, qui s’écrivent à nos portes. Ils nous font un simple signe qu’il en est probablement ainsi partout, pourvu qu’on veuille bien y porter attention.

    On pense à Bashô, bien sûr, et ses 111 Haïkaïs. Ces extraits errants dans le labyrinthe d’une œuvre, ces fragments comme de hasard, ont bien souvent l’effet de révélateur du Haïku, sa soudaine lumière sur la marche d’un poète.

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  • Catégories : La poésie

    Effacement de la poésie?

    19771826_jpg-r_160_214-b_1_CFD7E1-f_jpg-q_x-20110704_050731.jpgChristian Doumet du même auteurUniversité Paris 8

    Premières lignes

    La fameuse poétesse Ono no Komachi, étant parvenue au faîte de sa beauté et de son art, dut prendre part à une joute qui l’opposait à Ôtomo no Kuromushi. Sachant le talent de son adversaire, ce dernier entreprit d’espionner la poétesse afin de connaître l’ouvrage qu’elle préparait pour la circonstance. Il parvint à ses fins, et recopia le texte dans le livre du Man’yôshu, la...


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  • Catégories : La poésie

    Terre à ciel

    il fait soleil dehors

    mais on est dedans

    retour tou jo urs au même point

    quoiqu’on fasse dise ou tente

    tou jo urs on revient à ça

    cette chose-là

    en tas d’espoirs rouillés sur le dos

    notre Nord intérieur

    celui que désigne toutes les aiguilles

    quoiqu’on fasse

    il fait soleil dehors

    mais on reste à l’intérieur

    (Jasmine Viguier)

    *

    lorsque nous entrons dans la chambre

    mon premier geste est de tirer les rideaux

    dans la pénombre je prends ton visage entre mes mains

    et je retrouve le goût de ta bouche

    plus tard blottie contre toi

    je pense aux heures d’après

    quand tu seras parti

    revenu à ta vie

    et qu’allongée seule entre les draps

    je chercherai le sommeil et l’odeur de ton corps

    (Cécile Glasman)

    *

    on appuie le dos contre la barrière en

    bois craque un peu

    on regarde autour de soi

    mais on ne sait pas ce qu’on

    regarde

    on reste pétrifié

    (sous le soleil)

    il y a d’autres maisons d’autres

    corps des arbres

    (nus)

    l’odeur de la neige

    presque rien

    on ne se sent plus

    autant en vie


     

    (Sophie G. Lucas)

    *

      idiots charlots des manque une case fous

    laissés pour compte

      cinglés bar jo s tapés sonnés piqués

    timbrés toc-toc maboul dingo

    s’a jo utent :

      démence aliénation malades mentaux

    égarement

      siphonnés déraisonnés incapables

    détraqués

      assommés complètement cachetons

    décharges camisoles machins trucs

      les abrutir encore

      fêlés éperdus transportés étourdis

    marteaux sans raison déboussolés

      mais ça oui ils le sont

      sans famille sans rien ni personne ni visite

    ni Noël ni même

      une pièce une lettre un coup de fil une

    poignée de main un bonbon un baiser

      fous sont fous idiots du village mon

    village et même un peu plus

      mon cœur mes yeux premiers gestes

    gazouillis pas sourires mots fous

    (Cécile Guivarch)

  • Info poésie

    Actualité
    Printemps des Poètes

    Juin 2011

    14e Printemps des Poètes du 5 au 18 mars 2012
    sur le thème
    "Enfances"

     

     

    Les festivals de l'été

    En juin :
    - Le festival franco-anglais de poésie organisé par
    www.festrad.com
    - Poètes au Potager à Montluçon

    Télécharchez l'info des festivals de l'été 


    Evénements poétiques : juin

    -
    "Poésie, chanteurs de rue et Orgues de barbarie" 
    en Provence

    - Rimbaud, l'heure de la fuite à Montpellier
    -
    Escales poétiques, animations et exposition à Plérin dans les Côtes d'Armor


    Actualité des événements avec les poètes

    Jacques Roubaud - Eric Sarner - Marc Alyn - Alain Borer - Hélène Cadou - Bruno Doucey - Ira Feloukatzi - Antoine Emaz - William Cliff - Jean-Pierre Verheggen - Ariane Dreyfus - Edith Azam - Guy Goffette - Ludovic Degroote - Michel Collot - Marie-Claire Bancquart...


    Nouveautés "livres de poésie"

    -
    Enclose de Camille Loivier (Tarabuste)
    -
    La traductière n°29 (La traductière)
    -
    Le fleuve les regarde dans les yeux, sept poètes slovènes contemporains (Centre de création pour l'enfance)


    Actualité du label
    "Sélection Printemps des Poètes"


    -
    L'Art d'être grand-père d'après Georges et Victor Hugo, adaptation et mise en scène Vincent Colin
    -
    Traîne pas trop sous la pluie... , spectacle de et par Richard Bohringer

    Facebook envoyer une carte poème

     Hommage à

    Robert Marteau qui vient de nous quitter

    POESIE DANS LE METRO
    En partenariat avec la Ratp, le Printemps des Poètes propose
    de lire des poèmes  sur les contre-marches de la station Saint-Ambroise (l.9)
    photo c. Ratp/ D. Sutton)

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  • Catégories : La poésie, La presse

    J'ai aimé: Revue Arpa(poésie) numéro 99

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      Numéro 99 / SOMMAIRE

     

     
     
       

    Poèmes et proses : Horacio Castillo(traduit par Yves Roullière) • Gérard Pfister • Jean-Christophe Ribeyre • Philippe Rosset • Tonin Palazzotto • Robert Nédélec • Alain Quagliarini • Solesli • Isabelle Lévesque • Marie-Josée Desvignes • Philippe Fouché-Saillenfest • Christianne Rollet • Henri Heurtebise • Camille Ganne • Jacques Allemand • Thibault Marthouret • Jean-Louis Cluse • Anne Lugon-Moulin • Sanford Fraser(traduit par Françoise Parouty) • Jean-Pierre Farines

    Études : Jeanne-Marie Baude • Jean-Pierre Lemaire

     

    Chronique et lectures : Katty Verny-Dugelay • Denise Borias • Lucien Wasselin • Max Alhau • Colette Minois • Gérard Bocholier

    Gravures : Fabienne Yvetot

     

     
     
    Numéro 99 / SOMMAIRE

     

     
     
       

    Poèmes et proses : Horacio Castillo(traduit par Yves Roullière) • Gérard Pfister • Jean-Christophe Ribeyre • Philippe Rosset • Tonin Palazzotto • Robert Nédélec • Alain Quagliarini • Solesli • Isabelle Lévesque • Marie-Josée Desvignes • Philippe Fouché-Saillenfest • Christianne Rollet • Henri Heurtebise • Camille Ganne • Jacques Allemand • Thibault Marthouret • Jean-Louis Cluse • Anne Lugon-Moulin • Sanford Fraser(traduit par Françoise Parouty) • Jean-Pierre Farines

    Études : Jeanne-Marie Baude • Jean-Pierre Lemaire

     

    Chronique et lectures : Katty Verny-Dugelay • Denise Borias • Lucien Wasselin • Max Alhau • Colette Minois • Gérard Bocholier

    Gravures : Fabienne Yvetot

     

     
     
       
    Fabienne Yvetot
     
     
    Fabienne Yvetot
     
       
       
     
     
     
      Numéro 99 / SOMMAIRE

     

     
     
       

    Poèmes et proses : Horacio Castillo(traduit par Yves Roullière) • Gérard Pfister • Jean-Christophe Ribeyre • Philippe Rosset • Tonin Palazzotto • Robert Nédélec • Alain Quagliarini • Solesli • Isabelle Lévesque • Marie-Josée Desvignes • Philippe Fouché-Saillenfest • Christianne Rollet • Henri Heurtebise • Camille Ganne • Jacques Allemand • Thibault Marthouret • Jean-Louis Cluse • Anne Lugon-Moulin • Sanford Fraser(traduit par Françoise Parouty) • Jean-Pierre Farines

    Études : Jeanne-Marie Baude • Jean-Pierre Lemaire

     

    Chronique et lectures : Katty Verny-Dugelay • Denise Borias • Lucien Wasselin • Max Alhau • Colette Minois • Gérard Bocholier

    Gravures : Fabienne Yvetot

     http://www.arpa-poesie.fr/Derniernumero.html

    Le genre de revue qu'on trouve trop rarement en librairie(quand on trouve des revues de poésie... ou même de la poésie) mais que j'achète quand j'en trouve car ça fait vivre la poésie(pas comme celle sur les blogs) ou que j'emprunte dans les bonnes médiathèques comme celle de Saint-Etienne.

    Une autre raison de vouloir me réinstaller dans une grande ville

     
     
       
    Fabienne Yvetot
     

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  • Catégories : La poésie

    André du Bouchet, Aveuglante ou banale. Essais sur la poésie (1949-1959)

    Parution livre (édition)

    Information publiée le vendredi 15 avril 2011 par Laure Depretto

     

    André du Bouchet, Aveuglante ou banale. Essais sur la poésie (1949-1959)

    Édition établie par Clément Layet et François Tison

    Préface et notes de Clément Layet

    2011, 368 pages

    • ISBN: 978-2-35873-029-7
    • Prix: 23 euros

    Présentation de l'éditeur

    Ce livre recueille tous les essais sur la poésie publiés par André du Bouchet entre 1949 à 1959, devenus le plus souvent inaccessibles, ainsi qu'une vingtaine d'essais inédits, le plus souvent écrits ou ébauchés dans le cadre du C.N.R.S. où le poète fut chercheur entre 1954 et 1957. L'ensemble se révèle doublement précieux. Consacrés à Scève, Hugo, Baudelaire, mais aussi à des poètes contemporains (Reverdy, Char, Ponge) ou étrangers (Hölderlin, Joyce et Pasternak), ces essais sont d'abord l'oeuvre d'un jeune homme qui se livre éperdument à la poésie, pour en proposer chaque fois une lecture extrêmement personnelle. Avec le volume des Carnets que nous publions parallèlement sous le titre Une lampe dans la lumière aride, ces pages éclairent de manière saisissante toute son oeuvre ultérieure.

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  • Catégories : La poésie, Le paysage

    En mars, les poètes mettent les voiles sur d’infinis paysages

     

    vendredi 11 mars 2011

    Tags : |

       

    A l’occasion de la 13e édition du Printemps des Poètes, notre région sera le théâtre de nombreuses manifestations qui œuvrent pour la diffusion et la valorisation d’une littérature trop souvent négligée.

     

    Si la poésie n’a pas bouleversé notre vie, c’est qu’elle ne nous est rien. Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe ; autrement, nous n’en avons connu que l’imposture ». Cette citation d’Andrée Chedid illustre parfaitement la démarche du Printemps des Poètes, manifestation créée en 1999 à l’initiative de Jack Lang qui vise à célébrer la poésie partout en France, quelque soit sa forme d’expression. Aujourd’hui, cet événement se déroule sur cinq continents, dans une soixantaine de pays, et plus de 12 000 initiatives sont attendues aux quatre coins de l’hexagone.

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  • Vers d'infinis paysages au 13e Printemps des poètes

    D'infinis Paysages...

    Rédigé par Clémentine Baron, le lundi 07 mars 2011 à 11h01

    Aujourd’hui débute la 13e édition du printemps des poètes, avec pour thème « D’infinis paysages » et en particulier les infinis paysages ultra-marins en cette année qui leur est dédiée.

    La cérémonie d’ouverture aura lieu à midi et demi à la station Auber (RER A) où Juliette Binoche, marraine de l’édition 2011, nous lira certainement quelques vers. Puis, de 13 h 30 à 16 h 30, défileront dans les rues de Paris, plus de 400 comédiens qui réciteront des poèmes en pleine rue (voir l’itinéraire).

    À l’instar de la fête de la musique, le printemps des poètes regroupe chaque année depuis 1999 des millions d’amateurs de poésie à travers plus de 12 000 manifestations, en France et à l’étranger. Ainsi, différents évènements seront organisés entre le 7 et le 21 mars : dans les bibliothèques et médiathèques, mais aussi dans les établissements scolaires, en toutes sortes de lieux culturels et enfin, dans les rues de certaines villes, dont en France : Paris, Lyon, Tours, Montpellier et La Rochelle.

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  • La poésie engagée

    genere-miniatureCAQD15VS.gifTout au long du XXe siècle, des voix se sont élevées contre la guerre, le colonialisme et la barbarie.
    Les poètes engagés ont écrit des textes en vers ou en prose pour témoigner ou résister ; ils ont fait de leur plume une épée pour combattre les injustices de leur temps. Un mot d'ordre les guide : celui de liberté.

    http://www.decitre.fr/livres/La-Poesie-engagee.aspx/9782701151519

  • Catégories : Des expositions, L'art, La poésie

    Miró. Les couleurs de la poésie

    Les peintures colorées sont au premier plan dans l’exposition. Des travaux sur papier, des céramiques et des sculptures viennent se joindre aux tableaux. Le commissariat de l’exposition a été confié à Jean-Louis Prat, lui qui déjà du vivant de Miró avait monté certaines de ses expositions, et avec lequel il était lié d’amitié. Jean-Louis Prat a dirigé pendant plus de 30 ans la célèbre Fondation Maeght à St. Paul de Vence, dans le sud de la France. Il est mondialement reconnu en tant qu’expert en sculpture. Jean-Louis Prat avait déjà assuré le commissariat de l’exposition "Les sculptures des peintres" en 2008 ainsi que celui de la grande exposition dédiée à Marc Chagall, qui avait attiré plus de 190 000 amateurs d’art au musée.

    "Miró ne peignait ni de manière abstraite, ni de façon figurative, il employait un langage poétique dans ses peintures", déclare Jean-Louis Prat. Certains des contemporains de l’artiste avaient banni la couleur de leur peinture ; pour lui au contraire, la couleur a toujours revêtu une signification essentielle. Le rouge, le vert, le jaune et le bleu dominent de fait dans les tableaux visibles dans l’exposition, des tableaux qui rayonnent, baignés dans la lumière naturelle du bâtiment conçu par Richard Meier. Miró était admiratif face à la nature, aux objets du quotidien, et leur beauté le fascinait et l’inspirait. La liberté, l’humour, la légèreté mais aussi les ruptures esthétiques marquent l’oeuvre de l’artiste, né à Barcelone en 1893. Peintre, dessinateur et sculpteur, Miró s’est constamment efforcé de ne pas se figer dans l’immobilité ni de vivre dans l’ombre du passé.

    L’exposition donne également à voir les rares petits formats des jeunes années de création de Miró. Ces oeuvres permettent de mesurer l’évolution de son art, partant d’une représentation figurative pour arriver à des motifs picturaux symboliques et à des signes récurrents bien spécifiques. Ces signes mystérieux et les taches posées sur le canevas, qui évoquent une partition musicale comme tirée d’un univers onirique, sont typiques des peintures de Miró. On les retrouve d’ailleurs dans ses céramiques et sur ses sculptures, qui sont montrées en regard de ses tableaux.

    L’exposition du Musée Frieder Burda met en avant les moments charnières de la création de Miró. L’artiste affirmait à ce propos : "Les gens comprendront progressivement mieux que j’ai ouvert les portes menant à un autre futur, un futur dépourvu d’enseignements erronés et de fanatisme".

    Enfin, des textes explicatifs et des photographies historiques permettent aux visiteurs de se représenter la vie et l’influence de Miró. L’exposition s’accompagnée d’un catalogue : Miró. Les couleurs de la poésie, edité par Jean-Louis Prat et la Fondation Frieder Burda, Hatje Cantz Verlag, Ostfildern 2010, 224 pages, 24,80 €.

     

    http://www.moreeuw.com/histoire-art/exposition-miro-baden.htm

  • Catégories : La poésie

    De l’Election de son sepulcre

    de Ronsard (1524–†1585)
     
     
    ANTRES, et vous fontaines
      De ces roches hautaines
      Qui tombez contre-bas
        D’un glissant pas:
    Et vous forests et ondes         5
      Par ces prez vagabondes,
      Et vous rives et bois,
        Oyez ma voix.
    Quand le ciel et mon heure
      Jugeront que je meure,         10
      Ravy du beau sejour
        Du commun jour,
    Je defens qu’on ne rompe
      Le marbre pour la pompe
      De vouloir mon tombeau         15
        Bastir plus beau:
    Mais bien je veux qu’un arbre
      M’ombrage en lieu d’un marbre,
      Arbre qui soit couvert
        Tousjours de vert.         20
    De moy puisse la terre
      Engendrer un lierre,
      M’embrassant en maint tour
        Tout à l’entour:
    Et la vigne tortisse         25
      Mon sepulcre embellisse,
      Faisant de toutes pars
        Un ombre espars.
    Là viendront chaque année
      A ma feste ordonnée         30
      Avecques leurs troupeaux
        Les pastoureaux:
    Puis ayant fait l’office
      De leur beau sacrifice,
      Parlans à l’isle ainsi         35
        Diront ceci:
    Que tu es renommée
      D’estre tombeau nommée
      D’un, de qui l’univers
        Chante les vers!         40
    Et qui onq en sa vie
      Ne fut bruslé d’envie,
      Mendiant les honneurs
        Des grands Seigneurs!
    Ny ne r’apprist l’usage         45
      De l’amoureux breuvage
      Ny l’art des anciens
        Magiciens!
    Mais bien à noz campagnes
      Fist voir les Sœurs campagnes         50
      Foulantes l’herbe aux sons
        De ses chansons.
    Car il fist à sa lyre
      Si bons accords eslire
      Qu’il orna de ses chants         55
        Nous et noz champs.
    La douce manne tombe
      A jamais sur sa tumbe,
      Et l’humeur que produit
        En May la nuit.         60
    Tout à l’entour l’emmure
      L’herbe et l’eau qui murmure,
      L’un tousjours verdoyant,
        L’autre ondoyant.
    Et nous ayans memoire         65
      Du renom de sa gloire
      Luy ferons comme à Pan
        Honneur chaque an.
    Ainsi dira la troupe,
      Versant de mainte coupe         70
      Le sang d’un agnelet
        Avec du laict
    Desur moy, qui à l’heure
      Seray par la demeure
      Où les heureux espris         75
        Ont leur pourpris.
    La gresle ne la neige
      N’ont tels lieux pour leur siège,
      Ne la foudre oncque là
        Ne devala:         80
    Mais bien constante y dure
      L’immortelle verdure,
      Et constant en tout temps
        Le beau Printemps.
    Le soin qui sollicite         85
      Les Rois, ne les incite
      Le monde ruiner
        Pour dominer:
    Ains comme freres vivent,
      Et morts encore suivent         90
      Les mestiers qu’ils avoient
        Quand ils vivoient.
    Là là j’oiray d’Alcée
      La lyre courroucée,
        ET Sapphon qui sur tous         95
        Sonne plus dous.
    Combien ceux qui entendent
      Les chansons qu’ils respandent
      Se doivent resjouir
        De les ouir!         100
    Quand la peine receuë
      Du rocher est deceuë,
      Et quand le vieil Tantal
        N’endure mal!
    La seule lyre douce         105
      L’ennuy des cœurs repousse.
      Et va l’esprit flatant
        De l’escoutant.