Recueil de poèmes en hommage aux deux auteurs
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Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, La littérature, LibérationPar Mathieu LINDONQUOTIDIEN : jeudi 24 mai 2007Montaigne Les Essais Edition établie par Jean Balsamo, Michel Magnien et Catherine Magnien-Simonin. Edition des «Notes de lecture» et des «Sentences peintes» établie par Alain Legros. Gallimard, «la Pléiade», 2076 pp., 69 € jusqu'au 31 août, 79 € ensuite. Album Montaigne Iconographie choisie et commentée par Jean Lacouture, 286 pp., volume offert par le libraire pour l'achat de trois volumes Pléiade durant la Quinzaine de la Pléiade (jusqu'au 2 juin).«L 'ignorance et l' incuriosité sont deux oreillers fort doux; mais pour les trouver tels, il faut avoir la tête aussi bien faite que Montaigne.» La vingt-septième des Pensées philosophiques de Diderot dit bien pourquoi une nouvelle édition des Essais est bienvenue. Parce que c'est une bénédiction de lire, relire ou relire encore Montaigne, et que toute occasion est bonne. Lettre de Flaubert : «Je lis du Montaigne maintenant dans mon lit. Je ne connais pas de livre plus calme et qui dispose à plus de sérénité. Comme cela est sain!» On pourrait dire, non pas que les Essais cette nouvelle édition ajoute l'article au titre habituel apportent une réponse à toutes les questions que le lecteur peut se poser, mais qu'il permet de trouver un réconfort à tous les états dans lequel ce lecteur peut se trouver. Montaigne apparaît comme ce que l'humanisme a de meilleur, mélange de simplicité et d'érudition, d'intelligence, de tolérance et de générosité, ouverture dans ce que le terme a de plus respectable. «Homme libre, toujours tu chériras Montaigne», pourrait-on parodier Baudelaire.Par ses notes, cette nouvelle édition, qui comprend strictement les Essais et non Journal de voyage en Italie ni aucune correspondance, fait deux cents pages de plus que la précédente et chaleureuse édition Pléiade des OEuvres complètes de 1962 qui semble devenue aussi inexistante qu'une apparition de Trotski sur une photo stalinienne. «Cette nouvelle édition offre non pas l'hypothétique texte idéal des Essais , mais le texte qui se rapproche le plus du dessein de son auteur», écrivent les trois maîtres d'oeuvre de ce volume. Ah, le dessein de l'auteur, ce «pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie» tel l'amour maternel selon Victor Hugo, que voilà une notion délicate à déterminer et respecter dans toute sa rigueur. Toujours est-il qu'il s'agit en l'occurrence du texte posthume établi en 1595 (Montaigne est né en 1533 et mort en 1592) par Marie de Gournay, sa fille adoptive, à partir de deux exemplaires de l'édition précédente annotés par l'écrivain, dont l'un aujourd'hui perdu. Il s'ensuit divers ajouts et un changement de numérotation dans les chapitres du Livre premier. L'orthographe et la ponctuation posthumes sont également préservés ici, si ce n'est dans les détails aidant la lecture pour différencier à coups d'accent grave a et à ou la et là . Pour le confort du lecteur, on a aussi eu l'excellente initiative de traduire en bas de pages les citations latines et certains mots d'ancien français.L'édition 2007, ce qui est moins immédiatement à l'avantage du lecteur, refuse tout paragraphe qui introduit un sens indu dans le texte de Montaigne, de sorte que, comme à l'origine, chaque chapitre se présente en un seul bloc, tel un texte de Thomas Bernhard. L'écrivain autrichien, qui mettait presque systématiquement un extrait de ses propres textes dans ses épigraphes, avait d'ailleurs choisi une citation de Montaigne en tête de son chef-d'oeuvre Extinction : «Je sens la mort qui me pince continuellement la gorge et les reins. Mais je suis autrement faict : elle m'est une partout.» L'édition 2007 supprime aussi les discrets «(a)» ou «(b)» qui indiquaient précédemment les diverses strates du texte (1580, 1588, ensuite), au titre que ressentir dans la continuité les contradictions du texte est plus dans l'esprit de son auteur, et que de toute façon le nombre de ces strates est indéterminable. «La lente élaboration d'une des phrases les plus fameuses des Essais en apporte la preuve. Devant la difficulté d'analyser les raisons de son amitié pour La Boétie, Montaigne avait reconnu avant 1580 : " Si on me presse de dire pourquoy je l'aymois, je sens que cela ne se peut exprimer"; après 1588, il a tout d'abord ajouté en marge: " qu'en respondant : Par ce que c'estoit lui"; puis, dans un moment ultérieur, d'une autre encre, beaucoup plus pâle, il achève et équilibre enfin la formule sublime : " par ce que c'estoit moy." » Preuve à multiples tranchants, car les indications des éditions précédentes n'ont certes pas empêché la phrase de faire son chemin.Les éditeurs de 2007 rendent hommage à la fidélité du travail de Marie de Gournay en 1595, et il est vrai que leur propre travail serait moins intéressant si la fille adoptive de Montaigne eût été désinvolte. Mais on nous assure que ce retour au texte posthume est consensuel chez les spécialistes d'aujourd'hui. Il y a de toute façon quelque chose d'admirable et de quasi romanesque dans cette recherche qu'a dû être ce nouvel établissement du texte et dont le lecteur n'a idée qu'à travers quelques mots échappés ici ou là aux éditeurs, comme quand on comprend qu'ils ont dû collationner le maximum des volumes trouvables et introuvables de l'édition de 1595 pour prendre en compte les corrections faites au fil de l'impression, les exemplaires de l'époque pouvant varier de l'un à l'autre.SOURCE DE CET ARTICLE:
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Adaptation cinématographique de Jules Barbey d'Aurevilly:Catherine Breillat : "Je suis un dandy ultraromantique"
MARIE-NOËLLE TRANCHANT.Publié le 30 mai 2007Actualisé le 30 mai 2007 : 10h14Son adaptation de Barbey d'Aurevilly avec Asia Argento sort aujourd'hui, après son passage dans la compétition cannoise.
CINÉMA Une vieille maîtresseDrame de Catherine Breillat. Avec Asia Argento, Fu'ad Aït Aattou, Roxane Mesquida, Claude Sarraute. Durée 1 h 54.
« JE PENSE que je suis un dandy. Ultraromantique, mais d'un romantisme noir », confie Catherine Breillat. C'est pourquoi la réalisatrice de 36 fillette et de Romance a été attirée par l'auteur des Diaboliques. Voilà longtemps qu'elle songe à porter à l'écran Une vieille maîtresse, mais avant d'arriver à faire un film présentable à un assez large public, et présenté récemment dans la compétition cannoise, il lui a fallu faire beaucoup de détours, par des chemins déplaisants.
« J'ai toujours pensé que j'aurais été brûlée au temps où on brûlait les gens qui avaient des attitudes trop mystérieuses pour les autres, dit la réalisatrice. Je poursuivais une quête d'identité profonde qui était quelque chose de terrible à vivre autant qu'à faire exister dans mes films. Et je relevais un défi qu'on n'accepte pas d'une femme. J'ai été traitée de scandaleuse et de sulfureuse parce que j'explorais le sexe et la jouissance, et ce qu'on cherche à travers cela : une forme de déconsidération, parfois, qui est une façon de se jeter en enfer, comme le fait Maldoror parce qu'il n'arrive pas à rejoindre l'idéal par le haut. Pour moi, l'amour est une pensée transcendante. Et c'est pour cela qu'elle a ses abîmes. »
Avec Une vieille maîtresse, Catherine Breillat s'essaie à « un cinéma plus aimable, plus accessible ». « Barbey, dit-elle, voulait faire une grande oeuvre littéraire populaire. Et moi, je voulais montrer que je pouvais faire un grand film populaire. »
C'est une histoire de passion inarrachable plus forte que l'amour conjugal pourtant sincère choisi par le héros. D'un côté, la claire Hermangarde, ravissante aristocrate (Roxane Mesquida) : « Elle est dans les canons de la beauté et de la société. Mais elle ne sait pas sortir de son carcan de bienséance. Elle est enfermée dans ce qu'elle doit être, et incapable de rompre la glace. Sans cela leur amour aurait duré. Je ne dirais pas qu'elle est conformiste. Mais plutôt qu'elle assume d'avance un destin tragique. Et son mari sera éperdu de désespoir de lui avoir fait tant de mal. »
Des prototypes de tous les temps
À l'opposé, la Vellini (Asia Argento) est l'image même d'une séduction fatale, obsédante et dominatrice. « J'ai choisi Asia Argento parce qu'elle a quelque chose de flamenco, dit Catherine Breillat, mais je ne voulais pas représenter le flamenco. Je voulais un équivalent plus contemporain, donc un côté rock'n'roll. Le roman parle de sa laideur, mais je me suis dit que ce qu'on appelait ainsi était sa liberté et sa sensualité, qui faisaient d'elle une marginale provocante. » Entre ces deux femmes rivales, Catherine Breillat s'identifie plutôt au héros libertin qui tente de se ranger, Ryno de Marigny, qu'elle a choisi très androgyne en confiant le rôle au jeune Berbère Fu'ad Aït Aattou, pour la première fois à l'écran.
« Maintenant, je peux me mettre dans la peau d'un homme, dit-elle. L'androgynie fait partie du dandysme, comme le sens du défi, un des traits de caractère de Ryno, qui a l'art de» jeter le gant à l'opinion* , écrit Barbey. » Pour la réalisatrice, même si elle a mis son talent de peintre à composer le moindre détail, Une vieille maîtresse n'est pas un film en costumes : « Ça ne m'intéressait pas de faire un film historique. Les personnages sont des prototypes de tous les temps. On pourrait y retrouver La Femme et le Pantin, ou la relation de Charles avec Camilla.
J'espère en tout cas que tout le monde aura envie de lire ce roman fulgurant de Barbey, totalement actuel. »Honnêtement perverse
M.-N. T..Publié le 30 mai 2007Actualisé le 30 mai 2007 : 10h13Une marquise très XVIIIe siècle (Claude Sarraute), espièglement amorale, qui ne craint pas de donner sa petite-fille à un jeune homme de mauvaise réputation en espérant qu'il a « le coeur plus élevé que les moeurs » ; une ravissante oie blanche (Roxane Mesquida), follement amoureuse de son fiancé ; un fiancé libertin (Fu'ad Aït Aattou) sincèrement épris de sa blonde promise, mais bientôt repris par le démon d'une ancienne passion. Sa maîtresse enfin, la Vellini (Asia Argento) théâtrale et vénéneuse, longtemps annoncée par des rumeurs de scandale avant d'apparaître.
C'est sur ces personnages que repose la crédibilité de l'adaptation cinématographique d'Une vieille maîtresse, il leur revient de donner un équivalent visuel de la prose superbe de Barbey d'Aurevilly. La Vellini, surtout, est le rôle clé. Catherine Breillat a fait un choix intelligent en prenant Asia Argento pour interpréter cette femme galante, experte en caresses, à la séduction envoûtante et rusée, créature baudelairienne : elle n'est pas belle, elle peut être vulgaire, tantôt repoussante, tantôt attirante, mais on conçoit qu'elle puisse ensorceler les hommes autant par sa sensualité que par son dédain, par son ardeur possessive que par sa solitude farouche. L'androgyne Fu'ad Aït Aattou, un peu trop joli, semble fait pour s'y laisser prendre. Même si certaines scènes frisent le ridicule (en Afrique, par exemple), et si rien ne peut remplacer le style de Barbey d'Aurevilly, Catherine Breillat signe une adaptation qui ne manque pas de talent, on allait dire honnêtement perverse.
Source de ces articles:http://www.lefigaro.fr/culture/20070530.FIG000000137_honnetement_perverse.htmlPublié en 1851, Une vieille maîtresse marque un tournant important dans l'œuvre de Barbey d'Aurevilly. Délaissant la psychologie de boudoir, il se tourne vers la peinture d'un coin de provence non sans quelques touches d'un réalisme balzacien auquel Théophile Gautier fut sensible (« Depuis la mort de Balzac, nous n'avons pas encore vu un livre de cette valeur et de cette force »).
Pour la première fois, la Normandie fournit un cadre à la tragédie qui se joue entre une malagaise à la laideur envoûtante et son ancien amant. Leur liaison renouée va broyer la jeune et blonde épouse "au teint pétri de lait et de lumière".
Cette œuvre riche et complexe, dont la technique romanesque préfigure celle de l'Ensorcelée, prête à plusieurs lectures que les communications de cette quatrième rencontre aurevillienne s'efforceront d'éclairer.Source: -
Catégories : La littérature, Pratt Hugo
Une suite pour Corto Maltese
par Jérôme Dupuis
Lire, mai 2007Douze ans après la mort d'Hugo Pratt, de nouvelles aventures sont envisagées pour le célèbre marin. Le projet pourrait se construire autour de la jeunesse de Corto et de planches inédites conçues par le maestro lui-même. Mais qui va reprendre le crayon?
Le nouveau visage de Corto ?
Corto Maltese n'est pas mort! Douze ans après la disparition de son créateur, Hugo Pratt, le marin à l'anneau dans l'oreille devrait vivre une nouvelle aventure d'ici deux ou trois ans. La nouvelle, révélée par Le Figaro lors du dernier Festival d'Angoulême, a ouvert la porte aux spéculations les plus hasardeuses et aux rêves les plus fous. Lire peut apporter de nouveaux éléments autour de ce projet.
Première question, légitime: qu'en aurait pensé Pratt lui-même? A la différence d'Hergé, le dessinateur vénitien n'a jamais exprimé le vœu que son héros ne lui survive pas. «Au contraire, rappelle Pietro Gerosa, directeur général de la société Cong, qui gère aujourd'hui son œuvre, Pratt n'avait pas un sens de la propriété de son héros très développé et souhaitait qu'il continue à vivre sa vie.»
Mais quelle nouvelle aventure pour le marin maltais? Après relecture des albums, il est apparu qu'il existait manifestement un «trou noir» dans la vie de Corto. On ne sait quasiment rien de son destin entre la fin de La jeunesse de Corto Maltese, qui se terminait sur le front russo-japonais en 1905, et la première page de La ballade de la mer salée, qui s'ouvre fin 1913, en plein Pacifique. Huit années pleines de mystère: un intervalle où devrait donc s'insérer l'aventure à venir.
D'autant que les héritiers du maestro vénitien ont récemment découvert par miracle, noyés dans ses archives, une douzaine de strips auxquels il travaillait avant sa mort et qui, coïncidence engageante, font directement suite à La jeunesse de Corto Maltese. On y voit le jeune Corto et son compagnon Raspoutine - dont la légendaire barbichette n'a pas encore poussé - sur un bateau japonais arraisonné par des pirates. Nos deux héros parviennent à se cacher dans la cale. «Vieni, presto!» lance Corto à «Rasp» dans la dernière case retrouvée... Où allaient-ils ainsi, presto? Vers les mines d'or du roi Salomon, objet de tous les rêves de Corto à l'époque? Peut-être... Mais pour l'aventure à venir, il se murmure que nos deux amis pourraient voguer vers des territoires où on ne les avait guère croisés jusqu'ici. On parle du Canada, des Etats-Unis - autant de lieux déjà explorés par Pratt dans Jesuit Joe ou Fort Wheeling, mais jamais par Corto lui-même. «Reprendre le personnage à ce stade permet de découvrir un Corto encore largement inconnu, sans sa casquette et ses favoris qui viendront plus tard, confirme Pietro Gerosa. Il n'a que dix-huit ans et c'est un peu Corto avant Corto...»
Reste évidemment une question cruciale: qui va reprendre la série? Qui va oser mettre ses pas dans ceux du mythe Pratt? Quelques «candidatures spontanées» sont déjà parvenues à la société Cong; d'autres dessinateurs, plus confirmés, ont laissé entendre qu'ils ne se sentaient pas de taille... «Je crois qu'il faut accepter l'éventualité de ne pas trouver un créateur unique, capable de s'occuper à la fois du scénario et du dessin, analyse Pietro Gerosa. Après tout, pour remplacer Edgar P. Jacobs et poursuivre les aventures de Blake et Mortimer, on a aussi fait appel à des tandems. Alors nous cherchons, nous faisons des essais...»
En aucun cas il ne s'agira de singer le style Pratt. D'ailleurs, contrairement à Jacobs, dont le trait «ligne claire» avait ses codes très précis, le style de Pratt a constamment évolué au fil des ans: gardant encore des traces de l'influence du dessinateur américain Milton Caniff dans La ballade de la mer salée, extrêmement maîtrisé et jouant sur les à-plats noirs dans Corto Maltese en Sibérie (peut-être son chef-d'œuvre), plus relâché dans les derniers albums... Les heureux élus ne seront donc pas prisonniers d'un carcan. A eux d'imaginer un nouveau Corto.

Source de cet article:http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=51247/idR=200 -
Catégories : Les polars
Polar à lire:"Le Fleuve caché" d'Adrian McKinty
C. M..Publié le 03 mai 2007Actualisé le 03 mai 2007 : 11h39Avec ce polar bien noir, l'auteur irlandais Adrian McKinty signe un second roman parfaitement maîtrisé.
BELFAST (Irlande) - Boulder (Colorado), sept fuseaux horaires de décalage : pendant que la belle Victoria Patawasti, irlandaise d'origine indienne, meurt assassinée en Amérique, Alex Lawson, son amour d'adolescence, est en train de coucher avec une fille de hasard sur un bateau dans lequel ils ont illégalement pénétré. Il pleut sur Belfast.
Depuis dix ans qu'ils se sont quittés, Victoria et Alex ont fait du chemin. Elle, installée aux États-Unis, travaille pour une association de « défense raisonnée de la nature » (lire : un club républicain qui, sans s'aliéner les grandes sociétés capitalistes, entend s'approprier un terrain généralement dévolu aux démocrates). Lui, promis à un avenir brillant dans la police, a succombé à l'héroïne, puis été licencié.
Le meurtre de Victoria est attribué à un cambrioleur, et l'affaire en resterait là si monsieur Patawasti ne se souvenait que l'ancien flirt de sa fille a été enquêteur, et si Alex, menacé par d'anciens collègues, n'éprouvait le besoin de changer d'air. Il s'envole pour le Colorado, accompagné de son meilleur ami, flic honoraire incompétent, et dragueur notoire...
Le lyrisme de la nostalgie
Le Fleuve caché (second roman d'Adrian McKinty, après À l'automne, je serai peut-être mort) est un authentique roman à suspense : Alex en sait quelque chose, pour qui le Colorado devient rapidement aussi mouvementé et périlleux que l'Irlande. Mais, à la différence de trop de romans policiers, il s'agit avant tout d'un beau morceau de littérature, dans lequel l'intrigue est finalement un prétexte, qui a moins d'importance que ses à-côtés, que les moments où l'écrivain se laisse dériver.
L'auteur - qui a accompli le même parcours que ses personnages : né en Irlande, il vit dans le Colorado - conte l'histoire d'un amour nécrophile : si Alex tient autant à découvrir le véritable responsable de la mort de Victoria, c'est qu'il l'aime, même morte, plus que la sublime blonde, bien vivante celle-là, plus bostonienne que nature qui lui prête son corps dans des buts dont le lecteur averti se doute qu'ils ne sont pas innocents. Alex communique véritablement avec la morte - et ce n'est pas un hasard si la scène finale du livre, la résolution quasi mystique de l'énigme, se passe en Inde, au bord du fleuve, dans le pays des ancêtres de la jeune femme, sur les lieux où son âme est toujours présente.
Le Fleuve caché impressionne par la richesse et la diversité de son ton et de son écriture, passant avec aisance du lyrisme ample de la nostalgie de l'amour perdu au rythme saccadé du narrateur sous l'emprise de l'héroïne. La partie satirique du livre - de jeunes républicains, riches et ambitieux, faisant du porte-à-porte afin de distribuer brochures, phrases creuses et larges sourires sans âme - pour être facile, n'en est pas moins réussie et jouissive. C'est aussi cela, l'Amérique.
Ce livre rare et maîtrisé est une réussite bien digne de la Série noire qui, depuis deux ans, dopée par l'enthousiasme de son nouveau patron, comble à la fois les lecteurs de romans noirs et les amateurs de très bonne littérature.
Le Fleuve caché d'Adrian McKinty traduit de l'anglais par Patrice Carrer Gallimard, 410 p., 22 €.
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Catégories : La littérature
Littérature:Oscar Wilde, échec et mat à Paris
JEAN-CLAUDE PERRIER.Publié le 24 mai 2007Actualisé le 24 mai 2007 : 11h52Oscar Wilde à Paris de Herbert Lottman traduit de l'anglais (États-Unis) par Marianne Véron Fayard, 260 p., 19 €.Le biographe américain Herbert Lottman suit l'écrivain pas à pas dans la capitale grâce à sa correspondance et à de nombreux témoignages.
SOUS son titre quelque peu réducteur, Oscar Wilde à Paris, le biographe américain Herbert Lottman, qui s'est spécialisé dans l'étude minutieuse de la vie intellectuelle française (on lui doit en particulier une biographie d'Albert Camus, publiée au Seuil en 1978, ou encore un essai sur L'Épuration : 1943-1953, paru à la Librairie générale française en 1994), s'est en fait adonné à une réinterprétation de la vie du malheureux Oscar Wilde (1854-1900) à partir de son tropisme parisien.
Irlandais, francophone, Wilde découvrit la France dès l'âge de vingt ans, en compagnie de sa mère, l'extravagante lady Jane, qui militait farouchement pour l'indépendance de son pays et se faisait symboliquement appeler Esperanza. Un voyage d'initiation, comme tous les jeunes gens bien nés en accomplissaient à l'époque. Mais, au-delà, Wilde s'est vite senti plus chez lui de ce côté-ci du Channel qu'en Angleterre, dans ce Londres victorien qui le fascinait, où il brûlait d'être reconnu : et il le sera, grâce à ses pièces de théâtre, L'Éventail de Lady Windermere ou Une Femme sans importance, juste avant son procès et sa chute, en 1895. En matière d'« outrage aux bonnes moeurs », surtout lorsque l'un des protagonistes était un aristocrate, lord Alfred Douglas, fils du venimeux marquis de Queensbury, l'Angleterre était bien plus socialement conservatrice, bien moins libérale que la France, laquelle, depuis le XIXe siècle, pratiquait une certaine tolérance à l'égard de ses artistes. À condition qu'ils ne s'affichassent point de façon trop scandaleuse. Si Verlaine avait eu des ennuis, ce n'était pas à cause de ses relations avec Rimbaud, mais parce qu'il lui avait tiré dessus à coups de revolver.
Au Père-Lachaise, une statue de lui nu
Herbert Lottman, grâce à sa correspondance, aux témoignages de ses quelques vrais amis ou de ses contemporains, pas forcément bien disposés à son égard (Léon Daudet, par exemple, ou le peintre Whistler, qui ne l'aimaient guère), suit pas à pas Oscar Wilde dans ses pérégrinations parisiennes : les grands hôtels de la rive droite ou les cafés à la mode des Grands Boulevards, où, au temps de sa splendeur, il tenait table ouverte, entretenant une nuée de courtisans, parasites, jolis garçons plus ou moins vénaux. Mais aussi, et c'est sans doute la partie la plus novatrice de ce livre, lorsque, à sa sortie de prison en 1897, Wilde, ruiné, brisé, devenu un paria malade et incapable d'écrire, se réfugia, d'abord en Normandie, puis à Paris, dans des chambres d'hôtels minables du Quartier latin, qu'il ne pouvait d'ailleurs pas toujours payer : sa correspondance de ces années-là n'est qu'une litanie d'appels au secours pathétiques à son éditeur anglais, à ses amis proches, souvent même à de simples connaissances, afin qu'ils le dépannent de quelques livres. Parmi lesquels Gide, qui n'abandonnera jamais Wilde, en dépit de ses attitudes provocantes qui le heurtaient. Ou encore l'excellent M. Dupoirier, le propriétaire de l'hôtel d'Alsace, rue des Beaux-Arts, où Wilde mourut le 20 novembre 1900, et qui fut pour lui plus un mécène qu'un logeur. Son nom méritait, à ce titre, de passer à la postérité.
Il y a encore, à la fin du livre de Lottman (qui s'achève abruptement sur un portrait de la nièce de Wilde), un chapitre étonnant : le sculpteur Jacob Epstein ayant réalisé pour la tombe de l'écrivain au Père-Lachaise une statue de lui nu, dans l'esprit du Balzac de Rodin (qui fit scandale en son temps), il fallut attendre jusqu'en 1914 pour que l'oeuvre fût visible dans son intégralité... Même après sa mort, Oscar Wilde, qui avait tout raté, continuait à choquer. -
Papa
Que de silences et de cris entre nous
Que de secrets trop bien gardés
Que de colères mal contrôlées
Que d’amour entre nous
Un amour mêlé d’admiration
Pour l’homme que tu es
Et d’incompréhension
Pour le père qui se tait
Quelle souffrance
Et quelle rancœur
Face à ton indifférence
Qui me brise le cœur
J’ai essayé de forcer notre ressemblance
Pour te plaire, papa
Pour finalement outrer mes différences
Pour te réveiller, papa
Que de talents tu portes en toi
Que de douleurs aussi
Que tu as partagé parfois
Avec moi, ta fille qui te chérit
Pourquoi ne pas parler
De ce qui nous rapproche
Aimer même
Ce qui nous sépare
Le 19 juillet 2006
BONNE FETE PAPA
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Catégories : La peinture, Le Maroc:vie et travail
Ahmed El Amine
Artiste peintre-plasticien
Né en 1966 à Casablanca
Lauréat d’école des arts plastiques de Casablanca.
Diplôme de pédagogue spécialisé en Arts plastiques.
Vit et travaille à Azemmour.
Expositions et Manifestations Culturelles2006 : Les contes d'amour, Galerie 104, El jadida
Dialogue : Nuit d'Arts Plastiques de Musique et de Poesie4ème Festival des Arts Plastiques de Settate
2005 : Carrefour des arts, Casablanca à la cité portugaise Eljadida
Journées Blanches Peintures murales médina Azemmour
2ème GENAP, Sacré Cœur, Casablanca
Hôtel des ventes aux enchères CMOOA de Casablanca
1er Festival des Arts Plastiques de Tamellalet2004 : Espace Daisy D, Casablanca
1ère GENAP, Sacré Cœur, Casablanca
1er Salon des Arts Locaux d’Azemmour
14ème Exposition internationale de Barcelone Espagne
1er Rencontre des Arts Immouzer Mermoucha
Galerie Akwas Azemmour
Vente aux enchères au profit des sinistres d’El Hoceima au royal golf d’ El Jadida
L'hospitalité en partage tapis mural2003: Les narrateurs Galerie 104 El Jadida
Galerie Marsam Rabat
2ème Festival des Arts Plastiques de Settate
Soleil d’hiver, club med d’ Agadir
2002: Les narrateurs Galerie 104 Eljadida
Espace cultue cité portugaise Eljadida
Bibliothèque municipale de Zmamra
5ème Printemps d'Agadir
1er Festival des Arts Plastiques de Settate
Maison des Arts et Loisirs Laon France2001: 2ème Festival Culturel de Chichawa
Fen’Art à la galerie Bab Doukkala Marrakech2000 : Temps Bleus Carrefour des Arts Casablanca
Art Marocain en France Vichy
Cervantès Tanger
Expo 1/2000 Chauny FranceSOURCE DE CET ARTICLE ET DE CES IMAGES:
http://www.articite.com/fiches-ez/Ahmed-El-Amine-N98.htm
J'ai découvert cet artiste, il y a peu, à la galerie Nadar de Casablanca.
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Catégories : Mes travaux universitaires
"Le paysage dans les oeuvres poétiques de Baudelaire et Nerval", mon mémoire de lettres modernes (mention bien) en vente sur Lulu; le résumé
La nature tient une place prépondérante dans cette étude (mon mémoire de maîtrise obtenue en 2001 avec la mention bien) puisqu’elle est présente même au sein du paysage urbain où elle est domestiquée par l’homme et surtout le poète. L’horizon est une problématique essentielle, notamment dans les paysages désertiques. Dans les « Fleurs du Mal »(FM), le paysage désertique est aussi spleenétique
Lors de la sexualisation du paysage, l’horizon est inséparable de la femme aimée. L’occultisme et l’alchimie sont présents tout au long de l’étude. La réunion des contraires (coincidentia oppositorum) se réalise dans les Correspondances, systématisées dans le célèbre sonnet de Baudelaire.Les rapprochements intertextuels sont inévitables. En ce qui concerne, Nerval, il s’agit surtout du romantisme allemand (Novalis, Jean – Paul Richter notamment)
Pour Baudelaire, on peut évoquer Hoffmann (pour le lugubre des paysages nocturnes par exemple). On perçoit aussi dans les FM l’influence d ‘anglais comme Young (les paysages nocturnes encore) ou Coleridge (le rôle de l’imagination dans la création poétique).Il est impossible d’évoquer l’onirisation du paysage sans citer Aurélia, ni le paysage en peinture sans utiliser l’œuvre critique de Baudelaire. En ce qui concerne justement la peinture, il s’agissait d’établir les rapports entre les paysages de certains artistes et les paysages contenus dans les poèmes de Baudelaire et Nerval. Il semblait important d’évoquer les rapports personnels qui ont pu exister entre les deux poètes et certains peintres. Le dernier axe essentiel de cette étude est la temporalité du paysage.
Les paysages urbains des « Tableaux Parisiens » naissent de la confrontation entre modernité et historicité, entre la réalité historique et les images crées par le poète selon sa volonté. En contraste avec la vision souvent maussade de Paris, les paysages exotiques des FM rappellent parfois ceux du XVIII e siècle (Bernardin de Saint – Pierre).
Les paysages originels se situent bien - sûr du côté de l’enfance : le Valois, l’Agenais ou Paris mais aussi en Orient qui donne l’impression de conserver l’Antiquité vivante.
La conscience qui se cherche peut espérer se reposer au Paradis qui ressemble souvent à l’enfance mais les paysages limbiques ressemblent déjà aux paysages spleenétiques et infernaux.
Ce mémoire complet (ainsi que mon recueil de poèmes)est en vente sur Lulu:
(lien à gauche sur ce blog) -
Catégories : Des expositions, La peinture
Expo de peinture
Rogier van der Weyden : "Madonna" (The Huntington Library, San Marino) et "Philippe de Croÿ" (KMSKA).
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Catégories : Des expositions, Le Maroc:vie et travail
La Fourousiyya à l'IMA (Paris)
Une exposition consacrée aux arts équestres dans l'Islam va se tenir du 26 juin au 21 octobre 2007. L'occasion d'admirer des pièces prestigieuses collectées par la Furusiya Art Foundation depuis de longues années, après de patientes recherches et acquisitions, auprès de particuliers et dans les ventes publiques.
Certaines des pièces présentées remontent au VIIIème siècle. C'est la première fois qu'une exposition de cette envergure a pour thème la chevalerie en terre d' Islam.
Plus d'informations sur le site de l'IMA Paris.
Source de cet article:http://www.marocantics.com/museemaroc/2007/05/la_fourousiyya_.html
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Catégories : Mes travaux universitaires
"Le paysage dans les oeuvres poétiques de Baudelaire et Nerval", mon mémoire de lettres modernes (mention bien) en vente sur Lulu; la table des matières
TABLE DES MATIERES INTRODUCTION
1.LE PAYSAGE
1. 1. Définitions
1. 2. Problématiques
1. 2. 1. Le pays
1. 2. 2. L'horizon
1. 2. 3. La nature
1. 2. 4. Le paysage intérieur
1 .2. 5. Poétiques
2. LES OEUVRES ETUDIEES
2. 1. Charles Baudelaire: Les Fleurs du Mal
2. 2. Gérard de Nerval
PREMIERE PARTIE: POETIQUE DU PAYSAGE
1. LA CONSTRUCTION TYPOLOGIQUE DU PAYSAGE. 1. 1. Les quatre éléments
1. 2. Des paysages littérairement et culturellement construits
1. 2. 1. Poétique de l'eau
1. 2. 2. Poétique du feu.
1. 2. 3. Poétique de l'air.
1. 3. Les états intermédiaires de la matière
1. 3. 1.La transmutation de l’air : l’écharpe d’Iris
1. 3. 2. Les papillons, les oiseaux et la verdure 1. 3. 3. L’orage.
1. 3. 4. L’île. 1. 3. 5. La grotte
1. 3. 6. Le brouillard ou la brume 1. 3. 7. La neige et la glace
2. LA SYMBOLISATION DU PAYSAGE. 2. 1. Lumière et saisons poétiques
2. 1. 1. La représentation antithétique
2. 1. 2. L’ambivalence 2. 1. 3. L’ambiguïté
2. 2. La sexualisation du paysage dans Les Fleurs du Mal.
2. 2. 1. Le corps tout entier
2. 2. 2. La chevelure 2. 2. 3. Le visage
2. 2. 4. Les yeux
2. 2. 5. Le sexe
2. 3. La totalisation du paysage chez Nerval .
DEUXIEME PARTIE : LE PAYSAGE ENTRE VISIBLE ET INVISIBLE. 1. CORRESPONDANCES
1. 1. Les références occultistes
1. 1. 1. L’alchimie
1. 1. 2. L’illuminisme
2. La théorie des Correspondances
1. 2. 1. Baudelaire
1. 2. 2. Gérard de Nerval.
2.ONIRISATION DU PAYSAGE
2. 1. Le sommeil
2.2. Le rêve
2. 3. L’ « épanchement du songe dans la vie réelle » (Aurélia ) 2. 4. Les paradis artificiels
3. LA SYMBOLIQUE DES COULEURS
3. 1. Les couleurs de la mort
3. 2. Les couleurs du soleil
3. 3. Les couleurs de l’enfer
3. 4. Les couleurs des yeux.
3. 4. 1. Les yeux noirs
3. 4. 2. Les yeux verts
3. 5. Les couleurs de la nature
3. 6. Les couleurs du spleen
3. 7. Les couleurs mystiques
4. PAYSAGE, POESIE ET PEINTURE.
4. 1. Le paysage réconciliateur
4. 1. 1. Antoine Watteau. (1684 – 1721) 4. 1. 2. Claude Lorrain. (1600 – 1682) 4. 2. Le paysage romantique.
4. 3. Le paysage réaliste .
4. 3. 1. Gustave Courbet.(1819 – 1877)
4. 3. 2. Edouard Manet. (1832 – 1883)
4. 4. Le paysage comme horizon.
4. 4. 1. Caspar David Friedrich. (1774 – 1840)
4. 4. 2. Eugène Fromentin. (1820 – 1876)
TROISIEME PARTIE: TEMPORALITE DU PAYSAGE. 1. LE PAYSAGE HISTORIQUE1. 1 Le contexte.
1. 2. 1. La géographie parisienne
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Catégories : La peinture, Le Maroc:vie et travail
Mohamed Krich
Son site, sa gelerie virtuelle:http://www.artabus.com/french/krich/
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Catégories : L'art, Le Maroc:vie et travail
Salima Raoui au Carrefour des arts du 8 au 30 juin 2007
Ma toile est une maison d’hôte dans laquelle je ne joue qu’un petit rôle, passant de celui de l’hôtesse à celui de l’invitée. Ma réflexion intérieure trouve son compagnon externe ; l'art est mon équilibre, mon miroir.
Je deviens une partie de la grande toile libre, tout en disparaissant en elle ,peignant tout autour de moi, centre de la toile jusqu’à ne plus y trouver ma place. Cette expérience me confirme qu'afin de créer je dois lâcher mon propre désir de produire quelque chose et devenir docile à ce qui est vivant en moi. Pendant ce processus, je vis complètement « l’être ici et maintenant, » en éprouvant le présent dans son intensité et en espérant le rendre éternel et universel.
L'art pour moi est mystère ; peindre est tenter d’en saisir une infinie partie. Le reste à compléter, appartient à l’imagination et la réceptivité du regardeurCE TEXTE EST TIRE DU SITE DE L'ARTISTE:http://www.salimaraoui.com/home.htm
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Catégories : L'ésotérisme, Nerval Gérard de
Gérard de Nerval et la Pensée Hermétique [Jean-Pierre Bayard] (clin d'oeil à Ambroise)
Introduction au Voyage en Orient
- Où comptez-vous aller, en quittant mes États ? demanda le roi Salomon avec une feinte insouciance.
- À Tyr, répliqua sans hésiter l'artiste : je l'ai promis à mon protecteur, le bon roi Hiram, qui vous chérit comme un frère, et qui eut pour moi des bontés paternelles. Sous votre bon plaisir, je désire lui porter un plan, avec une vue en élévation, du palais, du temple, de la mer d'airain, ainsi que des deux grandes colonnes torses de bronze, Jakin et Booz, qui ornent la grande porte du temple.
Dans ce chef-d'œuvre de la Tradition initiatique occidentale qu'est le Voyage en Orient, Gérard de Nerval, dans la quatrième partie de son ouvrage, restituée ici in extenso - texte essentiel si souvent cité partiellement, et pourtant rarement lu dans son contexte originel - l'auteur, empruntant un sentier mystérieux parfumé de tous les encens d'Égypte, nous conte de la plus belle des manières, se servant des légendes ancestrales, des récits de voyages, et des rituels cachés, les vérités inconnues des secrets mystagogiques, nous instruisant notamment du grade de Maître. Jean-Pierre Bayard dans une introduction lumineuse nous dévoile la nature des éléments épars ; biographiques, historiques, symboliques et initiatiques, pour mieux nous faire appréhender la prose onirique et enflammée de l'écrivain fou d'Hermétisme.
Avec Jean-Pierre Bayard soyons certain que :
« Gérard de Nerval nous a légué la chaîne indiscontinue de la pensée traditionnelle dans la langue la plus limpide en nous faisant parcourir le chemin du soleil des pôles. »
Un texte mythique de Gérard de Nerval
Le Voyage en Orient – Les Nuits du Ramazan
Introduit et commenté par Jean-Pierre Bayard
230 pages
Tirage de tête numéroté à 300 exemplaires sur papier centaure ivoire,
SOMMAIRE :
Avant-propos
Jean-Pierre Bayard / Gérard de Nerval et la pensée hermétique.
Introduction au Voyage en Orient
Annexe I - Gérard de Nerval / Le Voyage en Orient ; Les Nuits du Ramazan - (Les Conteurs)
Annexe II - Gérard de Nerval / Les Illuminés (Cagliostro et le XVIIIe siècle)
Annexe III – Arcadia / Gérard de Nerval et le secret de la Licorne
Source:
http://www.atelier-empreinte.fr/gerarddenervaletlapenseehermetique-p-995.html -
Catégories : Les polars
UN THRILLER MASQUÉ
Sébastien en taule
Une plongée en apnée dans la cellule de Zarkane, condamné par les jurés d'une cour d'assises à vingt-deux ans de prison pour un double meurtre dont il se dit innocent. Il raconte sa vie incroyable à son codétenu : petit Gitan né d'une aventure sans lendemain, il a grandi dans un camp près de Toulon. D'une mère gitane et d'un père russe, il a appris la vie au milieu d'enfants qui « devenaient des hommes sans passer par l'adolescence » . Recueilli par un médecin au grand coeur à la mort de sa mère, il devient pour son malheur le protégé d'un mafioso, Fernand, dit l'Anguille. Scénario impeccable, bande-son irréprochable ( vous comprendrez en le lisant ), ce thriller a de quoi surprendre. Reçu à la rédaction du « Nouvel Observateur » il y a quelques semaines, il serait passé presque inaperçu au milieu des dizaines d'autres nouveautés s'il n'y avait eu cette émission chez Laurent Ruquier où Joseph Lubsky est apparu pour la première fois. Un drôle de vieux type. Crâne rasé, démarche hésitante, élocution bizarre ( genre Brando dans « le Parrain ») : ce personnage étrange ne s'est pas démonté lorsque Michel Polac a déclaré ne pas avoir aimé son livre en finissant par admettre qu'il ne l'avait pas lu. « Alors, votre opinion n'a pas d'importance pour moi », a répliqué le vieil homme du tac au tac, mettant les rieurs de son côté. Il était si bien grimé qu'il a dupé tout le monde. Bien malin qui aurait reconnu Patrick Sébastien. « Je n'ai pas voulu faire de bluff, dit-il, j'ai vraiment écrit “ la Cellule de Zarkane” . Mais, si j'avais signé de mon nom, les critiques n'auraient même pas mis le nez dedans. » On vient pourtant de le faire, et voici notre verdict : « la Cellule de Sarkane » ( qui va devenir un film pour France 2 ) est un vrai bon thriller. Bravo !
« La Cellule de Zarkane », par Joseph Lubsky, Florent Massot, 302 p ., 19, 50 euros.
Marie-France Rémond
Le Nouvel Observateur - 2221 - 31/05/2007
Source:
http://livres.nouvelobs.com/p2221/a345945.html
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Catégories : Des lieux
Bienvenue au Livre-Hôtel !
C'est le palace qui fait fureur à Manhattan : au Library Hotel, chaque étage et chaque chambre sont consacrés à des oeuvres littéraires. L'écrivain Gaspard Koenig y a dormi. Il raconte
De notre envoyé spécial à New York
Ce pourrait être la bibliothèque de Babel telle que Borges la rêvait, d'interminables galeries de livres suspendues à des hauteurs vertigineuses. Situé au coeur de Manhattan, à l'angle de Madison Avenue et de la 41 e Rue, le Library Hotel offre l'unique exemple au monde d'un hôtel intégralement conçu sur le modèle d'une bibliothèque. Chacun des douze étages correspond à un domaine de connaissances particulier ( langues, sciences, arts, littérature, histoire, etc. ), qui se décline ensuite, selon les chambres, en différents thèmes : ainsi, le 9 e étage, « Histoire », comprend les chambres « Biographies », « Géographie », « Histoire d'Asie », « Océanographie », « Histoire ancienne » et « Histoire contemporaine ». Une bibliothèque située à côté du lit est garnie d'un échantillon de 50 à 100 livres relatifs au sujet choisi. L'heureux occupant de la chambre « Biographies » aura tout le loisir de méditer les vies de George III, de Margaret Thatcher ou de Joe Di Maggio. La numérotation des 60 chambres de l'hôtel s'inspire comme de juste des principes de la classification décimale Dewey, ce système bien connu des habitués des bibliothèques qui consiste à répartir les ouvrages en 10 classes générales notées de 000 à 900, puis à opérer autant de divisions et de subdivisions que nécessaire en rajoutant des indices : notre chambre « Biographies », numéro 900. 004, sera donc un sous-ensemble de la section 900, « Histoire ». Dans l'hôtel, tout le monde trouve son compte à ce petit jeu arithmétique : les romanciers vont réviser leurs classiques en 800. 002, les avocats préparent leurs procès en 300. 006, les matheux bûchent en 500. 001. Les érudits consultent des encyclopédies en 1000. 003, tandis que les superstitieux, leurs voisins, déchiffrent leurs almanachs en 1000. 004. Les hypocondriaques se plongent dans des livres de médecine en 600. 004, et les insomniaques cherchent le remède à leur mal en 1100. 001 devant les traités de logique formelle. Les jeunes couples peuvent s'instuire en 800. 001, l'équivalent de la salle que les habitués de la bibliothèque Richelieu surnomment « l'Enfer ». N'oublions pas les enfants, envoyés en 500. 005 pour tout savoir sur les dinosaures, ou en 800. 005 pour lire le dernier conte à la mode. L'hôtel se trouve sur le Library Way, cette rue qui mène à la New York Public Library, la célèbre bibliothèque de la ville. On peut l'apercevoir depuis certaines chambres, en même temps que Madison Avenue, qui s'étire à perte de vue vers les deux extrémités de Manhattan. Tout autour, les gratte-ciel surplombent l'hôtel d'une bonne trentaine d'étages, créant cette sensation d'apesanteur si typique de Midtown. L'esprit se perd dans les livres, et les livres se perdent dans les perspectives démesurées de la Nouvelle Babylone. Si la bibliothèque est infinie, demandait Borges, possède-t-elle un catalogue ? Réponse dans la « Chambre des Chambres », la 1000. 001, consacrée précisément aux bibliothèques. « Mise en abyme » : à ces altitudes new-yorkaises, l'expression prend tout son sens. Sous ses grands airs métaphysiques, le Library Hotel reste cependant un lieu intime et confortable, répondant idéalement à la définition du boutique hotel : un établissement de luxe aux dimensions modestes, aménagé sans tape-à-l'oeil. La décoration intérieure, conçue par Andi Pepper, lui donne des allures de club anglais : tons crème, portes en bois, cuir matelassé au mur et sur les fauteuils, poignées de cuivre imitant celles des tiroirs de bibliothèque. Le choix du bois de mahogany, précieux, lourd et sombre, renforce cette atmosphère feutrée, presque confinée, si propice à la lecture ; seuls des bouquets de bambous et d'orchidées brisent par touches délicates l'austérité de l'ensemble. L'immense bibliothèque du hall, garnie de vieux livres aux reliures travaillées, donne d'emblée le ton : c'est un hôtel à découvrir par temps de pluie. Les différents salons de lecture invitent à la déambulation. Au 2 e étage, une longue pièce au bout de laquelle trône un piano quart-de-queue abrite une dizaine de bibliothèques murales, où les livres sont entassés dans un riant désordre. Le matin, une mère de famille assez pincée y lit « le Misanthrope » en prenant son petit déjeuner ; plus tard, dans la soirée, un avocat venu pour un congrès feuillette le dernier polar de John Grisham lors de la traditionnelle collation « vin et fromage ». Au 13 e étage, on trouve dans le « Cabinet des Ecrivains » quelques irréductibles solitaires enfoncés dans des fauteuils en cuir, et à demi assoupis, un livre sur les genoux, devant un feu de cheminée artificiel. Si l'on résiste à cette aimable torpeur, ce sera pour prendre la direction du « Jardin de la Poésie », situé juste en face ; une élégante véranda tout en verre et osier où l'on peut voir des professionnels de la pub plongés dans les oeuvres de Keats, de Coleridge ou de Thomas Hardy. En ratissant les chambres, les couloirs et les bibliothèques communes du Library Hotel, on réunirait au bas mot 6 000 livres, soit tout de même six fois plus que la célèbre librairie de Montaigne. Et l'on aurait devant soi le contenu d'un formidable grenier de grand-mère new-yorkaise, où l'on pourrait trouver aussi bien de vieux classiques dépareillés ( enfin l'occasion de relire Plutarque et Grotius !), des contemporains à succès ( Tom Wolfe le disputant à John le Carré ), des livres d'art ( de la sculpture rococo à l'inévitable Claude Monet ) que des ouvrages nettement plus improbables et souvent fascinants : les archives de la cour d'appel de New York de 1926, le catalogue de Sotheby's pour l'année 1987, les douze volumes de l' « Encyclopédie Britannica », « l'Interprétation des rêves » de Freud, un recueil des plus belles histoires de marins, le dictionnaire des termes géographiques, la recension des ventes aux enchères internationales en 1990, « Art et miracles dans la Byzance médiévale », un album animalier en japonais, et même le glossaire chinois-anglais des termes de la mécanique et de la métallurgie. C'est cet aspect fourre-tout qui confère au Library Hotel son charme le plus authentique. Achetés au petit bonheur chez Strand, l'immense librairie de New York, et régulièrement renouvelés, les livres circulent dans l'hôtel sans aucun contrôle, au point que quelque 200 sont volés chaque année. L'hôtel-bibliothèque ne possède pas de catalogue : aucun livre n'est indispensable. Il leur suffit de faire nombre. Quant au lecteur, il peut enfin en toute bonne conscience lire des navets, feuilleter des inventaires, ou se contenter de regarder les couvertures. Malgré ce thème omniprésent de la bibliothèque, qui va jusqu'à substituer au classique « Do not disturb » le signe « Let me read », le Library Hotel n'est pas un hôtel littéraire tel que Paris peut en offrir ( que l'on pense par exemple à l'H ôtel Pont-Royal ). On n'y trouvera guère de jeune auteur, la mèche au vent, d'éditeur en campagne ou de cocktails de remise de prix. Sa clientèle est essentiellement constituée d'hommes d'affaires, de publicitaires, d'avocats, de designers, et aussi de couples en voyage de noces, très intéressés par la chambre « Amour ». A l'image de tous les palaces internationaux, le Library Hotel fonctionne en partie comme un lieu de conférence pour cadres dirigeants. Ceux-ci disposent, au niveau du Penthouse, d'une salle de réunion qui, malgré son nom évocateur d' « Inspiration Room », ressemble à tous les bureaux d'entreprise. Le concept de l'hôtel reste avant tout marketing, et son milieu naturel celui du business. Son fondateur, Henry Kallan, n'a rien d'un bibliophile passionné ; il nous a d'ailleurs confessé ne jamais lire pour son plaisir. En revanche, il représente une des figures les plus achevées de l'American dream : débarqué en 1967 de Tchécoslovaquie, il fut d'abord employé comme simple groom, puis gravit peu à peu tous les échelons de la hiérarchie hôtelière jusqu'à créer son propre groupe, qui comporte à présent quelques-uns des hôtels les plus réputés de New York ( Giraffe, Casablanca, Elysée, Gansevoort ). Décidé à ouvrir un nouvel hôtel, Kallan remarqua un vieil immeuble de bureaux délabré en face de la New York Public Library, puis décida avec son architecte Stephen B. Jacobs de tenter l'aventure d'un Library Hotel. Celui-ci ouvrit ses portes en août 2000, et connut rapidement un immense succès, au point de figurer aujourd'hui en 5 e position dans le célèbre classement du site tripadvisor. com. Comme le dit Kallan : « Je savais que je tenais quelque chose de spécial , mais je n'aurais jamais imaginé que l'hôtel allait conquérir les coeurs de tant de voyageurs venus du monde entier. » Dans la bibliothèque de Babel, tout le monde finit par devenir lecteur. Ainsi, dans l'hôtel, les livres bougent, vivent, s'échangent. On les retrouve dans toutes les mains, délivrés de ce respect excessif dont les Français les entourent trop souvent. Ils découvrent, eux aussi, l'American way of life.
Library Hotel, 299 Madison Avenue at 41 e Street, New York City, www. libraryhotel . com. Réservations : ( 001 ) ( 1 ) 212-983-4500 . Tarifs : de 289 à 589 dollars.
Né en 1982, normalien, Gaspard Kœnig a publié en 2004 un premier roman très remarqué, « Octave avait vingt ans » (Grasset), qui lui a valu le prix Jean-Freustié, et, en 2006, « Un baiser à la russe ».
Gaspard Koenig
Le Nouvel Observateur - 2221 - 31/05/2007
Source:http://livres.nouvelobs.com/p2221/a345941.html -
Livre à lire:"La Révolte des accents" par Erik Orsenna(clin d'oeil à Monette)
Le sauveur de saveurs

par Delphine Peras

L'académicien publie La Révolte des accents, troisième volet de sa croisade contre ceux qui s'acharnent à nous ôter le goût de la langue française. Rencontre avec un touche-à-tout passionné.
Surprise: Erik Orsenna a rasé sa moustache! Il la portait «depuis toujours», assure- t-il. Alors? Cupidon est passé par là... A 60 ans tout ronds, l'académicien, élu en 1998, est amoureux comme un jouvenceau. Un vrai coup de foudre pour une femme médecin, il y a quelques mois. L'écrivain n'en dira pas plus. Mais le lien est tout trouvé avec son nouveau livre, La Révolte des accents, aujourd'hui en librairie, dont le message peut se résumer ainsi: aimer, c'est accentuer sa vie.
Ce joli conte plein de fantaisie et de poésie imagine en effet à quel point l'existence devient morne le jour où les accents, mais aussi les épices, prennent la poudre d'escampette. «En partie à cause d'Internet et de l'influence de l'anglais, on n'utilise plus les accents et ça me rend furieux», tempête Erik Arnoult (pour l'état civil) - il a emprunté Orsenna à Julien Gracq dans Le Rivage des Syrtes. «Or les accents sont révélateurs de l'esprit français. Même s'ils ont été inventés il n'y a pas si longtemps, dans les années 1550, notamment par un certain Jacques Dubois, ancien prof de lettres qui passait ses journées à disséquer les cadavres!»
Voilà le genre d'anecdotes qui ravit cet esprit curieux de tout, tout le temps. D'où un curriculum qui donne le vertige, de son titre de docteur en économie, spécialiste des matières premières, à ses postes de conseiller en tout genre, aussi bien à l'Elysée auprès de Mitterrand qu'aux Affaires étrangères avec Roland Dumas. Sans oublier l'Ecole nationale supérieure du paysage, à Versailles, ou encore le Centre de la mer à la Corderie royale de Rochefort, qu'il préside. Actuellement en disponibilité du Conseil d'Etat, où il a été nommé en 1985, ce voyageur impénitent, géographe de surcroît, est aussi l'auteur de moult essais, dont le célèbre Voyage au pays du coton (Orsenna prépare un deuxième tome sur l'eau), récits, romans, parmi lesquels L'Exposition coloniale, qui lui valut le prix Goncourt en 1988.
La Révolte des accents est le troisième volet de sa promenade dans la langue française entamée en 2001 avec La grammaire est une chanson douce, un best-seller inattendu: 500 000 exemplaires vendus, toutes éditions confondues. Ce succès, qui l'a «totalement surpris», Erik Orsenna l'explique par un sentiment partagé: «Comme moi, les parents ne comprenaient pas pourquoi ils ne saisissaient pas les questions qu'on posait à leurs enfants en classe de français. Il y avait là une dérive jargonneuse très étrange.»
Une dérive incarnée par le personnage de Mme Jargonos, l'enseignante trop savante que l'on retrouve dans Les Chevaliers du subjonctif, publié en 2004, puis dans cette suite sur les accents. Tout comme on y retrouve la jeune Jeanne et son frère Thomas, porte-parole candides de leur créateur, qui planche maintenant sur un dernier épisode, consacré à la ponctuation. «Je me sens avant tout pédagogue, passeur. Je ressens une espèce d'ivresse à apprendre et à transmettre», explique Orsenna. Message reçu par ses innombrables lecteurs, qui l'accompagnent avec ferveur dans cette croisade linguistique. «J'ai reçu un immense courrier après la sortie de La grammaire est une chanson douce. Les gens se sont littéralement approprié le livre, les écoliers l'ont prolongé par des spectacles, des comédies musicales.»
Rebelote avec Les Chevaliers du subjonctif: 150 000 exemplaires vendus. «La preuve qu'il existe une vraie curiosité pour la langue française.» Intarissable sur le sujet, Erik Orsenna ne craint pas de mettre les pieds dans le plat: «La langue est le lien social et républicain par excellence. Ce qui implique le devoir de parler français, mais aussi le droit de l'apprendre, notamment pour les communautés d'origine immigrée, où les femmes sont souvent maintenues par leur mari en état de dépendance linguistique, c'est-à-dire de dépendance totale. J'ai toujours défendu cette articulation droits-devoirs, ce qui a fait grogner dans mon camp.»
Comprendre: le clan socialiste, auquel il appartient de longue date. «En cette époque de ralliements, je préfère être en colère dans mon groupe plutôt que dans l'autre. C'est ce que j'ai dit à Sarkozy il y a quatre mois, quand il m'a gentiment proposé de travailler avec lui.» Co-rédiger un rapport sur la grammaire demandé par Gilles de Robien, ou diriger l'Observatoire national de la lecture sur la proposition de François Fillon, oui. Intégrer un gouvernement de droite et être solidaire de son action, non. Autant dire que l'homme est moins versatile qu'il n'y paraît: «Je suis d'accord avec Sarkozy quand il dit des choses de bon sens. Mais quand il se plaint de voir figurer La Princesse de Clèves au programme du concours d'attaché d'administration, je suis triste de le savoir président de la France. Ce chef-d'œuvre de la littérature française devrait même être lu dans les quartiers difficiles. Car la plupart des jeunes qui y vivent n'ont qu'une seule patrie, la langue.»
L'Académie française est un tantinet à la traîne... «Elle est un peu sage, en effet», regrette l'occupant du fauteuil n° 17, qui fut celui de l'éminent Littré et du commandant Cousteau. Très assidu aux séances du dictionnaire, le jeudi, leur successeur s'y amuse beaucoup: «Nous en étions récemment au mot "repu". Il y avait un exemple: "repu d'honneurs". Je demande la parole pour dire que ma fréquentation de l'espèce humaine ne m'a jamais fait rencontrer une seule personne repue d'honneurs.» A ce moment-là, Valéry Giscard d'Estaing lève la main et déclare: «Ma propre fréquentation de l'espèce humaine me fait confirmer la remarque judicieuse d'Erik Orsenna.» Lequel s'empresse d'ajouter: «Je suis l'exception qui confirme cette règle. Moi, je suis repu d'honneurs et je n'en veux plus.» Il ne veut rien que du bonheur...
La Révolte des accents
Erik Orsenna
éd. STOCK
136 pages
13,5 €
88,55 FFSource:http://livres.lexpress.fr/portrait.asp/idC=12794/idR=5/idG=3
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Catégories : Des paysages de Baudelaire et Nerval. Essai
Mon mémoire de maïtrise,"Le paysage dans les oeuvres poétiques de Baudelaire et Nerval(15/20)" en vente sur Lulu
Avec moi, vous parcourrez les paysages littérairement et culturellement construits par Baudelaire dans ses Fleurs du Mal et par Nerval dans ses poèmes.Ces paysages peuvent être symbolisés et se situent souvent entre visible et invisible.
La théorie des correspondances joue un rôle essentiel dans la construction du paysage et la symbolique des couleurs conduit à rapprocher paysage, poésie et peinture.
Quant à la temporalité du paysage, elle vous conduira dans le paysage historique de Paris au XIX e siècle et vers les rivages mélancoliques de l’Ailleurs.
A travers ces paysages naturels ou urbains, vous découvrirez les paysages intérieurs de Baudelaire et Nerval qui sont aussi un peu les miens…
CERTAINS TEXTES,POEMES ET ARTISTES EVOQUES DANS CE MEMOIRE SONT PRESENTS SUR CE BLOG, CF.NOTAMMENT CATEGORIES "Baudelaire" ET "Nerval"
Ce mémoire ainsi que mes paysages poétiques (recueil de poèmes) sont à vendre et télécharger sur Lulu: -
Catégories : Des femmes comme je les aime
20 ans de la mort de Dalida
Reportage photo sur:http://www.lexpress.fr/info/quotidien/24himages/
Vingt ans après sa disparition le 3 mai 1987, Paris rend hommage à la chanteuse Dalida, à l’occasion d’une grande exposition (jusqu'au 8 septembre 2007), la première jamais consacrée à cette artiste. Images de la transformation de la jeune Yolanda Gigliotti, Miss Egypte aux cheveux de geai et aux yeux bordés de khôl, en Dalida, sirène blonde gansée de strass, et reine incontestée des shows et du disco
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Catégories : La peinture, Le Maroc:vie et travail
Peinture marocaine:Ahmed Slamti
Source de l'image:http://www.slamtigallery.com/wp-content/plugins/fgallery/fim_photos.php?album=Galerie/&image=10.jpgAhmed Slamti est né à Sefrou au Maroc en 1944. Après une carrière comme banquier il se lance dans la peinture pour s’évader et renouer avec son enfance montagnarde où
l’authenticté, la simplicité et la nature sont les fresques de la vie . Son art révèle une palette infinie de couleurs chaudes à l’image du Maroc. Les tableaux de cet artiste peintre respirent la vie de tous les jours du premier coup d’oeil. Son style joue de tous les contraires: du figuratif à l’art abstrait, de l’ombre à la lumière. Ses œuvres chatoyantes sont exécutées aussi bien avec de la peinture à l’huile que de l’acrylique. Quand on lui demande ce qu’il cherche à travers sa peinture, il répond: “la liberté, l’émotion, la beauté”. L’originalité de l’art de ce peintre est l’utilisation de la peau de chèvre comme support à ses œuvres et le subtil mélange de pigments marocains rares. Son œuvre est un hommage à des villes comme Marrakech, Chefchaouin, Essaouira mais surtout aux marocains.CETTE PRESENTATION PROVIENT DE SON SITE OFFICIEL OU VOUS TROUVEREZ UNE GALERIE ET UN CATALOGUE DE SES OEUVRES:
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Catégories : Mes textes d'adulte
4 PETITS VERS INEDITS SUR CE BLOG: Toujours seule
Toujours seule dans son coin
Comme une petit meule de foin
Qui chercherait son grand champ
En ville ; elle finit par lever le camp.
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Catégories : La littérature
Littérature:Rebondissement dans l'affaire Bovary
ASTRID DE LARMINAT.Publié le 24 mai 2007Actualisé le 24 mai 2007 : 11h50Philippe Doumenc - Emma s'émancipe de son créateur. La voilà en reine posthume d'un « polar » qui invente une suite au roman de Flaubert.
FLAUBERT, sur son lit d'agonie, l'avait pressenti : « Cette pute de Bovary va vivre et moi je vais mourir comme un chien. » Mme Bovary s'est émancipée de son créateur. Elle est devenue un mythe, presque un nom commun. L'icône de la femme infidèle est tombée dans le domaine public. Elle s'est commise avec d'autres romanciers qui ont joué avec elle, la travestissant à leur goût. Philippe Doumenc n'est pas le premier de ces profanateurs. Mais on n'était sans doute jamais allé aussi loin dans le « viol littéraire » qu'avec sa Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary...
Doumenc reprend l'histoire au moment de l'agonie d'Emma et lui fait suivre un autre cours. À travers le personnage de Rémi, jeune assistant de police envoyé par la préfecture de Rouen, le romancier diligente une contre-enquête sur la mort de l'héroïne, imaginant qu'elle ne se serait peut-être pas suicidée mais aurait été assassinée.
À première vue, le récit de Doumenc est fidèle à celui de Flaubert, dont il respecte le détail et le genre. Mais, peu à peu, son propos se révèle bien plus irrévérencieux qu'il n'y paraît. Rétrospectivement, il réécrit le roman d'Emma, réinterprète le personnage. La voilà moins sentimentale, plus avertie ; plus prosaïque, moins troublante. Doumenc met en avant tel personnage qui était secondaire chez Flaubert, en efface d'autres. En faisant de Flaubert lui-même un personnage qui apparaît à l'enterrement de sa Mme Bovary, Doumenc brouille les pistes. Il amène le lecteur à l'idée qu'Emma Bovary a réellement existé, qu'elle n'a rien à voir avec la Delphine Delamare dont Flaubert disait s'être inspiré, que son propre récit est une scrupuleuse relation de sa vie, tandis que Flaubert, lui, l'aurait romancée et même interprétée de travers...
Qui voulait la mort d'Emma ?
On aime cette impertinence à l'égard du maître du roman. D'autant que Philippe Doumenc a réussi un divertissant exercice littéraire ainsi qu'une variation bien troussée autour des histoires d'envie et d'amour que recèle une bourgade de province à une époque pudibonde. Son livre est aussi un « polar » efficace, où il apparaît que la culpabilité est la chose la mieux partagée du monde. En effet, comme les interrogatoires le montrent, plusieurs personnes dans l'entourage d'Emma avaient des raisons de souhaiter qu'elle disparaisse...
Pourtant, il suffit de relire le chef-d'oeuvre de Flaubert pour être persuadé que toute copie fait pâle figure. La publication en fac-similé de la première édition de Madame Bovary, et plus précisément de l'exemplaire où Flaubert avait reporté les coupes qu'on voulait lui imposer, est l'occasion de redécouvrir l'original, inégalable.
Sur cet exemplaire qu'il destinait à la postérité, afin que l'on sache à quelle censure inepte on voulait le soumettre, Flaubert, frémissant de rage, a barré, rayé et mis entre crochets les phrases et les passages qui n'étaient pas du goût de l'éditeur de La Revue de Paris où son roman allait paraître en feuilleton. Outre les mots interdits - adultère, concubine, filles, concupiscence -, les descriptions trop détaillées du corps humain et l'évocation de réalités jugées triviales - « le morceau de veau cuit au four », « un long jet de salive brune » - sont mises à l'index par le bon goût du temps. L'éditeur voulait également que le romancier refasse deux ou trois scènes qui tiraient en longueur : les noces de Charles et d'Emma et la fameuse fête des comices...
Scandale avant parution
Mais Flaubert, après quatre ans et demi de travail et 4 500 pages raturées, n'était pas d'humeur à laisser frelater son texte. Il envisageait de traîner en justice l'éditeur (lequel était un peu surpris de l'irascibilité de cet auteur inconnu auquel il pensait faire un honneur en le publiant) quand le ministère public l'attaqua le premier pour immoralité...
Préfacé par Yvan Leclerc, professeur à l'université de Rouen et directeur du Centre Flaubert, un livret qui rassemble des extraits des pièces concernant cette affaire ainsi que des lettres et notes inédites de l'auteur accompagne judicieusement la publication de « l'exemplaire témoin ». Lequel atteste aussi qu'Emma Bovary défrayait la chronique judiciaire avant la parution du roman de Flaubert. Et si c'était Doumenc qui avait raison ?
Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary de Philippe Doumenc Actes Sud, 185 p., 18 €. Madame Bovary de Gustave Flaubert Coédition Alinéa-Point de vues-Élisabeth Brunet, Libraires éditeurs, 490 p., 29 €. -
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