Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
Facebook, le nouvel ami des écrivains
Par Astrid De Larminat
24/02/2010 | Mise à jour : 19:19

(François Bouchon/Le Figaro)
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Par Astrid De Larminat
24/02/2010 | Mise à jour : 19:19

Comme je n'ai pas pu aller aller voir l'expo:
http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2009/04/17/lu-dans-la-presse-aujourd-hui-william-blake-peintre-graveur.html
Mon mari m'a offert le catalogue de l'expo:
http://www.babelio.com/livres/Phillips-William-Blake-1757-1827-Le-Genie-visionnaire-d/125682
7 artisans locaux qui exposaientent leurs créations: poteries, laine feutrée, bijoux, vannerie.
Photos perso du 9 juillet 2009
D'autres notes sur Saint-Etienne dans la catégorie à ce nom dans la partie "Ce que j'aime"
Nous y avons passé l'après-midi samedi.
Par Valérie Sasportas
19/04/2010 | Mise à jour : 14:36

Par Marc Landré
18/04/2010 | Mise à jour : 20:59 Réactions (28)

Un visiteur attentif, mon mari
Cf. le site de ce magnifique endroit:
http://www.jardin-ferroviaire.com/pages/train-jardin-ferroviaire.php?&largeur=1440&hauteur=900
Par Claire Bommelaer et Béatrice De Rochebouet
15/04/2010 | Mise à jour : 15:44

http://www.lefigaro.fr/photos/2010/04/12/01013-20100412DIMWWW00603-24-heures-photo.php
Par Valérie Duponchelle et Bastien Hugues
16/04/2010 | Mise à jour : 18:24 Réagir

J'ai obtenu 7/10
Par Flore Galaud
16/04/2010 | Mise à jour : 21:51 Réactions (72)
Une apparition digne d'un blockbuster américain. Dans la nuit de mercredi à jeudi, de nombreux habitants du Midwest ont eu une belle frayeur en apercevant une gigantesque boule de feu traverser le ciel à toute allure en vrombissant.
«La boule de feu se déplaçait d'Ouest en Est», raconte sur CNN un responsable du service météorologique national. Selon le National Weather Service (NWS), la boule de feu a été aperçue dans le Missouri, l'Illinois, l'Indiana et le Wisconsin. Visible pendant une quinzaine de minutes, elle a fini sa course en se désintégrant «bien avant d'atteindre l'horizon». Plusieurs témoignages parlent ensuite d'explosions qui faisaient trembler les arbres et même les maisons. Depuis, de nombreux habitants de la région sont à la recherche de débris.
Comment vous dire?
C'était génial!(je ne sais pas comment on dit maintenant)!!!!
Nous sommes arrivés à 18h45(pour 20h), il faisait froid mais heureusement nous sommes rentrés vers 19h15.
On nous a dit qu'on n'avait pas le droit de prendre des photos, même avec un portable. Ca ne me dérangeait pas trop puisque je n'ai pas d'appareil photo (enfin, il est resté au Maroc), ni de portable assez performant pour faire de bonnes photos dans ces conditions.
Ca n'a pas empêché certains d'en faire quelques unes…
Mais le public est sympa et bon enfant.
Nous avions le choix entre le balcon (assis) et le pied de la scène.
Nous nous sommes mis au bord de la scène, un peu sur le côté... à 3 m de Monsieur Daho, encore plus proche quand il venait de notre côté.
Nous avons vu de très près l'installation de la scène et puis Il est arrivé... à l'heure.
Et là, ça a été la réalisation d'un rêve( j'avais un peu peur, je l'avoue, d'être déçue) de 25 ans : voir mon chanteur préféré sur scène.
Je l’ai raté plusieurs fois, une fois parce que c’est lui qui a annulé et les autres parce que je ne pouvais pas.
Donc, Il est là, comme je l’imaginais. Il a coupé court ses cheveux grisonnants.
Il a beaucoup de présence et il nous parle presque entre chaque chanson.
Plusieurs fois, la salle lui réclame de chanter encore une chanson et il fait accélérer l’orchestre. Et la salle scande ses mots.
Et son déhanché célèbre est là.
Il a été rappelé deux fois et nous avons chanté avec lui de vieilles chansons.
J’ai repensé aux circonstances dans lequel j’avais achetés ses albums qui sont restés au Maroc. Là, un peu de nostalgie dans l’océan de béatitude(2h15) dans lequel je baignais.
J’ai tellement tapé dans mes mains et levé les bras que j’en avais mal.
J’ai dansé avec le peu de place que j’avais.
J’ai tellement chanté que la voix me manquait en sortant.
Merci à mon mari de m’avoir offert cette parenthèse enchantée, de m’avoir emmenée et accompagnée.
Beaucoup de moments forts que je vous distillerai au fil des notes.
Aujourd’hui, ma parodie d’une des chansons qu’il a chantées hier soir.
Ci-dessous.
Barbey d'Aurevilly, l'auteur des «Diaboliques» adore Balzac et Stendhal, n'aime ni Zola ni Tocqueville, déteste George Sand, et il est souvent clairvoyant.
Qui se soucie encore de Barbey d'Aurevilly (1808-1889) qui a passé son temps à déranger son époque ? Romancier, nouvelliste, critique, journaliste, il aura pourtant été un des grands réfractaires du XIXe siècle avec Baudelaire et Bloy pour ne citer qu'eux. Il détestait tous les conformismes. Il aurait aujourd'hui fort à faire.
New York Envoyé spécial
L'exposition que le Musée d'art moderne de New York (MoMA) consacre au Bauhaus épate d'abord par l'avalanche de noms célèbres, qui, dans l'Allemagne de l'entre-deux-guerres, sont passés par cette école d'art, y ont enseigné, ont inventé une esthétique de la modernité qui a bouleversé les rapports entre l'art, l'industrie et le monde.
Immense helléniste, deuxième femme à entrer à l'Académie française, première femme professeur au Collège de France, Jacqueline de Romilly vient d'être élevée à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur (la cinquième à recevoir cette distinction). Toujours aussi vive à bientôt 94 ans, elle lance un cri d'alarme : la pensée et la réflexion se meurent. Rencontre.
Propos recueillis par Liliane Delwasse
Le Point : Vous venez de recevoir cette distinction suprême, la plus prestigieuse dont on puisse rêver. Etes-vous particulièrement heureuse ou est-ce juste un honneur de plus, tant il est vrai que vous avez déjà eu auparavant tous les honneurs imaginables. Vous avez même été nommée citoyenne grecque d'honneur.
Jacqueline de Romilly : C'est incontestable : j'ai été gâtée. J'ai eu la chance d'appartenir à une génération où les femmes accédaient pour la première fois au podium, où les portes s'ouvraient enfin. J'ai été la première femme à entrer à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, la deuxième à l'Académie française après Marguerite Yourcenar, la première au Collège de France. Et je ne parle pas de l'Ecole normale supérieure. Savez-vous ce qui m'a procuré la plus grande joie ? En 1930, j'avais 17 ans, les filles ont eu pour la première fois le droit de se présenter au Concours général et j'ai eu cette année-là les prix de grec et de latin. Rien par la suite ne m'a jamais rendue aussi heureuse. C'était grisant. Ma mère a soigneusement collé dans un petit carnet les coupures de presse du monde entier qui relataient ce qui était alors considéré comme un exploit. Il y en avait dans toutes les langues. Un de ces articles est d'ailleurs signé par un très jeune journaliste débutant, Pierre Lazareff. C'était son premier article. Il lui a porté bonheur. Mais, pour répondre à votre question, c'est toujours agréable et flatteur pour son ego d'être reconnu pour son travail et félicité, mais c'est surtout un formidable encouragement pour continuer la lutte que je mène et assumer jusqu'au bout de mes forces la tâche que je me suis fixée.
Vous êtes helléniste. On connaît la bataille que vous menez depuis des décennies pour que perdure l'enseignement des langues anciennes, et en particulier du grec, en voie de disparition. N'êtes-vous pas finalement optimiste pour l'avenir puisque votre combat est reconnu et honoré ?
Je ne suis pas très optimiste, ni pour mes chères langues anciennes, ni pour la française d'ailleurs, ni pour les humanités en général et, pis, guère plus pour l'avenir de notre civilisation. S'il n'y a pas un sursaut, nous allons vers une catastrophe et nous entrons dans une ère de barbarie. Il y a un désintérêt et même un dédain pour la Raison et les Lumières.
Je ne suis pas historienne et les faits m'intéressent moins que les textes. Ce qui me passionne dans les textes grecs, c'est la rencontre avec la naissance de la pensée raisonnée, rationnelle, de la réflexion, c'est l'irruption de la lumière qui est apparue pour la première fois dans un monde encore confus et obscur. Toute la morale politique et la philosophie hellènes visent à la clarté et à l'universel. Et elles ont réussi, rien n'a vieilli, leurs préoccupations sont d'une telle actualité ! Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l'autre, c'est être capable de dialoguer, c'est le seul moyen d'endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialité. Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s'exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n'est pas suffisante pour être entendue, pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle. Et c'est ce qui menace d'engloutir notre idéal occidental et humaniste.
Il existe d'autres formes de pensée que littéraire, sans pour autant tomber dans la barbarie.
Sans doute, mais plus simplistes, qui assènent des vérités toutes faites, pauvres et sans nuances. Et qui risquent donc de déboucher sur une pensée appauvrie, squelettique. La pensée demande des correctifs, des nuances, de la subtilité, pas des dogmes tout faits issus des fast-foods de la réflexion. Ma chaire au Collège de France s'intitulait « La Grèce et la formation de la pensée morale et politique ». C'est cette construction que j'admire, qui a jeté les fondements de notre organisation et de notre pensée occidentale et que je ne peux accepter de voir rejetée et oubliée alors qu'elle n'a jamais été aussi nécessaire. Je connais des cas d'établissements scolaires où l'on ferme l'option grec faute de crédits, soi-disant, ou pour des raisons fallacieuses d'emploi du temps alors qu'il y a quinze ou vingt élèves inscrits. On craint sans doute que les élèves ne se forment un jugement trop acéré, qu'ils ne deviennent trop intelligents, qu'ils ne remettent en question la société telle qu'elle est... J'ai créé une association, Sauvegarde des enseignements littéraires, et tout récemment une autre qui est le prolongement de la première, Elan nouveau des citoyens. Elles visent à réveiller les valeurs de la démocratie et à les remettre au coeur du débat citoyen. Le titre d'un de mes derniers ouvrages est explicite : « Actualité de la démocratie athénienne ».
Vous craignez une guerre des civilisations ?
Ne simplifions pas, là encore. Je refuse de résumer, de schématiser les enjeux en termes politiciens qui seraient plein d'allusions anachroniques. Le danger de la démocratie, le seul, le vrai danger, c'est la démagogie. Ne tombons pas dedans. Dans mon « Alcibiade ou les dangers de l'ambition », j'analyse cet écueil. Rien n'a changé depuis le temps d'Alcibiade. Les mutations sont marginales, anecdotiques. Sauf que l'inculture a gagné du terrain. Je vais vous confier à ce propos la question que m'a posée une fois une élève d'hypokhâgne : « Madame, les langues mortes étaient-elles déjà mortes quand vous étiez jeune ? » Pas mal, non ?
L'âge ne vous a pas atteinte. Vous avez une forme, une fraîcheur, un dynamisme étonnants. Et toujours le même humour, la même aptitude au bonheur de vivre. Quel est votre secret de jouvence ?
La passion, pardi ! La passion de ce que je fais, de mon travail, de mes recherches, et puis l'amour, l'amour pour mon cher Thucydide. Quant à parler de fraîcheur, vous êtes très gentille, mais j'aurai 94 ans dans quelques semaines. Et je me sens plutôt défraîchie. La vieillesse est un terrible combat que l'on est sûr de perdre et que l'on s'obstine à mener. Tout se dégrade, se défait, pouah, affreux ! On peut avoir acquis des qualités de sagesse, de hauteur de vues, de courage moral, de stoïcisme (il faut bien se consoler avec des aspects positifs), mais on perd la vue, l'ouïe, la marche. Il n'y a pas de quoi se réjouir. Je reconnais cependant que j'ai toujours gardé mon humour et la capacité de rire des situations cocasses. Je vais vous conter une anecdote pourtant cruelle à laquelle j'ai repensé récemment et qui me fait rire comme au premier jour. Pendant la guerre, j'ai bénéficié si l'on peut dire du statut des juifs mis en place par le régime de Vichy, mon père étant juif. Entre autres gracieusetés, les juifs n'avaient plus droit à avoir un téléphone. Sitôt la Libération, il a été décidé par les autorités que les juifs à qui on avait coupé le téléphone seraient prioritaires pour récupérer leur ligne. Il faut dire qu'à l'époque il n'était pas facile de faire installer une ligne téléphonique, cela prenait des mois. Me voilà donc allant à la poste pour demander à récupérer ma ligne d'avant guerre. La préposée me reçoit et, plutôt sèche, me remballe : « Y a de l'attente. » Je lui explique que nous sommes prioritaires parce que juifs. Elle rétorque : « Vous êtes juifs ? Facile à dire, n'importe qui peut se vanter. Prouvez-le ! » Entendre ça en 1945, c'est génial, non ? Avec ma mère, nous en avons ri aux larmes. Soixante ans après, ça me fait encore rire. J'ai partagé toute ma vie beaucoup de fous rires avec ma mère. Nous étions totalement fusionnelles. Je pense que l'amour de ma mère, sa tendresse, sa gaieté m'ont donné une grande force
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© le point 25/01/07 - N°1793 - Page 84 - 1304 mots
p.5: Claude Mauriac "Aimer Balzac": "Il était une heure quand il commença de lire, il en était sept quand le jeune Paul se retrouva sur le trottoir, ayant achevé l'ouvrage entier."
Ce livre dans ma bibliothèque Babelio:
"Dans la rotonde aux éléphants, un jeune rhinocéros devint mon ami.
Il passait entre deux poutres de bois sa longue tête de monstre mal fait, pareille à un cap terminé par un phare, tandis que ses yeux, trop bas, avaient l'air de dégringoler dans sa mâchoire."
"Le Gaulois",23 mars 1881"
Extrait du texte que vous pouvez lire ici:
http://maupassant.free.fr/cadre.php?page=oeuvre
Un des extraits contenus dans mon agenda 2009 Maupassant de la Pochothèque(offert par Hachette) qui accompagne la parution des "Chroniques" de Guy de Maupassant.
Cf. ce livre(que je ne possède pas) dans ma bibliothèque Babelio:
http://www.babelio.com/livres/Guy-de-Maupassant-Chroniques/84623
À sa qualité sublime, s'ajoute une histoire plus dramatique. Celle, comme pour beaucoup d'autres œuvres de l'artiste, d'une longue restitution. Après de longues tractations, un «accord», précise Philip Hook de Sotheby's Londres, a pu enfin être trouvé entre l'héritier de la famille de Viktor et Paula Zuckerkandl, qui avaient acquis à l'époque ce tableau directement de Klimt, et le propriétaire actuel «ayant acheté de toute bonne foi» cette toile vue depuis 1947 dans deux galeries en Autriche et réapparue en 1962 lors d'une exposition commémorant le centenaire de Gustav Klimt en Autriche.
La provenance Zuckerkandl fait rêver. Ce couple très introduit dans la haute société culturelle viennoise était ami d'Arthur Schnitzler, de Gustav Mahler et d'amateurs bien connus, comme Adele Bloch-Bauer peinte à maintes reprises par Klimt. Grands collectionneurs de Klimt, Viktor et Paula furent aussi mécènes de Josef Hoffmann, auquel ils commandèrent le Sanatorium Purkersdorf, un chef-d'œuvre de la Sécession. Sans enfants, à leur mort en 1927, la collection passa à la sœur Amalie Redlich qui fut déportée avec sa sœur Mathilde Jorish, à Lodz, en 1941.
Après l'Anchluss, en 1938, Amalie avait pourtant négocié avec une société de transport maritime de mettre la toile à l'abri. Quand son gendre ouvrit le conteneur, celui-ci était vide. La toile s'était volatilisée depuis 1947.
C'est donc aujourd'hui Georges Jorish, 81 ans, vivant à Montréal, héritier d'Amalie, sa grand-mère, et de Mathilde, qui a demandé la restitution de cette toile très convoitée demain chez Sotheby's. Les Klimt sont rares. Le dernier record pour un paysage remonte à 2006, chez Christie's à New York, avec une Forêt de bouleaux de 1903 adjugée 40,3 millions de dollars. En 2003, Sotheby's avait vendu une Maison sur le lac d'Attersee, paysage de 1914 très similaire à celui vendu demain pour 29 millions de dollars. Les portraits cotent évidemment beaucoup plus cher : 87,9 millions de dollars pour le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer II (1912) chez Christie's en 2006 provenant de la collection Altmann. L e même portrait (numéro I) a été acheté 135 millions de dollars, de gré à gré, par Ronald Lauder, pour son musée privé, la Neue Galerie, à New York.
Klimt est la star parmi d'autres pièces phares chez Sotheby's, comme Giacometti, L'homme qui marche I, fonte de chez Susse, 1961, du vivant de l'artiste (12 à 18 millions de livres) ou Cézanne, Pichets et fruits sur une table (10 à 15 millions). Très attendue aussi, ce soir, chez Christie's : une Espagnole (1916) de Goncharova, provenant d'une collection particulière suisse et jamais vue sur le marché (4 à 6 millions de livres).
Apollinaire, lui-même dessinateur et peintre à ses heures, fut l'ami, l'allié militant des artistes qui vont révolutionner l'art moderne à la veille de la Grande Guerre. Ses frères sont Derain, Picasso, Braque, Delaunay… Un bataillon de génies. Et c'est la correspondance que le poète entretient avec eux jusqu'à sa mort qui vient d'être éditée. Laurence Campa et Peter Read ont fourni un travail minutieux, nourri de notices biographiques et de commentaires éclairants qui restituent toute l'atmosphère et les enjeux esthétiques d'une époque.
Bien sûr, les lettres phares émergent d'une foule de billets de circonstance. Cela va de : « Chez Luce la botte de navets coûte 1 f 20 » jusqu'à des textes qui constituent de véritables manifestes cubistes, futuristes, simultanéistes. La grande ombre héroïque et macabre de la guerre plane sur cette poussière d'invitations à dîner, de calculs, de protestations d'amitié, de sollicitations, de commandes, de tractations. Le versant matériel double le versant spirituel. La vie d'artiste.
Les lettres du front que s'envoient Derain, Braque et Apollinaire sont bouleversantes. Apollinaire écrit : « Je vis complètement avec mes hommes, braves ouvriers des régions envahies », « j'attends le grog à la gnole qui nous réchauffe dans les tranchées », « l'ombre est douce sur la neige ». C'est, avec Rimbaud et Hugo, le plus grand poète français. Il est en première ligne sous les obus. Et Derain lui répond que ses amis meurent autour de lui. Apollinaire partage la même intimité terrible avec Braque. Quelques kilomètres de front les séparent. Tous deux viennent d'enterrer l'impressionnisme au profit du cubisme. Apollinaire a rédigé la préface du catalogue de la première exposition du peintre organisée par Kahnweiler. Le soldat Braque écrit au poète : « Mon cher ami, je vous serre fraternellement les mains dans les tranchées. Vive la France. » Quelle noblesse !
Dans un style plus familier, la correspondance avec le dessinateur André Rouveyre est une merveille d'amitié spontanée. Les deux hommes échangent lettres, dessins, foule de poèmes. Les chefs-d'œuvre croisent la trajectoire des balles. Autre longue missive magnifique des tranchées qu'Apollinaire adresse au peintre Alberto Magnelli. C'est un écho des sublimes lettres à Lou. Cette alchimie inouïe d'Éros et de tuerie.
Avant Lou et la guerre, il y a eu la passion pour Marie Laurencin. Il écrivait : «Je baise vos mains habiles.» Elle répondait : «Aime ta zozo, ta petite fille, ta môme.» C'étaient des galanteries de temps de paix… Bien sûr, des bisbilles éclatent entre le poète et ses peintres. Le Douanier Rousseau entreprend un double portrait de Marie et de Guillaume, mais il ne peut plus payer le marchand de couleurs. Apollinaire lui déclare que l'idée du tableau n'est pas venue de lui et qu'il n'a pas d'argent ! On n'est pas grandiose tout le temps ! Fernand Léger envoie à Apollinaire une requête pour figurer au niveau de Delaunay dans ses Méditations esthétiques, car le poète est aussi le critique d'art influent de L'Intransigeant. Les chapelles se chamaillent sur la pertinence des qualificatifs de « cubiste », de « futuriste » attribués à tel ou tel. Chirico, moins susceptible, écrit au poète une lettre très belle sur la nuit qui semble le résumé de ses tableaux magnétiques et surnaturels : « Et chaque nuit le rêve, à l'heure la plus profonde du repos, nous montre le passé égal au futur, le souvenir se mêlant à la prophétie en un hymen mystérieux. » Voilà la grande beauté retrouvée.
«CORRESPONDANCE AVEC LES ARTISTES (1903-1918)» de Guillaume Apollinaire, édition établie, présentée et annotée par Laurence Campa et Peter Read, Gallimard, 960 p., 35 €.
"L'homme qui meurt est un astre couchant qui se lève plus radieux dans un autre firmament." (Goethe)
Photo perso dans la salle attenante au palais lui-même avec des explications et la citation ci-dessus
Cf. aussi ma bibliothèque Babelio:
http://www.babelio.com/livres/Bonifay-Le-Palais-ideal-du-facteur-Cheval--Reves-de-pierr/130409
Sur Goethe, allez-voir la catégorie à ce nom dans la partie "Ceux que j'aime" et ma bibliothèque Babelio:
http://www.babelio.com/livres/Johann-Wolfgang-von-Goethe-Elegie-de-Marienbad-et-autres-poemes/90584
George Sand, extrait des « Maîtres sonneurs »(quatrième veillée), roman paru en 1853. Joset est un garçon étrange. Son secret est qu’il a réussi à faire une flûte de roseau, et qu’il invente de la musique. Son ami Tiennet, après l’avoir écouté, s’écrie : « Où diantre prends-tu tout ça !à quoi ça peut servir, et qu’est-ce que tu veux signifier par là ? » Joset interroge Brulette. Quatrième veillée Mais à quoi est-ce que tu as pensé, pendant ma flûterie ? dit Joseph en la fixant beaucoup.
—À tant de choses, que je ne saurais point t'en rendre compte, répliqua Brulette.
—Mais enfin, dis-en une, reprit-il sur un ton qui signifiait de l'impatience et du commandement.
—Je n'ai pensé à rien, dit Brulette ; mais j'ai eu mille ressouvenances du temps passé. Il ne me semblait point te voir flûter, encore que je t'ouïsse bien clairement ; mais tu me paraissais comme dans l'âge où nous demeurions ensemble, et je me sentais comme portée avec toi par un grand vent qui nous promenait tantôt sur les blés mûrs, tantôt sur des herbes folles, tantôt sur les eaux courantes ; et je voyais des prés, des bois, des fontaines, des pleins champs de fleurs et des pleins ciels d'oiseaux qui passaient dans les nuées. J'ai vu aussi, dans ma songerie, ta mère et mon grand-père assis devant le feu, et causant de choses que je n'entendais point, tandis que je te voyais à genoux dans un coin, disant ta prière, et que je me sentais comme endormie dans mon petit lit. J'ai vu encore la terre couverte de neige, et des saulnées[1] remplies d'alouettes, et puis des nuits remplies d'étoiles filantes, et nous les regardions, assis tous deux sur un tertre, pendant que nos bêtes faisaient le petit bruit de tondre l'herbe ; enfin, j'ai vu tant de rêves que c'est déjà embrouillé dans ma tête ; et si ça m'a donné l'envie de pleurer, ce n'est point par chagrin, mais par une secousse de mes esprits que je ne veux point t'expliquer du tout.
—C'est bien ! dit Joset. Ce que j'ai songé, ce que j'ai vu en flûtant, tu l'as vu aussi ! Merci, Brulette ! Par toi, je sais que je ne suis point fou et qu'il y a une vérité dans ce qu'on entend comme dans ce qu'on voit. Oui, oui ! fit-il encore en se promenant dans la chambre à grandes enjambées et en élevant sa flûte au-dessus de sa tête ; ça parle, ce méchant bout de roseau ; ça dit ce qu'on pense ; ça montre comme avec les yeux ; ça raconte comme avec les mots ; ça aime comme avec le cœur ; ça vit, ça existe !
Pour lire l'intégralité des "Maîtres sonneurs":
http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre11585-chapitre52211.html
[1] Des ficelles à prendre les alouettes
MON COMMENTAIRE (13/20) en DEUG de Lettres modernes
Je le supprime car ces travaux attirent les copieurs.