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  • Catégories : Paysages

    Ils ont parlé de la nouvelle édition de mon recueil de poèmes

    853e3b5fcfdb4b84c608100df1e7d6dc.jpgComme de la toute première (auto-) édition d'ailleurs:

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Elisabeth dans son blog de passions:

    http://boulevarddesresistants.hautetfort.com/archive/2007/06/29/recueil-de-poesie-paysages.html#comments

    Yann dans son blog de "poésie érotique:

    http://poesie-erotique.typepad.com/le_blog_de_posieerotique/2007/06/livre-paysages-.html#comments

    Je les remercie vivement.

    Je vous rappelle que mon recueil de poésies est en vente sur le site d'Ambroise:

    http://www.e-monsite.com/ecritureenvrac/rubrique-1082657.html

    f770edff1343e2740a472dc4719d7525.jpgMon mémoire de maîtrise lui est toujours en vente sur Lulu:

    http://stores.lulu.com/store.php?fAcctID=617288

     

     

  • Catégories : Baudelaire Charles, Des évènements, La littérature

    Des lettres et des chiffres

    V. D..  Publié le 29 juin 2007

    Actualisé le 29 juin 2007 : 10h35

    1- Les Fleurs du mal, 1857, envoi de Baudelaire à Delacroix, record à 603 200 € pour une édition originale de littérature française.

      2- Julie ou La Nouvelle Héloïse, manuscrit de J.-J. Rousseau (110 pages), 1760-1762, adjugé 384 000 € au téléphone.

      3- Du côté de chez Swann, Proust, 1913, un des 5 sur japon acheté 336 000 € par un Européen.

      4- Lettre sur la mort de Pauline de Beaumont, 1803, Chateaubriand, 324 000 € à la table d'experts.

      5- Amoenitates Belgicae, 1864-1866, violent manuscrit de Baudelaire contre les Belges,

      240 000 € à la table d'experts.

      6- Les Paradis artificiels, 1860, Baudelaire, exemplaire de Maxime Du Camp sur chine, 198 000 €.

      7- À l'ombre des jeunes filles en fleurs, Proust, 1920, exemplaire de sa fidèle Céleste, 192 000 €.

     



    Source:http://www.lefigaro.fr/culture/20070629.FIG000000195_des_lettres_et_des_chiffres.html

  • Catégories : Baudelaire Charles, Des évènements

    Baudelaire en solitaire dans le cercle des poètes disparus

    VALÉRIE DUPONCHELLE.  Publié le 29 juin 2007

    Actualisé le 29 juin 2007 : 10h36

    Sotheby's France a vendu sans fièvre, mercredi soir, la collection Pierre Leroy.   LES CAMÉRAS de Public Sénat et de La Chaîne Parlementaire campaient en intruses au fond de la salle des ventes de Sotheby's, là où les bibliophiles, race discrète, aiment suivre les enchères d'un oeil faussement négligent. Dès 19 heures mercredi soir, la Galerie Charpentier a vu débarquer une foule de curieux alléchés par cette vente médiatique qui célébrait Baudelaire et les 150 ans de la publication de ses Fleurs du mal au lourd parfum littéraire (Le Figaro Patrimoine du 1er juin). Même Le Canard enchaîné avait parlé à sa façon moqueuse de la Collection Pierre Leroy, fustigeant au passage ce pilier du groupe Lagardère.

      « Un million de touristes, mais pas un million d'acheteurs ! », résumait férocement un expert parisien, « assez satisfait que le monde des livres reste fermé aux stricts amateurs, c'est-à-dire aux antipodes de l'art contemporain et de son marché de masse ». Quelques acteurs seulement ont donc mené la danse mercredi soir chez Sotheby's qui doit beaucoup de ses résultats aux libraires de toujours et à leurs clients fidèles (presque 5 Meur, au-delà de l'estimation, soit 90,9 % des 100 lots vendus et 98,7 % en valeur).

      Réunion d'une vieille famille

      Las, dirait le poëte du XIXe, l'ambiance n'était pas si festive dans cette vente qui ressemblait plus à la réunion d'une vieille famille, où les sentiments se disent à mots couverts, qu'au triomphe escompté pour ce grand anniversaire de la littérature française. Déployant sans compter son énergie, le libraire parisien Jean-Claude Vrain - qui faisait là office d'expert indépendant pour Sotheby's - a défendu chaque lot bec et ongles. Expliquant pourquoi la lettre du jeune Charles à son demi-frère Alphonse était précieuse (10 000 eur au marteau, à la table d'experts). Soulignant que le portrait du poète enfant par Legros d'après Courbet était le seul peint de son vivant (40 000 eur marteau, à la table d'experts). Emportant à 168 000 eur contre un téléphone Le Vin des Chiffonniers, poème des Fleurs du mal offert par Baudelaire à Honoré Daumier, pour « un des huit collectionneurs - six Français, un Anglais et un Suisse - qui lui avaient laissé des ordres ». Le succès de la vente Leroy doit beaucoup à la cascade d'enchères faites par son intermédiaire sous le même panneau 105.

      Seuls les grands lots ont suscité une fièvre palpable, digne des ventes Jacques Guérin ou Jaime Ortiz-Patiño, le reste tombant vite dans l'atonie qui menace le cercle des poètes disparus (35 000 eur marteau pour les 18 lettres de Baudelaire à l'éditeur Eugène Crepet, toujours à la table d'experts). Ainsi, Les Fleurs du mal avec envoi du poète « en témoignage d'une éternelle admiration » à Delacroix, déjà vedette de la vente Guérin en 1985 à Drouot et de la vente Ortiz-Patiño en 1998 chez Sotheby's à Londres (140 000 £). « Un grand livre doit faire cher. Cet exemplaire aurait pu faire plus, doubler son estimation haute et dépasser les 700 000 eur», estimait hier un expert indépendant de la vente.

      Dans ce petit comité d'amateurs que sont les bibliophiles, le marketing semble une arme vaine, comme le maquillage de studio pour une jeune fille. Seule compte la valeur soupesée d'un livre, d'un texte, d'un envoi, d'un exemplaire. Gardant tout son calme, un grand collectionneur genevois a emporté discrètement la lettre émouvante de Caroline Aupick prenant la défense des Jean-Claude Vrain et de son cher fils (48 000 eur marteau). La poésie est un plaisir solitaire.

    Source de cet article:http://www.lefigaro.fr/culture/20070629.FIG000000194_baudelaire_en_solitaire_dans_le_cercle_des_poetes_disparus.html

     

     

  • Catégories : Des évènements, La littérature

    Rentrée littéraire: 727 romans!

    Parution fin août du dernier Olivier Adam :"A l'abri de rien" (éditions de l'Olivier)

    ed734e79a2fd8e9c0ee70d6317051fdd.jpgRecord battu !"Livres Hebdo" annonce d'août à octobre une avalanche de livres : 493 romans français, 234 étrangers

    L'inflation continue, avec 44 livres de  plus qu'en 2006 (683) et un tiers de plus qu'il y a 10 ans (488 en 1998).

    Elle concerne aussi bien les romans français (+18) qu'étrangers  (+26), malgré les débats récurrents sur le "trop plein" de la rentrée, qui  condamne nombre de livres à ne jamais rencontrer leur lectorat.

    Une déferlante que plusieurs grandes maisons d'édition tentent d'endiguer en  réduisant leur production romanesque. Grasset ne publiera ainsi que 9 romans pour la rentrée, contre 15 l'an dernier. Le Seuil passe de 12 à 9, Actes Sud de 17 à 13 et Denoël en publie 6 au lieu de 10. Seuls Fayard, avec 21 titres (contre 16), et Gallimard (grand gagnant des prix littéraires l'an dernier avec le Goncourt décerné aux "Bienveillantes" de Jonathan Littel), avec 19 titres au lieu de 17, accroissent leur offre.

    Côté français, Frédéric Beigbeder a devancé l'appel en publiant dès juin "Au  secours, pardon" (Grasset), la suite de "99 Francs" (Octave, le héros, est devenu "talent scout" -chasseur de mannequins - à Moscou). Beigbeder relance ainsi un autre débat récurrent : ne vaut-il pas mieux publier des best-sellers potentiels avant les vacances d'été, moment propice à la lecture ?

    Du côté des médias
    Parmi les livres qui devraient faire parler d'eux : le récit de Yasmina Reza, qui a suivi pendant un an la campagne de Nicolas Sarkozy ("L'aube, le soir ou la nuit", chez Flammarion) ou encore le roman annuel d'Amélie Nothomb qui publie chez Albin Michel, avec sa régularité de métronome, son dernier ouvrage ("Ni d'Eve, ni d'Adam").

    Du côté de la littérature
    246f65f91acf155bcab1910fb10ea638.jpg

    On se réjouit personnellement de l'alléchant programme des éditions de l'Olivier : livraison du prochain Olivier Adam ("A l'abri de rien"), d'une fiction signée Natacha Appanah, "Le dernier frère", qui s'inscrit dans le cadre de l'île Maurice, en 1940, et s'annonce bouleversante, et parution du premier roman d'une normalienne, Jakuta Alikavazovic, ("Corps volatils").

    Signalons aussi aux connaisseurs, chez Actes Sud,  un roman de l'érudite et subtile Claude Pujade-Renaud sur le jansénisme, "Le désert de la grâce", et, chez Stock, la parution du dernier Philippe  Claudel. 

    Au rayon étranger : traduction en français de la biographie romancée d'Hitler par Norman  Mailer ("Un château en forêt",  Plon), Colum McCann ("Zoli", Belfond), la fracassante autobiographie de Günter Grass où il dévoile sa jeunesse nazie ("Pelure d'oignon", Le  Seuil) ou un inédit de Philip K. Dick ("Les voix de l'asphalte", Cherche Midi). Sans oublier, aux éditions de l'Olivier, l'Américain Jonathan Franzen ("La zone d'inconfort") ou Michael Ondaatje ("Divisadero").

    Cinq premiers romans
    de plus qu'en 2006 sont programmés. Avec, pour le plus  jeune, un romancier de 15 ans, Boris Bergmann ("Viens là que je te tue ma  belle", Scali) et un débutant de 93 ans, Paul Lomami Tchibamba ("Ah!, Mbongo",  L'Harmattan).

    Publié le 29/06 à 15:28

    Source de cet article:http://cultureetloisirs.france3.fr/livres/actu/32399044-fr.php

  • Catégories : Paysages

    NOUVELLE EDITION DE MON RECUEIL DE POEMES

    f870529ba03870992486fdc17d6d7f6c.jpgIl y a quelques mois, je me suis lancé dans l'aventure de l'autoédition.

    Aujourd'hui, grâce à Ambroise(, je vous présente une nouvelle édition avec une nouvelle couverture (photo de la lagune de Oualidia au Maroc), un nouveau format, une nouvelle mise en page mais les poèmes sont toujours les mêmes.

    Je remercie tous ceux qui ont commandé mon recueil sur Lulu.

    Il  est maintenant en vente sur le site d'Ambroise:

     http://www.e-monsite.com/ecritureenvrac/rubrique-1082657.html

     

    Par contre, mon mémoire de maîtrise est toujours en vente sur Lulu:

     

    http://stores.lulu.com/store.php?fAcctID=617288 (lien à gauche sur ce blog)

     

    Pour en savoir plus sur mon recueil de poèmes, cf.

     

    http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2007/03/05/je-me-suis-lancee.html#comments

     

    Pour en savoir plus sur mon mémoire de maîtrise, cf.

     

     http://www.lauravanel-coytte.com/archive/2007/06/13/le-paysage-dans-les-oeuvres-poetiques-de-baudelaire-et-nerv.html#comments

  • Catégories : Barbey d'Aurevilly Jules

    Littérature, Jules Barbey d'Aurevilly:Les épées sont sorties

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    ÉTIENNE DE MONTETY.
     Publié le 31 mai 2007
    Actualisé le 31 mai 2007 : 11h11

    Jules Barbey d'Aurevilly - Le portrait des académiciens de son temps fut l'occasion pour le polémiste de régler son compte à la société littéraire.

    C'EST l'exercice le plus convenu depuis la création de l'Académie française : railler son principe et sa composition. On se souvient des mots cruels de Cyrano sur les Immortels de son temps : « Porcheres, Colomby, Bourzeys, Bourdon, Arbaud.../Tous ces noms dont pas un ne mourra, que c'est beau ! » Et Clemenceau et Bernanos de se joindre au choeur des moqueurs. De leur côté, les quarante peuvent exciper de la présence parmi eux de Corneille, Buffon, Montesquieu, Tocqueville, Bergson, Dumézil, Louis de Broglie. Alors ? Au moment de son élection, Cocteau, funambule qui avait décidé de s'asseoir, se justifiait ainsi : « Être académicien et décoré de la Légion d'honneur ôte à mon allure libre tout air conventionnel de révolte. » Académicien mais pas académique, la porte est décidément étroite.
    Dans ces méandres byzantins, où se situe Barbey d'Aurevilly ? On s'en doute. Le connétable porte l'épée à toute heure du jour et de la nuit. Il n'a nul besoin de fréquenter les bicornes du Quai de Conti pour se sentir coiffé. En 1863, dans Le Nain jaune, journal créé par des journalistes du Figaro en rupture de ban, l'écrivain se lance à l'assaut de l'ancien collège des Quatre-Nations. Personne ne l'avait prévenu que la voie lui était ouverte. À moins qu'il n'ait préféré par tempérament l'escalade des hauts murs. Pour le beau geste. Une façon aussi de faire son intéressant.
    Contempteur de l'Académie, Barbey ne mâche pas ses mots. Les quarante assiégés sont passés au fil de l'épée pour faits de collaboration. Collaboration avec quoi ? La médiocrité, la vanité, la mondanité, on en passe. Feu sur Vitet, Mignet, Legouvé, feu sur Cousin, Dupin, Patin, Villemain. Et Rémusat : « M. de Rémusat est un des ministres sans emploi, interné à l'Académie, cette Salpêtrière de ministres tombés et de parlementaires invalides dont l'orléanisme est incurable. » Barbey gagne à tous les coups, mais en s'étonnant qu'un homme de cette trempe s'abaisse à choisir si piteuses cibles.
    C'est quand il s'attaque aux grandes figures des lieux que l'exercice prend de la consistance. Enfin des sujets à sa mesure. Il excelle alors : « Comme il y a en littérature des questions d'honneur autant que partout, quelle réponse fera l'histoire littéraire de l'avenir à la question de savoir pourquoi M. Victor Hugo a sollicité d'être académicien ? (...) Est-ce l'amour du costume, de ce costume qu'avait porté le Grand Empereur ? » Même sort pour Mérimée que l'auteur admire et dont la présence sous la Coupole le déconcerte : « M. Mérimée a le mépris le plus honorable pour tout ce qui est vulgaire, mais c'est un mépris gouverné qui ne l'a pas empêché d'entrer dans une compagnie où les grands talents, par le fait qu'ils y sont, y sont déplacés. » La mansuétude n'est pas son fort. À peine s'applique-t-elle aux poètes. De Lamartine au milieu des quarante, il écrit : « Il y fait une énorme tache de lumière » ; et à la disparition de Vigny : « M. de Vigny est mort hier. On s'étonnait qu'il fût de l'Académie française où, par parenthèse, un Villemain ou un Saint-Marc Girardin, des professeurs ! avaient plus d'influence que lui. »

    Au nom du malheureux Baudelaire
    Comment lire aujourd'hui ces savoureux médaillons dont l'acrimonie a toutefois quelque chose de décourageant ? Avec le plaisir de côtoyer un écrivain à la plume vigoureuse, chargeant avec bonne humeur, renversant les chaises, les vases et les bibelots. Avec humilité aussi. Car enfin ricaner en 2007 de la présence d'un Laprade, d'un Falloux d'un Nisard, d'un Sandeau, est-ce accabler l'Académie pour son manque de clairvoyance ou afficher son inculture, son ignorance des mérites possibles de ces hommes en leur temps ?
    D'ailleurs, l'Académie française doit-elle être un concentré de génies ou une photographie de la France ? Et peut-on éternellement, au nom du malheureux Baudelaire, dédaigner un aréopage qui accueillit Vigny, Hugo, Lamartine, Mérimée, mais aussi Guizot ou Sainte-Beuve ?
  • Catégories : Les polars

    Polar à lire:Le massacre du printemps

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    ASTRID ELIARD.
     Publié le 24 mai 2007
    Actualisé le 24 mai 2007 : 11h31

    Dominique Sylvain - Ce n'est pas la belle saison qui fait tomber les morts comme des mouches. La stripteaseuse mélancolique et l'ex-commissaire hédoniste qui mènent l'enquête en sont bien convaincues...

    NOIR est la couleur du polar. Chez Dominique Sylvain, c'est plutôt un vert gazon qui fleure la rosée et que piétinent gracieusement des poules d'eau. L'Absence de l'ogre, son nouveau roman, commence avec le printemps, sur une pelouse du parc Montsouris. Jusqu'ici tout va bien, les oiseaux chantent, les bourgeons frétillent et le chef jardinier tempête contre ses ouvriers qui se tournent les pouces. Mais voilà qu'à deux pas du grand Kennedy (les arbres portent des noms de présidents), le cadavre d'une jeune fille asphyxiée gâche le concert de la saison nouvelle. C'est Lou Necker, la chanteuse gothique des Vampirellas. Le commissaire Duguin et sa suite soupçonnent d'emblée Brad Arceneaux, un Américain de La Nouvelle-Orléans, jardinier aux mains d'or et à la stature de colosse, dont la désertion, ce matin de crime, signerait l'aveu.
    Mademoiselle Diesel ne l'en­tend pas de cette oreille. Ingrid - les lecteurs fidèles de Dominique Sylvain la connaissent déjà - est stripteaseuse au Calypso. Ses jambes graciles ont arpenté les enquêtes de Passage du Désir, des Filles du Samouraï et de Manta Corridor. Améri­caine, elle parle un français à la Jean Seberg. Ses barbarismes sont des trouvailles, et ses « ça se dit ? » qu'elle dégaine à chaque phrase, désarmants. À La Nou­velle-Orléans, quinze ans avant le meurtre de Lou Necker, Brad Arceneaux avait sauvé la vie d'Ingrid. Impossible donc, qu'il l'ait retirée à qui que ce soit. Pour sortir la stripteaseuse de son cafard, Lola Jost, une ex-commissaire rondouillarde qui aime le bon vin, saint Augustin et les jolis garçons, mène l'enquête en vue d'innocenter Brad. Les deux ­femmes quadrillent les lieux du crime, interrogent les témoins, leur graissent la patte si besoin. Résultat : elles ont une belle ­longueur d'avance sur la police. Il n'en faut pas plus pour excéder le commissaire Duguin, qui a perdu de sa célérité depuis qu'il a vu Ingrid s'effeuiller au Calypso.
    Un gang de jardiniers
    Les morts - qui tombent comme des mouches depuis la disparition de Lou - ont mal choisi leur saison. Difficile de les traquer quand le printemps et « la puissance du regain » n'incitent qu'à l'ivresse et la jouissance. Il faut pourtant ­raison garder pour démêler des enquêtes gigognes, d'où surgissent un promoteur mafieux et son acolyte blonde platine, une bonne soeur, un mécène poussiéreux, des artistes louches, un gang de jardiniers qui électrifient les parcs parisiens pour coincer un meurtrier volatil. Le titre de ce roman, L'Absence de l'ogre, qui est tiré d'un aphorisme d'Alphonse Allais en dit long sur Dominique Sylvain. Elle n'aime rien tant que subvertir le polar pour en faire une explosion ­végétale, un jeu de piste truffé de citations et des jeux de mots de Lola, d'autant plus jubilatoires qu'Ingrid les comprend toujours avec un temps de retard. Dominique Sylvain navigue avec aisance dans les méandres du franglais. Elle en sort des petites merveilles de poésie et d'humour. Saluons aussi ses dialogues millimétrés, vigoureux et gouailleurs, qui mériteraient l'anthologie.
  • Catégories : L'art, Le Maroc:vie et travail

    Une galerie et un artiste:Thema Arts et Youssef Douieb

    THEMA ARTS, galerie d’art au cœur de Casablanca, est née de l’amour et de la passion pour l’art sous toutes ses formes.

    Elle se veut un espace de rencontre des épris de la création, de l’inventivité et de l’audace artistique.

     

    Peintres et peinture exposés

    Thema Arts ne privilégie aucun style ni courant en particulier.  Le moderne côtoie le classique, l’abstrait le figuratif..ETC.

     

    Seule l’originalité, la qualité et l’audace du travail de l’artiste compte.

     

    On retrouve ainsi des peintres de renom tels que H.EL GALOUI, RABIE, SALADI, Fatima HASSAN, BELLAMINE, BALILI, GBOURI, ZINE, DRISSI, Miloud LABIED, MEKI MEGARA, AIT YOUSSEF Saïd mais également des artistes novateurs et au talent confirmé tels que SAHABA, NADIF, DOUIEB, HOUSBANE, BELYASMINE...ETC

    Pour voir certaines des oeuvres exposées et notamment celles de Youssef Douieb qui s'occupe de cette galerie:http://www.thema.ma/index.htm

  • Catégories : Les polars

    Polar à lire

    1c95039871a5bf4fb22ff3d872e5f6ca.gifpar Annick Colonna-Césari

     La célèbre tapisserie de Bayeux est au cœur d'une réjouissante énigme policière signée Adrien Goetz.

    Que sont devenus les trois derniers mètres de la célèbre tapisserie de Bayeux, racontant la conquête, en 1066, de l'Angleterre par les Normands? Et surtout, que représentaient-ils? C'est à ce mystère, jamais élucidé, que s'attelle, bien involontairement, la jeune Pénélope Breuil, 29 ans, au prénom prédestiné. A peine nommée conservatrice adjointe au musée de Bayeux (à sa grande déception), cette égyptologue de formation se retrouve en effet embarquée dans l'énigme. Car Solange Fulgence, sa chef, au seuil de la retraite, est victime d'une tentative d'assassinat, juste avant la mise aux enchères, à Drouot, de fragments de la fameuse tapisserie...

    Ainsi démarre, sur les chapeaux de roue, cette Intrigue à l'anglaise. Signée Adrien Goetz, historien d'art et romancier (il a reçu le prix Roger-Nimier et le prix des Deux-Magots en 2004, pour La Dormeuse de Naples), cette comédie policière mêle, avec humour, art et politique, réalité avérée et fiction délirante. Transformée en détective, «Péné», comme l'appelle son petit ami, Wandrille, journaliste dandy, se pique au jeu. De fil en aiguille, elle déroule une trame millénaire qui, démarrant sous Guillaume le Conquérant, s'achève en 1997, dans le tunnel de l'Alma, où Diana, princesse de Galles, périt au côté de Dodi El-Fayed. En démêlant l'écheveau, elle croise également Vivant Denon, le duc et la duchesse de Windsor, Himmler, ainsi que quelques autres personnages fort peu recommandables. Les péripéties de cette intrigue s'enchaînent à un rythme trépidant. Car Adrien Goetz sait jouer avec maestria des effets de suspense et des rebondissements. Sa plume érudite et légère est un ravissement de tous les instants.

    Intrigue à l'anglaise
    Adrien Goetz

    éd. Grasset
    338 pages
    18 €
    118,07 FF

    Source:http://livres.lexpress.fr/critique.asp/idC=12800/idR=9/idG=3

  • Catégories : La peinture, Le Maroc:vie et travail

    Peintre marocain vu dans une galerie:Hassan Barrak

    3b7c27c9fac1dffb870d5a97ed29cbfc.jpg-L'oeuvre de Hassan Barrak est un jeu de contrastes,couleurs,valeurs,lumière,matière.
    Hassan Barrak ne copie pas la nature et les ruelles,il s'en inspire pour la recomposer selon des versions personnels,déstructurant le détails pour les réduires à des taches,de couleur et de matière.

    Hassan Barrak: artiste/peintre Marocain. Né le: 04 Juin 1957 à Ksar El Kébir (ville au nord du Maroc).Professeur d'Arts Plastiques.

    - Expositions:
    *************
    -1985: Galerie Chambre de Commerce
    Kénitra.
    -1986: Semaine Culturelle / Rabat.
    -1987: Hotel Safir/ Kénitra.
    -1995: Galerie Espace Wafa Bank /
    Casabalanca.
    -1996: 2ème Printemps Des Arts Plastiques / Agadir.
    -1998: Prix Lorca organisé par l'embassade d'Espagne / Larrache.
    -1999: Galerie La Découverte / Rabat.
    -2000: Prix Lorca organisé par l'embassade d'Espagne / Ksar El Kébir.
    -2005: 1er Salon National contemporain. Casablanca

    CET ARTICLE ET CETTE ILLUSTRATION SONT TIREES DU SITE DU PEINTRE:http://site.voila.fr.hassan.site.voila.fr/

    J'ai découvert cet artiste, il y a peu à la galerie Nadar de Casablanca.

     

  • Catégories : L'art, Le Maroc:vie et travail

    Artiste marocain découvert dans une galerie:Bachir Amal

    c14a4aba8988b7992ffa3116267eb86e.jpg

    Né en 1954 à Oued Zem, Maroc
    Vit et travaille à Casablanca, Maroc

    Vice secrétaire général de l'association village des Ateliers D'artistes.
    Président de l’association « FEN’ART » des Plasticiens Enseignants

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    PRINCIPALES EXPOSITIONS

    1986 Salle Municipale des fêtes - Rabat
    1988 C.C.F - Casablanca
    1989 Galerie Harmonia à la Galerie Ben Omar – Casablanca
    Chorfi Art Gallery – Casablanca
     "la première rencontre de la jeune peintre marocaine "
     Fondation Wafabank – Casablanca
    1990 " Exposition El Beida" au Centre Culturel Maârif – Casablanca
     "Rencontre 90" au Centre Culturel de Sidi Otmane – Casablanca
     "la peinture contemporaine marocaine " ,
     Fondation Wafabank – Casablanca et Marrakech
    1991 " la deuxième rencontre de la jeune peinture marocaine "
     Fondation Wafabank – Casablanca, Rabat, Fès et Oujda . (lauréat du 1er prix)
    "Journées Internationales de Bergheim " , Bergheim- Allemagne
    Chorfi Art Gallery – Casablanca
    1992 " la jeune peinture marocaine ", Galerie Bab Rouah – Rabat
     "la jeune peinture marocaine ", festival D’Asilah ; Asilah
    1993 " Echanges méditerranéens " , Université d’été - Casablanca / Lyon.
    1994 " Partisans de la lumière " , Chorfi Art Gallery – Casablanca
    1995 Palais des Glaces, Cologne – Allemagne
    " Plasticiens du Maroc ", Palais des Congrès – Marrakech
    1996 Semaine du Maroc à Istambul - Turquie
     Peinture Murale au festival d’Asilah - Asilah
    "De la calligraphie au signe " à la galerie Actua - Casablanca
    "Arabesques " , Chorfi Art Gallery – Casablanca
    1997 " Petits formats ", Chorfi Art Gallery – Casablanca
    1998 " Rencontre ", au complexe Al Amal – Casablanca
     "Peintres graphistes " , à l’Ecole Art’Com – Casablanca
    1999 " Ten Artists From Morocco" - Sharjah Art Museum - E.A.U.
    4 ème Biennale de Sharjah- Sharjah Art Museum - E.A.U.
    2000 "Partage " à la galerie Bab Rouah – Rabat
    2001 Exposition de l’association " Fen ’Art " à la galerie Bab Doukkala - Marrakech
    5 ème biemnale de Sharjah - Sharjah Art Museum - E.A.U.
    2002 : 1er Festival des arts plastiques de Settat, Maroc
                 Galerie 104 El jadida Maroc

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    SOURCE DE CET ARTICLE ET DE CES IMAGES:http://www.minculture.gov.ma/fr/arbachir.htm

    J'ai découvert cet artiste, il y a peu, à la galerie Nadar de Casablanca.

  • Catégories : Des expositions, Le Maroc:vie et travail

    Peintre marocain vu en expo:Mohamed Chabâa (à la galerie Venise Cadre jusqu'au 4 juin)

    720267581cc3414b585503cf3173c64a.jpgChabâa peint la transparence 
      Publié le : 13.05.2007 | 17h35
     

    L'artiste expose ses œuvres récentes, du 17 mai au 4 juin, à la galerie Venise Cadre de Casablanca
    À la fois lyrique et géométrique, la peinture de Mohamed Chabâa est dominée par l'abstraction tout en comportant des éléments du monde extérieur.


    Il a publié des écrits sur la peinture marocaine et enseigne, aujourd'hui, à l'Ecole nationale d'architecture à Rabat. «Mohamed Chabâa se tient rigoureusement au principe de la genèse du visible.
    Il donne à voir dans ses tableaux l'énigme de la peinture. Chacune de ses œuvres puise sa force aux racines de l'immémorial, à la source palpable de l'acte de peindre, à cette poussée du bras : le geste», écrit le critique d'art Aziz Daki. Sa vision de l'œuvre picturale est une quête d'un état pur où la tache, le trait ou la ligne délimitent les tracés des fondamentaux de la peinture.

    Cette exposition est fondée sur l'importance du geste dans la peinture de Mohamed Chabâa, en ce sens que des travaux de 1963 entretiennent une résonance avec ceux de 1997 ou de 2003.
    Certes, le peintre a mûri, s'est renouvelé, a même «abandonné de 1965 à 1983 la gestualité en faveur d'un figuratif abstrait» mais sa passion pour le geste inaugural est restée intacte.

    «Le geste de Mohamed Chabâa parle : le trait, la tache, la couleur, le noir de l'encre peuvent, par leurs interactions réciproques, aussi bien exprimer une atmosphère lyrique qu'un mouvement dramatique, une parole haute en couleur qu'un silence retenu, un débordement de joie qu'une introversion austère, un déchirement douloureux qu'un calme méditatif ou une attente tremblante», enchaîne M. Daki.

    L'admirable dans cette peinture, c'est qu'elle génère des foyers transparents, alors que les couleurs sont souvent transposées les unes sur les autres. Elle est tellement délicate qu'on la dirait aérienne ou imprimée sur de la soie. «Je peins la transparence», affirme Mohamed Chabâa.

    Il l'obtient grâce à la technique du flochetage, consistant à entrelacer des touches de couleurs pures de manière à former un tissu optique multicolore, chatoyant et vibrant. Eugène Delacroix était friand de flochetage et le coussin scintillant sur lequel est accoudée l'une des femmes d'Alger en donne une parfaite illustration.
    Les rencontres entre des peintres qu'on ne penserait pas à citer ensemble de prime abord sont éblouissantes, quand bien même elles ne seraient que d'ordre technique.

    Mohamed Chabâa, c'est aussi une conscience vivante de l'histoire de la peinture au Maroc. Il a été parmi les premiers à élaborer un discours sur la peinture moderne, en tenant une chronique au quotidien Al Alam. Son livre, La Conscience visuelle au Maroc, le place dans la catégorie des peintres qui ne se contentent pas d'exécuter des tableaux, mais qui tiennent à dire, à défendre et à dénoncer. Chabâa a été de tous les mouvements qui ont marqué la peinture moderne pendant les années 1960 et 1970.

    Il a été virulent au moment où il fallait l'être pour imposer une peinture contemporaine au Maroc. Il est de ceux qui sont convaincus du rôle de l'artiste dans une société. Il ne regarde pas, il met la main à la pâte. Il a fait partie de l'équipe contestataire de la revue Souffles et a payé, pendant les années 1970, un lourd tribut pour son engagement. Il a dirigé des associations et écoles de Beaux-Arts.

    Difficile de ne pas tenir compte de la densité historique de ce peintre quand on est en face de ses œuvres. Leur aspect aérien se mue en poids quand on connaît leur auteur.

    _____________________________

    Une peinture engagée

    Mohamed Chabâa est né en 1935 à Tanger. Après l'obtention de son diplôme à l'Ecole des Beaux-Arts de Tétouan en 1955, il part en Italie pour poursuivre, de 1962 à 1964, des études à l'Académie des Beaux-Arts de Rome. De retour au Maroc, il enseigne à l'Ecole des Beaux-Arts de Casablanca. Ancien directeur de l'Institut national des Beaux-Arts de Tétouan (de 1994 à 1998), il a tenu des positions courageuses sur l'identité de la peinture marocaine dans la revue «Souffles».

    Il est de ceux qui ont appelé vigoureusement à introduire des éléments des arts traditionnels marocains dans les tableaux. Il a également préconisé l'intégration de la peinture dans l'espace urbain. L'action qu'il a menée, en 1969, en compagnie d'un collectif de peintres, dans la place Jemaâ El Fna à Marrakech, est encore citée comme un modèle pour ceux qui souhaitent mettre leur art à la portée d'un très large public.


    El Mahjoub Rouane | LE MATIN

    SOURCE DE CET ARTICLE:http://www.lematin.ma/Journal/Article.asp?idr=artcu&idsr=cul&id=72599

    J'y suis allée hier soir et j'ai préféré les tableaux de Moa Bennani au rez-de-chaussée à ceux de l'exposition.
  • Catégories : La littérature

    Littérature:Nouvelle édition des "Essais" de Montaigne

    Par Mathieu LINDON
    QUOTIDIEN : jeudi 24 mai 2007
    Montaigne Les Essais Edition établie par Jean Balsamo, Michel Magnien et Catherine Magnien-Simonin. Edition des «Notes de lecture» et des «Sentences peintes» établie par Alain Legros. Gallimard, «la Pléiade», 2076 pp., 69 € jusqu'au 31 août, 79 € ensuite. Album Montaigne Iconographie choisie et commentée par Jean Lacouture, 286 pp., volume offert par le libraire pour l'achat de trois volumes Pléiade durant la Quinzaine de la Pléiade (jusqu'au 2 juin).
    «L 'ignorance et l' incuriosité sont deux oreillers fort doux; mais pour les trouver tels, il faut avoir la tête aussi bien faite que Montaigne.» La vingt-septième des Pensées philosophiques de Diderot dit bien pourquoi une nouvelle édition des Essais est bienvenue. Parce que c'est une bénédiction de lire, relire ou relire encore Montaigne, et que toute occasion est bonne. Lettre de Flaubert : «Je lis du Montaigne maintenant dans mon lit. Je ne connais pas de livre plus calme et qui dispose à plus de sérénité. Comme cela est sain!» On pourrait dire, non pas que les Essais ­ cette nouvelle édition ajoute l'article au titre habituel ­ apportent une réponse à toutes les questions que le lecteur peut se poser, mais qu'il permet de trouver un réconfort à tous les états dans lequel ce lecteur peut se trouver. Montaigne apparaît comme ce que l'humanisme a de meilleur, mélange de simplicité et d'érudition, d'intelligence, de tolérance et de générosité, ouverture dans ce que le terme a de plus respectable. «Homme libre, toujours tu chériras Montaigne», pourrait-on parodier Baudelaire.
    Par ses notes, cette nouvelle édition, qui comprend strictement les Essais et non Journal de voyage en Italie ni aucune correspondance, fait deux cents pages de plus que la précédente et chaleureuse édition Pléiade des OEuvres complètes de 1962 qui semble devenue aussi inexistante qu'une apparition de Trotski sur une photo stalinienne. «Cette nouvelle édition offre non pas l'hypothétique texte idéal des Essais , mais le texte qui se rapproche le plus du dessein de son auteur», écrivent les trois maîtres d'oeuvre de ce volume. Ah, le dessein de l'auteur, ce «pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie» tel l'amour maternel selon Victor Hugo, que voilà une notion délicate à déterminer et respecter dans toute sa rigueur. Toujours est-il qu'il s'agit en l'occurrence du texte posthume établi en 1595 (Montaigne est né en 1533 et mort en 1592) par Marie de Gournay, sa fille adoptive, à partir de deux exemplaires de l'édition précédente annotés par l'écrivain, dont l'un aujourd'hui perdu. Il s'ensuit divers ajouts et un changement de numérotation dans les chapitres du Livre premier. L'orthographe et la ponctuation posthumes sont également préservés ici, si ce n'est dans les détails aidant la lecture pour différencier à coups d'accent grave et à ou la et là . Pour le confort du lecteur, on a aussi eu l'excellente initiative de traduire en bas de pages les citations latines et certains mots d'ancien français.
    L'édition 2007, ce qui est moins immédiatement à l'avantage du lecteur, refuse tout paragraphe qui introduit un sens indu dans le texte de Montaigne, de sorte que, comme à l'origine, chaque chapitre se présente en un seul bloc, tel un texte de Thomas Bernhard. L'écrivain autrichien, qui mettait presque systématiquement un extrait de ses propres textes dans ses épigraphes, avait d'ailleurs choisi une citation de Montaigne en tête de son chef-d'oeuvre Extinction : «Je sens la mort qui me pince continuellement la gorge et les reins. Mais je suis autrement faict : elle m'est une partout.» L'édition 2007 supprime aussi les discrets «(a)» ou «(b)» qui indiquaient précédemment les diverses strates du texte (1580, 1588, ensuite), au titre que ressentir dans la continuité les contradictions du texte est plus dans l'esprit de son auteur, et que de toute façon le nombre de ces strates est indéterminable. «La lente élaboration d'une des phrases les plus fameuses des Essais en apporte la preuve. Devant la difficulté d'analyser les raisons de son amitié pour La Boétie, Montaigne avait reconnu avant 1580 : " Si on me presse de dire pourquoy je l'aymois, je sens que cela ne se peut exprimer"; après 1588, il a tout d'abord ajouté en marge: " qu'en respondant : Par ce que c'estoit lui"; puis, dans un moment ultérieur, d'une autre encre, beaucoup plus pâle, il achève et équilibre enfin la formule sublime : " par ce que c'estoit moy." » Preuve à multiples tranchants, car les indications des éditions précédentes n'ont certes pas empêché la phrase de faire son chemin.
    Les éditeurs de 2007 rendent hommage à la fidélité du travail de Marie de Gournay en 1595, et il est vrai que leur propre travail serait moins intéressant si la fille adoptive de Montaigne eût été désinvolte. Mais on nous assure que ce retour au texte posthume est consensuel chez les spécialistes d'aujourd'hui. Il y a de toute façon quelque chose d'admirable et de quasi romanesque dans cette recherche qu'a dû être ce nouvel établissement du texte et dont le lecteur n'a idée qu'à travers quelques mots échappés ici ou là aux éditeurs, comme quand on comprend qu'ils ont dû collationner le maximum des volumes trouvables et introuvables de l'édition de 1595 pour prendre en compte les corrections faites au fil de l'impression, les exemplaires de l'époque pouvant varier de l'un à l'autre.
    SOURCE DE CET ARTICLE:

  • Catégories : Barbey d'Aurevilly Jules

    Adaptation cinématographique de Jules Barbey d'Aurevilly:Catherine Breillat : "Je suis un dandy ultraromantique"

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    MARIE-NOËLLE TRANCHANT.
     Publié le 30 mai 2007
    Actualisé le 30 mai 2007 : 10h14

    Son adaptation de Barbey d'Aurevilly avec Asia Argento sort aujourd'hui, après son passage dans la compétition cannoise.

    CINÉMA Une vieille maîtresseDrame de Catherine Breillat. Avec Asia Argento, Fu'ad Aït Aattou, Roxane Mesquida, Claude Sarraute. Durée 1 h 54.
    « JE PENSE que je suis un dandy. Ultraromantique, mais d'un romantisme noir », confie Catherine Breillat. C'est pourquoi la réalisatrice de 36 fillette et de Romance a été attirée par l'auteur des Diaboliques. Voilà longtemps qu'elle songe à porter à l'écran Une vieille maîtresse, mais avant d'arriver à faire un film présentable à un assez large public, et présenté récemment dans la compétition cannoise, il lui a fallu faire beaucoup de détours, par des chemins déplaisants.
    « J'ai toujours pensé que j'aurais été brûlée au temps où on brûlait les gens qui avaient des attitudes trop mystérieuses pour les autres, dit la réalisatrice. Je poursuivais une quête d'identité profonde qui était quelque chose de terrible à vivre autant qu'à faire exister dans mes films. Et je relevais un défi qu'on n'accepte pas d'une femme. J'ai été traitée de scandaleuse et de sulfureuse parce que j'explorais le sexe et la jouissance, et ce qu'on cherche à travers cela : une forme de déconsidération, parfois, qui est une façon de se jeter en enfer, comme le fait Maldoror parce qu'il n'arrive pas à rejoindre l'idéal par le haut. Pour moi, l'amour est une pensée transcendante. Et c'est pour cela qu'elle a ses abîmes. »
    Avec Une vieille maîtresse, Catherine Breillat s'essaie à « un cinéma plus aimable, plus accessible ». « Barbey, dit-elle, voulait faire une grande oeuvre littéraire populaire. Et moi, je voulais montrer que je pouvais faire un grand film populaire. »
    C'est une histoire de passion inarrachable plus forte que l'amour conjugal pourtant sincère choisi par le héros. D'un côté, la claire Hermangarde, ravissante aristocrate (Roxane Mesquida) : « Elle est dans les canons de la beauté et de la société. Mais elle ne sait pas sortir de son carcan de bienséance. Elle est enfermée dans ce qu'elle doit être, et incapable de rompre la glace. Sans cela leur amour aurait duré. Je ne dirais pas qu'elle est conformiste. Mais plutôt qu'elle assume d'avance un destin tragique. Et son mari sera éperdu de désespoir de lui avoir fait tant de mal. »
    Des prototypes de tous les temps
    À l'opposé, la Vellini (Asia Argento) est l'image même d'une séduction fatale, obsédante et dominatrice. « J'ai choisi Asia Argento parce qu'elle a quelque chose de flamenco, dit Catherine Breillat, mais je ne voulais pas représenter le flamenco. Je voulais un équivalent plus contemporain, donc un côté rock'n'roll. Le roman parle de sa laideur, mais je me suis dit que ce qu'on appelait ainsi était sa liberté et sa sensualité, qui faisaient d'elle une marginale provocante. » Entre ces deux femmes rivales, Catherine Breillat s'identifie plutôt au héros libertin qui tente de se ranger, Ryno de Marigny, qu'elle a choisi très androgyne en confiant le rôle au jeune Berbère Fu'ad Aït Aattou, pour la première fois à l'écran.
    « Maintenant, je peux me mettre dans la peau d'un homme, dit-elle. L'androgynie fait partie du dandysme, comme le sens du défi, un des traits de caractère de Ryno, qui a l'art de» jeter le gant à l'opinion* , écrit Barbey. » Pour la réalisatrice, même si elle a mis son talent de peintre à composer le moindre détail, Une vieille maîtresse n'est pas un film en costumes : « Ça ne m'intéressait pas de faire un film historique. Les personnages sont des prototypes de tous les temps. On pourrait y retrouver La Femme et le Pantin, ou la relation de Charles avec Camilla.
    J'espère en tout cas que tout le monde aura envie de lire ce roman fulgurant de Barbey, totalement actuel. »

    Honnêtement perverse

    M.-N. T..
     Publié le 30 mai 2007
    Actualisé le 30 mai 2007 : 10h13
    Une marquise très XVIIIe siècle (Claude Sarraute), espièglement amorale, qui ne craint pas de donner sa petite-fille à un jeune homme de mauvaise réputation en espérant qu'il a « le coeur plus élevé que les moeurs » ; une ravissante oie blanche (Roxane Mesquida), follement amoureuse de son fiancé ; un fiancé libertin (Fu'ad Aït Aattou) sincèrement épris de sa blonde promise, mais bientôt repris par le démon d'une ancienne passion. Sa maîtresse enfin, la Vellini (Asia Argento) théâtrale et vénéneuse, longtemps annoncée par des rumeurs de scandale avant d'apparaître.
    C'est sur ces personnages que repose la crédibilité de l'adaptation cinématographique d'Une vieille maîtresse, il leur revient de donner un équivalent visuel de la prose superbe de Barbey d'Aurevilly. La Vellini, surtout, est le rôle clé. Catherine Breillat a fait un choix intelligent en prenant Asia Argento pour interpréter cette femme galante, experte en caresses, à la séduction envoûtante et rusée, créature baudelairienne : elle n'est pas belle, elle peut être vulgaire, tantôt repoussante, tantôt attirante, mais on conçoit qu'elle puisse ensorceler les hommes autant par sa sensualité que par son dédain, par son ardeur possessive que par sa solitude farouche. L'androgyne Fu'ad Aït Aattou, un peu trop joli, semble fait pour s'y laisser prendre. Même si certaines scènes frisent le ridicule (en Afrique, par exemple), et si rien ne peut remplacer le style de Barbey d'Aurevilly, Catherine Breillat signe une adaptation qui ne manque pas de talent, on allait dire honnêtement perverse.
    Publié en 1851, Une vieille maîtresse marque un tournant important dans l'œuvre de Barbey d'Aurevilly. Délaissant la psychologie de boudoir, il se tourne vers la peinture d'un coin de provence non sans quelques touches d'un réalisme balzacien auquel Théophile Gautier fut sensible (« Depuis la mort de Balzac, nous n'avons pas encore vu un livre de cette valeur et de cette force »).

    Pour la première fois, la Normandie fournit un cadre à la tragédie qui se joue entre une malagaise à la laideur envoûtante et son ancien amant. Leur liaison renouée va broyer la jeune et blonde épouse "au teint pétri de lait et de lumière".

    Cette œuvre riche et complexe, dont la technique romanesque préfigure celle de l'Ensorcelée, prête à plusieurs lectures que les communications de cette quatrième rencontre aurevillienne s'efforceront d'éclairer.
    Source:
  • Catégories : La littérature, Pratt Hugo

    Une suite pour Corto Maltese

    medium_cortonouveau.gifpar Jérôme Dupuis
    Lire, mai 2007

     Douze ans après la mort d'Hugo Pratt, de nouvelles aventures sont envisagées pour le célèbre marin. Le projet pourrait se construire autour de la jeunesse de Corto et de planches inédites conçues par le maestro lui-même. Mais qui va reprendre le crayon?

    Le nouveau visage de Corto ?

    Corto Maltese n'est pas mort! Douze ans après la disparition de son créateur, Hugo Pratt, le marin à l'anneau dans l'oreille devrait vivre une nouvelle aventure d'ici deux ou trois ans. La nouvelle, révélée par Le Figaro lors du dernier Festival d'Angoulême, a ouvert la porte aux spéculations les plus hasardeuses et aux rêves les plus fous. Lire peut apporter de nouveaux éléments autour de ce projet.

    Première question, légitime: qu'en aurait pensé Pratt lui-même? A la différence d'Hergé, le dessinateur vénitien n'a jamais exprimé le vœu que son héros ne lui survive pas. «Au contraire, rappelle Pietro Gerosa, directeur général de la société Cong, qui gère aujourd'hui son œuvre, Pratt n'avait pas un sens de la propriété de son héros très développé et souhaitait qu'il continue à vivre sa vie.»

    Mais quelle nouvelle aventure pour le marin maltais? Après relecture des albums, il est apparu qu'il existait manifestement un «trou noir» dans la vie de Corto. On ne sait quasiment rien de son destin entre la fin de La jeunesse de Corto Maltese, qui se terminait sur le front russo-japonais en 1905, et la première page de La ballade de la mer salée, qui s'ouvre fin 1913, en plein Pacifique. Huit années pleines de mystère: un intervalle où devrait donc s'insérer l'aventure à venir.

    D'autant que les héritiers du maestro vénitien ont récemment découvert par miracle, noyés dans ses archives, une douzaine de strips auxquels il travaillait avant sa mort et qui, coïncidence engageante, font directement suite à La jeunesse de Corto Maltese. On y voit le jeune Corto et son compagnon Raspoutine - dont la légendaire barbichette n'a pas encore poussé - sur un bateau japonais arraisonné par des pirates. Nos deux héros parviennent à se cacher dans la cale. «Vieni, presto!» lance Corto à «Rasp» dans la dernière case retrouvée... Où allaient-ils ainsi, presto? Vers les mines d'or du roi Salomon, objet de tous les rêves de Corto à l'époque? Peut-être... Mais pour l'aventure à venir, il se murmure que nos deux amis pourraient voguer vers des territoires où on ne les avait guère croisés jusqu'ici. On parle du Canada, des Etats-Unis - autant de lieux déjà explorés par Pratt dans Jesuit Joe ou Fort Wheeling, mais jamais par Corto lui-même. «Reprendre le personnage à ce stade permet de découvrir un Corto encore largement inconnu, sans sa casquette et ses favoris qui viendront plus tard, confirme Pietro Gerosa. Il n'a que dix-huit ans et c'est un peu Corto avant Corto...»

    Reste évidemment une question cruciale: qui va reprendre la série? Qui va oser mettre ses pas dans ceux du mythe Pratt? Quelques «candidatures spontanées» sont déjà parvenues à la société Cong; d'autres dessinateurs, plus confirmés, ont laissé entendre qu'ils ne se sentaient pas de taille... «Je crois qu'il faut accepter l'éventualité de ne pas trouver un créateur unique, capable de s'occuper à la fois du scénario et du dessin, analyse Pietro Gerosa. Après tout, pour remplacer Edgar P. Jacobs et poursuivre les aventures de Blake et Mortimer, on a aussi fait appel à des tandems. Alors nous cherchons, nous faisons des essais...»

    En aucun cas il ne s'agira de singer le style Pratt. D'ailleurs, contrairement à Jacobs, dont le trait «ligne claire» avait ses codes très précis, le style de Pratt a constamment évolué au fil des ans: gardant encore des traces de l'influence du dessinateur américain Milton Caniff dans La ballade de la mer salée, extrêmement maîtrisé et jouant sur les à-plats noirs dans Corto Maltese en Sibérie (peut-être son chef-d'œuvre), plus relâché dans les derniers albums... Les heureux élus ne seront donc pas prisonniers d'un carcan. A eux d'imaginer un nouveau Corto.


    Source de cet article:http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=51247/idR=200

  • Catégories : Les polars

    Polar à lire:"Le Fleuve caché" d'Adrian McKinty

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    C. M..
     Publié le 03 mai 2007
    Actualisé le 03 mai 2007 : 11h39

    Avec ce polar bien noir, l'auteur irlandais Adrian McKinty signe un second roman parfaitement maîtrisé.

    BELFAST (Irlande) - Boulder (Colorado), sept fuseaux horaires de décalage : pendant que la belle Victoria Patawasti, irlandaise d'origine indienne, meurt assassinée en Amérique, Alex Lawson, son amour d'adolescence, est en train de coucher avec une fille de hasard sur un bateau dans lequel ils ont illégalement pénétré. Il pleut sur Belfast.
    Depuis dix ans qu'ils se sont quittés, Victoria et Alex ont fait du chemin. Elle, installée aux États-Unis, travaille pour une association de « défense raisonnée de la nature » (lire : un club républicain qui, sans s'aliéner les grandes sociétés capitalistes, entend s'approprier un terrain généralement dévolu aux démocrates). Lui, promis à un avenir brillant dans la police, a succombé à l'héroïne, puis été licencié.
    Le meurtre de Victoria est attribué à un cambrioleur, et l'affaire en resterait là si monsieur Patawasti ne se souvenait que l'ancien flirt de sa fille a été enquêteur, et si Alex, menacé par d'anciens collègues, n'éprouvait le besoin de changer d'air. Il s'envole pour le Colorado, accompagné de son meilleur ami, flic honoraire incompétent, et dragueur notoire...
    Le lyrisme de la nostalgie
    Le Fleuve caché (second roman d'Adrian McKinty, après À l'automne, je serai peut-être mort) est un authentique roman à suspense : Alex en sait quelque chose, pour qui le Colorado devient rapidement aussi mouvementé et périlleux que l'Irlande. Mais, à la différence de trop de romans policiers, il s'agit avant tout d'un beau morceau de littérature, dans lequel l'intrigue est finalement un prétexte, qui a moins d'importance que ses à-côtés, que les moments où l'écrivain se laisse dériver.
    L'auteur - qui a accompli le même parcours que ses personnages : né en Irlande, il vit dans le Colorado - conte l'histoire d'un amour nécrophile : si Alex tient autant à découvrir le véritable responsable de la mort de Victoria, c'est qu'il l'aime, même morte, plus que la sublime blonde, bien vivante celle-là, plus bostonienne que nature qui lui prête son corps dans des buts dont le lecteur averti se doute qu'ils ne sont pas innocents. Alex communique véritablement avec la morte - et ce n'est pas un hasard si la scène finale du livre, la résolution quasi mystique de l'énigme, se passe en Inde, au bord du fleuve, dans le pays des ancêtres de la jeune femme, sur les lieux où son âme est toujours présente.
    Le Fleuve caché impressionne par la richesse et la diversité de son ton et de son écriture, passant avec aisance du lyrisme ample de la nostalgie de l'amour perdu au rythme saccadé du narrateur sous l'emprise de l'héroïne. La partie satirique du livre - de jeunes républicains, riches et ambitieux, faisant du porte-à-porte afin de distribuer brochures, phrases creuses et larges sourires sans âme - pour être facile, n'en est pas moins réussie et jouissive. C'est aussi cela, l'Amérique.
    Ce livre rare et maîtrisé est une réussite bien digne de la Série noire qui, depuis deux ans, dopée par l'enthousiasme de son nouveau patron, comble à la fois les lecteurs de romans noirs et les amateurs de très bonne littérature.
    Le Fleuve caché d'Adrian McKinty traduit de l'anglais par Patrice Carrer Gallimard, 410 p., 22 €.
  • Catégories : La littérature

    Littérature:Oscar Wilde, échec et mat à Paris

    JEAN-CLAUDE PERRIER.
     Publié le 24 mai 2007
    Actualisé le 24 mai 2007 : 11h52
    Oscar Wilde à Paris de Herbert Lottman traduit de l'anglais (États-Unis) par Marianne Véron Fayard, 260 p., 19 €.

    Le biographe américain Herbert Lottman suit l'écrivain pas à pas dans la capitale grâce à sa correspondance et à de nombreux témoignages.

    SOUS son titre quelque peu réducteur, Oscar Wilde à Paris, le biographe américain Herbert Lottman, qui s'est spécialisé dans l'étude minutieuse de la vie intellectuelle française (on lui doit en particulier une biographie d'Albert Camus, publiée au Seuil en 1978, ou encore un essai sur L'Épuration : 1943-1953, paru à la Librairie générale française en 1994), s'est en fait adonné à une réinterprétation de la vie du malheureux Oscar Wilde (1854-1900) à partir de son tropisme parisien.
    Irlandais, francophone, Wilde découvrit la France dès l'âge de vingt ans, en compagnie de sa mère, l'extravagante lady Jane, qui militait farouchement pour l'indépendance de son pays et se faisait symboliquement appeler Esperanza. Un voyage d'initiation, comme tous les jeunes gens bien nés en accomplissaient à l'époque. Mais, au-delà, Wilde s'est vite senti plus chez lui de ce côté-ci du Channel qu'en Angleterre, dans ce Londres victorien qui le fascinait, où il brûlait d'être reconnu : et il le sera, grâce à ses pièces de théâtre, L'Éventail de Lady Windermere ou Une Femme sans importance, juste avant son procès et sa chute, en 1895. En matière d'« outrage aux bonnes moeurs », surtout lorsque l'un des protagonistes était un aristocrate, lord Alfred Douglas, fils du venimeux marquis de Queensbury, l'Angleterre était bien plus socialement conservatrice, bien moins libérale que la France, laquelle, depuis le XIXe siècle, pratiquait une certaine tolérance à l'égard de ses artistes. À condition qu'ils ne s'affichassent point de façon trop scandaleuse. Si Verlaine avait eu des ennuis, ce n'était pas à cause de ses relations avec Rimbaud, mais parce qu'il lui avait tiré dessus à coups de revolver.
    Au Père-Lachaise, une statue de lui nu
    Herbert Lottman, grâce à sa correspondance, aux témoignages de ses quelques vrais amis ou de ses contemporains, pas forcément bien disposés à son égard (Léon Daudet, par exemple, ou le peintre Whistler, qui ne l'aimaient guère), suit pas à pas Oscar Wilde dans ses pérégrinations parisiennes : les grands hôtels de la rive droite ou les cafés à la mode des Grands Boulevards, où, au temps de sa splendeur, il tenait table ouverte, entretenant une nuée de courtisans, parasites, jolis garçons plus ou moins vénaux. Mais aussi, et c'est sans doute la partie la plus novatrice de ce livre, lorsque, à sa sortie de prison en 1897, Wilde, ruiné, brisé, devenu un paria malade et incapable d'écrire, se réfugia, d'abord en Normandie, puis à Paris, dans des chambres d'hôtels minables du Quartier latin, qu'il ne pouvait d'ailleurs pas toujours payer : sa correspondance de ces années-là n'est qu'une litanie d'appels au secours pathétiques à son éditeur anglais, à ses amis proches, souvent même à de simples connaissances, afin qu'ils le dépannent de quelques livres. Parmi lesquels Gide, qui n'abandonnera jamais Wilde, en dépit de ses attitudes provocantes qui le heurtaient. Ou encore l'excellent M. Dupoirier, le propriétaire de l'hôtel d'Alsace, rue des Beaux-Arts, où Wilde mourut le 20 novembre 1900, et qui fut pour lui plus un mécène qu'un logeur. Son nom méritait, à ce titre, de passer à la postérité.
    Il y a encore, à la fin du livre de Lottman (qui s'achève abruptement sur un portrait de la nièce de Wilde), un chapitre étonnant : le sculpteur Jacob Epstein ayant réalisé pour la tombe de l'écrivain au Père-Lachaise une statue de lui nu, dans l'esprit du Balzac de Rodin (qui fit scandale en son temps), il fallut attendre jusqu'en 1914 pour que l'oeuvre fût visible dans son intégralité... Même après sa mort, Oscar Wilde, qui avait tout raté, continuait à choquer.
  • Catégories : Mes poèmes, Mes textes d'adulte

    Papa

    Que de silences et de cris entre nous

    Que de secrets trop bien gardés

    Que de colères mal contrôlées

    Que d’amour entre nous    

     

    Un amour mêlé d’admiration

    Pour l’homme que tu es

    Et d’incompréhension

    Pour le père qui se tait    

     

    Quelle souffrance

    Et quelle  rancœur

    Face à ton indifférence

    Qui me brise le cœur    

     

    J’ai essayé de forcer notre ressemblance

    Pour te plaire, papa

    Pour finalement outrer mes différences

    Pour te réveiller, papa    

     

    Que de talents tu portes en toi

    Que de douleurs aussi

    Que tu as partagé parfois

    Avec moi, ta fille qui te chérit    

     

    Pourquoi ne pas parler

    De ce qui nous rapproche

    Aimer même

    Ce qui nous sépare      

    Le 19 juillet 2006

     

    BONNE FETE PAPA