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Laura Vanel-Coytte: écrivaine publique. Entreprise Siret:884 135 807 00011 à votre service - Page 1467

  • Catégories : La télévision

    Télévision:Ce soir à 20h50 sur France 2 : "Le clan Pasquier" (d'après Georges Duhamel )sur France 2

    75a1dedca8081e0e6769ccda87bda2d9.jpgLES PASQUIER ONT RENDEZ-VOUS AVEC LE XXE SIÈCLE QUI COMMENCE,
    SES ESPOIRS ET SES DÉSILLUSIONS. UNE ADAPTATION DE LA FRESQUE DE GEORGES DUHAMEL SIGNÉE JEAN-DANIEL VERHAEGHE ET JOËLLE GORON

    Episode 3/4. La famille Pasquier s’agrandit : Joseph est père de deux petites filles et Cécile annonce qu’elle est enceinte et vient de se marier à Fauvet, un journalistemondain. Laurent est tombé amoureux de Catherine, Justin a rompu les liens avec sa famille bourgeoise et pour mettre ses idées en accord avec ses actions, il travaille en usine.

    Dans un deux pièces décrépit vit la famille Pasquier : Ram, le père, fantaisiste et séducteur, Lucie, la mère aimante et dévouée, et les quatre enfants : Joseph, Ferdinand, Laurent et Cécile. Si la viande vient parfois à manquer dans l’assiette, si les vêtements de l’aîné sont réutilisés pour le petit frère, l’amour de cette famille forme un ciment que le temps n’entamera jamais. Suite à un héritage, la famille Pasquier va peu à peu quitter la misère pour s’élever dans l’échelle sociale au fur et à mesure que les enfants vont grandir.

    Source de cet article:http://programmes.france2.fr/le-clan-pasquier/index.php?page=article&numsite=30&id_article=37&id_rubrique=31

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    Georges Duhamel naît en juin 1884 à Paris dans une famille nombreuse et modeste. Son père, qui servira plus tard de modèle à “Ram” Pasquier, est un pharmacien fantasque et instable, qui entraîne sa femme et ses enfants dans des déménagements incessants. Georges n’en fait pas moins une brillante scolarité. Tiraillé entre deux vocations – scientifique et littéraire –, il choisit de n’en sacrifier aucune. Tout en poursuivant des études de médecine, il fonde avec son ami et beau-frère Charles Vildrac le groupe de l’Abbaye de Créteil, un phalanstère d’artistes (écrivains, musiciens, peintres…) vivant de travaux d’imprimerie. Ses études achevées, Duhamel entre dans l’industrie pharmaceutique tout en publiant de la poésie et des pièces de théâtre et en débutant comme critique littéraire au Mercure de France. Durant la Première Guerre mondiale, il s’engage comme chirurgien militaire, une expérience traumatisante dont il fera la matière de deux recueils de nouvelles, Vie des martyrs et surtout Civilisation, qui lui vaut le prix Goncourt 1918 et une notoriété immédiate. Il se consacre désormais entièrement à l’écriture et à une défense d’un humanisme moderne marqué par la dénonciation des impasses et des excès

    de la civilisation technique. De son oeuvre, protéiforme, qui mêle poésie, théâtre, essais, récits de voyages, etc., se détachent deux cycles romanesques, Vie et aventures de Salavin (5 volumes, 1920-32) et surtout Chronique des Pasquier* (10 volumes, 1933-45), à la fois fresque familiale et mémoires imaginaires, entreprise au moment où ses amis Roger Martin du Gard et Jules Romains écrivent respectivement Les Thibault et Les Hommes de bonne volonté. Époux de la comédienne Blanche Albane, Duhamel fréquente le théâtre de l’Odéon puis le Vieux-Colombier de Jacques Copeau, croise Picasso ou Gide, se lie au peintre Vlaminck… C’est désormais un intellectuel reconnu et écouté, qui a sa chronique dans le Figaro. En 1935, il prend la direction du Mercure de France, en 1936, il est élu à l’Académie française, l’année suivante à l’Académie de médecine, avant d’être nommé président de l’Alliance française, tâche qui l’entraîne dans de nombreux voyages en France et à l’étranger.

    Ardent pacifiste, partisan du rapprochement franco-allemand, Duhamel ne tarde pas, face à la montée de l’hitlérisme, à revoir ses positions et à dénoncer les accords de Munich. Durant l’Occupation, son oeuvre est interdite par les nazis. Nommé secrétaire perpétuel de l’Académie française (1942-46), il tient tête à la frange collaborationniste des “Immortels”. Cette position courageuse lui vaudra l’hommage public du Général de Gaulle. Après la guerre, Duhamel connaît “une vieillesse de grand prêtre de la langue française”, comme l’écrivait Maurice Druon dans son hommage à son prédécesseur, lors de sa réception à l’Académie française. “Pour les générations cadettes, il s’était un peu confondu avec les apparences de ce glorieux sacerdoce.” Il s’efface peu à peu. Georges Duhamel meurt le 13 avril 1966. À son fils Antoine, on doit les bandes originales de Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard, de Baisers volés, de François Truffaut, ou, plus récemment, de Ridicule, de Patrice Lecomte.

    * Chronique des Pasquier a été réédité en un volume aux éditions Omnibus, 1999.

    Source de cet article:http://programmes.france2.fr/le-clan-pasquier/index.php?page=article&numsite=30&id_article=50&id_rubrique=36

  • Catégories : L'actualité

    Académie française: Max Gallo contre Claude Imbert

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    Max Gallo et Claude Imbert briguent tous deux jeudi le fauteuil de Jean-François Revel à l'Académie française


    Ardent soutien du président Nicolas Sarkozy, Max Gallo, 75 ans, auteur d'une centaine de romans, biographies, études historiques, avait déjà présenté sa candidature en 2000 et n'avait alors obtenu que six voix.

    Pour Claude Imbert, 77 ans, il s'agit d'une première candidature.

    Journaliste à l'AFP, L'Express, Paris-Match, avant de cofonder en 1972 le magazine "Le Point", dont il est toujours l'éditorialiste, il a une demi-douzaine d'ouvrages à son actif, dont l'un, "Par bonheur", a obtenu en 1995 le Prix de l'essai de l'Académie française. Familier des plateaux de télévision, Claude Imbert a notamment animé avec Jacques Julliard (du Nouvel Observateur) un débat d'actualité hebdomadaire sur LCI, avant d'être remplacé par Luc Ferry.

    Les romans de Max Gallo n'avaient pas convaincu la Coupole
    Si les travaux historiques de Max Gallo publiés dans les années 1960 - notamment sur l'Italie fasciste et le franquisme - bénéficient du label universitaire, ses séries romanesques n'avaient guère convaincu les académiciens, malgré (ou à cause de?) leur franc succès auprès du grand public.

    Fils d'immigrés italiens, avec pour premier diplôme un CAP d'ajusteur, Max Gallo affiche volontiers sa fibre patriotique et une passion proclamée pour la République. Ancien militant communiste, député socialiste (1981-83), puis porte-parole du gouvernement (1983-84), il a rallié Nicolas Sarkozy. A ses côtés, il a participé le 16 mai à l'hommage aux résistants à la Cascade du Bois de Boulogne (où a été lue la désormais célèbre dernière lettre à sa famille de Guy Môcquet, résistant et communiste fusillé à 17 ans, en 1941, pendant la seconde guerre mondiale).

    Une élection serrée en perspective
    Le vote s'annonce serré, mais une élection blanche (aucun élu), qui retarderait le renouvellement de l'Institution, devrait être évitée. "Quand il y a un grand nombre de fauteuils vacants, il y a un réflexe des académiciens qui souhaitent des élections réussies", fait-on valoir à l'Académie.

    Une trentaine d'"immortels" seulement devraient prendre part au vote, compte tenu des sièges vacants et des absents pour raisons de santé ou parce qu'ils n'ont pas encore été "reçus", comme Alain Robbe-Grillet, pourtant élu en mars 2004.

    L'Académie française est pluridisciplinaire et compte des scientifiques, philosophes, sociologues, historiens ou d'anciens responsables politiques. Elle peine en revanche, depuis quelques années, à attirer les purs écrivains. Certains parmi les plus talentueux, comme Patrick Modiano ou J.M.G. Le Clézio, régulièrement pressentis, ont jusqu'à présent préféré se tenir à l'écart.







    Publié le 29/05 à 11:35



    Les Immortels sont mortels


    Cette élection est la première d'une série qui devrait s'étaler sur environ un an pour reconstituer les rangs des académiciens. Le nombre de fauteuils vacants n'a en effet jamais été aussi important depuis une vingtaine d'années, avec six décès enregistrés depuis le printemps 2006 : Jean-François Revel, Bertrand Poirot-Delpech, Jean-François Deniau, Henri Troyat, Pierre Moinot et René Rémond.

    La commission chargée de rédiger le fameux dictionnaire a ainsi perdu la moitié de ses membres en quelques mois. L'institution doit donc renouveler et, si possible, rajeunir ses effectifs.

    Une élection a lieu en moyenne un an après le décès d'un académicien, les votes devraient donc se succéder dans les mois à venir, avec probablement des "élections doubles", le même jour, comme cela s'est déjà produit.

    Source de cet article:
    http://cultureetloisirs.france2.fr/livres/actu/31255388-fr.php

  • Catégories : La poésie

    Je viens de (re) lire (je ne m'en lasse pas):"Les 100 plus beaux poèmes de la langue française". Anthologie de Jean Orizet. Le livre de poche, 2001.

    89a0bb8a7938c5a9feb9671602e4b138.jpgSource de la photo:http://cgi.benl.ebay.be/Les-cent-plus-beaux-poemes-de-la-langue-francaise-Neuf_W0QQitemZ170114301960QQihZ007QQcategoryZ39530QQcmdZViewItem

    Je vous propose un de ces 100 poèmes:

    Boris Vian
    Mouloudji
      
    Le déserteur
     

    Paroles: Boris Vian. Musique: Boris Vian & Harold Berg   1954
    © French Music

    Monsieur le Président
    Je vous fais une lettre
    Que vous lirez peut-être
    Si vous avez le temps
    Je viens de recevoir
    Mes papiers militaires
    Pour partir à la guerre
    Avant mercredi soir
    Monsieur le Président
    Je ne veux pas la faire
    Je ne suis pas sur terre
    Pour tuer des pauvres gens
    C'est pas pour vous fâcher
    Il faut que je vous dise
    Ma décision est prise
    Je m'en vais déserter

    Depuis que je suis né
    J'ai vu mourir mon père
    J'ai vu partir mes frères
    Et pleurer mes enfants
    Ma mère a tant souffert
    Elle est dedans sa tombe
    Et se moque des bombes
    Et se moque des vers
    Quand j'étais prisonnier
    On m'a volé ma femme
    On m'a volé mon âme
    Et tout mon cher passé
    Demain de bon matin
    Je fermerai ma porte
    Au nez des années mortes
    J'irai sur les chemins

    Je mendierai ma vie
    Sur les routes de France
    De Bretagne en Provence
    Et je dirai aux gens:
    Refusez d'obéir
    Refusez de la faire
    N'allez pas à la guerre
    Refusez de partir
    S'il faut donner son sang
    Allez donner le vôtre
    Vous êtes bon apôtre
    Monsieur le Président
    Si vous me poursuivez
    Prévenez vos gendarmes
    Que je n'aurai pas d'armes
    Et qu'ils pourront tirer

    Source:http://www.paroles.net/chansons/13819.htm

    Le Déserteur est une chanson écrite par Boris Vian, sur une musique de Harold Berg, dont la première interprétation a été diffusée en 1954.

    Cette chanson a été interprétée par, entre autres, Mouloudji (mai 1954), Boris Vian lui-même, Serge Reggiani, Richard Anthony, Claude Vinci, Dan Bigras, Leny Escudero et Peter, Paul and Mary. En 1983, Renaud en fait une adaptation, sous le titre Déserteur.

    Paul Faber, conseiller municipal de la Seine, avait été choqué du passage à la radio de cette chanson, et avait demandé à ce qu'elle soit censurée. En guise de réponse, Boris Vian écrit une lettre mémorable qu'il diffuse partout sous forme de lettre ouverte, sous le nom de Lettre ouverte à Monsieur Paul Faber.

    Initialement, le dernier couplet disait :

    Si vous me poursuivez
    Prévenez vos gendarmes
    Que je serai en armes
    Et que je sais tirer

    Il est devenu :

    Si vous me poursuivez
    Prévenez vos gendarmes
    Que je n'aurai pas d'arme
    Et qu'ils pourront tirer.

    C'est Marcel Mouloudji qui a conseillé à Boris Vian cette modification pour conserver le côté pacifiste de la chanson.

    Lien externe

    Le Déserteur en 44 langues, avec l'histoire complète de la chanson en français, italien et anglais, d'après le site Chansons Contre la Guerre (CCG/AWS)

    Source:http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_D%C3%A9serteur_(chanson)

  • Catégories : Des expositions, L'art, Le Maroc:vie et travail

    Larbi Cherkaoui expose à la galerie Noir Sur Blanc

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    Marrakech - La galerie NOIR SUR BLANC présente une exposition des travaux récents de l'artiste peintre Larbi Cherkaoui, du 19 mai au 16 juin 2007.

    Enseignant d'arts plastiques à Marrakech, artiste calligraphe à l'origine, il ne préserve désormais de la lettre que son empreinte. C'est un ouvrier du support toile, papier, tissage, feutre, mais surtout peau qu'il n'a cesse de travailler. Peindre est pour lui "comme une prière" libératrice du coeur et du corps. Certains de ses travaux récents sont composés, tels des puzzles, de petits rectangles recouverts de peau, qu'il teint au henné pour créer d'audacieuses compositions. A propos de son travail, Jean-François Clément écrit dans le catalogue qui accompagne et prolonge cette exposition :

    « Larbi Cherkaoui est passé maître dans l'art de mélanger les genres. Il accumule les expériences et augmente sans cesse sa maîtrise des techniques… Il y a une nécessité intérieure qui le pousse à évoluer, à ne jamais utiliser les mêmes « concepts »… Chaque exposition témoigne d'une recherche nouvelle même s'il y a toujours un lien, direct ou indirect, exprimé ou métaphorique avec la calligraphie.»

    Sa peinture est loin d'être une simple calligraphie du mot ou de la parole. Elle n'est pas non plus une abstraction : « Elles [ses créations] correspondent, pour moi, à une vision réelle. C'est pour les autres qu'il s'agit d'une abstraction » précise L'artiste. Car, poursuit Clément, « le calligraphe ne peut jamais être écrasé par les mots qu'il écrit. Il garde toujours une liberté qui s'exprime par le geste lorsque celui-ci commence à se distancier par rapport à sa seule mémoire mécanique pour se muer en mémoire créatrice ».


    eMarrakech
    Lundi 14 Mai 2007

    Source:http://www.emarrakech.info/Larbi-Cherkaoui-expose-a-la-galerie-Noir-Sur-Blanc_a11500.html

  • Catégories : L'art, Le Maroc:vie et travail

    Boushra Benyezza

    06a8f41747bfd52a3132bd2deab05788.jpgSource de l'image:http://www.galeriefrance.net/region/21/boushra1.php

    Benyezza Boushra réside à Montélimar (Drôme). Artiste accomplie, elle a eu comme maître plusieurs artistes de renom, tant en France qu'à l'étranger.
    Depuis plus de 10 ans maintenant, BOUSHRA réalise des ouvres plus qu'insolites: des tableaux de sable. Venant de tous les coins du monde, le sable plus ou moins fin, de différentes couleurs, de textures diverses permet une précision visuelle incroyable. La technique utilisée permet d'obtenir une grande précision dans le détail grâce à la finesse de certains sables et demande une grande patience et de la minutie.
    Les couleurs, quant à elles, sont pour la plupart obtenues en travaillant le sable pendant une durée dont elle a le secret. Ce procédé exclusif confère à BOUSHRA la possibilité de travailler avec ou sans modèles et elle possède à son actif plus de 300 réalisations... Elle a déjà participée à plus d'une vingtaine d'expositions.

    Source de l'article:http://www.galeriefrance.net/region/21/boushra1.php

  • Catégories : La peinture

    Peinture:Gen Paul en faisait voir de toutes les couleurs à la Butte

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    JEAN-PAUL CARACALLA.
     Publié le 24 mai 2007
    Actualisé le 24 mai 2007 : 11h59

    Jacques Lambert signe une biographie de Gen Paul, peintre montmartrois, ours mal léché, provocateur, ami de Céline et de Marcel Aymé.

    AU CARREFOUR de l'avenue Junot, de la rue Norvins et de la rue Girardon, à quelques pas de la place du Tertre, la porte de son atelier était ouverte en permanence. C'est un lieu dans lequel se rencontraient les sociétaires de la Comédie-Française, les écrivains Roland Dorgelès, Francis Carco, Pierre Mac Orlan, Marcel Aymé, Alphonse Boudard et un voisin, le docteur Destouches, « Ferdine » comme Gen Paul baptise Louis-Ferdinand Céline. Ces deux-là fréquentaient les vestiaires des cours de danse, assistaient aux répétitions et entraînaient quelques ballerines à l'atelier. Les rapports entre Gen Paul et Céline étaient complexes : je t'aime, moi non plus, pourrait-on dire, imbroglio d'une affection tumultueuse entre l'écrivain et l'illustrateur de Voyage au bout de la nuit et de Mort à crédit.
    Né de père inconnu, le 2 juillet 1895, 96, rue Lepic à Montmartre, à l'école communale de la rue Lepic, le jeune Eugène joue les terreurs à l'exemple des voyous du quartier, des « apaches » du XXe arrondissement, des anars de la bande à Bonnot.
    Après la communale, il fréquente l'école de la rue où il côtoie les traîne-savates, les grisettes, les pochards et le petit monde des artisans. Remarqué pour ses dons pour le dessin, il passe désormais ses soirées dans un cours du soir afin d'en apprendre les rudiments. « Tout moujingue, je dessinais partout (...) Quand je n'avais pas de crayon, j'allais piquer des morceaux de charbon chez le bougnat et je traçais sur le trottoir des défilés qui n'en finissaient pas. »
    48a876fbb9fb9d9ad0508ddc0953a66c.jpgGen Paul. Un peintre maudit parmi les siens de Jacques Lambert La Table ronde, 478 p., 23 €.
  • Catégories : Blog

    Bon week-end

    à tous et toutes, que vous fêtiez la Pentecôte (à ce moment là, bonne fête)ou pas, que vous travaillez lundi ou pas...

    Pour notre part, ici, au Maroc, le week-end commencera vers midi(14h en France) et se terminera dimanche soir.

    Une grande pensée à ceux qui travailleront tout le week-end.

     

  • Catégories : La poésie

    Poésie:Je viens de (re) lire: André Frénaud, "Il n'y a pas de paradis." Préface de Bernard Pingaud. Poésie/Gallimard, 1967.

     p.139 de mon recueil, dans le poème "Où est mon pays", dans la section "Où est mon pays"

    7580f289f4fb793f636281db6c85aee1.jpgOù est mon pays ? C'est dans le poème.
    Il n'est pas d'autre lieu où je veux reposer.

     

     

     

     

     Telle est l'inscription qui figure sur la tombe d'André Frénaud dans le petit cimetière de Bussy-le-Grand en Bourgogne. C'est dire l'importance de la poésie pour cet homme né en 1907 à Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire.
    À 23 ans, il est lecteur de français en Pologne puis il intègre l'administration en 1937. Lors de la déclaration de guerre, il est mobilisé et fait prisonnier. Deux ans après, il est libéré et, de retour en France, il entre en résistance et publie des poèmes aux éditions clandestines organisées par Paul Éluard.
    Il collabore avec de nombreux artistes qui ont illustré ses poèmes.
    En 1971, il épouse Monique Mathieu qui exerce le métier de relieur. Tous deux s'installent à Bussy-le-Grand.
    Il reçoit en 1985 le Grand Prix national de Poésie.

    André Frénaud s'éteint pendant l'été 1993. Temps des moissons.

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    Savoir ou ne pas savoir ...

    André Frénaud, la négation exigeante - Actes du Colloque de Cerisy tenu en l'an 2000 sous la direction de Marie-Claire Bancquart (2004).
    André Frénaud, dix ans après - La Polygraphe 30-31 (Ed. Comp’Act - 2003)
    La grand'soif d'André Frénaud - Pascal Commère - Le Temps qu'il Fait (2001)

    Éloge d'André Frénaud - Alain Freixe - Revue "Sans papier" de l'académie de Nice.
    André Frénaud, poète métaphysique - Alain Freixe sur La poésie et ses entours.

    Découvrez André Frénaud présenté par Florence Trocmé sur Poezibao.

    La présentation des ouvrages d'André Frénaud parus chez Gallimard sur Bleu de paille.

    À lire, l'article concernant André Frénaud sur l'encyclopédie Wikipedia.

     

     

     

    Quelques pistes que j'ai tirées de: http://boudully.perso.cegetel.net/frenaud.htm

  • Catégories : La peinture, Le Maroc:vie et travail

    Expo vue: Rita Alaoui, "Organic machine" à la Galerie Shart (Casablanca, Maroc) jusqu'au 4 juin 2007

    3e030523ee0b6cecd1cd0090e822d902.jpgJamal Boushaba, dans la présentation du catalogue, parle de "fleurs", d"objets universels" et d'"autres petits bonheurs."

    Source de l'image:http://www.limage.info/Transparences-de-Rita-Alaoui_a346.html?PHPSESSID=15e6067af345b8a85f9bf15b1068dd3b

  • Hugo Pratt, une vie de roman

    medium_prattpere.gifLes Pratt, père et fils, en uniforme
    de la police de l'Afrique italienne

     par Tristan Savin
    Lire, mai 2007

     Aucune phrase ne pourrait mieux résumer la vie et l'œuvre du père de Corto Maltese: «J'ai appris à dessiner en Ethiopie, à écrire en Argentine», confiait Hugo Pratt. Une existence riche en rencontres, en aventures et en lectures. Une œuvre désormais reconnue pour son originalité, car Pratt fut l'inventeur de la bande dessinée littéraire. On lui doit le premier «roman dessiné», La ballade de la mer salée.

    «Je connais treize façons de raconter ma vie», déclarait Hugo Pratt. «La vie de nos rêves est peut-être la plus authentique», ajoutait-il en citant Pessoa. Plus prosaïquement, le futur géniteur de Corto est né en 1927 à Rimini (Italie). Pour comprendre son itinéraire, le contexte familial compte plus que le lieu de naissance qu'il ne cessera de fuir. Son grand-père paternel, Joseph Pratt, était un Lyonnais de lointaine origine anglaise et aristocratique. D'abord dessinateur en architecture militaire («Je lui dois mon don», déclarait Hugo), il trouva un poste de professeur de français dans un institut de Venise et mourut de la grippe espagnole. Du côté maternel, «ma généalogie est franchement romanesque», s'amusait le brasseur de légendes. Le père de sa mère était un enfant illégitime et ses ancêtres, des juifs de Tolède convertis en arrivant à Venise. Quant à sa grand-mère maternelle, également juive, ses aïeuls avaient quitté la Turquie pour travailler à Murano...

    On comprend pourquoi Hugo Pratt fera de Corto Maltese le fils d'un marin britannique et d'une gitane, élevé dans le barrio de la Judería, à Cordoue. La mère d'Hugo, Evelina Genero, était la fille d'un pédicure et poète, fondateur des Faisceaux de combat vénitiens. «La seule personne qui contestait le fascisme était mon oncle Ruggero, marin dans la marine marchande. Il avait beaucoup voyagé, était au courant de tout ce qui se disait, aussi bien en Russie qu'en Amérique. [...] Comme pas mal de marins, il était devenu plus ou moins anarchiste. Corto Maltese lui doit peut-être quelque chose!»

    Evelina n'avait pas fait d'études. Elle pratiquait l'astrologie et la cartomancie. «On la considérait comme la sorcière de la famille.» L'enfant hérita d'elle son intérêt pour l'occultisme et la magie, qui s'exprimera à travers les aventures oniriques de Corto. Quand il n'a que six ans, «Neno» (diminutif d'Hugo pour sa famille) est laissé au soleil par sa mère. On le croit déficient: il se retrouve dans une école pour malades mentaux. Il en sort six mois après, rétabli. La figure paternelle avait également de quoi frapper l'esprit d'un petit garçon: Rolando Pratt, orphelin, avait fait quelques mois de prison dans sa jeunesse, pour avoir cassé un nez au cours d'une rixe. Son casier judiciaire nuit à ses recherches d'emploi. La marche sur Rome lui en procurera un: servir Mussolini sous l'uniforme.

    Le plus jeune soldat de l'armée fasciste
    En 1936, Rolando Pratt est envoyé en Ethiopie, fraîchement colonisée par l'armée italienne. Il installe sa famille à Entotto, où Neno fréquente le lycée Vittorio Emanuele III. Les temps sont troubles. Un jour où il garde la maison, l'enfant ouvre la porte à un chef guérillero, bardé de cartouchières: «Il portait, suspendus à la ceinture, des testicules, des yeux et des oreilles qu'il avait coupés aux Italiens.» Un Abyssin évite à Hugo le même sort. En juin 1940, son père l'enrôle dans la police de l'Afrique italienne, malgré son âge, pour participer aux campagnes militaires. Un an plus tard, les Britanniques rentrent dans Addis-Abeba. L'adolescent est interné avec sa mère à Dirédaoua, à l'est du pays. Le voici plus jeune prisonnier italien, après avoir été le plus jeune soldat!

    Neno engrange les souvenirs, qui ressurgiront plus tard sous forme de dessins ou d'éléments scénaristiques. Il dort sur des sacs de sable; un homme meurt sous la fenêtre qu'il enjambe chaque soir; un nouvel évanouissement en plein soleil lui donne l'occasion d'être recueilli par des contrebandiers de qat et des voleurs de chameaux, «ces gens qui se mettent de la chaux sur les cheveux pour devenir roux». Il se souviendra encore: «J'étais devenu plus noir qu'un Danakil, toujours au milieu des chameaux sous le soleil le plus brûlant du monde.» Il découvre les plaisirs de l'amour à cette époque, d'abord avec une Abyssine, puis s'éprend d'une «Blanche-Neige de Walt Disney», Clara Pecci. Il la retrouvera deux ans plus tard à Vicence, tuée sous un bombardement.

    En 1942, Rolando Pratt est arrêté par les Anglais. Il meurt à la fin de l'année d'un cancer du foie. Hugo et sa mère sont rapatriés par la Croix-Rouge. Le canal de Suez étant fermé, leur cargo met plusieurs mois à contourner le continent africain. Mussolini et le roi d'Italie les accueillent à Naples pour leur souhaiter la bienvenue dans leur patrie. Mais après la vie en Abyssinie et la découverte du racisme des siens, Hugo Pratt a-t-il encore une patrie? Pour l'écrivain Alain Borer, il faudrait plutôt parler de «prattie», pays imaginaire qui engloberait Venise, Buenos Aires et la Corne de l'Afrique. Après l'armistice, le jeune homme s'engage dans le bataillon Lupo de la république de Salò. Il se fait ensuite passer pour un pilote sud-africain et se fait arrêter par les Allemands. Contraint à s'engager dans la police maritime du Reich, il parvient à déserter trois semaines plus tard. Aidé par des résistants, il franchit la ligne de front, rejoint les troupes alliées et s'enrôle en tant qu'interprète.

    En avril 1945, il revient à Venise pour assister à l'entrée des libérateurs, sur une voiture blindée canadienne, habillé en Ecossais. A l'époque, «Venise était un gigantesque bordel, un carnaval improvisé», déclarera-t-il. Il réussit à se faire engager dans l'armée néo-zélandaise, après s'être tatoué le visage comme un Maori, avec un stylo! Sa légende est en train de naître et avec elle le personnage du futur Corto: Hugo Pratt aura fait la guerre dans tous les camps, sous presque tous les uniformes...

    Guitariste, rugbyman et... dessinateur
    Dans l'euphorie de la paix, le Vénitien retrouve un lieutenant juif polonais, un certain Koinsky, dont il fera vingt-cinq ans plus tard le héros des Scorpions du désert. Hugo Pratt devient officiellement dessinateur de bande dessinée en décembre 1945, quand paraît le premier numéro de L'as de pique, revue de comics créée avec deux amis. Ce n'est plus un groupuscule militaire mais l'un des premiers mouvements artistiques italiens centrés sur la BD. Hugo ne vit pas pour autant de sa plume. Il devient organisateur de spectacles, rattaché à la Ve armée américaine. Entre autres talents, ce passionné de jazz joue de la guitare, chante et danse.

    En 1946, il est agent d'expéditions au port de Venise, joue au rugby en première division et tente d'intégrer la Légion étrangère. Il voyage en Europe et rêve de s'embarquer à destination de l'Amérique. Mais la police l'en empêche. La bande dessinée lui permet de s'évader autrement: il écrit l'histoire d'Indian River avec son ami Mario Faustinelli. Pratt peut enfin s'embarquer sur un transatlantique et gagne l'Argentine, sa troisième «prattie». Installé à Acassuso, il reprend la série Junglemen et en profite pour découvrir la Patagonie.

    En 1952, Hugo rencontre Anne Frognier, une jeune Belge installée à Buenos Aires, et Gucky Wogerer, d'origine yougoslave. Il épouse cette dernière, dont il aura deux enfants, Lucas et Marina. Pendant sa période argentine, il boit et dessine beaucoup. La vie sentimentale du don Juan se complique: après avoir fait la connaissance de Gisela Dester, une jolie Allemande devenue sa collaboratrice, il se sépare de Gucky. En 1959, Pratt s'installe à Londres et réalise plusieurs séries de guerre. L'un de ses premiers chefs-d'œuvre date de cette époque: il scénarise et dessine Ann de la jungle en s'inspirant d'Anne Frognier, sa nouvelle compagne.

    Une existence de héros de roman
    La décennie suivante montre l'intérêt d'Hugo Pratt pour la littérature. «Mon père avait hérité de son propre père le goût et le respect des livres. [...] Il me faisait lire Jules Verne, en français et avec un atlas.» Le dessinateur se passionne pour tous ces auteurs réunis sous la bannière des écrivains voyageurs: Joseph Conrad, Herman Melville, T.E. Lawrence, Jack London, Henry de Monfreid, Hemingway et Saint-Exupéry, auquel il consacrera un album hommage à la fin de sa vie. Après avoir réalisé le premier épisode de Capitaine Cormorant, il entreprend d'illustrer Sindbad le marin et Le retour d'Ulysse, puis L'île au trésor et David Balfour de Stevenson. «J'avais cinq ans quand mon père a commencé à me raconter des histoires de pirates.» Pratt, immense lecteur, dont le panthéon personnel s'élargissait à Hermann Hesse, D'Annunzio, John Reed et James Joyce, n'a cessé de démontrer à travers son œuvre qu'il était le plus érudit des dessinateurs de son époque. Tout en menant une existence de héros de roman, digne de celle de Blaise Cendrars ou de Joseph Kessel.

    Toujours marié officiellement à Gucky, il convole religieusement avec Anne à Venise. La naissance de leur fille Silvina ne l'empêche pas d'effectuer une exploration de l'Amazonie. En 1965, quand Jonas Pratt voit le jour, Hugo retourne au Brésil et apprend l'existence de Tebocua, son fils, que lui a donné une Indienne Xavantes. La même année, l'incorrigible coureur reconnaît d'autres enfants: la petite Victoriana Aureliana Gloriana dos Santos, sa fille avec une prêtresse de macumba, et «les enfants illégitimes des quatre sœurs. Voilà comment, à Salvador de Bahia, on peut aujourd'hui rencontrer un Lincoln Pratt, un Wilson Pratt ou un Washington Pratt». En donnant des noms de présidents américains, le dessinateur s'est donc amusé à composer un mont Rushmore à sa gloire!

    Après un périple aux Caraïbes, Pratt lance en 1967 la revue Sgt. Kirk avec deux amis. Cette date va marquer sa carrière d'une pierre blanche (et noire) puisque la publication de La ballade de la mer salée correspond à la première apparition de Corto Maltese. C'est aussi une véritable révolution dans le neuvième art. Pour la première fois, la narration compte autant que le dessin. L'intrigue et les personnages sont complexes, et l'atmosphère - magnifiée par l'encre de Chine - nous éloigne du monde de l'enfance cher à Walt Disney et à Hergé. Les errances et les rencontres de Pratt lui ont permis d'aboutir à une alchimie: «A force d'arpenter le monde et de faire la connaissance de tels personnages, cela devient assez facile pour quelqu'un qui écrit et dessine des comic-strips d'aventures de remplir ses histoires de beaux caractères, de jouer avec les psychologies...»

    Au sommet de son art, il publie le premier épisode des Scorpions du désert et confirme sa maîtrise de la narration, toujours basée sur de sérieuses recherches historiques. Il retourne en Ethiopie pour retrouver la tombe de son père, puis poursuit en Tanzanie et au Kenya à la recherche de l'épave du Königsberg. En avril 1970, les millions de lecteurs de Pif Gadget ont droit à la première apparition française de Corto Maltese. Puis Hugo se rend en Irlande, où il récolte des légendes dont il se servira pour Les celtiques.

    La reconnaissance tardive d'un véritable auteur
    Entre deux voyages, Pratt devient citoyen d'honneur de la ville de Wheeling et publie l'un de ses plus beaux albums: Corto Maltese en Sibérie. La presse s'arrache dorénavant les aventures du Maltais, des deux côtés des Alpes: Pilote, A suivre, Le Matin de Paris, l'hebdomadaire politique L'Europeo... Enfin, une nouvelle revue voit le jour: Corto Maltese. En 1978, le dessinateur aux semelles de vent est invité par le gouvernement révolutionnaire angolais. Il partage désormais sa vie entre l'Argentine, l'île Saint-Louis, Malamocco, Rome et Milan. Inspiré par ses voyages aux Etats-Unis et au Canada, Pratt écrit Un été indien, sombre histoire de colons américains dessinée par son ami Milo Manara. Avec le succès croissant de Corto Maltese (7 millions d'exemplaires écoulés à ce jour), les années 1980 sont celles de la consécration. La chanteuse Lio lui demande d'illustrer la pochette d'un disque. François Mitterrand offre à Jacques Laffite l'intégrale de Corto Maltese. Pratt dévoile une nouvelle facette de son personnage: il joue dans Mauvais sang de Leos Carax, aux côtés de Juliette Binoche et Michel Piccoli. Il avait déjà tourné dans quelques longs métrages italiens. Dans Blue Nude, un film noir, il jouait le rôle d'un tueur d'homosexuels...

    En 1984, il s'installe à Grandvaux, près de Lausanne, dans une grande maison remplie des milliers d'ouvrages amassés au cours des années. Il fréquentait assidûment les bouquinistes des quais parisiens et la librairie Ulysse, première de France consacrée aux voyages. Après une excursion en Patagonie, il publie Tango, histoire de la traite des Blanches en Argentine. Il fait des repérages à Djibouti pour la série des Scorpions puis s'embarque pour l'île de Pâques, qui lui inspire la dernière aventure de Corto Maltese: Mû. Il peut désormais se consacrer à la littérature et illustre les Lettres d'Afrique de Rimbaud, des Sonnets érotiques de Giorgio Baffo et des poésies de Rudyard Kipling.

    En 1992, le père de Corto pousse l'aventure toujours un peu plus loin et visite les îles Samoa: il rêvait de se rendre sur la tombe de Robert Louis Stevenson. A son retour, le parti socialiste italien lui commande un ouvrage sur Garibaldi. Pratt est hospitalisé en 1994 pour une tumeur. Comme en écho à son désir de ne pas disparaître, J'avais un rendez-vous, beau récit illustré de son voyage dans les mers du Sud, est publié au même moment.

    En serrant dans ses mains une croix éthiopienne, Hugo Pratt a définitivement rejoint le monde des fées le 20 août 1995 à Pully, près de Lausanne. Deux mois avant sa mort, l'infatigable travailleur avait eu le temps d'achever l'album Morgan.

    SOURCE DE CET ARTICLE:http://www.lire.fr/enquete.asp/idC=51250/idR=200

  • Abdellatif Belaziz - La parole à la couleur- A la galerie Nadar de Casablanca (Maroc) jusqu'au 2 juin

    081aef05e1e61d4d600c632248caf90d.jpgNatif de Larache en 1953, Belaziz qui a fait ses études à l'Ecole des Beaux-Arts de Tétouan et à Ecole royale des Beaux arts de Bruxelles en Belgique a déjà exposé ses oeuvres à Asilah, Rabat, Casablanca, Tanger, El Jadida et Larache, ainsi qu'à Paris en France, Cadix et Séville en Espagne, Stabbek en Norvège et Bruxelles, Brunalleud et Gravenhof en Belgique. Animée par une dynamique particulière, la peinture d'Abdellatif Belaziz semble détrôner tout a-priori.


    Débordant dans l'intensité parfois presque trop osée de la posture, son microcosme de figures féminines prend son inspiration dans le spectacle d'un quotidien familier

    Fort de l'impact immédiat qu'il exerce sur la rétine, animé par le rythme d'une structure première reconvertie dans l'enveloppe colorée astucieusement ménagée par le choix d'un assemblage de tonalités, le corps est ici à l'honneur, jouissant d'une diversité de rôles, ignorant toute vérité du détail anatomique, toute allusion à la réalité de sa présence, autrement ne vivant que par ce qui lui est de nature accordé.

    Dans son oeuvre, le corps est à la fois présent et absent, parce qu'il n'est, en fait, que rythme de pigments et jeu de couleurs.

    Jouant de cette mise en scène qui interpelle par son impressionnante stabilité mouvementée, le peintre de Larache appelle à une découverte qui va au-delà de la forme et de sa légitimité dans un vocabulaire d'images préconçues. Construire la création rime ici avec la déconstruction de la réalité, en tant qu'idée de forme que l'oeil exercé aurait eu pour habitude de rendre intelligible. Effectuant le geste inverse, Belaziz nous offre l'occasion unique d'assister à ce compte à rebours ola palette devient un volume créé à partir d'une idée observée, détourné de son milieu pris tel quel pour se retrouver au final reconstruit, renfermé dans le moule de visions colorées. Au corps, il n'a laissé que l'idée de présence par l'allusion faite à son contour. A l'âme, il a laissé le reste, dépassant par le maniement unique de la couleur, la suggestion, pour matérialiser une vitalité, une émotion et une personnalité, contrariant l'anonymat apparent de sa représentation dont la réalité de l'existence est volontairement abandonnée au moment précis où les souvenirs d'un vécu deviennent formes.

    SOURCE DE L'ARTICLE:target="_blank">http://fr.allafrica.com/stories/200705150926.html

     VOUS POUVEZ  AUSSI VISITER SA GALERIE D ART VIRTUELLE: http://www.galeriesdart.net/belaziz.abdellatif/

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     MERCI A Leila Assia Faraoui(Galerie Nadar) QUI M'A FOURNI LES ILLUSTRATIONS POUR CET ARTICLE.

  • Catégories : Beaux arts, CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Le Maroc:vie et travail

    Abdelkader MELEHI( qui exposait à la galerie Nadar de Casablanca jusqu'au 5 mai)

     Signes d’ailleurs   2bbcab6eb6aaaf93f4a79653439ae478.jpg   Penser une œuvre par écrit sans faire revenir dans l’esprit l’image de celui qui l’a fait naître pourrait être aussi nuisible qu’efficace, le travail en soi et la personnalité derrière étant parfois paradoxalement différents. S’il m’incombe aujourd’hui de tenter l’expérience de l’anonymat, face à une production stupéfiante dans la vérité de son essence organique, ceci devrait être vu comme un défi, celui de mesurer la capacité de déchiffrement d’un inconnu, se donnant à voir par la force unique de sa créativité.   Par la présente, j’entreprends donc d’arpenter le chemin excitant à la découverte d’Abdelkader Melehi dans un monde mouvant bercé entre l’eau forte et le henné sur toile. Simples, fortes et très délicates à la fois. Faire connaissance au virtuel à travers un vocabulaire de formes qui semblent évoluer sur la feuille devant mes yeux, c’est plus qu’une aventure, mais un précieux apprentissage de l’organique en art. Découvrir Abdelkader Melehi, c’est plonger dans un microcosme vivant, comme venu d’ailleurs, parlant un de ces langages d’autrefois qu’on ne peut pas forcément comprendre, mais qu’on peut appréhender par chaque souffle renvoyé au contact mutuel établi. Le vrai chez lui est instinctif, tel le code génétique inscrit en chacun de nous, transparent dans chaque cellule, membrane, tissu, ces lignes innombrables semblent tracer des sillons inconnus vers un ailleurs qui a existé et qui existe, invisible, mais que nous n’avons pas encore eus l’occasion d’atteindre dans la dimension proposée.  On peut y voir du symbolisme, comme de l’ethnographie, ou encore, des reflets archéologiques d’un passé ressuscité et mis au suspend d’un futur supposé, pourtant reconnaissable en son essence humaine, viable et disponible pour une multiplication à l’infini.

     

                           

     

        Présent par fragments, mais perceptible en totalité dans chaque coin, chaque morceau de tissu chargé de pigments naturels, l’élément humain s’y retrouve en complète possession d’une autonomie d’existence singulière. Son être : une chair esquissée par le tracé linéaire, dont la serpentine ne cesse de promener l’œil, le faisant sursauter afin de parcourir la totalité de la surface, dépourvue de tout artifice gratuit. Géométrique et réductible, son espace de vie semble prisonnier d’une vision évolutive, toute fois libre et circulant, sans arrêt vers cet ailleurs dont les codes si familiers viennent à nous, plastiquement résumés. L’être organique est ici disséqué et rétabli à la fois, rendu pièce et espace, contour et enveloppe, mémoire et histoire. En minimaliste envahissant, Melehi refuse le détail pour privilégier le message du tout accompli, quoique délicatement suggéré que par l’essentiel. Aller à la synthèse par différentes visions et angles pertinemment choisis n’est pas seulement le caprice du plasticien saturé. Sa démarche relève d’un hommage à la vie et sa puissance de renouvellement perpétuelle, dans la curieuse et authentique perception de la matière rendue tel l’effet de peau, relief et consistance. Sa technique, définie par « … dessiner avec une seringue, c’est ce qui me permet d’obtenir le trait recherché, autant  sur son  épaisseur/ relief que dans la liberté de mon geste. » est en effet un mélange de colle acrylique,  colle animale (peau de lapin), de henné et de pigments sur support toile ou papier ou les deux ensemble pour finaliser un rêve atteint : dix ans et toute une vie à la fois, d’accomplissement d’une universalité dans le sublime de sa simplicité naturelle.       
               
                                                                                                    Par Tzvetomira  Tocheva      
        ___________________________________________________________________      

     (source de cet article: galerie Nadar)

     

    75134a8a0c14054c4693a084c692d4e4.jpgJ’ai toujours souhaité qu’Abdelkader MELEHI puisse, enfin, avoir l’occasion d’exposer ses travaux en une exposition qui lui soit consacrée, non pas seulement une participation occasionnelle comme se fut le cas a Marrakech. J’ai dit enfin que vivant à Angoulême, il a déjà eu l’occasion de présenter ses travaux, mais pas ici. Je me réjouis donc que maintenant Abdelkader  puisse exposer ses derniers travaux, grâce à la galerie Nadar de Leïla FARAOUI qui très heureusement a repris ses activités, fidèle en cela au rôle important qu’elle a joué dans l’histoire de la peinture marocaine. Si j’ai exprimé ce souhait, ce n’est pas par sympathie ou amitié à l’égard d’Abdelkader. Il est difficile de procéder par affirmation distribuant à tort et à travers la louange, comme c’est le cas maintenant pour certaines critiques, au risque de perdre toute crédibilité.

     

     Les toiles exposées disent déjà a elles seules qu’on est en présence d’une œuvre de peinture authentique une œuvre qui parle, dit un certain bonheur, un plaisir, fruit d’une création esthétique qu’il faut découvrir lentement, entrer en communication avec elle. Les premiers travaux traduisent d’abord le désir, la volonté de rester dans la peinture proprement dite, dans l’espace de son originalité et de son langage, alors que généralement parlant, pour les peintres de cette nouvelle génération, hommes et femmes, relativement jeunes en âge et en pratique, le conceptuel, l’installation toute autre démarche signifiant la fin de la peinture, c’est ce qui exerce le plus grand attrait sur eux. Sagement jusqu’ici, silencieusement comme il est de nature, Abdelkader peint, anime la surface de la toile, lui imprime à la faveur d’une certaine monochromie et signes intégrés un relief, des vibrations, des pulsations comme s’il s’agissait d’un tissu vivant qu’on toucherait des yeux et de la main.

     

    Ce sont là des prémices, les premiers fruits d’une œuvre à ses commencements et qui déjà révèle une sensibilité particulière, une certaine maîtrise d’une écriture bien personnelle.

    Ce en quoi Abdelkader s’annonce comme peintre, très attentif à cette matérialité, source de poésie et d’émotion qui serait sans doute l’ultime secret de la peinture. Encore faut-il savoir en explorer les virtualités, mais Abdelkader ne s’en tient pas là. Il aborde une nouvelle expérience qui constitue une heureuse surprise, un geste d’audace quand même, taillées dans le même tissu ou mieux à partir de ces matériaux peints, il nous livre ce qui à bon droit serait représentatif de véritables sculptures. J’ai là sous les yeux une toile, assez étonnante, montrant deux longues jambes, l’une tendue, l’autre repliée, peuplant tout l’espace de la toile, un certain humour, le contre-pied du classique portrait. Le même thème est repris, cette fois verticalement, deux personnages marchant ensemble, mais vus des jambes uniquement. Il n’est pas possible de décrire ce jeu sur des formes brisées, ou l’imagination se donne libre cours. Parfois on croit déceler l’esquisse de statuts, de sculptures africaines. Si bien sûr, il n’y a pas de ressemblance effective, il y a tout de même des ressemblances non sensibles, pour reprendre la formule employée par Walter BENJAMIN.

     

    Autrement dit, il y a cette liberté créatrice qui anime les arts premiers africains. Il y a aussi ce climat et ces nuances d’une certaine terre. Il est dit qu’ASILAH aura donné naissance à bon nombre de peintres et non des moindres de Mohamed MELEHI à Khalil EL KHRIB et ce indépendamment de toute institution ou de retombées d’un festival quelconque. De la blancheur aussi radicale qu’une ascèse à la puissance démoniaque du chergui, ce cousin du vent saharien.

    De là nous vient Abdelkader, les mains pleines de promesses pour notre grand plaisir.

     

             Edmond Amran EL MALEH.

     

    http://www.maroceve.com/.../3603d1176735994-expo-abdelkader-melehi-galerie-nadar-expositionabdelkadermelehi.doc

     

    Biographie   Abdelkader Melehi est né en 1966  à Assilah au Maroc Il vit aujourd’hui en France      Formation      1986 à 1988     Ecole Académique des Beaux-Arts de Tétouan      1988 à 1991     Ecole Nationale des Beaux Arts d’Angoulême, France       Expositions personnelles       2000   Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image, Angoulême, France            

     

        2001   Galerie Four Pontet, Niort, France        Festival «5 x 5 = 25», Vindelle, France         2002   Galerie Nota Bene, Genève, Suisse      2003   Galerie Maya Guidi, Genève, Suisse  Balcon Paradis, Angoulême, France

         2004 Balcon Paradis, Angoulême, France

       

          Expositions collectives

                    1987    Galerie Delacroix, Centre Culturel Français de Tanger, Maroc   1988    « L’évolution de l’Art dans la ville », Université d’été Euro-Arabe, Bologna, Italie

     

      1993    Centre Hassan II, Moussem d’Assilah, Maroc

     

                  « Hommage » à Tchicaya Utamssi, poète africain, Moussem d’Assilah, Maroc

     

      1995    Intervention plastique sur la «Krikia», Assilah, Maroc

     

                  1996    Intervention plastique sur la «Krikia», Assilah, Maroc

     

      2001    « Espace-Temps », Conservatoire Gabriel Fauré, Angoulême, France

     

      2005    « Arts in Marrakech » Dar Bahïa, Marrakech

     

      2006    «Expressions du Nord» Linéart, Tanger, Maroc

     

     

                     Résidence

                   2002   Atelier de gravure AGEG, Genève, Suisse

       2004   Atelier de gravure AGEG, Genève, Suisse

     

           

    (Source: galerie Nadar)

     

     

    MERCI A Leila Assia Faraoui QUI M'A FOURNI LES ILLUSTRATIONS POUR CES ARTICLES.

     

     

     

     

     

     

  • Catégories : CE QUE J'AIME/QUI M'INTERESSE, Char René, Libération

    Je viens de lire

    b2ae8d6d46024f9d060d8847500636d3.jpg(SOURCE DE L'IMAGE:http://www.info-presse.fr/revue/telerama-hors-serie_M2096H.htm)

    « René Char. Le géant magnétique », hors-série de Télérama, pour revenir longuement sur l’itinéraire personnel et poétique de celui qui inscrivait ses pas dans ceux de Rimbaud et écrivait : « Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver. » 100 p., 7,80 €.

    Quand l’obscur éclaire

    Il n’est pas utile d’être clair pour changer le monde : ce credo, Char le défendit toute sa vie. Cent ans après sa naissance, le poète résistant est célébré dans une exposition à Paris.

    René Char passe pour un poète « difficile », « obscur ». Pourtant, l’écrivain de L’Isle-sur-la-Sorgue, dont on fête le centenaire ce 14 juin, est aussi, dans un concert littéraire où la poésie s’est faite discrète, l’un des auteurs français contemporains les plus cités et les plus lus. Comme si, les textes se mêlant à la vie, il incarnait la figure du poète dont nous éprouvons tant le besoin aujourd’hui...

    Les poètes ne parlent pas comme tout le monde, ils utilisent des modes­ particuliers du langage. Autrefois, ce langage particulier était mis en évidence et comme justifié par les contraintes multiples auxquelles devait se soumettre le poème – rimes, métrique, rythmique, composition – et par les licences, les exceptions à la règle langagière courante qu’on lui accordait. Puis les contraintes tombèrent, mais le poème demeura. C’étaient les mêmes mots, la même grammaire souvent, mais, à la différence des prosateurs, les poètes n’administraient pas la langue, ils ne la géraient pas pour la rendre plus efficace : au contraire, ils ne l’employaient que pour mieux en affaiblir les pouvoirs et les maléfices, et mieux atteindre le réel.

    Du coup, la question de l’« obscurité » de la poésie prit un tour nouveau. Mallarmé en fit une sorte de dogme, afin de séparer radicalement le poème de « l’éternel journalisme » et de ses fausses clartés. Puis survint le surréalisme, désireux de surprendre, provoquer, déstabiliser, rompre avec la société et avec les logiques qui la soutenaient. La clarté­ rationnelle et le raisonnement articulé ne faisaient pas partie de son arsenal. Pas plus que le désir de « faire de la littérature » ou de toucher un vaste public. René Char se sentit immédiatement à son aise, dès la fin des années 20, avec le groupe formé autour d’André Breton, d’Aragon et surtout de Paul Eluard, son ami. Et le groupe surréaliste adopta sans hésitation ce poète de 22 ans, aussi épris de révolte que de beauté. Tous désirent que la poésie agisse, qu’elle ne soit pas un ornement du langage, mais une manière de «changer la vie», comme disait Rimbaud.

    Lorsque Char, à la fin de 1934, s’éloigne d’un groupe déchiqueté par les querelles internes et par les passions politiques, c’est sur la pointe des pieds et sans la moindre polémique. Même s’il ne pardonnera pas à Aragon d’avoir assujetti la poésie aux intérêts d’un parti. Car Char, lui, refuse la confusion des langages et celle des actions. Et lorsque survient l’occupation nazie, il cesse, sinon d’écrire, du moins de publier. L’action poétique est devenue impossible sous le règne de la barbarie, et faire croire le contraire reviendrait à leurrer les lecteurs sur la nature de ce qu’ils vivent, à les tromper sur le réel.

    Dès 1941, réfugié en Provence après sa démobilisation, Char prend contact avec des petits groupes de résistants. En 1942, le capitaine Alexandre devient le chef du secteur­ Durance-sud de l’Armée secrète. En 1944, il est expédié à Alger pour y collaborer au débarquement allié. L’ancien poète a abandonné sa plume pour suivre cette petite cohorte d’hommes disparates réunis par un refus de « l’innommable » : « Ce conglomérat fut sur le point de devenir, entre les mains d’hommes intelligents et clairvoyants, un extraordinaire verger comme la France n’en avait connu que quatre ou cinq fois au cours de son existence et sur son sol. Mais quelque chose qui était hostile, ou simplement étranger à cette espérance, survint alors et la rejeta dans le néant. »

    Comme nombre de ses camarades de combat, Char est en effet désespéré par la désillusion de la Libération. Il attendait l’aurore de temps nouveaux, il assista à l’affrontement des communistes qu’il n’aimait pas, face aux gaullistes qu’il n’appréciait pas davantage. Les Feuillets d’Hypnos­, qui paraissent en volume en 1946, rassemblant 237 fragments écrits entre 1943 et 1944, ne sont pas seulement un témoignage sur la Résistance écrit dans une langue magnifique, c’est aussi une réitération, dans une perspective plus vaste­ et plus concrète, de la profession de foi du jeune surréaliste dans le pouvoir de la poésie, infiniment plus efficace que le pouvoir de la politique et de ses bavardages.

    C’est le paradoxe de ces années 60, où s’affirme et s’affermit la figure majeure de Char dans la littérature française. Pour l’essentiel, sa gloire se construit sur sa stature de combattant exemplaire dont la parole, puissante et grave, se dresse face aux énigmes du mal, de la violence, de la domination et de la laideur. Mais, en même temps, le poèterésistant que l’on célèbre, que l’on cite sans arrêt – et sans toujours bien comprendre – dans les discours cultivés, que l’on apprend dans les écoles et que l’on récite sur les plateaux des théâtres, est celui qui, dans le silence du retrait et de la méditation, élabore une poésie qui ne demande rien qu’à elle-même et ignore superbement l’actualité.

    D’où la séparation, plutôt brutale, qui divise les poètes d’aujourd’hui, à propos de Char. Séparation, une fois encore, qui est plus affaire de « figure » que de textes ; comme si la légende, déjà, avait pris le pas sur la réalité. Certains d’entre ces poètes, et pas parmi les plus médiocres, avouent ne pas supporter, sauf en parodie, ce culte poétique dont Char s’était fait le grand prêtre. Ils moquent les extases et les illuminations du prophète. D’autres, pas forcément plus âgés, pas toujours moins savants ou moins sensibles, publient au contraire leur admiration pour cette parole capable d’atteindre le cœur des choses et des êtres. Char n’a évidemment pas de disciple, mais sa radicalité sert d’exemple.

    Quant au public, il a, semble-t-il, tranché : René Char, poète réputé hermétique, est un succès de librairie. Jean-Pierre Siméon, le directeur du Printemps des poètes, qui a mené une enquête, souligne qu’il s’est déjà vendu plus de 62 000 exemplaires des Œuvres complètes de Char dans la bibliothèque de la Pléiade, que Fureur et Mystère a atteint 200 000 exemplaires en édition de poche. Dans l’atelier du poète, l’antho­logie illustrée, réalisée par Marie-Claude Char pour Quarto-Gallimard, vient d’être rééditée. Quant à Lettera amorosa, le grand poème accompagné de dessins de Braque et de Jean Arp, son édition de poche parue à l’occasion du centenaire (1) connaît un très grand succès. A croire que les Français, s’ils délaissent la poésie, aiment encore les poètes. .
     

     
    A LIRE

    Pays de René Char.
    Un bel ouvrage, richement illustré, sur les visages et les paysages de sa vie. Les nombreux documents inédits – photos, dessins, peintures, lettres, manuscrits – dialoguent avec un texte sobre. De Marie-Claude Char, éd. Flammarion, 260 p., 45 €.
     
    A VOIR
    Exposition « René Char » à la BnF
    La Bibliothèque nationale de France organise une grande exposition qui, se veut une mise en perspective de l’homme et de l’œuvre, à travers témoignages, correspondances, documents photographiques, manuscrits enluminés… Jusqu’au 29 juillet, site François-Mitterrand, hall Est, Paris 13e. Tél. : 01-53-79-59-59.

    211b485e658ef9d950109164bb7e3876.jpg

     1) Ed. Gallimard, coll. Poésie, 70 p., 15,30 €.

    Télérama n° 2991 - 12 Mai 2007

     

     

     

     

     

     

    SOURCE DE L'ARTICLE:http://www.telerama.fr/livres/M0705071111027.html

  • Catégories : Le Maroc:vie et travail

    le 26 mai, MarAuction organisera des enchères exclusivement dédiées aux Arts du Maroc, anciens et contemporains

    medium_couverture200705.jpg

    Les arts traditionnels seront représentés dans toute leur diversité et occuperont une place importante dans la vacation, avec des lots de prime qualité datant du XVIIème au XXème siècle : céramiques de Fès Meknès et Safi, armes anciennes, bijoux berbères et citadins, broderies et éléments d'habillement, arts des métaux et du bois, manuscrits enluminés...

     

     

     

     

     

    medium_ceram6.jpgOn notera la présence de nombreuses pièces d'exception comme une écritoire de l'Université Qaraouiyyine (n°153), une amphore couleur amazonite (n°37) ou un beau pendentif à l'aigle (n°124).

    Les grands de la peinture Marocaine seront également bien représentés par nombre d'oeuvres maîtresses (rare Cherkaoui sur carton et gaze au n°92, beau Saladi au n°100), aux côtés de plasticiens moins cotés -pour le moment- mais dont le talent saura conquérir les amateurs avertis.

    Bref, une vacation de prestige, par laquelle MarAuction confirme ses choix directeurs : diversité et qualité des lots, promotion du patrimoine et de la jeune peinture du Maroc, fourchette de prix étendue (de quelques centaines de Dh à plusieurs centaines de milliers).

    Samedi 26 mai 2007, à 16h00.

    MarAuction - Galerie Athar
    12, rue Ibnou Khalouiya (ex rue de La Haye)
    A l'intersection des Brds Zerktouni et 2 Mars
    Casablanca, Maroc
    Téléphone : (00 212) 022 29 95 36

    Consultez le catalogue en ligne.

    Téléchargez le dossier de presse

    Source de cet article: Maroc Antics, le site des arts traditionnels du Maroc

    Nous sommes allés samedi chercher le catalogue et surtout voir les oeuvres qui seront vendues samedi, pas pour repérer nos achats mais uniquement pour le plaisir.

    Nous avons vu beaucoup de belles choses, tableaux, bijoux, céramiques, documents etc.

    d28f2e8a3edc611fd79bf96b0a3ee7ee.jpgNous avons flashé tous les deux (sans nous concerter)  sur un composition(huile sur toile, lot 97 dans le catalogue) de Moa Bennani (né en 1943).

    898562c9bfd037a55a4a37f67d87e998.jpgNous avons aussi remarqué une "Vue des Oudayas" (gouache sur panneau, lot 98 dans le catalogue) d'Hassan El Glaoui qui change de ses fantasias (mais il y en a aussi: lots 89,90,91).

    SOURCE DES IMAGES:

    http://www.marocauction.com/200705/index.html

  • Catégories : L'histoire, La presse

    Je viens de lire:Figaro hors série: Toutankhamon

     

    Un hors série intégralement illustré par Araldo de Luca.

    medium_hs_fig.jpgC’est un masque d’or avec « une expression triste et calme ». Des coffres et des bijoux. Des vases à parfum en albâtre, des sarcophages, des cobras de cuivre. Des pharaons, des dieux, un mystérieux bestiaire. Des trônes en bois doré, des barques funéraires, des chars de guerre. Plusieurs centaines de pièces en or , en turquoise, en lapis lazulli. C’est un trésor, peut être le plus extraordinaire de toute l’histoire des hommes. Celui de Toutankhamon, ce "petit pharaon de rien du tout" dont le regard mélancolique a traversé les siècles. Quand le 24 novembre 1922 Howard Carter et Lord Carnarvon découvrirent sa tombe, dans la vallée des rois, ce fut comme la plus saisissante des apparitions : « /D’abord je ne vis rien (…) puis des formes se dessinèrent lentement : d’étranges animaux, des statues et partout un scintillement de l’or. Pendant quelques secondes je restai muet de stupeur. Et lorsque que Lord Carnarvon me demanda enfin : « vous voyez quelque chose ? » je ne pus que répondre » : oui, oui, des merveilles ».

    Au printemps 1967, grâce à la détermination de Christine Desroches-Noblecourt la France entière se ruait au Petit Palais pour admirer les merveilles du trésor de Toutankhamon.

    Quarante ans plus tard, nous avons voulu à travers un hors série exceptionnel offrir de les admirer avec un luxe de détail inoui. Grâce à un reportage de photographies extraordinaires, à la collaboration d’historiens, d’égyptologues, de journalistes, ce Hors- Série fait revivre le temps d’une lecture l’Egypte à l’apogée de la civilisation pharaonique, retrace l’épopée de la découverte de Carter, explore les sept mystères qui entourent encore le règne de ce pharaon célèbre et inconnu. Comme s’il vous était donné de visiter la plus somptueuse des expositions jamais consacrées à l’Egypte. Chez vous".

    Michel De Jaeghere

    Directeur de la Rédaction

    Vous pouvez vous procurer les HS du Figaro en cliquantici.
    - Retrouvez l’art d’Araldo de Luca : ici.
    - A Paraître en octobre 2007 : Les trésors de Toutankhamon, texte d’Alessia Amienta et photographies d’Araldo de Luca, White Star.

    SOURCE DE CET ARTICLE:http://www.canalacademie.com/Hors-Serie-du-Figaro-Toutankhamon.html

  • Etymologie: nos racines arabes

    Bougie, guitare, tulipe ou épinard... Un ouvrage recense près de 300 mots français issus de la langue arabe.
    Par Natalie LEVISALLES
    QUOTIDIEN : vendredi 18 mai 2007
    I l y a deux fois plus de mots français d'origine arabe que de mots français d'origine gauloise», nous apprend Salah Guemriche. Peut-être même trois fois plus. Pour une centaine de mots gaulois, donc, on a près de trois cents mots arabes dans le français d'aujourd'hui, les plus anciens arrivés il y a six ou sept siècles, les plus récents datant de la colonisation de l'Afrique du Nord, et de ses conséquences. Dans le Dictionnaire des mots français d'origine arabe (et turque et persane) (1), Salah Guemriche recense tous ces mots et nous raconte leur étymologie (certaine ou probable) et leur métamorphose progressive. En linguiste amateur et enthousiaste (il est romancier et journaliste), il a compilé différents dictionnaires ( Trésor de la langue française, Dictionnaire étymologique de tous les mots d'origine orientale ...), acceptant souvent leurs hypothèses, en proposant parfois d'autres. Comme l'indique la parenthèse du titre, et comme la lecture le confirme, une bonne partie de ces mots arabes sont eux-mêmes des importations du turc, et surtout du persan.
    Si l'origine de certains ­ «caravane», «bazar», «macache», «kif-kif», «maboul»... ­ est transparente, il y a bien d'autres mots dont la présence dans cette liste est inattendue. Au hasard (de az-zahr , le coup de chance) et fissa (de l'arabe maghrébin fissa'a , illico) : «arobase», «amiral», «avanie», «albatros», «bougie», «carat», «douane», «guitare», «houle», «luth», «mage», «mesquin», «mortaise», «raquette», «truchement» ou «vérin». On remarquera que la langue arabe a généreusement alimenté certains domaines du vocabulaire : équitation, astronomie, botanique, mais aussi cuisine («café», «pilaf», «sirop», «sorbet», «sucre»), chimie («alambic», «alchimie», «alcool») ou navigation («patache», «récif», «calfater»).
    Parmi les découvertes les plus surprenantes, on apprend que «crouillat» (ou «crouille»), ce terme violemment raciste, vient de l'arabe dialectal khouya , qui signifie «mon frère». De même que «bicot», autre terme raciste, vient de l'arbi (l'arabe), d'où «arbicot», puis «bicot». Autre étonnement : le nombre de doublets (mots différents qui ont une étymologie commune). «Azimut» et «zénith» viennent tous deux de as-samt (la direction), «turban» et «tulipe» de tülbent (turban en turc), «azur» et «lapis-lazuli» de l'arabe lazurd , emprunté au persan lazward , (bleu clair et intense), «tambour» et «timbale» du persan tabir (tambour). Mais le record est battu par qirmiz (cochenille) qui, à lui seul, a donné trois mots : «carmin», «cramoisi» et le médicament ancien «alkermès».
    Calligraphie Hassan Massoudy
    (1) Dictionnaire des mots français d'origine arabe, Salah Guemriche, Seuil, 878pp.
    Hassan Massoudy est aussi l'auteur de ABCdaire de la calligraphie arabe, Flammarion et de Calligraphie pour l'Homme, Alternatives.
    Mes propres textes sont en capitales dans la liste des catégories.

  • Catégories : La cuisine

    Echange de recettes

    Monette m' a proposé un échange de recettes préférées.

    Voici la sienne:

    Raviolis de nutella au thé.

                                                          medium_raviolis.jpgIngrédients :
    75 cl de thé Earl Grey léger et bouillant
    24 feuilles de pâte à raviolis chinois
    12 c. à café de nutella
    4 blancs d'oeufs

    Pour 6 personnes Préparation : 20 min Cuisson : 2 min
     
    Préparation :
    Mettez les blancs d'oeufs dans un bol et battez-les légèrement à la fourchette.
    Etalez 12 feuilles de pâte à raviolis sur le plan de travail. Déposez 1 c. à café de nutella au centre de chaque feuille.
    A l'aide d'un pinceau, badigeonnez les bordures d'1 feuille de pâte de blanc d'oeuf.
    Posez immédiatement par-dessus une feuille de pâte et soudez les coins en les pressant entre vos doigts. Recommencez l'opération pour chaque ravioli. Il est essentiel de faire les raviolis un par un car, une fois sec, le blanc d'oeuf ne colle plus.
    Relevez les 4 bords de chaque raviolis et nouez-les ensemble avec un petit lien de votre inspiration (fil de réglisse ou de bonbons).
    Répartissez les raviolis dans des bols et versez le thé bouillant dessus. Laissez-les pocher pendant 2 min puis retirez-les. Servez immédiatement.

    Aurélien Gandré, notre spécialiste en vin, vous aide à marier ce plat :
    Quelle douceur que ces raviolis au Nutella.Il leurs faut du moelleux, des câlins, des caresses... Bref, que mettrions-nous en face en dehors d'un vin blanc sucrés de Sauternes ou de Bergerac ? Peut-être un Maury 10 ans d'âge de Mas Amiel.

    http://chezmonette.hautetfort.com/archive/2007/05/13/echange-de-recettes.html

    Et la mienne: Tartiflette savoyarde

    medium_tartiflette2.jpg

    Pour 4 personnes :

    - 1 reblochon
    - 1 Kg de pommes de terre
    - 10 cl de crème fraiche
    - 150 gr de lardons
    - 1 oignon
    - Sel, Poivre


    Faire revenir dans une poêle dans du beurre des pommes de terre et un oignon. Saler et poivrer. Quand les pommes de terre sont cuites sans être dorées, les diposer dans un plat à gratin avec les lardons. Grattez légèrement le reblochon. Le couper dans le sens de l'épaisseur. L'étendre sur les pommes de terre, la croûte vers le haut. Arrosez le plat de crème fraiche
    Mettre à four chaud (Th. 7-8) pendant 10 à 15 mn.

    Dégustez avec une salade verte et un blanc de Savoie

    Bon appetit.
    Mon mari a appris à la faire quand il travaillait en Savoie et même si j'ai appris par la suite à la faire, c'est traditionnellement lui qui l'a fait.
    Alors pour changer (car la cuisine n'est pas, je crois, génétiquement féminine), je vais demander à des hommes de nous proposer leurs recettes préférées: TAJ,Geb,Jos, Christian, Sic.
    TAJ  a donné l'exemple et j'espère que d'autres hommes(ceux que j'ai cités et d'autres qui passent par ici) participeront à cette échange de recettes.
    Ce qui ne veut pas dire que j'exclue les femmes....
    RECETTE DE TAJ
    Chop suey de dinde .. préparation au wok

    Pour 2 personnes

    4 escalopes de dindes
    4 carottes
    1 poivron vert
    1 poivron jaune
    1 pot de pousses de maïs
    1 pot de pousses de bambous
    3 gros champignons frais
    4 cuillères à soupe de nuoc mâm
    poivre
    un brick de crème de coco

    émincez votre viande , vos poivrons , carottes et champignons .

    dans le wok faites fondre un peu de matière grasse (une préférence pour la margarine semi liquide) , après avoir poivré votre viande , faites la revenir jusqu'a ce que l'extérieur soit saisi , ajoutez vos champignons , remuez le tout 2 mn environs , puis incorporez le reste des ingrédients , salez avec le nuoc mâm , remuez pour bien mélanger , laissez mijoter à l'étoufée entre 3 et 4 minutes (feu moyen) , puis ajoutez la crème de coco et mélangez à nouveau , couvrez le tout et laissez mijoter (feu doux) , 6 à 7 mn ..
    Servez avec un riz blanc (une préférence pour les parfumés d'asie) ..
    LA RECETTE PREFEREE D' ELISABETH

    TARTE AUX OIGNONS

    Faites cuire un fond de tarte en pâte brisée 10 mn.

    Emincez 2 à 4 oignons, sans les brunir. Faites les fondre au beurre ou à la margarine. Mettez-les sur le fond de tarte. Battez 2 oeufs avec 50 grs de gruyère et 2 dl de lait. Ajoutez une pincée de sel, du poivre, de la muscade.

    Faites cuire à four chaud 30 mn environ en surveillant.

    Vous pouvez ajouter des lardons à cette tarte.

    SUR SON BLOG: http://boulevarddesresistants.hautetfort.com/archive/2007/05/14/echange-de-recettes-preferees.html

    AUTRE BLOG D'ELISABETH:

    http://depoesiesenpoesies.hautetfort.com/

  • Catégories : Des expositions

    Expo:Les esprits chinois grimacent au musée

    MARIE-DOUCE ALBERT.
     Publié le 03 mai 2007
    Actualisé le 03 mai 2007 : 10h28

    À Paris, Jacquemart-André présente une centaine de masques servant aux exorcismes.

    SI ON NE craignait d'irriter les esprits chinois, on dirait qu'ils ont une drôle de trogne. Ils sont tordus, cornus, joufflus. Et pourtant ils ont les honneurs du Musée Jacquemart-André, à Paris. Jusqu'au 26 août, l'exposition « Masques de Chine, rites magiques de Nuo » invite à rencontrer divinités et chasseurs de démons qui, depuis des millénaires, ont le pouvoir de conjurer le sort dans l'empire du Milieu. La centaine de figures grimaçantes qui cernent là le visiteur lui permet d'entrevoir une longue tra- dition d'exorcisme « pour la première fois en Occident, assure Jacques Lebrat qui, avec Yves Créhalet, assure le commissariat de l'exposition. Ces objets n'étaient pas connus il y a une vingtaine d'années, malgré une existence ancestrale. »
    Tirés de collections privées, les masques datent pour les plus anciens de l'époque Ming, « mais, poursuit Jacques Lebrat, le Nuo est une tradition qui remonte à l'antiquité ». Depuis ces temps reculés, et peut-être même bien avant, les Chinois se sont attachés, lors de céré- monies, à convoquer les dieux, incarnés par les masques, pour faire fuir les mauvais esprits. Nuo signifie d'ailleurs « expulsion des démons ». Jacquemart-André convoque donc de malfaisantes figures, mais aussi des personnages aussi bienveillants que laids. Ainsi Xiao Gui, le petit démon, peut ricaner. Il devra quand même côtoyer une cohorte de bons dieux. Aux côtés du juge Bao aux traits sévères et aux décisions justes, on croise Lei Gong, ce dieu du tonnerre qui, malgré sa tête de poulet, est capable de purifier le monde par un déluge dévastateur, ou encore le rigolard Ji Gong. Ce bonze fou, capable de miracles, est un soiffard insolent et exhibitionniste.
    Au fil des siècles, le Nuo est parvenu à absorber les influences taoïstes, bouddhistes et a survécu malgré la Révolution culturelle. Ainsi, explique Jacques Lebrat, « il existe encore des cérémonies. Le Nuo est toujours vivant ».
    Jusqu'au 26 août, 158, boulevard Haussmann, 75008 Paris. Tél. : 01 45 62 11 59. www.musee-jacquemart-andre.com
  • Catégories : La culture

    Culture:Un ténor de la contre-modernité:Joseph de Maistre

    medium_de_maistre.jpg
    JACQUES DE SAINT-VICTOR.
     Publié le 03 mai 2007
    Actualisé le 03 mai 2007 : 11h43

    Joseph de Maistre - Les oeuvres de ce penseur de la contre-révolution restent un précieux viatique pour temps de désenchantement.

    PEUT-ON encore lire Joseph de Maistre ? Y a-t-il pensée plus anachronique que celle de ce ténor de la contre-révolution théocratique ? Notre société est laïque et il penche, dans Du Pape (1819), pour une Europe chrétienne, dirigée par le successeur de Pierre. Notre monde occidental croit dur comme fer aux droits de l'homme et au message universaliste ; il s'en moque, ayant, dans ses Considérations sur la France (1797), cette remarque célèbre : « J'ai vu dans ma vie des Français, des Italiens, des Russes, etc., je sais même, grâce à Montesquieu, qu'on peut être persan : mais quant à l'homme, je déclare ne l'avoir rencontré de ma vie. » La France actuelle s'étourdit au vent fort du libéralisme marchand, d'origine protestante et anglo-saxonne, dont John Locke est le père spirituel. Maistre regarde le protestantisme comme le « dissolvant universel » et balaye d'un revers de main la pensée de l'Anglais en y flairant cette « odeur de magasin » qui annonce le triomphe de M. Homais. La France est républicaine et il est monarchiste, elle est hédoniste et il est dévot, elle cultive les émotions humanitaristes et il aime les héros de la « charité silencieuse ». Bref, rien de plus inactuel que ce penseur savoyard, héritier de l'illuminisme maçonnique du XVIIIe siècle - celui de Saint-Martin -, précipité dans un siècle de terreur et de sang.
    Lu par Cioran et Steiner
    Et pourtant, Joseph de Maistre continue à susciter de l'intérêt au-delà du quarteron moribond des derniers nostalgiques de la contre-révolution, même dans sa plus haute version littéraire (Barbey, Baudelaire). Car le style de Maistre, avec son remarquable talent pour les paradoxes et les oxymores, en fait un auteur plus que stimulant. Cioran, dans un texte célèbre, disait lire son oeuvre comme un « révulsif ». George Steiner voyait même en lui une sorte de prophète sombre, ayant su percevoir l'impuissance de la raison et la solitude postmoderne, précédant au fond, dans sa critique de la pensée sèche des secondes Lumières, la remarquable analyse critique de l'école de Francfort, celle d'Adorno et Horkheimer.
    Il y a chez Maistre des traits cruels ou accablants qui sont le fruit même de sa plume subtile et antimoderne et qui le porte aux excès. Son traditionalisme, qui a beaucoup contribué à l'ignorance hexagonale de la pensée anglaise, celle du libéralisme traditionaliste d'un Burke ou d'un lord Acton, a fourvoyé une bonne partie de la droite française d'avant 1945 dans l'antiparlementarisme et le sectarisme, celui de l'Action française. Son délire mystique, qui lui fait rompre sur certains points avec le dogme officiel, notamment dans son goût du sacrifice qu'il puise chez Origène, surprend largement, même si c'est justement par les aspects les plus tortueux de sa pensée antinomique qu'il résonne aujourd'hui avec beaucoup de force. Il développe ce thème magnifiquement lucide du sacrifice des innocents et du salut des coupables dans un texte méconnu, intitulé Éclaircissement sur les sacrifices.
    C'est peut-être là un des aspects les plus méconnus du personnage que met très bien en valeur la nouvelle édition des oeuvres de Maistre établie par les soins de Pierre Glaudes, qui avait déjà édité le Journal de Léon Bloy pour la collection «Bouquins». Il ne s'agit pas d'une oeuvre complète, mais d'un choix fort bien établi. On y trouve, à côté des oeuvres classiques, comme les Soirées de Saint-Pétersbourg, les Considérations ou l'Essai sur le principe générateur des constitutions, des textes peu connus qui offrent une approche légèrement différente de l'auteur *.
    Un précieux viatique
    Ainsi, outre ce texte sur les sacrifices, on peut lire avec profit l'étrange ouvrage inachevé et intitulé : Six paradoxes à madame la marquise de Nav... À ceux que ne laissent pas d'étonner aujourd'hui le goût du public pour certains auteurs très médiocres, il faut conseiller les réflexions du cinquième paradoxe, au sous-titre éloquent : « La réputation des livres ne dépend point de leur mérite », où Maistre explique fort bien pourquoi chaque époque ne peut que passer à côté des Stendhal. « Mille circonstances totalement étrangères au mérite d'un livre en font la réputation. »
    Lisons Maistre pour mieux comprendre les illusions de chaque époque. Sa lecture conduit, en tout point, au même constat que sa politique : les hommes étant ce qu'ils sont, et très peu lisant, il est fort peu probable qu'ils ne changent jamais un jour. Qu'importe... Au moins reste-t-il ce style, aristocratique et brillant comme un diamant tant il « paraît couper », disait Barbey, et qui fait de l'oeuvre de ce « soldat animé de l'esprit saint » un précieux viatique en ces temps de désenchantement.
    * À souligner aussi un très utile dictionnaire établi avec la collaboration de Jean-Louis Darcel et Jean-Yves Pranchère, deux éminents « maistriens ».